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 Mauvais endroit, mauvais moment (le retour !) [PV Darius]

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MessageSujet: Mauvais endroit, mauvais moment (le retour !) [PV Darius]   Jeu 26 Jan - 16:42

Seul le bruit du vent sonnait du vent, sifflant dans mes vêtements et à mes oreilles, accompagné du crépitement du feu des torches brulant, éclairant légèrement l’arène du Colysée. Comme si la ville entière s’était soudainement tût, comme si toute âme vivante était plongée dans le sommeil. Sans doute la plupart l’étaient, mais il fallait entretenir l’arène.

Petit à petit, des bruits de voix, et un frappement régulier, bruit sourd, profond, comme celui d’un tambour me parvint, venu d’en bas. Sous l’arène ? Les prisons ou les prochains condamnés à se battre attendaient. Ceux qui n’étaient pas morts aujourd’hui, qui attendraient la semaine prochaine, ou la suivante… Parfois plusieurs mois, comme ça. Mais quelle était la raison de cette soudaine agitation ?
Ce n’était pas vraiment mon problème à vrai dire. Je n’irai pas jusqu’à dire que je me fichai du sort des gens là-dedans, mais ma priorité était de survivre. Et pour ça, je ne devais pas faire de vagues, faire mon travail sans m’attirer d’ennuis. Peu importe ce qu’il se passait par en bas, mon travail pour le moment était à la surface.

Soudainement, accompagné des cris, des hommes passèrent la grille de fer, ouverte pour que je puisse circuler, en courant. Ca, ça ne m’allait pas par contre. J’étais la seule prisonnière supposée passer cet endroit sans que cela signifie une condamnation à mort, et je ne voulais pas me faire embarquer dans des problèmes. En me voyant, ils se précipitèrent sur moi, et mon premier réflexe fut de me cacher le visage, ne sachant ce qu’ils me voulaient. Mais ils se contentèrent de me priver de mes outils dont je me servais pour travailler le sable dans lequel je fus renversée au passage. En relevant la tête, essuyant le sable – heureusement pour moi, j’avais déjà retiré celui qui était souillé par le sang, à cet endroit – collé à ma joue, je les regardai, impuissante, désigner le container dans lequel j’envoyais le sable retiré de l’arène, et le tirer vers l’enceinte de l’arène, puis interpeller, en criant, d’autres personnes.

Ils essayaient sûrement de s’enfuir. Les imbéciles. J’en rêvais depuis des années, mais eux n’avaient visiblement pas assez de jugeote pour se contenter de rêver. J’en avais vu, des massacres de prisonniers… Ceux-là, condamnés à mort, n’avaient rien à perdre. Mais si je me retrouvais prise là-dedans, moi, j’avais beaucoup à perdre. Une vie que je pouvais encore garder, puisque je faisais partie des travailleurs. Evidemment, quel intérêt aurait-il pu y avoir à me regarder me faire tuer dans l’hécatombe, ou je n’aurais pas tenu plus de quelques secondes… Aucun. Ne pas avoir la constitution d’une combattante m’avait sauvé la vie jusque-là.

De dizaines d’hommes, et quelques femmes, suivirent bientôt le mouvement, pénétrant dans le colisée, en criant. Derrière, je pouvais entendre des ordres criés avec le ton autoritaire typique des soldats de Noxus. Ce n’était plus une évadée discrète, mais une fuite en avant pour tenter de préserver leur vie. Ils se précipitaient vers le container, pour l’escalader, et tenter de grimper dans les gradins, pour s’enfuir par là. Et moi, j’étais prise dans cette mêlée générale, les premiers soldats pénétrant déjà, armes en main, dans l’arène à leur tour. Mauvais endroit pour rester.

Je jouais des coudes pour tenter d’avancer à contresens, bousculée, déséquilibrée par la masse affluant dans la même direction. Je ne voulais pas les suivre. Ils allaient tous se faire tuer, et je ne faisais pas partie de leur groupe. Je ne voulais pas être exécutée avec eux.
Les Noxiens étaient trop rapides, bien sûr, face à des prisonniers affaiblis, abimés, et manquant d’entrainement. Ils gagnaient du terrain, et moi, j’essayais d’aller vers eux. Toujours me réfugier vers l’autorité, la plus haute possible, sans chercher à la contrer. Voilà ce que les années ici m’avaient appris à faire, pour survivre le plus longtemps possible.

