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 [RPCB] On est vieilles et ont l'assume (LB/Elise)

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Date d'inscription : 20/02/2015
MessageSujet: [RPCB] On est vieilles et ont l'assume (LB/Elise)   Mar 17 Jan - 20:54

[début entre Leblanc et Élise paumé, du coup résumé: Élise va voir Leblanc a sa demande, elles papotent autour d'un thé lorsque la Matriarche de la rose noire sous entend qu'il est temps pour l'araignée d’emmener une fournée de petits fours trop curieux à Vilemaw. Au passage la magicienne distille l'idée que son corps actuel commence à être un peu vieux et qui va lui falloir en changer prochainement, enviant l'éternelle jeunesse que Vilemaw accorde à l'araignée. Élise propose gentiment de l'aider dans cette tâche quoiqu'elle ne veuille pas s’immiscer trop dans l'intimité d'un choix aussi délicat. Après une discussion à bâtons rumpus sur la pluie, le beau temps, la nécromancie, la politique, et les derniers potins en date dans l'almanach des monstres, elles conviennent d'un départ pour les îles aux printemps puis se séparent comme de vieille amies, chacune passant l'hiver dans son coin.]

Et c'est ainsi que s'en vint l'hiver. Froid et brutal, comme l'avait annoncé la matriarche de la Rose Noire, surprenant même les plus vils assassins fuyant la neige, en les forçant à venir s'abriter en invité surprise vers les demeures de ces nobles prédateurs. Emilia, elle, était retournée à son mystère habituel, donnant bien peu d'apparitions bien que certains évènements, pour les plus attentifs et habitués de ses manières, puissent lui être reliés après un peu de réflexion. La seule nouvelle arrivant finalement d'elle fut un message scellé, déposé à la demeure d'Elise, sa demeure Noxienne, durant son absence, qu'elle pourrait lire à son retour. Informant l'araignée d'une avancée dénuée d'obstacles pour la préparation de ce voyage, et une manifestation d'un intérêt particulier cette année-là pour les îles obscures, qui pourrait la conduire, si et seulement si cela ne posait pas de problème à la charmante tête guide de ce voyage, qu'elle l'accompagne en personne cette fois ci. Sous couvert que la situation politique assez difficile ne se tende pas encore un peu plus et ne l'oblige à annuler sa requête et rester s'occuper des affaires Noxiennes. Le message n'était pas daté, mais espérait une réponse "au plus tôt".

Une fois rentrée dans son nid douillet, l'araignée qui ne s'était souciée de l’absence de nouvelles de la femme pâle, l'habitude aidant, trouva le message. Si une partie du contenu lui était évident et attendu, elle trouva néanmoins l'une des requêtes assez saugrenue s'il on prenait en considération le bouleversement d'habitudes centenaires. Néanmoins, les références au corps se dégradant de la magicienne n'étaient pas passées dans l'oreille d'une sourde, et c'est à cela qu'Elise relia la demande encore que tout un faisceau d'autres solutions pouvaient convenir également. Elise répondit de sa grande écriture déliée et avec des mots choisis, un petit message assurant à son ami que ses propres préparatifs s'annonçaient des plus fin prêt et qu'elle serait ravie d'inclure Emilia dans ses plans si toutefois la situation politique le lui permettait, lui faisant néanmoins une petite liste d'articles utiles pour le voyage ainsi qu'un bref compte rendu presque humoristique de ses aventures hivernales.

Et c'est sur ces bonnes recommandations que le jour J finit par s'en venir. Un groupe un peu plus conséquent qu'à l'usuel avait été rassemblé cette fois, de curieux pensant apprendre les mystères de l'univers, ou de personnes perdues, en mal d'une quête et d'un sens à leur vie, prêts à se fanatiser devant les charmes d'une oratrice suffisamment compétente. Et compétente, il faut dire qu'elle l'était. Emilia vint même se fendre d'une apparition furtive lors de la galvanisation des troupes, prenant le temps de la saluer, sans s'éterniser. A son attitude, il apparaissait qu'elle avait renoncé à ce projet, ce qui n'était guère étonnant pour n'importe quelle personne un tant soit peu initiée à la politique, qui s'apercevrait sans mal que les temps étaient forts complexes. Aussi son passage se fut rapide et évasif, apparition fortuite de quelques instants, avant que les illusions ne lui permettent de s'évanouir entre les ombres, laissant Elise guider ses ouailles vers le navire qu'elle avait fait apprêter pour le voyage. Une belle brochette à servir à Vilemaw, ainsi qu'à la brume noire qui dévorerait tout ce qui se trouverait à la périphérie du cercle que formerait le groupe. Une des demoiselles du groupe cependant, semblait presque s'amuser du moment à venir, un petit sourire en coin ne quittant pas son visage de porcelaine.

