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 Natalia, la capture de guerre.

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Messages : 8
Date d'inscription : 25/01/2017
MessageSujet: Natalia, la capture de guerre.   Mer 25 Jan - 18:18



Natalia



› Sexe › Délicatement féminine.
› Race › Humaine
› Origine › Freljord
› Allégeance › Discutable, mais vit à Noxus
› Profession › "Travailleuse volontaire"
› Devise › Surveillez l'eau qui dort

GENERALITES


Physique - Une fine chevelure roux clair, légèrement ondulée, dont la longueur est le plus souvent nouée en une tresse à l'arrière de sa nuque, coiffure à la fois séduisante et pratique à entretenir, laissant quelques mèches sur le haut pour encadrer son visage à la peau fine et parcourue de quelques tâches de rousseur sous ses yeux d'un bleu-vert clair, rappelant son origine nordique. Ce visage plutôt fin et anguleux, est à l'image du reste de son corps, svelte, et bien que finement musclé, assez abimé par les travaux auxquels elle se livre. Elle est souvent vêtue des vêtements des travailleurs forcés à Noxus, sauf lors de quelques tâches ou une tenue différente est exigée, particulièrement lors de ses soirées de service dans les bars et tavernes, ou l'on lui laisse l'occasion de se montrer sous un jour séduisant, au maquillage léger, et au sourire délicat et enjôleur.
Malgré sa situation, son regard porte toujours cette petite étincelle de vie et de fierté, comme une sorte de confidence. Ses regards, lorsqu'elle le veut, semblent toujours prêts à accorder un clin d'oeil qui sonnerait comme une récompense à celui qui se laisse séduire, le faire se sentir unique le temps d'un interdit, ou l'esclave peut devenir reine en offrant la chance à celui-là, sur lequel son regard a porté, l'heur de devenir roi, choisi parmi tous, jeu de séduction transcendant les statuts.

Mais son meilleur atout, celui qui lui a permis, depuis sa place de simple esclave, de s'en sortir un peu mieux que les autres, de survivre, et parfois même, d'apprécier son existence et cette culture, c'est sa voix. Délicate, délicieusement douce, mais forte à la fois. Ses paroles suaves semblent empreintes de nectar sucré, et chaque mot se dévoile comme un bourgeon de fleur s'ouvrant sous la rosée matinale. Envoûtant, le timbre de sa voix fait naturellement se sentir étrangement bien à ceux qui l'entendent, passant du baume sur les coeurs et berçant au rythme du temps qui s'écoule.

Mental - Lorsqu'il s'agit de jouer de ses atouts, Natalia laisse tès peu de choses au hasard. Cette attitude séductrice n'a rien d'innocente, et chacun de ses gestes ou presque est calculé pour un but, à terme plus ou moins court. Opportuniste dans l'âme, la jeune femme n'hésite pas à profiter de la moindre situation pour voir quel profit elle peut en tirer pour sa situation personnelle, et c'est ainsi qu'elle a pu gagner des privilèges que bien d'autres esclaves n'ont pas. Parfois forte tête, et avec du répondant, lorsqu'elle se trouve face à une personne appréciant ce genre de caractère fort, ou au contraire, douce comme un agneau, forte ou craintive, rebelle ou résignée, son attitude est le plus souvent calculée, adaptée à son interlocuteur. Quelque marques de son caractère propre restent toujours bien ancrée en elle cependant, même si elle doit parfois les masquer. Sa tendance à ne pas laisser sa fierté se faire piétiner, et à persévérer en toutes choses, avec courage, et une certaine tendance à la rêverie.
La culture Noxienne s'est bien ancrée en elle, et Natalia, comme beaucoup autour d'elle, apprécie la culture de la force et du privilège de l'utilité. Vu d'en dessous, Noxus parait dure, implacable, et chaque action a une conséquence, sans que de conséquence n'existent sans cause. Cette culture s'est développée en elle, et l'a rendue, à l'image de Noxus, souple et résistante à la fois, et implacable dans ses raisonnements.

Lieux de vie - La plupart du temps à Noxus, dans le secteur des prisons autour de l'Arène dédié aux travailleurs comme elle, qui ne vivent pas enfermés. Une chambre simple, un matelas, une armoire, et des bains communs. Elle travaille à divers endroits, allant du nettoyage de l'Arène, à des soirées régulières de serveuse dans des bars et tavernes lorsque ses services et charmes sont loués pour attirer la clientèle. Parfois, elle part en suivant les corps d'armée lorsque des servants sont nécessaires, se déplaçant dans l'empire, pour toutes les tâches quotidiennes qui incombent aux esclaves.