Un véritable chaos. Les derniers du groupe de fuyard commençaient à se faire attraper par les Noxiens les plus rapides, et même si je ne regardais pas derrière moi, je supposais que les premiers étaient déjà dans les gradins. Moi j’essayais toujours, petite constitution au milieu de ces hommes bien plus bâtis, d’aller à contre courant. Soudain, un violent coup d’épaule me fit basculer vers le sol, et je retombais à genoux, m’appuyant sur mes mains au dernier moment, les enfouissant dans le sable humide et sanglant pour me rattraper. Face à moi, à quelques centimètres à peine de mon visage, je pouvais voir une paire de bottes, et le manche d’une gigantesque hache sur le sol.

Lentement, je levais les yeux.
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MessageSujet: Re: Mauvais endroit, mauvais moment (le retour !) [PV Darius]   Jeu 26 Jan - 20:06

– Remuez-vous bande de larves, c’est pas comme ça que vous allez m’impressionner.
Même le fracas des armes et les beuglements des combattants ne suffisaient pas à couvrir la voix autoritaire de Darius. Sa lourde hache à la main, le général noxien allait et venait au centre d’un cercle de sable à l’intérieur duquel une vingtaine de soldats s’affrontaient à armes réelles. Le regard acéré du colosse allait d’un groupe à l’autre, les jugeant presque instantanément. Et ce qu’il voyait ne semblait pas à son goût.

– Mettez-y vos tripes ou elles finiront par couvrir le sol.
La menace était sérieuse, et tous le savaient. Darius n’avait que faire d’une bande de mollassons et il n’allait certainement pas se sentir coupable si plusieurs d’entre eux laissaient leur peau dans cette cour. Il n’y avait pas de place dans ses rangs pour les faibles et les lâches. La rumeur courrait que nombre d’entre eux n’étaient pas sortis vivants de ce cercle.

Pourtant, ils n’étaient pas des enfants de chœur. Tous les homme présents dans ce cercle étaient des soldats noxiens expérimentés et endurcis. Ils avaient tous connus le feu et le sang des batailles et chacun d’eux faisait parti de l’élite de son régiment d’origine. Tous avaient choisi d’être là, de subir cette épreuve et de pendre le risque de ressortir de cette cour les pieds devant. C’était le prix à payer pour avoir l'honneur d’être intégré à l’unité personnelle de Darius. Des régiments, le général noxien en commandait une pléthore, mais cette unité était la seule placée directement sous ses ordres, la seule qui ne soit pas placée sous le commandement d’un sous-fifre, lui même aux ordres de Darius. De nombreux soldats souhaitaient y entrer. Très peu y parvenaient. Elle était composée des survivants de l’unité dont Darius s’était emparé, après en avoir décapité le commandant, et de quelques pièces ajoutées, triées sur le volet. Leur loyauté envers le général était absolue et tous étaient prêts à mourir pour lui.

Tandis que les aspirants s’affrontaient en essayant de convaincre Darius de leur force et de leur courage, plusieurs membre de l’unité qu’ils voulaient tous rejoindre s’étaient regroupés le long de la barrière entourant le cercle. Ils assistaient au spectacle en commentant ce qu’ils voyaient à voix haute, riant et raillant les aspirants, lançant des paris sur ceux ayant le plus de chance de parvenir à leurs fins où sur le prochain qui quitterait la lice un membre où le crâne fracassé. Darius les laissait faire. Il était notoire qu’il était plus permissif avec ses hommes qu’avec les autres et que ceux-ci jouissaient de certains privilèges. C’était l’une des raisons pour lesquelles beaucoup voulaient rejoindre cette unité. La principale, cependant, restait l’admiration que de nombreux soldats vouaient à Darius.

Tandis que les hommes raillaient un soldat vaincu qui sortait de la lice, le bras droit pendant lamentablement le long de son flanc, un jeune homme en uniforme se précipita vers eux, haletant après une longue course. Il semblait particulièrement pressé.

– J’ai un message pour le général Darius, annonça-t-il.

– Il est occupé, répondit l’un des soldat sans prendre la peine de le regarder.

– C’est urgent! Insista le messager.
Ça fit rire les hommes l’entourant.

– Dans ce cas tu n’as qu’à y aller, fit un autre soldat en riant, désignant Darius d’un signe de tête. Mais fait bien attention à ne pas te faire éclater ta jolie petite tête!
Son rire, cependant, s’étrangla dans sa gorge quand il vit le jeune franchir la barrière d’un bond et se précipiter vers Darius, esquivant aisément les combattants.

– Général Darius?!
Le colosse se tourna vers le gamin, tel un mur de chair et d’acier, infranchissable et imperturbable. Le messager s’arrêta à quelque pas de lui, intimidé.

– Général, un message urgent pour vous.
Un instant, Darius le toisa de toute sa taille, sans prononcer un mot, puis, d’un geste ample du bras, il ficha sa hache dans le sol et s’empara du rouleau qui lui était tendu. Il inspecta rapidement le cachet de cire avant de le briser et de dérouler le parchemin. Il en lut rapidement le contenu et le messager put voir son visage se figer en une expression de colère froide qui n’annonçait rien de bon. Le gamin, cependant n’osa pas reculer.

