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 [Récit de GN] La quête d'Yggdrasil

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MessageSujet: [Récit de GN] La quête d'Yggdrasil   Mer 25 Jan - 16:29

[!] Ceci ne fait pas partie de l'univers de LoL. Il s'agit du récit romancé d'évênements arrivés durant un GN l'année dernière, du point de vue de mon personnage. [!]


Je m’appelle Natalya. Ou du moins, c’est le prénom que l’on m’a donné.

D'aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours vécu, et grandi, au sein du clan Thora. J’ai chassé pour le clan, contribuant à le nourrir durant des années. J’ai arpenté, patiemment, les forêts et steppes dès mon plus jeune âge, apprenant avec mes aînés, à maîtriser la traque comme un art des plus délicats, me faufilant d’arbres en buissons, de terre en rochers, avec toute la patience et discrétion qu’il. Bien que n’ayant ni père ni mère, j’étais une femme libre, et recevait en retour protection, chaleur, abris auprès des miens.

Mais puis-je vraiment dire « les miens » ? Étais-je réellement membre de ce clan ? Je ne saurais le dire, aujourd’hui encore. Un être dépourvu racine ne peut que se laisser ballotter par le courant sans prise ni attache, et voir sa vie défiler chaque jour sans réellement y prendre part. J’étais membre, oui, mais lorsque je voyais la ferveur de chacun à défendre ses origines contre ceux qui étaient pourtant leurs semblables en tout point, je ne parvenais à ressentir la même conviction. A comprendre ce qui pousse les hommes à tant s’opposer les uns aux autres, à se déchirer entre eux, au nom d’une unité, d’un clan, que je ne ressentais pas avec autant de conviction.
C’était frustrant. Très frustrant. Voir mes semblables, mes amis, mes frères, si prêts à défendre leur blason, si inclus au sein de ce groupe dont je faisais partie sans vraiment m’en sentir part, me faisait sentir vide, sans passé, sans présent, et sans avenir. Chasser, participer à la vie du clan, pour vivre une journée de plus. La fatigue m’aidait à ne pas me poser de questions, ou à oublier celles qui m’effleuraient. Je survivais. Rien de plus. J’avais depuis longtemps renoncé à tenter de comprendre mes origines, car nul n’était capable de me les souffler, et j’étais fatiguée d’entendre mille et cent versions différentes d’une histoire dont aucun fil ne voulait se recoudre.
Mais ces questions, je ne pus plus les ignorer après la mort de notre roi, Thorstein. Mes yeux contemplant les flammes qui emportaient sa dépouille ne voyaient plus rien d’autre qu’un grand vide, un brouillard immense.

Ce n’était pas de la peine pour cette perte. Je respectais notre roi, mais j’étais loin de la ferveur et de l’amour que d’autres pouvaient avoir à son égard. Mais sa perte signifiait un changement dans les habitudes, de la nouveauté, une perturbation dans l’équilibre que je m’étais forgée. Cela me rappelait à quel point ma vie, mon existence même, tournait en rond, sans sembler ne jamais dessiner le moindre sens. Beaucoup de questions, que beaucoup trouvaient inutiles. Mais elles ne cessaient de revenir s’insinuer, fracturant peu à peu mon être.

Pour guider nos peuples, réunis pour accompagner le voyage de notre défunt roi, vers le choix d’une nouvelle tête à honorer, une grande Volva et un grand Thurl nous avaient rejoints, venus de lointaines cités. Ils se devaient d’être notre lien, en ces temps troubles, avec les dieux, et le respect des traditions.
Nombreux furent ceux qui venaient les consulter, leur demander conseil. Je mis longtemps avant d’oser faire de même. Parce que je n’étais ni quelqu’un d’important, ni quelqu’un d’influent. Je craignais simplement de leur faire perdre leur temps.
Ma décision ne fut pas le fruit d’une longue réflexion, mais vint brutalement, lorsqu’un violent orage éclata. En un instant, le ciel s’était déchiré, comme si l’air lui-même se faisait engloutir par la terre qui l’aspirait.  Un chaos. Et plus je regardai les nuages sombres et opaques, déchirés par de violents éclairs blancs, plus la pensée de la similitude avec ma propre vie, ma propre destinée, que je contemplais là, s’imposait en moi. Mon chemin ne devait-il rester que semblable à ce que je voyais là ? Un brouillard parsemé d’éclairs ?

Mais il y avait bien plus que ça, en cet instant. Perdue dans mes réflexions, je fus surprise par la suite.

La voix des Dieux. Elle résonna dans l’air, tonitruante, s’abattant sur nous comme la foudre sur les chênes. J’étais abasourdie, comme beaucoup d’entre nous. Le Ragnarock arrivait-il ? Nombreux tentaient, perdus, de comprendre, ne quittant pas le ciel des yeux, en contemplation ou en panique. Et c’est à cet instant que la décision me vint, sans même que je n’ai à réflechir.
Mes jambes se mirent d’elles-même en mouvement. Je devais trouver la grande Volva, peu importe ce qu’elle aurait à me révéler. Ce brouillard était trop épais en mois, et sans aide, je ne pouvais que rester condamner à y errer jusqu’à ce que la mort m’emporte.