Elise darda pendant de longues minutes son regard de feu et son charisme sur la petite foule qui buvait ses paroles avec avidité, l'araignée ressentie le frisson de la puissance que procurait l'idée d'enchaîner autant de personnes seulement par des paroles bien choisies. Même si la tradition noxienne voulait que l'on révère les forts et n'abuse pas pour autant des faibles, elle ne pouvait s'empêcher une pointe de mépris pour ces gens et leur naïveté. Plus encore que les rivages sombres des îles obscures, la bêtise abyssale lui faisait peur parfois. Le groupe ne se fit par prier pour rejoindre le navire et la prêtresse resta discrète pendant le voyage, laissant le soin aux marins de les mener à biglewater pour effectuer leur ultime ravitaillement avant les îles... Mais aussi pour lui permettre de laisser s'accomplir la douloureuse transformation qui laissait un peu plus libre court à sa nature hybride et l'obligerait à porter une cape en permanence et non à replier simplement ses "extensions" comme de coutume.

L'or pouvait acheter beaucoup de choses. Surtout les marins. Et lorsqu'il s'agissait de se diriger en bateau vers les îles obscures, l'on avait plus souvent affaire à des désespérés prêts à sacrifier leur vie pour nourrir une famille, ou des alcooliques n'ayant plus aucun sens de la réalité et du danger. Quant au petit groupe de prochain repas d'une certaine araignée, c'était sans doute un mélange d'ignorance, de désespoir et de captivation pour leur prêtresse qui semblait les attirer dans ce long voyage sans retour. La pleine mer était une première expérience pour beaucoup d'entre eux dont les derniers jours seraient sans doute passés à vomir par-dessus le bastingage, tandis que d'autres guettaient avec avidité les moments ou la prêtresse leur accorderait de son temps pour ses louanges. Ou d'autres, encore, jouaient aux dés, aux cartes, et même au milieu de tout ça, aux échecs, pour une jeune femme qui avait visiblement pris la peine d'emmener quelques affaires de voyage avec elle et de quoi s'occuper.

Le voyage ne s'était pas passé trop mal, fatiguée mais heureuse, Elise profita de leur journée à Biglewater pour faire remonter moult marchandises vers Noxus à destination de son manoir et régler quelques affaires tandis que ses ouailles se perdaient pendant quelques temps dans les tavernes. L'araignée les laissa faire volontiers, ils avaient besoin de profiter après tout... Son regard fut néanmoins attiré par un visage qui n'affichait pas le même air d'avidité ou de désespoir et d'envie que les autres, la dame plissa les yeux curieuse... et légèrement méfiante, elle se promit de garder un œil sur la jeune femme et de s'entretenir avec elle sitôt qu'un capitaine fou aurait accepté de les mener à bon port.

Il était difficile de savoir si la demoiselle en question avait ou non remarqué sa curiosité. Elle semblait amicale, bien que pas toujours présente avec l'équipage, et encline à proposer à toute personne avec un tant soit peu de jugeote de l'affronter à son jeu, ou elle ne se débrouillait pas si mal. Visiblement assez peu prompte à laisser l'ennui la gagner. Et lorsque vint le moment de monter sur le bateau suivant, celui qui les mènerait tous vers leur perte, elle semblait, là où la plupart étaient inquiets, avides ou enjoués par la réussite de leur prêtresse, simplement satisfaite également.

Trouver un désespéré ne fut guère difficile d'autant que ce dernier aurait donné son âme à Elise en plus de l'argent qu'elle lui promettait. *Bien* Une fois les voiles gonflées, et partantes pour la fin de leur voyage, la prêtresse se mis en quête de ce visage qui l'avait intrigué. De ce qu'elle avait compris, la demoiselle excellait aux échecs et invitait régulièrement les autres passagers à venir se mesurer à elle. *Intéressant* Observant dans un recoin la jeune femme battre un noble déchu dont il n'avait de titre plus que le vague souvenir, la dame sourit et attendit que la place se libère pour s'asseoir à son tour à la petite table, attirant les chuchotements divers. Elise retira sa capuche, gardant sa cape bien ajustée cependant et sourit. "Puis-je me joindre à vous pour une partie ?"