– Quand? Demanda Darius en froissant le message das son poing.

– Il y a moins d’une heure, général.
Darius jeta la boule de parchemin au sol et récupéra sa hache.

– Dis lui que je m’en occupe, lança-t-il avant de se détourner du gamin.
Sur un seul ordre de sa part, les combattant encore en lice se figèrent instantanément.

– C’est tout pour aujourd’hui, ceux qui sont encore entiers, revenez ici demain, ordonna-t-il. Rompez.
L’étonnement saisit l’ensemble des soldats présents, aspirants comme spectateurs, mais tous se gardèrent de poser la moindre question. Laissant les aspirants se débrouiller par eux même; Darius s’approcha de la barrière:

– Mirac, sonne le rassemblement. Je veux tous le monde prêt à partir dans dix minutes.
Aussitôt, ce fut le branle-bas dans la caserne. A l’appel du cor, tous les hommes présents se ruèrent à l’armurerie pour récupérer armes et armures. Ceux qui étaient déjà équipés vinrent immédiatement se ranger dans la cour, face à Darius. La mécanique était bien huilée, et il ne fallut qu’une poignée de minutes aux soldats surentraînés pour être prêts à partir.

Darius leur résuma rapidement ce qu’il venait d’apprendre. Une mutinerie était en train de se produire au Colisée. Des esclaves et des gladiateurs avaient réussi à s’échapper de leur cellules et menaçaient de se répandre en ville comme une épidémie mortelle. C’étaient à eux de les en empêcher "par tous les moyens possibles" avait précisé la missive. Personne n’osa contester le choix de leur unité d’élite pour mâter une poignée de gueux armé de bâtons et de cailloux. Tous savaient que, par le passé, des événements similaires avaient bien faillir mener Noxus à sa perte. C’était probablement pour cette raison que le Haut Commandement se montrait si prudent et radical.

La panique régnait au Colisée quand ils y entrèrent. Dans leur vaine tentative de fuite, les mutins avaient ouverts les cellules des autres prisonniers. La plupart s’était jointe à eux, mais un petit nombre, terrifiés et résignés, attendaient simplement que les soldats les trouvent et mettent fin à leur misérable existence. Quelques uns supplièrent les soldats de les épargner et furent enfermés dans les quelques cellules encore intactes afin d’être interrogés.

En fait de gueux armée de bâtons et de pierres, les soldats comprirent vite qu’ils avaient à faire à des adversaires bien plus coriaces qu’ils le pensaient. Certains étaient eux-même d’anciens soldats, des prisonniers de guerre forcés à combattre dans l’arène pour le plaisir des noxiens. Parmi eux on comptais des démaciens, des ioniens, des piltoviens et même quelques yordles. Les noxiens appréciaient particulièrement de voir ces boules de poils, que partout ailleurs on trouvait mignons, affronter à mains nus des molosses de guerre dressés pour tuer. Les mutins s’étaient emparés des armes des gardes qu’ils avaient tué sur leur route avant de forcer les portes de l’armurerie pour y voler tout l’équipement dont ils avaient besoin. La plupart d’entre eux étaient affaiblis par leur emprisonnement et les combats qu’on les obligeait à livrer mais ça ne les rendaient que plus dangereux. Les noxiens se répandirent dans tout le Colisée traquant les fuyards de tous les coté à la fois, massacrant les rebelles sur leur passage.

Suivi d’un groupe de ses hommes, Darius se fraya un chemin à coups de hache parmi les mutins qui tentaient désespérément de lui barrer le passage. Les pauvres diables tombaient devant lui comme des moutons à l’abattoir, trop faibles où trop maladroits pour lui résister. Il semblait que le plus gros de la troupe avait trouvé refuge dans l’arène, d’où ils espéraient pouvoir atteindre une sortie. Darius pensait qu’il s’agissait d’une diversion. Quelqu’un avait sacrifier ces pauvres types en les envoyant là pour l’occuper, pendant que d’autres cherchaient une sortie plus discrète. Dommage pour eux, il n’y en avait plus aucune. Elles avaient toutes été condamnées derrière sa troupe pour empêcher les mutins de se répandre en ville. Il ignorait qui était le leader de cette mutinerie mais il avait bien l’intention de le trouver … et de lui présenter sa hache.