RELATIONS ET LIENS


Nom Prénom - Description de la relation entre votre personnage et celui-ci
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I'M A "RÔLE"


Style de combat : >
Natalia n'est pas vraiment ce qu'on pourrait qualifier de combattante, au premier abord. Et pourtant, le combat, elle le mène chaque jour pour sa survie, mais au delà de l'exercice physique difficile qu'elle se doit de réaliser, sa principale arme ne réside pas dans ses muscles, bien qu'elle sache manier une dague au besoin, mais dans son attitude, et son langage, aussi doux parlé que corporel.

Se rendre indispensable, ou tout du moins, utile à un maximum de gens, est sa façon de faire. Pour cela, elle n'hésite pas à tremper dans des affaires parfois douteuses, à condition bien sûr que la prise de risque aille dans son sens. Puisque sa parole, bien que charmeuse, n'a aucune valeur, elle a fait même de ce fait une arme, se changeant en agent discret, facile à utiliser puisque ne pouvant jamais se retourner directement contre son employeur, car qui écouterait une esclave ?
Mais les bonnes personnes l'écoutent. Jamais officiellement, les informations qu'elle accumule, trainant ses oreilles partout, agissant pour untel ou untel, elle apprend des choses, des informations valant tout l'or du monde entre des mains rusées, et qui peuvent intéresser les bonnes personnes.
Observer, écouter, agir avec prudence et discernement, sans se laisser paralyser par la peur, et savoir jouer de chaque atout dans sa main pour calculer chaque risque et améliorer son quotidien, tel est son objectif et sa force.

HISTOIRE OU POST RP

Les bruits de chopes emplies de bières tintent joyeusement, dans les mains confondues de soldats encore en uniforme, de citoyens lambda, clients occasionnels ou véritable piliers de comptoir. La lumière tamisée des chandeliers projette leur ombre sur les murs, véritable toile animée, dévoilant les verres se lever, les gosiers se remplir, dans une atmosphère de moiteur de chaleur humaine. Une taverne sans fenêtre, plongée dans les galeries souterraines, ou aucune lueur du ciel n’est jamais parvenue.
D’une tignasse de cheveux roux clairs, retenus par une broche dorée, une mèche rebelle tente de s’échapper. De facture simple, mais dorée à l’or fin, le genre d’artifice qu’elle ne peut qu’emprunter lorsqu’on le lui confie, le temps d’une soirée. Une belle femme, soignée, est plus plaisante à l’œil, et un client satisfait est un client plus rentable.  
Devant un miroir craquelé, elle se maquille à la va-vite dans les sanitaires des femmes, dissimulée aux regards. Un jeune et joli minois mis en valeur pour leur bon plaisir. Peu lui importe. C’est peut-être la partie la moins désagréable de son travail quotidien, aussi, elle en profite, même si cela veut dire s’étendre en faux sourires charmeurs, et prêter sa voix dorée et enjôleuse le temps de quelques heures dans la soirée. Après tout, c’est pour ça que le patron a payé la ville. S’il avait voulu une simple paire de bras supplémentaire pour les soirées les plus chargées, n’importe qui d’autre qu’elle aurait fait l’affaire.
Elle jette un œil au miroir. Ce qu’elle y voit la satisfait, en quelque sorte. La coquetterie est bien loin de ses préoccupations habituelles, mais puisqu’on lui laisse l’occasion d’en faire son premier souci le temps d’une soirée, elle en profite. Sa peau pale leur plait, surtout lorsque ses lèvres sont rehaussées d’un peu d’extrait de roses rouges.

" Bravo, Natalia. Tu ressembles à une parfaite petite Noxienne. "


Un léger rire froid s’échappe de ses lèvres à ces mots murmurés à son reflet. L’apparence est trompeuse, mais pense-t-elle vraiment qu’on la traitera comme telle pour autant ? Non, certainement pas. Là n’est pas sa place.

Vas-y, souris ! Pourquoi réfléchir ? Qu'entends tu par « avenir » ?