Un grand sourire accueillit cette demande, avec une pointe d'amusement pétillant dans l'œil. "Mais avec plaisir." répondit-elle en rabrouant du coin de l'œil le dernier en date qui attendait pour "Passer du temps" avec elle. Il viendrait après la prêtresse. Et désigna la chaise qui lui faisait face "J'ai bien peur de ne pas avoir le niveau d'une personne telle que vous, grande prêtresse. Nous ne jouons certainement pas dans la même cour actuellement..." Ajoute-t-elle en remettant les pièces en place sur le plateau pour remettre le jeu à neuf, laissant à sa nouvelle adversaire l'heur de choisir la couleur de son choix.

Elise sourit doucement du coin des lèvres. "Je crains de n'être qu'une piètre participante à ce jeu, même si j'apprécie son symbolisme..." Elle tourna le plateau afin de prendre les noirs, laissant l'heure du commencement à son adversaire. "Je dois dire que je suis intriguée, vos compagnons de pèlerinages préfèrent se tourner vers les espoirs de nourritures célestes qui nous attendent quand vous continuer à exercer ce jeux."

Un léger sourire en coin étira les lèvres de la demoiselle à la question de la matriarche de la maison Zaavan et maitresse des araignées, alors que ses doigts avançaient machinalement une pièce, débutant visiblement sans prendre de temps pour la réflexion, plus par habitude machinale. "Je suis impatiente d'arriver, comme eux. Mais trépigner sur place ne m'occupera pas l'esprit." Répondit-elle en effleurant le bois dont le vernissage avait pris un coup de vieux.

Elise avance les pièces de son côté presque sans regarder, répondant plus par instinct que par réflexion à ce début de partie qui s'annonçait comme le point d'intérêt de la traversée. "C'est une assez sage manière d'occuper son temps, et si j'en crois l’âge vénérable de cet échiquier, c'est une habitude bien ancrée chez vous."

"Vénérable... Une dizaine d'année tout au plus" Répondit-elle en haussant un sourcil et en dévisageant Elise quelques instants, avant de reporter son regard sur les pièces. Elle avait facilement abusé de la plupart des adversaires précédents avec des stratégies simples et rapides, mais ne se permettait pas de penser qu'Elise tomberait dans ce genre de piège grossier, et semblait entreprendre une stratégie plus entreprenante, qui pouvait pour l'œil inexpérimenté, ressembler à des déplacements parfaitement aléatoires. "Je suppose qu'une personne aussi fort occupée que vous devez l'être ne doit pas avoir souvent l'occasion de se distraire ainsi. Mais j'espère que ce voyage vous permettra de prendre du temps pour changer vos habitudes"

Elise coula un nouveau sourire en coin, tout en continuant de regarder avec le regard intéressé mais calme du prédateur repus, la gazelle aux dents longues devant elle. Cette jeune oiselle était par trop caractérielle et peu fascinée pour que sa présence ne la démarque pas des autres... Elise rongea son frein contre l'envie de la plaquer contre un des murs de la coque en soute et de la secouer jusqu'à ce qu'elle lui ait donné tous les renseignements sur elle. La dame craignait une indiscrète, une espionne ou un assassin, cela étant à moins qu'on l'ait prévenue de la nature du voyage elle risquait une belle surprise... La dame n'avait nullement l'intention de revenir avec du monde, ou de faire en sorte que quiconque ne rejoigne pas l'armée des âmes de la brume noire si ce n'était Elle. D'un geste mécanique, Elise construisait une défense avec une mince brèche, ripostant mollement, titillant l'ego de son adversaire avec ce flanc soit disant découvert. "Occupée certes, mais je sais accorder à mon âme le repos qu'elle demande, quand a ce voyage, il est exceptionnel et compte pour un changement d'habitude drastique pour chacun d'entre nous. Sinon, pourquoi vous ferai-je et pendrai-je de tels risques? Il faut que la récompense soit un véritable basculement, tel que nous n'avons la chance d'en recevoir qu'une fois dans toute vie..."