Quand Darius déboucha sur l’étendue sableuse et ensanglantée où se déroulaient les combats si prisés de ses concitoyens, sa hache et son armure dégoulinaient du sang de ses adversaires. Les parties exposées de son corps, son visage et ses bras notamment, étaient couvertes de griffures et d’égratignures, mais il n’avait subit aucune blessure. Comme prévu, le gros des mutins se terraient là, occupé à essayer d’escalader les gradins. Quelques archers auraient suffit à mettre un terme à leur pathétique tentative, mais son unité n’en comptaient aucun. Comme lui, tous étaient des adeptes du corps à corps.

Darius et ses hommes chargeaient les mutins paniqués, abattant les moins vifs comme des chiens, quand une silhouette s’extirpa du groupe qui se pressait encore le long des murs encerclant l’arène dans l’espoir futile de leur échapper. D’abord, il cru à une attaque suicide et se prépara à répliquer mais au moment ou il empoignait sa hache, la forme s’affala sur le sable, juste à ses pieds. Lentement, presque timidement, elle leva la tête et son regard croisa celui du général. En un clin d’œil, Darius jaugea la situation. Ce n’était qu’une gamine, frêle, fragile, pathétique. Elle n’avait pas la stature d’un combattant, ni celle d’un soldat. Elle ne portait, d’ailleurs, ni arme ni armure et son corps gracile était enveloppé dans l’habit des esclaves, pas celui réservés aux condamnés qui devaient mourir dans cette arène, ni aux prisonnier livrés à son frère, mais celui des travailleurs, des serviteurs qui avaient plus d’utilité vivants que morts. Darius savait que tuer l’un d’eux pouvait lui coûter beaucoup d’argent si son propriétaire portait plainte, mais après tout, cette morveuse avait été prise en même temps qu’une bande de mutins. Et d’ailleurs, qu’est-ce qu’elle foutait là?

Intrigué par sa présence, et irrité par son allure fragile, le noxien plongea une main vers l’avant et, sans la moindre délicatesse, attrapa la fille par les cheveux pour la relever.

– Qu’avons nous là? Un bien étrange petit poisson dans ce banc de requins. J’espère pour toi qui tu as une raison convaincante d’être ici, gamine.
Il lui adressa un sourire cruel, serrant déjà les doigts de sa main droite sur la hampe de sa hache, prêt à frapper.

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MessageSujet: Re: Mauvais endroit, mauvais moment (le retour !) [PV Darius]   Jeu 26 Jan - 20:13

Un véritable colosse dans une armure dont chaque plaque devait faire l'épaisseur d'un bras se tenait de moi. Et quand je dis d'un bras, je parle des miens, car les siens me paraissaient aussi larges que mon corps entier, hérissés de pointes métalliques qui auraient suffit elles seules à me tuer si je m'étais retrouvée empalée dessus. Tout son corps était couvert de sang, encore frais et rougeoyant. Si j'avais l'habitude, dans cette grande arène, de nettoyer le sang séché sur le sable, la vue du fluide écarlate venant à peine d'être répandue m'était moins familière, et mes yeux restèrent un instant rivés sur la lame de son immense hache, d'où des gouttes écarlates et poisseuse coulaient, une à une, se répandant au sol. Encore moi qui allait devoir nettoyer tout ça...

J'avais l'impression de, cette fois, me retrouver en plein milieu de l'hécatombe. Des cris de charge, des hurlements de douleur et de mort, des corps démembrés, sanglants, ou des mourants abandonnés sur le sable tandis qu'ils se vidaient rapidement de leur sang. Et moi, au milieu de tout ça, qui cherchait à fuir cet endroit, dans le sens inverse de la troupe. C'était parfaitement idiot, comme situation. J'avais le droit de circuler librement, j'aurais même eu le droit de m'amuser à escalader les gradins si ça m'avait chanté. Mais il fallait que je me retrouve au milieu d'un groupe de mutin qui tentait de faire ce que j'avais déjà le droit de faire... Et je risquais de me faire tuer pour ça. Parfait. Quelle bande d'idiot...

Ils n'avaient aucune chance, et la réalité était en train de leur tomber dessus en même temps que leur mort. J'espérais simplement que leur bêtise n’entraînerait pas la mienne. Je sentis soudainement la main du colosse m'empoigner par la chevelure pour me forcer à me remettre debout, douloureusement. Son visage en disait long sur ses intentions, et sur la considération qu'il me portait, avec son air particulièrement aimable et conciliant. Vu sa tenue, il avait l'air d'être haut gradé... Très haut gradé, même. Sans doute celui qui menait l'assaut, et qui n'aurait donc à référer d'une décision de vie ou de mort sur moi à personne. C'était lui que je devais convaincre.

– Qu’avons nous là? Un bien étrange petit poisson dans ce banc de requins. J’espère pour toi qui tu as une raison convaincante d’être ici, gamine.