Elle se tend, serrant les dents, et giflant mentalement ses propres pensées. Elles ne servaient à rien, si ce n’était à la décourager, crisper son sourire. Savoir être utile, savoir être efficace. Ainsi était le meilleur moyen pour survivre dans cette cité, lorsqu’on n’était ni plus fort, ni plus robuste qu’un autre. Les plus inutiles passaient rapidement à la trappe. Ceux qui savaient se glisser entre les mailles s’en tiraient.
Il ne faut pas penser à ça. Dessiner un sourire sur son visage, donner l'impression de les aimer, chacun, les faire fondre. Elle ne touchait pas de salaire, évidemment. Les esclaves n'ont pas le droit de posséder d'argent. Mais ils fermeraient les yeux sur les petites sommes, les pourboires, tant qu'elle ne cherchait pas à commencer à cacher et économiser les quelques piécettes qu'elle pouvait se faire. Il suffit de savoir ou les dépenser, qui ne la dénoncerait pas, et tolérerait de lui échanger cette monnaie contre un petit extra, quelque chose à manger, ou faire repriser ses vêtements. Même dérisoire, à l'usure, ces quelques privilèges peuvent faire la différence pour tenir plus longtemps.

Une soirée à jouer les serveuses. Tiens toi droite, souris, souris encore. Ta voix est douce, ta voix chantonne, et les envoute. Ne pense à rien d'autre. Ils ne sont pas si mauvais, chacun d'entre eux, individuellement. Pas de quoi cultiver une haine personnelle.

Elle n'hésite pas à se faire entendre, quand il le faut. Esclave ou non, elle a appris depuis bien longtemps à ne pas se laisser marcher sur les pieds, lorsqu'ils exagèrent. Surtout ces soirs là, face à ces hommes alcoolisés. Un pur calcul, encore une fois. Quelle que soit sa position, une femme sachant se faire respecter est plus charismatique, à Noxus. Les faibles se font bien trop rapidement éliminer.

Adossée contre le mur, à l'extérieur de la taverne, elle attend, profitant du relatif silence. Les derniers clients sont partis, elle a terminé pour ce soir. L'engourdissement, la fatigue, traversent chacun de ses membres, mais pourtant, elle reste un moment ici, plutôt que d'aller profiter d'un sommeil dont elle aurait bien besoin. Elle écoute, et attends.

Il est là. Elle l'a entendu arriver, ses pas résonnants dans la pénombre des souterrains, lui faisant ouvrir les yeux à nouveau. Aussitôt, elle adapte son attitude. Certains aiment les forts caractères, d'autres les broient. A-t-elle vraiment un caractère qui lui est propre ? Difficile à dire, tant celui est changeant, face à chaque personne qu'elle a en face d'elle. Seul l'opportunisme reste. Elle sait se rendre utile, en prenant des risques calculés, pour sa survie à plus long terme, et ce genre de rencontre en est la concrétisation. Quelques mots glissés, rapides, discrets. L'avancée de sa petite recherche d'informations, concernant cet officier en particulier. Elle a dû le séduire, elle a dû jouer de son corps, et le livrer à cette tâche. Peu importe. Une nuit passée dans la chaleur et le confort, ça en valait la peine, et c'est une double récompense, vu l'objectif visé des confidences recueillies sur l'oreiller. Il lui donne de nouvelles directions pour la suite, de nouvelles choses à chercher. Elle acquiesce rapidement, avant de finalement, se glisser entre les ruelles, pour retourner là ou elle peut se reposer, dans ce secteur de la prison sous l'arène, ou logent les gens comme elle. Des cellules ouvertes, pour les travailleurs, qui échangent leurs forces contre un peu de liberté.

Elle s'est forgée une petite réputation, dans les sphères nébuleuses des procédures non officielles, et a régulièrement des petits travaux pas très légaux qui lui sont confiés. Dangereux, mais pour elle qui n'est ni spécialement forte, ni spécialement robuste, savoir être utile d'une autre façon est le meilleur gage de survie. Savoir être discrète, efficace, et ne pas se faire prendre, en échange de quelques privilèges. Certains ont la signature assez influente pour la libérer de l'épuisant travail physique pour quelques jours, le temps de remplir leurs petits travaux personnels. Une bonne façon de permettre à son corps de tenir le coup. Survivre, par tous les moyens. Dans l'espoir, d'un jour, peut-être, avoir le droit de vivre.