Sans se démonter, le regard de plus en plus pétillant d'amusement alors qu'elle s'aventurait dans cette guerre contre la prêtresse, réagissant avec une certaine vivacité aux coups d'Elise bien que laissant parfois quelques failles maladroites dans son jeu. "Je ne doute pas que cela va bouleverser bien des choses, grande prêtresse. Et ce n'est qu'une raison de plus pour moi de profiter de mes habitudes tant qu'elles me sont encore accessibles, vous ne pensez pas ?" Répondit-elle avec un sourire innocent. Son ton se fit tout de même légèrement plus inquiet à ce moment-là, comme si elle prenait la mesure de ce qui l'attendait, ou bien comme si toute sa belle attitude jusque-là n'avait été qu'une façade. A moins que le ton ne soit feint pour que les autres ne pensent pas qu'elle accordait moins d'importance qu'elle ne devrait à ce voyage. Son jeu, lui, sacrifiait un fou pour préparer une fourchette à la dame au tour suivant si Elise tombait dans le piège.

Élise ne s’immisça pas plus que ça dans les failles de son adversaire, punissant un déplacement maladroit par ci par là, mais restant sur la défense passive lorsque surgit le piège, une jolie petite tentation, avec un sourire amusée Élise déplaça la petite sculpture de bois dans les mâchoires d'acier métaphoriques, il s'en fallu de peu pour qu'elle ne fasse un clin d’œil à son adversaire. "J'en conviens tout à fait, mais vous aurez tout le loisir de continuer après, enfin... si ce que vous apprenez ne vous donne pas d'autres envies... regardez-moi." Les yeux rouges s'étaient faits caressant, et la voix distillait ce léger apaisement qu'elle pensait nécessaire, leur conversation titillant visiblement les inquiétudes de leurs spectateurs, ce qui n'était guère une bonne chose. Même s'ils étaient trop loin pour faire demi-tour à présent, il valait mieux que le troupeau suive le loup volontairement sans rechigner. La prêtresse croisa les jambes tout en regardant toujours la jeune femme, oserait-elle gagner la partie? Elle le pouvait, irait-elle jusqu'au bout?

Le regard langoureux d'Elise, ainsi que ses douces paroles, ne laissèrent pas de marbre la demoiselle, qui lui accorda un sourire des plus amicaux. Levant d'ailleurs les yeux pour caresser son regard du sien au moment où l'injonction, bien que métaphorique, se fit faire. Elle observa Elise tomber dans le piège, un sourire gourmand au coin des lèvres, et laissa quelques instants le frisson du jeu la gagner. Non pas celui des échecs, mais leur symbolique. Sa main effleura sans le toucher le cavalier qui pouvait changer la donne, comme empreinte d'une hésitation, parcourant du regard l'espace d'un instant l'assemblée qui l'entourait, puis posant de nouveau les yeux sur son adversaire, avant de faire demi-tour. Comme si tout cela n'avait était qu'un leurre pour préparer un roque et remettre en question toute la stratégie, relançant un peu de piment dans le jeu, refusant d'y mettre fin si facilement. "Je l'espère, et y compte bien. Ce n'est pas si facilement qu'on me fera abandonner mes petits jeux" répondit-elle avec un sourire en coin, entourant une mèche de cheveux châtains autour de son doigt. Mais tout amusement se devait d'avoir une fin, et petit à petit, la demoiselle commença à laisser son adversaire prendre l'avantage, cela même avec la dame qui aurait été aussi tentant qu'impoli à occire. Il ne fallait pas qu'elle gagne la réputation de pouvoir vaincre même la maîtresse des lieux. Sinon, qui oserai encore prendre le pari de l'affronter ? C'aurait été d'un ennui.

Élise observa une lueur amusée dans le regard, la main qui effleurait une pièce maîtresse de leur petit jeu avant de filer vers une autre pour relancer la partie. Son visage se figea cependant l'espace d'un instant lorsque la phrase jaillie. *Ses 'petits' jeux ... vraiment?* La matriarche plissa les yeux, puis repris un visage lisse et ouvert pour la fin de la partie... devisant gentiment, badinant comme si elle n'avait pas envie de coincer cette sale petite fouineuse dans un coin pour lui secouer les plumes un bonne fois pour toute. Après avoir gagnée avec une complaisance des plus sympathiques de la part de son adversaire, la dame se leva pour la saluer en souriant. "Tout cela était charmant très chère, j'espère que nous aurons l'occasion de refaire un petit match très prochainement...ou plus tard dans l'avenir..."