Je sifflais entre mes dents, avec mécontentement sous son étreinte, mais sans chercher à m'en délier, ne souhaitant pas passer pour une mutine, surtout vu sa hache prête en main. Simplement je laissais mon attitude lui faire comprendre ce que je pensais de sa manière de me soulever ainsi comme un paquet de laine. Je n'avais rien à me reprocher à la base, tout ce que faisais, c'était tranquillement mon travail, pas de ma faute si ces idiots avaient choisi ce soir là !

- Je faisais mon travail, moi ! grognais-je avec agacement. Je ne suis pas avec cette bande de cervelle de marcassins !

Travailler en pleine nuit, en plein milieu de l'arène du Colisée. J'espérais qu'il ne faisait pas partie de ceux qui pensaient que le sable était nettoyé tout seul après chaque Hécatombe, sinon, j'aurais du mal à lui faire croire à ce que je venais de dire. Mais en même temps, quel intérêt aurait-je pu avoir à me mêler à des mutins aussi pu discrets, alors que j'avais le droit de circuler, honnêtement. En réfléchissant avec logique, il n'y en avait aucun. Mais est ce que l'homme en face, dont la hache semblait le démanger, réfléchissant vraiment avec logique et calme ? Je n'en étais pas vraiment certaine...
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MessageSujet: Re: Mauvais endroit, mauvais moment (le retour !) [PV Darius]   Ven 27 Jan - 21:29

Le sourire de Darius s'accentua devant l'air défiant de la gamine mais ça ne l'incita pas à lâcher ses cheveux. Il devait avouer, ce n'était pas tous les jours qu'on lui adressait un tel regard, la plupart des abrutis qu'il croisait préféraient nettement s'aplatir devant lui, soit par respect, soit par crainte … le plus souvent par crainte, d'ailleurs. La plupart du temps ses hommes agissaient plutôt familièrement avec lui, mais sans jamais oublier le respect qu'ils lui devaient tous. Il les laissait faire. C'était le privilège de ceux qui versaient leur sang et mettaient leur vie en jeu à ses côtés. Il pouvait accepter d'eux bien des choses qui vaudrait une mort immédiate à n'importe qui d'autre.

Cette gamine ne faisait certainement pas parti de ses hommes. D'ailleurs aucune femme n'avait encore réussi à passer les sélections pour intégrer son unité, même si quelques-unes avaient déjà tenté l'expérience. Contrairement à certains de ses sous-fifres, Darius se moquait bien du sexe de ses soldats. Si une femme parvenait à intégrer son unité, c'est qu'elle le méritait. Il savait d'expérience que certaines d'entre elles pouvaient être plus redoutables et bien plus mortelles que beaucoup d'hommes qui les prenaient de haut. Cette gamine n'avait visiblement rien de ça mais elle ne se gênait pas pour lui faire comprendre que sa douceur légendaire ne lui plaisait pas. Darius s'en moquait éperdument, mais la réaction de sa prise l'amusait. Bien qu'elle n’appréciait pas le traitement, elle ne faisait rien pour tenter d'y échapper. Elle semblait plus sage qu'elle en avait l'air. C'était la bonne attitude pour survivre en tant qu'esclave à Noxus. Se rebeller était la meilleure façon de raccourcir drastiquement son espérance de vie. C'est pourtant d'une voix où perçait un net agacement qu'elle lui répondit. Malheureusement pour elle, Darius n'apprécia ni sa réponse ni son ton. Il tira plus rudement sur les cheveux de la demoiselle pour l'obliger à le regarder dans les yeux.

– Tu travaillais ? Ici ? À cette heure ?
En dehors de la défiance qu’il pouvait voir sur son visage et dans ses yeux, il lui sembla étrangement qu’elle disait la vérité.

Bien sûr, Darius savait que des esclaves étaient employés à l’entretiens du Colisée et il était possible qu’elle en fasse partie. Après tout, elle s’était pratiquement jeté à ses pieds, sans aucune arme et visiblement sans autre but que de se mettre à l’abri. Mais il pouvait aussi s’agir d’une ruse. Elle pouvait très bien avoir compris avant les autres que tout espoir était perdu et que seul la mort les attendait. Darius se moquait bien de savoir si c’était le cas où non. Il pouvait fort bien décider de la tuer ici et maintenant comme il pouvait décider de la laisser vivre.

– Darius ! s’écria Mirac près de lui.
Le colosse leva les yeux à temps pour voir l’un des gladiateurs percer le mur de ses soldats pour fondre sur lui, lance pointée en avant. Il jura entre ses dents, maudissant la fille d’avoir réussi à le distraire. Pendant qu’ils discutaient, la bataille se déroulait toujours autour d’eux. Les corps sans vie des rebelles s’amoncelaient aux pieds des gradins mais quelques-uns se défendaient avec l’énergie du désespoir et plusieurs blessés étaient à déplorer dans les rangs noxiens.