Elle-même semblait préoccupée par ces manifestations, elle aussi. Sans surprise. Cependant, sa compréhension semblait aller bien au-delà de ceux qui criaient, pointaient le ciel du doigt et s’agitaient. Elle était calme, intéressée mais calme, et m’accueillit malgré la situation effrayante.

« Grande Volva », soufflai-je en m’agenouillant face à elle.
« Pardonnez-moi de vous déranger en ce moment… étrange. Je viens à vous aujourd’hui en quête de réponse, car je suis perdue dans le brouillard, et chaque coup de tonnerre semble résonner en moi et poser plus de questions. J’aimerai savoir si j’ai vraiment un destin, et si ma vie ici a un sens  »

Les mots m’étaient venus seuls. Sans que je n’ai besoin de réfléchir. Ils m’apparaissaient comme une évidence.

« Chacun forge sa destinée », me répondit-elle. « Les hommes et femmes libres Viking forgent leur propre destin. Ce que tu fais aujourd’hui influera ce que tu seras demain »

Elle se proposa néanmoins d’interroger les dieux à mon sujet, non pas afin de prédire ma destinée, mais pour aider à guider mes pas. Je lui en révélai d’abord plus sur qui j’étais, sur mes origines incertaines, et ma méconnaissance de moi-même, alors qu’autour, l’orage semblait enfin se calmer, plongeant dans un calme étrange, presque intemporel, les alentours.

« Tes origines sont floues, il est vrai » me dit-elle après avoir interrogé les dieux, par le biais d’ossements.

Ainsi, même les dieux ne pouvaient m’en dire plus sur mes origines ? Je déglutis difficilement, attendant la suite avec nervosité.
La suite me fit choc.
J’avais bel et bien une destinée. Elle était liée, et serait, intimement liée, à celle d’Yggdrasil elle-même. Mon destin pourrait bien être celui de guider les peuples, lorsque le Ragnarock viendrait. Me cachant, avec eux, sous l’écorce de l’arbre monde, ou je devrai enfanter et guider les nouveaux hommes.
Le brouillard. La lumière. Tout ça se mêlait. Quel était-ce sentiment étrange qui m’envahissait ?

Perdue. Les pensées bouillonnaient en moi. Une destinée. Je n’avais jamais pensé en avoir réellement une. Le savais-je au fond de moi ? Peut-être. Pour le moment, tout se mélangeait. Cette prédiction sonnait comme une libération, et un glas.
La prédiction n’était pas terminée, cependant. Pour suivre mon destin, accomplir ce devoir, pour me guider avant que je ne guide, il me faudrait d’abord dresser un sanctuaire au frêne Yggdrasil, l’arbre monde.
Un sourire bienveillant se dessinait sur les lèvres de la grande Volva. Comme pour me réconforter, et me dire que me sentir perdue en cet instant était normal. Comme une lanterne dans l’obscurité. Mes yeux s’habitueraient peu à peu à la pénombre, du moins, c’est ce qu’il me semblait comprendre de son expression.
Je la remerciai, et offris aux dieux mes dernières prises pour les honorer. Absorbée par mes pensées, qui peu à peu, se forgeaient en véritable résolution, portant mes pas avec force. Je découvrirai le sens de cette prédiction, et l’accomplirai. C’était mon but. Pour la première fois, j’en avais un véritable, autre que de simplement voir passer les jours.

Dresser un sanctuaire à l’arbre monde. Comment pouvais-je donc dresser un sanctuaire aux pieds même de notre monde ? Que signifiait de se cacher sous son écorce ? Devais-je m’enfoncer sous terre ?
Ayant croisé le grand Thurl, je l’interrogeai à son tour quant à la marche à suivre, ne souhaitant pas offenser les dieux en m’y prenant mal. La seule réponse qu’il m’apporta fut de suivre ce que mon cœur me disait, de l’écouter, et de lui faire confiance. Que jamais je n’insulterai les dieux, si je leur rendais honneur de la façon dont mon cœur me l’indiquait, sans détours ni façades. Et à ne pas me condamner à la solitude dans cette quête. Une vision divine ne pouvait et ne devait être ignorée, et les miens pourraient m’apporter de l’aide.