Il en aurait fallu bien peu pour que l'amusement n'en devienne de l'insolence dans les yeux de la jeune incongrue en ces lieux. Pourtant, elle maîtrisa cette lueur, reprenant un visage plus lisse, moins expressif, voir même plus soucieux. Elle acquiesça en opinant du chef à la proposition d’Élise, ne manquant pas de la remercier de lui avoir accordé un peu de temps pour cette partie. Il faudrait désormais attendre que la frénésie soit retombée dans le cœur des passagers qui avaient pu admirer Élise durant tout le long de la partie, pour les intéresser de nouveau à un quelconque passe-temps autre que déblatérer sur qui avait le mieux remarqué la beauté de leur prêtresse. Peu importe. Elle était patiente. Après tout, la destination n'était plus si lointaine, désormais. Une question de jours, durant lesquels elle s'avisa de se montrer discrète. Voir même parfois difficile à trouver pour ceux qui auraient eu l'idée de vouloir l'embêter, ne pointant le nez dehors que lorsqu'elle l'avait décidé.

Les impératifs "biologiques" d’Élise la conduisait à être souvent absente lors de la phase finale de la traversée, d'une part car il y avait peut de risque que ses ouailles ne se fassent la belle à l'approche des sombres îles, d'autre part car elle devait calmer la bête affamée qui grandissait dans ses membres à mesure que la transformation s'accentuait et que la présence de la divinité maudite se faisait plus prenante, difficile dans ces conditions de coincer la jeune femme, mais patience... son tour viendrait. Un matin brumeux vit leur arrivée près des îles ouvrir les yeux en grand des personnes présentes. Enroulée dans une immense cape rouge et noire la prêtresse fit son apparition un grand sourire sur les lèvres, plus charismatique et envoutante que jamais, plus inquiétante aussi pourrait noter les plus malins. "Nous voici arrivés au terme du voyage, et de votre pèlerinage... Ne vous laissez pas impressionner par la nature triste des lieux que nous allons parcourir, ce n'est qu'un peu de cendre cachant les véritables richesses des trésors de cet endroit, nous allons prendre la chaloupe et descendre... évidement si certain d'entre vous doutent, ils peuvent rester sur le bateau, mais pourquoi supporter un si long chemin pour finir sur un échec?"

A n'en pas douter, elle savait jouer de ses atouts. Sous sa capuche sombre, qui la faisait se fondre dans la masse de gens prit par le froid des lieux, elle la contemplait, un petit sourire aux lèvres. Décidément, ce spectacle en valait le détour de quelques semaines dans une vie. Le reste des ouailles s'apprêtait désormais à fouler du pied la terre qui en avait vu tant tomber avant eux, plongée dans un brouillard de morts acculés, serrés. Un charmant spectacle. Elle participa à la clameur accompagnant le discours d’Élise, avec une certaine retenue, mais impressionnée par son talent pour unir les cœurs sous sa sombre bannière. Qu'ils débarquent donc. Il y avait bien longtemps qu'elle n'était plus venue ici, et constater par elle même l'évolution de la menace n'était pas un mal. Laissant les hommes ramer la chaloupe, après tout, tel était leur rôle. Elle se tenait simplement assise à un bout, son regard passant régulièrement de la maîtresse de cérémonie à ses dévots, ainsi qu'au brouillard sombre, un léger sourire amusé et curieux aux lèvres. Bien évidemment, elle ne manquait pas de dévorer Élise du regard. D'une part, il aurait été suspect d'agir autrement. D'autre part, elle ne manquait pas de charme dans cette tenue et cette posture, alors autant joindre l'utile à l'agréable.