Avec un grognement furieux, Darius jeta la fille derrière lui d’un geste, se moquant de savoir où et comment elle tombait, et empoigna sa hache à deux mains. Le gladiateur se jeta sur lui. Le choc fut terrible et la pointe de la lance parvint à percer la solide armure du noxien. La morsure de la pointe dans sa chair l’enragea. Ce n’était pas la première fois qu’il se faisait avoir, mais à chaque fois, ça le rendait furieux. D’un mouvement brusque, Darius se dégagea de la lance et, prenant son élan, bondit sur le gladiateur, hache brandit au-dessus de sa tête. La large lame trancha la chair et brisa les os de l’homme aussi facilement que du beurre mou. Le sang gicla à gros jets tandis que le type s’affalait dans le sable, mort avant d’avoir touché le sol.

– Qu’est-ce que vous attendez, beugla-t-il à ceux de ses hommes qui étaient restés autour de lui. Matez-moi ces chiens.
Les soldats ne se firent pas dire deux fois et se hâtèrent de se lancer dans la tourmente. Sans se préoccuper de sa blessure, qui saignait pourtant abondement, Darius, toujours furieux, se tourna vers la fille et marcha vers elle, un air mauvais sur le visage. Cependant, au lieu de la frapper de sa hache, qu’il avait toujours à la main, il l’attrapa par le revers de sa tunique et la souleva du sol.

– J’espère pour toi que ce n’était qu’une coïncidence et non une tentative pour me distraire, gronda-t-il en la tenant à bout de bras. Dis-moi ce que tu sais de cette mutinerie et je te conseille d’être convaincante.
L’envie furieuse de la secouer comme une poupée de chiffon le prit mais il se retint. Il n’aurait pas de réponse si elle n’était plus en état de parler et mieux valait pour elle qu’elle se mette rapidement à table et qu’elle ait des choses intéressantes à dire.

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MessageSujet: Re: Mauvais endroit, mauvais moment (le retour !) [PV Darius]   Ven 27 Jan - 22:12

« Oui, je… »

Nettoyais l’arène après l’hécatombe de ce soir. Mais avant que je n’aie eu le temps de terminer ma phrase, l’espèce d’ours en armure qui m’avait attrapé me balança derrière lui comme une poupée de chiffon, m’envoyant rouler dans le sable humide et sanglant. En plus de la douleur du choc, le pire fut de sentir les grains se glisser dans mes yeux et sur mes lèvres. Couverts de sang frais. Je crachais du sable répugnant en jurant entre mes dents, mais sans oser me relever. Après tout, m’allonger et faire la morte était peut-être la solution que j’aurais dû choisir dès le départ.
A cette heure-là, à cette heure-là. Tout le monde n’avait pas la chance de pouvoir se prélasser le derrière au chaud devant un bon plat de viande une fois la nuit tombée, et si elle avait eu le choix, elle aurait été tranquillement en train de dormir, et loin de toute cette agitation. S’il pouvait juste me laisser y aller d’ailleurs... Ce serait miraculeux, car même dans l'optique d'une survie à cette soirée, le sable était de nouveau couvert de sang. J'étais épuisée, mais tout le travail serait à recommencer.

Pour le moment, au milieu du piétinement, je ne pouvais que protéger ma tête de mes bras,  et espérer ne pas me faire trop marcher dessus.  A part les cheveux tirés, et les coups dans les côtes ou sur les chevilles, je parvins à esquive trop de dégâts… jusqu’à ce que de nouveau, une paire de bottes se plante devant moi. Je relevai les yeux, sur l’espèce de mastodonte qui m’avait balancée en arrière précédemment, et qui m’empoigna par le col pour me redresser, et me soulever du sol. Je le fixai dans les yeux, puisqu’il m’avait laissé comprendre que c’est quelque chose qu’il attendait. D’autres préféraient quand les esclaves gardaient les yeux bas, mais de ce que j’avais compris ce n’était pas son cas. Je cherchais toujours à adapter mon comportement à la personne que j’avais en face. Par contre, les choses s’annonçaient mal pour sa question. Ce que je savais ? Est-ce que cette cervelle de d’acarien avait compris ce que voulais dire le sens de « je travaillais » ? Comme si j’avais le temps et l’énergie à m’intéresser aux projets d’une bande de mutins complètement idiots. Si j’avais su la moindre chose, je me serai contentée de tenter de les dissuader. Mais il fallait que je tente de donner une réponse convaincante, tout en en profitant pour justifier ma présence ici.