Et si tu le dois, détruire ce monde dans un hurlement

Demain, elle aura encore du travail, comme chaque jour, jour après jour. Ses yeux se ferment rapidement, emportée par le sommeil. Vers le seul endroit ou elle soit encore libre, et sans entraves. Dans son esprit, dans ses pensées, dans son coeur. L'hiver est libre, et jamais ne peut être pacifié.
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De petites ondes se répandent, sous les coups de langues rapides d’un lapin aussi blanc que la le paysage glacial et montagneux, sur l’un des rares points d’eau pas encore tout à fait gelé aux alentours. Pressé, le rongeur lape rapidement, ses oreilles remuant pour détecter un éventuel prédateur, dans la neige scintillant au soleil.
Elle se tient, on loin de là, arc bandé dans les mains, visant sa cible. Une enfant aux joues roses, parcourues de quelques taches de rousseurs. Concentrée, elle observe l’animal, qu’elle a suivi en s’éloignant du reste de son clan, poussée par l’imprudence, dans ces terres hostile. Ses petites mains tiennent fermement la flèche, s’apprêtant à la décocher.
Soudainement alerté par quelque chose qu’elle-même n’a pas entendu, le lapin lève la tête, et en un bond, détale dans la neige. Avec une moue désapprobatrice, l’enfant s’élance dans la même direction et recommence à le pourchasser, la poudreuse feutrant ses pas. Ce lapin, elle l’attrapera !

Par bonds successifs, il l’entraine à travers les bois, à travers les pins. Les cheveux roux de l’enfant volant dans son dos sont la seule note colorée dans cette immensité de pureté noire et blanche, tandis qu’elle poursuit cet animal à la fourrure immaculée. Si concentrée pour ne pas le perdre des yeux dans cet environnement, elle ne se rend à peine compte qu’elle vient de déboucher hors des bois, sur un chemin de passage emprunté par les montures. Tout ce qui l’intéresse, est la flèche qu’elle vient de décocher en course, et sa cible abattue sur le sol. Avec un petit cri de victoire, elle se rapproche de la tâche rouge sanglante s’étalant dans la neige, trésor inestimable, puisqu’elle pourra, avec fierté, clamer haut et fort qu’elle a contribué à nourrir le clan ce soir.

Ses paupières clignent avec stupeur, devant le corps de l’animal. La neige est écarlate, autour, mais bien plus que qu’elle devrait l’être pour un simple lapin. Elle lève les yeux, lentement, pour regarder plus loin que le rongeur, et les fixe sur la tête tranchée qui git au sol, quelques mètres plus loin, ébahie.
Sa main portée à sa bouche, lâche son arc, qui choit dans à ses pieds, choquée par ce qu’elle voit. Les corps sanglants, transpercés, encore fumants dans la neige, qui l’entourent. Des dizaines. Elle reconnait quelques visages. Un clan voisin, avec qui les siens commercent souvent. Commerçaient.
Incapable de réagir, paralysée par ce qu’elle voit, l’enfant sent une main se refermer sur son épaule. Des hommes, portant des tenues toutes accordées entre elles, rouges et noires, l’entourent et lui coupent toute retraite, visiblement surpris de l’avoir vue déboucher ici ainsi. La sensation froide d’une lame posée comme une tenaille sur sa gorge, dont l’odeur du sang encore tiède recouvrant le métal la fait tressaillir, sans qu’elle ne soit capable d’esquisser un geste de fuite.

L’un des étrangers la désigne en lançant une phrase, dans une langue qui lui est inconnue, et discute quelques instants, avant que la lame ne soit finalement retirée de son cou. Dans un craquement sec, une botte marche sur son arc, le brisant en deux, tandis que son propriétaire pousse l’enfant dans le dos. Elle avance, sans vraiment comprendre, perdue et choquée. Elle voudrait fuir, retourner à son clan, mais elle ne le peut pas, car les hommes démoniaques pourraient la suivre, et les massacrer comme ils ont massacré ces hommes-là.
Mais pourquoi l’emmènent-ils ?