La brume n'avait pas encore repérée la viande fraîche, et la présence d’Élise, petit phare familier de noirceur en ces lieux dissimulait d'autant plus les nouveaux arrivants, mais bientôt viendrait le moment ou les spectres demanderaient leur écot à la cargaison. Élise se redressa de toute sa hauteur, souriant à ses ouailles, elle chercha dans l'ombre d'un cil la petite silhouette un peu trop curieuse...*bien* Dans son dos frémirent les extensions, l'approche du dénouement agitaient des instincts féroces auxquels beaucoup auraient succombé. Mais pas La Dame, non, bien évidement, déjà mortelle elle faisait preuve d'une maîtrise rare, alors avec des siècles d'entraînements... Quelques brebis un peu trop apeurées se firent approcher par la dame, elle leur dit des mots doux et encourageants, les apaisant parfois d'un simple sourire. "Mettons nous en marche venez, l'accomplissement de votre quête est proche, restez près de moi, ces lieux peuvent s'avérer quelque peut dangereux, mais la bénédiction de notre dieu éloignera les embûches, vous êtes sous ma protection." Cheminant dans la cendre au travers d'arbres pétrifiés nantis de linceuls blancs déchirés, toiles fantomatiques dans la nuit, le groupe sentit les premiers hurlement affamés de la brume.

Un peu plus, et elle aurait pu vraiment croire qu'Elise s'intéressait sincèrement au bien-être de tout ce petit monde. Autant qu'une lionne léchant un bébé gazelle, le gardant bien à l'abris, non pas par miracle de la nature si belle, mais simplement attendant que le désespoir de sa mère l'amène à venir se jeter entre ses griffes, et faire double festin pour la prédatrice. Un sourire narquois étira ses lèvres durant un court instant, avant qu'elle ne reprenne son air plein d'espoir et d'inquiétudes à la fois, se plaçant stratégiquement au milieu de la petite foule qui avançait là. Ceux qui eurent la malchance ou le mauvais choix de se mettre trop en retrait pour avancer disparurent rapidement dans la brume, alors que le groupe se mettait à avancer. Idem pour ceux qui se mettaient à hésiter et traîner un peu le pied. Peu importait, ils seraient bien assez nombreux à l'arrivée après tout, et la brume réclamait son dû. Les autres ouailles étaient bien trop captivées par les charmes divins de leur prêtresse pour faire attention à leurs compagnons de route.
Elle avait une certaine harmonie, il fallait l'admettre, dans ces lieux, qui faisaient ressortir ses... délicieux dangers. Pour le moment, l'heure était au silence pour la demoiselle, attendant avec impatience l'entrée dans la caverne du démon. Entrée dont elle s'esquiverait bien sûr de l'un de ses petits tours de trompe-l’œil. La curiosité était une chose, la témérité idiote une autre, et dont elle n'avait heureusement pour elle, pas été gratifiée.

Sans plus de manière ou peut être seulement quelques-unes elle mena rapidement les petites bêtes à l'abattoir, comme à chaque fois la démangeaison dans son dos devenait de plus en plus irritante, lui intimant de retirer cette fichue cape et de planter ses extensions dans la chair moelleuse de ces brebis bêlantes. Elise se retint bien évidement mais ses yeux lancèrent des éclairs rouges d'envie alors qu'ils approchaient enfin d'une entrée caverneuse sombre de bonne taille. Les toiles déchirées fantomatiques étaient bien plus nombreuses ici, et semblaient plus organiques, comme fraîches. L'arachnée eut un sentiment de chez soi qui tirailla son corps, elle pouvait sentir à l'intérieur la connexion avec Vilemaw qui l'appelait de sa douce musique, son esprit caressant le sien, avide, lui demandant ses petits cadeaux, lui murmurant le manque de sa compagnie. "Venez, ne vous effrayez pas de l'aspect de la demeure de notre dieu, en sa présence vous vous sentirez enfin comblés, parfaitement apaisés, comme je l'ai été lorsqu'il m'a offert ses bienfaits la première fois et toutes les suivantes." Le plus inquiétant dans les paroles susurrantes d'Elise était leur exacte vérité pour qui comprenait les implications sous-jacentes. La dame laissa le groupe hypnotisé entrer, fermant la marche cette fois, bientôt retentirait les cris.