« Je ne sais pas grand-chose »
, dis-je d’une voix ou je tentais de contenir ma panique, pour rester calme. « J’étais dans l’arène depuis plusieurs heures, à nettoyer le sable, et j’ai entendu des sortes de roulement de tambours. Et… derrière vous, sur la gauche ! »

J’avais vu par-dessus son épaule, un des gladiateurs se frayer un chemin à grand coup d’épaules. Epée en main, ses mouvements étaient clairs : il s’apprêtait à charger, droit sur l’homme qui me tenait, et avait donc une main prise, profitant de la blessure qu'il avait déjà récoltée pour tenter de le terrasser, sans aucun doute.

Je n’avais aucun scrupule a les dénoncer. Non pas que je sois, dans l’absolu, du côté des Noxiens, loin de là, mais ma propre survie m’intéressait bien plus que la leur. Sans compter que c’était à cause d’eux que je me retrouvais dans cette situation aussi dangereuse, dans laquelle ils m’avaient forcé à atterrir sans me demander mon avis. Alors qu’ils meurent, si ça pouvait éviter d’énerver encore plus l’homme qui allait décider de me couper en deux de sa hanche ou non, ce n’était pas mon problème.
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MessageSujet: Re: Mauvais endroit, mauvais moment (le retour !) [PV Darius]   Lun 30 Jan - 20:42

La gamine paraissait intelligente, tout du moins assez pour comprendre comment il fallait se comporter avec lui, qu’il valait mieux le regarder en face sans chercher à fuir son regard. Darius savait que la plupart des puissants de Noxus aimaient voir leurs inférieurs trembler devant eux et ne supportaient pas que ces gueux aient l’effronterie de les regarder en face. Il trouvait ça complètement stupide: comment deviner ce que l’autre pouvait penser, ou ce qu’il était potentiellement en train de préparer, si on ne pouvait pas le regarder dans les yeux. Darius détestait ces gens incapables de le regarder en face. Un regard fuyant était souvent le signe d’un caractère faible, traître ou lâche. Ceux de ses soldats qui s’étaient montrés incapables de le regarder comme des hommes n’avaient pas fait long feu dans son unité, soit parce qu’il avait dû s’en débarrasser d’un manière ou d’une autre, soit parce qu’ils étaient morts rapidement.

Cette fille le craignait, ça se voyait dans chaque fibre de son corps, dans sa voix, sur son visage, dans ses yeux, mais elle faisait l’effort de supporter son regard. Et ce que le général y voyait le laissait un peu perplexe. Elle ne lui mentait pas quand elle affirmait travailler dans l’arène, pas plus que quand elle lui disait ne rien savoir de cette révolte. Il paraissait étrange à Darius qu’elle n’ai même jamais entendu la moindre rumeur. Soit les prisonniers s’étaient montrés particulièrement prudents, soit la demoiselle ne se souciait de rien en dehors d’elle même, ce qu’il ne pouvait pas lui reprocher. La meilleure façon de survivre à Noxus était de ne s’inquiéter que pour soit et de laisser les autres mourir à sa place. Elle semblait l’avoir parfaitement compris.

– Des roulements de tambour? Répéta-t-il, intrigué.
Des tambours étaient utilisés lors des spectacles, mais les prisonniers n’y avaient pas accès. Avaient-ils reçu une aide extérieure? Ces roulements que la gamine avait entendu étaient probablement une sorte de signal, une façon de dire à tout ceux qui savaient ce qu’ils signifiaient qu’il était temps d’agir, afin que tous les rebelles se révoltent en même temps. C’était exactement comme ça que ses régiments se mettaient au diapason avant une charge. Ça ressemblait trop à l’organisation de sa propre armée pour être innocent.

Sa réflexion n’alla pas plus loin, cependant, car à ce moment, la fille cria. Il ne fallut qu’une fraction de seconde au colosse pour comprendre. La poussant à nouveau derrière lui, il se retourna, prêt à frapper. Sa hache décrivit un large arc de cercle fauchant le type qui l’attaquait. Sa tête roula au sol, butant contre les chevilles de la fille, tandis que son corps s’affalait sur le sable humide avec un bruit sourd. Emporté par son élan, Darius trébucha et s’affala sur un genoux non loin de sa victime. La douleur dans son coté se répandait à présent dans tout son torse. Instinctivement, il pressa une main contre son armure et sentit le sang filer entre ses doigts.

– Darius? Appela Mirac, inquiet.
Le colosse le fit taire d’un geste et se redressa en prenant appui sur sa hache, la mâchoire serrée pour retenir un gémissement. La douleur ne lui était pas inconnue, c’était même une vieille amie. Il se serait toutefois passé de ces retrouvailles.