A quelques pas de là, sont attachés des chevaux, comme elle n’en a jamais vu de semblables. Bien plus minces, élancés que les races nordiques, ils semblent mal supporter le froid environnant, frappant du pied, s’agitant, renâclant avec nervosité. Rien à voir avec les robustes montures au caractère si calme, à la fourrure épaisse et chaude, et à la longue crinière dont la jeune fille à l’habitude.
Les hommes crient des ordres, sans qu’elle ne puisse les comprendre, et soudainement, ses petits poignets sont liés par des cordes, dont l’extrémité est attachée à la selle d’une des bêtes. Quelques instants plus tard, les hommes se mettent en route, chacun sur une monture et elle derrière, à pied, tirée par la corde qui l’entraine sans délicatesse vers l’avant, ses petites jambes peinant à tenir le rythme de marche des chevaux. Obligée de trottiner, des nuages de brume s’échappent de ses lèvres alors qu’elle avance du mieux qu’elle peut sur la neige durcie par les passages fréquents, entrainée vers l’est. Pendant plusieurs heures, elle suit le rythme, épuisée mais sans pouvoir faiblir, la corde ne lui accordant aucun répit, frottant durement sur ses poignets endoloris, et la rappelant au rythme chaque fois qu’elle fait mine de ralentir.

Au loin, quelque chose d’étrange commence à être visible, bien que difficile à distinguer, le soleil se réverbérant sur la neige et l’éblouissant. De la fumée monte dans le ciel en plusieurs points, répartis sur une sorte de campement, qui ressemble au petit village ou vivait son clan, mais qui a quelque chose de… Différent. Les tentes parfaitement alignées, formant un carré, et faites de tissus qu’elle n’a jamais vus, dans les mêmes couleurs que les vêtements des hommes qui l’ont menée ici. Des hautes palissades de bois sont dressées, tenues par des cordes. Ses yeux se posent partout, cherchant à mettre de la cohérence dans son incompréhension, tandis qu’elle traverse cet étrange lieu, rempli d’hommes principalement, portant tous le même uniforme. Certains ont des décorations sur les épaules, grises ou dorées, qui se distinguent du reste, mais tous semblent être de véritables copies conformes, alignés dans une discipline de fer, comme des coquilles vides dépourvus de sentiments ou de volonté.
Elle sait que des tribus d’hommes se montraient souvent impitoyables, et n’hésitent pas à piller, bruler, tuer sur leur passage, mais ceux-là sont encore différents. Ils ne sont pas d’ici. Les légendes et les mythes lui reviennent en mémoire, sur des êtres semblables à des hommes, mais dépourvus d’âme, qui se réveillaient parfois et semaient la mort sur leur passage. Sa gorge rêche et assoiffée avale avec difficulté sa salive, tandis qu’on l’emmène à l’intérieur d’une grande tente, devant laquelle des hommes tiennent des lances, lui aboyant des mots qu’elle ne comprend pas. Mais elle n’en a pas besoin, le message est clair : elle ne doit pas sortir d’ici.

Quelques autres personnes sont à l’intérieur, et immédiatement, l’accueillent de manière amicale. Eux sont d’ici, des prisonniers comme elle. Tous des gens d’ici, membres d’autres tribus, dont les petites rivalités sont immédiatement effacés face à cette menace commune, et tous des inconnus. Sauf une femme, dont le visage lui est familier.
"Mya !" crie-t-elle en se précipitant dans sa direction, les yeux écarquillés. Si la présence de cette jeune femme, mère d'un petit garçon un peu plus jeune qu'elle avec qui elle aime jouer, la rassure, elle la terrorise aussi pour ce qu'elle signifie.
Son clan est lui aussi tombé entre les mains de ces hommes étrangers. La prenant dans ses bras, la femme tente de la rassurer, mais sa voix trahit sa panique. Elle ne peut nier la vérité, que l'enfant ne tarde pas à comprendre.

Tout le monde, tout le monde, anéantis à jamais. Ses parents, ses amis, ses proches. Tous ceux qui l'ont protégée, nourrie, éduquée, ne sont désormais plus de ce monde.
Ses yeux vides se fixent sur le sol, et ne le quittent plus. Elle écoute à peine ce que disent ses compagnons d’infortune, qui discutent de ce qu’il se passe. Elle comprend simplement par leurs mots, que ces hommes sont des soldats venus d’autres régions, plus au sud.
De massacre. Pourquoi eux sont ici, prisonniers, quand les autres sont tous morts ? Ils ne savent le dire. Sans doute pour devenir des esclaves.