Comme était admirable et passionnant l'art du jeu des mots. Tout comme une partie d'échec ou l'important n'était pas de gagner, mais de respecter l'étiquette élémentaire tout en faisant passer des messages inaudibles, écouter la prose d'Elise, et sa façon de dire le vrai d'une façon aussi douce qu'un rayon de miel pour convaincre chacun qu'il s'agissait de la meilleure des solutions que d'aller joyeusement sacrifier sa vie pour allonger la sienne, relevait d'autant de finesse que l'appréciation d'un bon thé. Cela étant dit, il était temps pour elle de se faire oublier, et de prudemment rester en retrait à l'entrée de la grotte. Cela demandait une certaine dextérité, de disparaitre ainsi du milieu d'une foule sans que nul ne le réalise. Il n'y avait pas là que de l'illusion pure et dure, mais aussi de la manipulation, pour que chacun oublie temporairement jusqu'à son existence même, et ne se pose aucune question quant au fait qu'elle s'évanouisse ainsi en un instant. Heureusement, c'était là un art maitrisé depuis bien avant même que les premiers bavoirs qu'avait porté la prêtresse ne soient tissés, et en un clin d'œil, son existence disparu de l'attention et de l'intérêt des ouailles et de leur guide, pour les minutes à venir du moins concernant cette dernière. Le sort aurait sans doute eu une prise plus longue sur ses suiveurs, mais il y avait fort à parier qu'ils ne vivraient pas assez longtemps pour que le pari puisse être vérifié. Une fois ceci-fait, elle s'éclipsa gentiment, se plaçant à l'entrée de la grotte, s'asseyant jambes croisées sur une pierre légèrement surélevée, pour avoir un certain angle de vue sur le spectacle. Il ne serait certes, pas parfait, mais la sonorité devrait lui parvenir sans trop de problèmes, jusqu'au moment où toute vie aurait été abolie. Bien... Charmant spectacle, mais il y avait à faire. Elle s'éloigna, pour un petit tour de reconnaissance. Sans s'aventurer trop loin cela dit, la prudence était de mise. Elle irait plus en profondeur en la compagnie de cette chère prêtresse une fois que celle-ci aurait terminé ses occupations. Elle s'en revint donc, un trio d'heures après son départ, avec son air de gazelle. Évidemment, il faudrait bientôt cesser la plaisanterie, sous peine de tomber dans l'impolitesse. Mais pour l'heure, elle attendrait, quelque peu en retrait.

Elise était une femme d’une grande maîtrise, elle avait toujours eut cette tenue patricienne et ces manières exquises, une retenue naturelle, une pellicule de verni brillante lisse et glacée au point qu’on pouvait se demander s’il y avait réellement quelque chose qui fut une Élise intérieure. De bien des manières, sa rencontre avec le dieu araignée avaient remédié à cette éventualité. Dans les îles, dans cette grotte, au côté de cet être sans âge aux pouvoirs incommensurables, la dame était elle-même, mortelle, affamée de chair, de sensations, tout comme de cette affection morbide pour une créature corrompue par la malédiction des îles. D’une certaine manière la prêtresse comprenait d’autant son dieu qu’elle avait elle-même subie une transformation en monstre, et la douleur immense de ne soudain plus être ce qui vous a toujours défini. Le déchaînement de violence du sacrifice de même que l’injection du venin qui suivait avaient tout pour elle d’une orgie déviante ou elle s’accordait le luxe d’un partage effréné et sans tabou avec une unique créature sur tout Runeterra. De l’antre, aux sons de douleur succédaient les sons de plaisir que nul âme vivante n’avait jusqu’ici ouïs et encore moins compris. Habituellement, encore groggy, Élise sortait du nid et s’accordait le loisir d’un bref moment de réflexion à l’ombre des toiles avant d’achever une transformation douloureuse qui lui donnerait une forme encore plus mortelle, mais surtout bien plus pratique, pour aller explorer les ruines et ramener un petit présent à sa vieille amie. Quelle ne fut pas sa surprise de sentir une chair vivante lorsqu’enivrée encore par les frissons de ses nouvelles forces, elle mit le nez dehors. Sans réfléchir, elle se dirigea vers une demoiselle qui allait devoir se montrer des plus convaincantes. Perchée sur des extensions qui la maintenaient telle une marionnette magnifique et létale en hauteur, elle allongea son sourire et découvrit des dents bien trop fines et pointues pour être humaines. "Alors, on fait bande à part ? C’est une habitude dangereuse ici." Sa voix était toujours aussi douce, teinté d’une pointe de sensualité inhabituelle, et saupoudrée d’amusement derrière la légère acrimonie de la surprise.
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