L’arbre monde, le grand frêne Yggdrasil, nous portant tous. Nous étions à son sommet, mais chaque chose en faisait partie, et formait le tout. Aussi, il me fallait tout d’abord trouver un lieu adéquat pour dresser ce sanctuaire, première étape pour me découvrir à la vérité. Me dirigeant vers la forêt, j’aperçu quelques personnes assises autour du feu, en train de discuter. Ne pas me condamner à la solitude, m’avait indiqué le grand Thurl. Les rejoignant, un peu hésitante encore, j’entrepris de leur conter la prédiction divine qui m’avait été offerte, et à les enjoindre à m’assister.
La plupart semblaient amusées, ou incrédules. L’espace d’un instant, j’eu le sentiment d’être redevenue une enfant venue quérir de l’aide pour son imagination débordante, de ceux qui voudraient bien prendre le temps de jouer avec. Je ne le savais pas encore, mais c’était loin d’être la dernière fois que ce sentiment me viendrait, m’arrachant peu à peu les lambeaux de sentiment d’unités à un groupe particulier qu’il avait pu me rester.
Mais l’une d’entre elles se désigna. La voir se proposer me réchauffa immédiatement le cœur.
Il s’agissait de Freya, une jeune femme plus âgée de quelques années que moi, mais qui m’avait toujours apparu comme une amie, malgré son statut de Thrall. Elle avait d’ailleurs été libérée très récemment, juste avant de mettre au monde, en tant que femme libre, son fils, que l’on disait bâtard de feu notre roi. Une situation assez ironique, lorsqu'on songeait que la seule fille légitime de Thorstein venait tout juste de quitter ce monde, mise en pièce par les créatures sournoises qui avaient élu domicile sur nos terres depuis peu. Voilà qu'un fils était venu la remplacer.

Malgré sa fatigue évidente, elle était volontaire, prête à m’aider à choisir un lieu. Sans plus attendre, je l’entrainai à travers la forêt que je connaissais bien de par les nombreuses parties de chasses que j’y avais menées. La situation actuelle, et les créatures dangereuses qui rodaient depuis peu, nous forçaient cependant à la prudence. Il n’était pas sage de trop s’écarter du campement, et de nos fiers guerriers. Je ne tenais pas à ce qu'une de nous ne finissent comme la fille du roi.

Ce ne fut pas nécessaire. Non loin de là se dressaient deux grands frênes, dont les branches, tendues l’une vers l’autre, semblaient former un majestueux portail, véritable invitation à venir s’y abriter, et contempler le monde. C’est étrange. Moi qui pourtant, avais l’habitude de parcourir ces plaines et forêts, les terres qui m’avaient portées, en quête de gibier, je n’avais jamais pris la mesure de ce lieu. En cet instant, il me semblait qu’il m’appelait, qu’il nous appelait tous à lui, nature dressée, branches de l’arbre-monde nous se présentant à nous, accueillant au moment où  nous venions l’honorer.

C’est ainsi que ma quête d’Yggdrasil commença.

Je ne détaillerai pas tout le temps passé à bâtir ce temple. Ce serait long, et fastidieux, autant que sa réalisation l’a été.
Mais les efforts et le temps passés, construisaient bien plus qu'un simple bâtiment. A mesure que ce temple progressait, chaque pierre posée me construisait moi-même, comme si mon propre destin dépendait de cet autel. Ce n’était pas juste un temple, mais ma propre personne, que je réalisai, auprès de celle qui, jusqu'au bout, est restée à mes côtés. Jamais je ne l'oublierai. Chaque aide apportée, des uns ou des autres, me forgeai autant que cet édifice, dans ma personne, dans mon âme, dans ma quête, ou venait se loger chacun de ceux qui étaient une main tendue, leur procurant une place dans mon cœur.

Certains refusèrent de m’aider, aveuglés par la peur ou le ressentiment, par ces sentiments d’appartenances qui les menaient à la rivalité. Mon propre clan, à de nombreuses reprises, me tourna le dos, à l’exception bien sûr de Freya, qui jamais ne m’a abandonnée, jusqu'au dernier instant.
Mais chaque acte, chaque parole, se gravais en moi, me forgeant dans la pierre et l’écorce, m’apprenant à aimer chaque personne pour ce qu’elle était, chaque pas foulant l’arbre monde, chaque âme comme part d’une grande unité, portée par la même force, quel que soit son origine, son appartenance, ou même ses croyances. Chacun d’entre eux était mon frère, ma sœur, et c’est chacun d’entre eux qu’il me faudrait guider.

Poussés par cet élan, les fiers guerriers Beowulf avaient apportés leur pierre pour soutenir l’édifice, avaient cueillis avec nous les plus belles plantes pour le rendre accueillant et doux. Les vaillants Lagertha, que l’on m’avait toujours dépeins comme nos rivaux, eux-mêmes, vinrent saluer ce projet avec bienveillance.
J’espère que tout ça n’aura pas été vain. J’aimerai tant que les hommes cessent de se déchirer en querelles de croyance. Je parle cette fois en pensant au clan Olaf, dont les pensées sont différentes, mais qui n’en sont pas moins nos frères aux yeux de l’Arbre Monde. Puissiez-vous réaliser que nous foulons tous la même terre, et vivons tous sous le même soleil.

[à suivre]
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