La journée s’avance, et la soirée vient, sans que personne ne se préoccupe du petit groupe, composé de jeunes hommes et femmes. Elle est la plus jeune, veut ne veut pas être traitée comme telle. Rester courageuse, voilà ce qu’on lui a toujours appris. Même lorsqu’un des hommes, au désespoir, tente de convaincre d’autres personnes de tenter un passage en force et de s’enfuir. Même quand lui, un autre homme, et une femme l’ayant écouté, se font attraper et exécuter sous leurs yeux par simple exemple. Elle se contente d’enfouir son visage dans ses mains, pour ne pas voir. Fuir cette réalité. Les choses finiront par s’arranger.

La nuit tombe, finalement, et le noir se fait autour du petit groupe assis dans cet espace réduit. Le silence tombe, et l’agitation cesse à l’extérieur, remplacé par le lointain hululement d’une chouette. Seuls les sanglots étouffés de femme de son clan déchirent le calme de mort, gémissant à son enfant perdu.

" Pourquoi en est-il ainsi ? ", murmure la femme avec rage.

L’injustice de la situation la révolte. Qui sont ces hommes, et de quel droit viennent-ils ainsi sur ces terres, pour prendre leurs vies ?

"  J’aurais du mourir aussi. Pourquoi n’ai-je pas pu lui laisser ma vie ? "

La jeune fille aux cheveux roux ne répond rien, aux lamentations d’une mère ayant vu sa famille, son mari, son enfant mourir devant ses yeux. Son cœur est serré, et la boule dans sa gorge lui fait mal.
Rien ne peut remonter le temps, et la jeune fille le sait. Rien ne fera revenir le jeune garçon.

Dans l’obscurité, une voix jeune entame un chant. Semblant venir du cœur même de Freljord, de son essence et de son âme, elle vibre dans l’air. Pour sa famille et ses ancêtres, la jeune fille chante à voix basse la berceuse qui l’a toujours conduit vers le calme, pour se donner du courage, à elle et au reste du groupe. Pour s’évader dans la nuit, son cœur courant dans le vent et la neige, par-delà les nuages et les montagnes de glace. Les mélodies des temps anciens la transportent loin de la haine et de la peur, dans l’immensité de la toundra gelée. Et face à ce chant de courage de leur peuple, les lamentations et les sanglots se taisent.

Un homme, curieux, celui qui garde la tente, passe sa tête à l’intérieur au bout de quelques minutes. Il l’écoute, sans un mot, sans un ordre. Puis reprend son poste.
La fatigue finit par la gagner, et une torpeur par l’emporter roulée en boule sur le sol dur et froid. De longues heures s’étirent en silence, sans qu’une plainte ne se fasse entendre. Elle a faim, comme tous les autres, et soif, mais personne ne s’en préoccupe tandis que la nuit se termine, et que le soleil se lève, puis s’étire paresseusement dans le ciel.

Elle sursaute, assise sur le sol, en entendant le bruit du pan de la tente claquant, et en apercevant, à sa hauteur, une paire de bottes de facture fine. Avant-même d’avoir eu le temps de relever les yeux vers l’homme qui vient d’entrer qu’elle est empoignée par le col et remise sur ses pieds, tandis que des ordres sont de nouveau aboyés dans cette langue aux tons si agressifs. Tout le groupe est sorti hors de la tente, sans trop savoir pourquoi. Puis, le message passe, à force d’ordres, de mimes, et de traductions faites par ceux qui connaissent quelques mots de l’autre langue : ils doivent travailler, maintenant.

Déneiger les environs, répandre du sel pour empêcher le gel, entretenir des feux. Des travaux physiques, pour gagner le droit de manger un peu. Un peu de pain, un peu de soupe, pour tenir, ils s’escriment dans le froid, pour ceux qui massacrent leur peuple, pillent leurs terres, sous prétexte de pacification.
Et le soir venu, l’enfant chante. Pour les siens, pour le courage. Venu du cœur, vibrant dans l’air, les chants dans sa langue natale réchauffent l’atmosphère.

Un soir, un homme vient la chercher. Elle, et aucun autre, il la fait sortir hors de la tente ou ils sont confinés, et l’emmène avec elle. Les autres se lancent un regard navré, car ceux qui sont sortis ainsi ne sont jamais revenus. Elle le sait, et a peur, mais ne dit rien.
Il l’emmène, au milieu d’autres hommes, assis devant un feu. L’odeur de la viande rôtissant lui met l’eau à la bouche, tandis qu’elle contemple la chair fondante qui grésille. Les maigres rations qu’on leur accorde ne sont pas suffisantes, et lorsque la faim frappe, les plus faibles en subissent les conséquences. Aujourd’hui, son repas a été volé, par un plus grand, un plus fort.
L’homme la désigne, en lançant des phrases dans la langue qu’elle ne parle pas, aux autres. Puis, il s’accroupit et se met à sa hauteur.

" Comment t’appelles-tu ? "

Elle le regarde, sans répondre. Elle ne comprend pas cette langue. L’homme réfléchit un instant, puis se tapote le torse du doigt, sa voix grave répétant « Teyram ». Puis, il pose son doigt sur le torse de la jeune fille, l’air interrogatif.

" Natalia " réponds elle d’une petite voix, ayant enfin comprit la question.

Il lui fait un sourire, et lui tapote la tête un instant, comme pour la rassurer, et la pousse dans le dos pour qu’elle se rapproche du cercle d’hommes, avant de lui mettre un gros morceau de viande dans les mains. Pourquoi un tel traitement de faveur ? Elle n’en a aucune idée, mais son estomac est bien trop vide pour se poser la question, et elle dévore la viande juteuse avec appétit, ignorant les regards posés sur elle.

Quand enfin, elle a terminé son repas, et s’essuie le visage avec la manche, l’homme qui l’a amené ici s’adresse de nouveau à elle. Sans qu’elle puisse le comprendre, une fois de plus.
L’air embarrassé, il réessaye de parler plus lentement, en lui tapotant la gorge, puis pousse quelques notes. L’air surprise, la jeune fille relève les yeux. Il veut qu’elle leur chante sa chanson ?
Les joues rouges, et les yeux bas, elle reste silencieuse un instant, intimidée par les regards sur elle. Puis, lentement, de sa voix claire s’élève la chanson de son peuple. Même si ces hommes ne savent rien de ce pays, de ses vents, de sa glace, mais de la chaleur qui l’habite au milieu du froid, ils écoutent avec attention, transportés par sa voix. Ce n’est pas pour eux qu’elle chante, des paroles qu’ils ne peuvent comprendre, mais ils l’écoutent, près des flammes crépitantes, sous le ciel étoilé de Freljord.

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Cris et clameurs, alignés dans les rangs
Sur le blanc de l’arène, la couleur du sang
Ils tombent tous.


Le calme est revenu, mais l’écho du spectacle semble toujours résonner comme le vrombissement d’un frelon, sous le ciel d’encre. Le ciel voilé n’offre presque aucune luminosité, et seul le frottement régulier d’une pelle sur le sable vient rompre le silence de plomb, que même le vent n’ose briser. Des mains rêches, calleuses, remuent d’un geste machinal le manche de bois, grattant le sable humidifié par le sang, pour le ramener dans un container. L’arène doit être de nouveau immaculée lors du prochain spectacle de l’Hécatombe, pour que ceux qui s’en ravissent les yeux distinguent dans des cris de joie, le premier jet de sang qui viendra rompre la blancheur du sol sablonneux.

Quelque chose vient finalement accompagner la mélodie de ce raclement, léger bruit dans la nuit. Une fine pluie se déverse, comme moqueuse, pour le simple plaisir de compliquer la tâche de la jeune femme qui s’escrime dans cette grande arène vide. Mouillé, il sera bien plus difficile dans le noir, de distinguer les parties de sables assombries par le liquide poisseux, de celui encore intact, et l’humidité ne tarde pas à soulever répandre l’odeur du sang dans cette cuvette entourée de gradins.
Ecœurante senteur, évoquant un dernier souffle déjà tombé dans l’oubli, mais elle ne semble pas s’en préoccuper. Années après années, après chaque spectacle, seule au milieu des fantômes de ceux tombés quelques heures auparavant, dans cette grande arène, à retirer le sable souillé par le sang désormais froid de ceux dont les dernières traces de mémoire dans l'esprit collectif disparaitront dans ce container, elle œuvre. Plus le spectacle était plaisant pour les Noxiens avides, plus la tâche est longue, le soir venu. Mais elle s'en moque. Ses pensées sont occupées, plongées dans ses souvenirs, ravivés par le long rêve qui a occupé sa nuit. Il y avait longtemps qu'elle n'avait plus revu ces visions du passés, mais celles-ci continuent tout de même de venir la hanter de temps à autre.

Un bruit mat heurtant le métal. Comme un trésor enfoui sur une plage, cadeau d’une bien cruelle mer, ses doigts frottent le métal, pour dégager le sable humide. La pointe d’une lance brisée, séparée de son propriétaire par ceux qui l’ont oublié là en ramassant les corps quelques heures plus tôt.

Elle hésite, un instant. Il y a quelques temps encore, elle l'aurait gardé. Vaine accumulation matérielle, dans l'espoir de trouver une utilité un jour, à ce bric à brac.
Son bras se détend, et jette la pointe de lance dans la benne, avec le sable souillé.

Lorsque toute tâche noire a disparu sur le sol retourné, le travail n’est pas terminé. Ses bras frêles soulèvent des sacs de sable, rendant son pas difficile et hésitant, jusqu’à ce que leur contenu se soit suffisamment répandu sur le sol. Jusqu’à prendre un nouveau sac. L’arène est grande, et son souffle court.

Le dernier contenant déversé sur le sol, elle rabat une mèche de cheveux mouillée, collée à son front par la pluie se déversant sur son corps exposé. Ses vêtements trempés collent à sa peau, sans la ralentir. Qu’elle cesse de s’activer, et le froid la rattrapera. Il faut aplanir le terrain, désormais, mais l’averse ne veut pas se calmer. Elle s’abat en trombes de plus en plus violentes sur ses jeunes épaules, s’insinuant sournoisement dans ses pores, jusqu’à glacer ses os, tandis que son râteau passe et passe sur le sable mouillé, pour l’égaliser.

Une fois le sol parfait, passé et repassé dans ses moindres détails, elle passe finalement la porte grillagée de barre de fer, menant aux bâtiments inférieurs, enfin à l’abri du déchainement du ciel. C’est par ce passage que les prisonniers, les condamnés, pénètrent l’arène, dernière porte, à sens unique vers la mort. A l’exception de la jeune fille, qui, années après années, la franchit, comme un passeur sur sa barque, navigant librement entre deux rivages, l’un de vie, l’autre de trépas. Mais sans pouvoir quitter ce fleuve, sans pouvoir quitter cette barque, ou poser le pied sur l’une de ces berges. Interdite d’une vie libre, interdite de mort.

Enfin à l’abri, elle essore ses cheveux, et retire sa veste élimée, pour faire de même, dénudant son épaule marquée par le fer rouge. Passant devant des cellules, fermant son cœur pour ignorer les plaintes de ceux qui, de toute façon, franchiront bientôt la grille de fer, l’écho de ses pas résonne dans le long. Sans doute la pensent-ils libre, elle qui peut ainsi avancer de l’autre côté des barreaux. Sans doute l’est-elle plus qu’eux, puisqu’eux n’ont pas le choix de vivre ou mourir, et ne peuvent pas influer sur la date de leur trépas. Elle, elle le peut encore.

Au bout de son chemin silencieux, elle pénètre dans une petite pièce, et un soupir de soulagement s’échappe de ses lèvres. Comme une petite case dans une ruche, ce n’est qu’une chambre de bonne, sans fenêtre ni cheminée, ou un simple matelas est posé au sol de pierre froid, à côté d’une armoire contenant quelques tenues rapiécées. Elle se déshabille, suspendant sur la porte de l’armoire les vêtements qui n’auront pas le temps de sécher d’ici l’aube.

Un instant, ses yeux se posent sur l'armoire métallique ou ses quelques affaires sont suspendues. Elle songe à l'époque ou elle cachait, sous ce meuble, ses quelques trouvailles, comme la pointe de lance jetée. Il y a longtemps qu'elle s'en est débarrassée. Aussi futils qu'ils soient, ces objets auraient pu lui apporter bien plus de problèmes, découverts, que de solutions.

Cela fait un moment qu'elle l'a compris. Qu'aucun matériel ne pourra jamais lui apporter aide. Ce n'est pas par les tâches physique ou le combat qu'elle s'en sortira.
Là ne réside pas sa force. Sa force est autre. Et puisqu'elle est à Noxus, que la culture de la cité s'est imprégnée par chacune de ses pores, l'imbibant comme le sang sur le sable...
Sa force, elle la montrera.

BEHIND THE SCENE




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MessageSujet: Re: Natalia, la capture de guerre.   Mer 25 Jan - 20:18

bon bah amen aller hop validé

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Natalia, la capture de guerre.

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