Se désintéressant de sa blessure et de la bataille qui continuait à faire rage autour d’eux, il revint vers la fille, un sourire carnassier aux lèvres. Il la toisa un instant de toute sa taille, tandis que Mirac rameutait plusieurs de ses hommes pour assurer la protection de leur général. Darius n’y prêta pas attention, il se contenta de fixer un instant la fille d’un regard glacial, ses yeux verts essayant de la sonder, à la recherche de la moindre trace de perfidie.

– Tu semble bien rapide à condamner les autres, remarqua-t-il sans perdre son sourire cruel. Assurer ta survie avant tout, c’est ton unique intérêt, n’est pas? Comme beaucoup à Noxus. Dans ce cas, tu ne verras pas d’objection à travailler pour moi. En échange je pourrais peut-être te protéger. Mais uniquement si ce que tu me rapportes est assez intéressant pour que je me donne cette peine.
Il se pencha sur elle, son ton et son allure indiquant clairement qu’il n’accepterait pas "non !" comme une réponse possible. Ce que cette gamine lui avait dit à propos des tambours l’intriguait et il voulait en avoir le cœur net. Il ne s’agissait peut-être de rien d’important, mais dans le cas contraire, il préférait savoir ce qui se tramait sous son nez.

Il avait le sentiment d’avoir loupé quelque chose et ça lui déplaisait au plus haut point.

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MessageSujet: Re: Mauvais endroit, mauvais moment (le retour !) [PV Darius]   Lun 30 Jan - 21:18

De nouveau, je fus rejetée en arrière comme une quille, et m'étalait de tout mon long dans le sable humide de sang. Sentant une douleur aiguë au niveau des reins, je poussai un glapissement de surprise, en fermant les yeux, tout le corps tendu comme un arc, soudainement. Une sensation de froid... puis de tiédeur et d'humidité, se répandit. Je redressai difficilement le dos sur mes coudes, me contorsionnant pour tenter de regarder ce qui m'avait atteint, tandis qu'une vive douleur se répandait dans tout mon dos, tâtonnant à l'aveuglette de ma main. Je sentais, sous mon dos, la tranche acérée d'une pointe lance rejetée, abandonnée dans le sable, sur laquelle j'étais tombée, et palis en ramenant ma paume couverte de sang devant mes yeux. De mon sang.

A ce moment, je sentis quelque chose de mou heurter mon pied, détournant mon attention. Une tête. Juste une tête, sans rien au bout. Ha ha. La situation était presque drôle, et m'arracha un léger rire nerveux. Un instant, je fus hypnotisée par le spectacle. Il me ramenait bien des années en arrière, lorsque, absorbée par la chasse d'un lièvre blanc, je m'étais retrouvée devant un spectacle semblable. Le jour ou j'avais été arrachée des terres de Freljord. Bien lointain...

Je fini par relever les yeux, en voyant une forme massive se dresser devant moi. Tiens, il ne m'avait toujours pas oublié, lui. Je relevai les yeux pour le fixer, toujours allongée, et redressée sur mes coudes, tandis qu'il me dominait de toute sa hauteur. Vu d'en bas, il me paraissait encore plus grand et massif.
Je me relevai, croisant les chevilles et pressant mes paumes sur le sol pour me redresser d'un geste plus souple, et sans avoir à lui tourner le dos. La douleur irradiait mon dos, et je pouvais sentir du sable pénétrer dans la plaie par ma tunique déchirée, mais je me contentai de serrer les dents. Il ignorait sa propre blessure, et je devais me caler sur son attitude, si je voulais laisser la meilleure impression de moi, et espérer m'en sortir sans trop de dommages. Quant à sa remarque, elle fit presque frémir les coins de mes lèvres en un début de sourire. Oui, je me souciais de ma survie. Sinon, je serai déjà morte. Bien rares étaient les travailleurs comme moi qui survivaient plus de quatre ou cinq années, avant d'être victimes de la fatigue, d'un coup de couteau dans la gorge par un autre après la première dispute venue, ou simplement exécutés par les Noxiens. Je n'étais peut-être pas la plus vieille des esclaves d'ici, mais avec plus de dix ans de travail derrière moi, j'étais incontestablement la plus ancienne au sein de la ville, et je n'avais pas réussi à vivre en me préoccupant du sort des autres avant le mien.

" Eux n'ont pas de scrupule à risquer ma vie en m'entrainant dans leur mêlée. Pourquoi j'en aurai à les condamner ? Ils n'ont aucune chance ", je me contentai de répondre d'une voix lasse.

La seconde partie de son discours me fit dresser l'oreille. Même fatiguée, apeurée, et blessée, je n'étais jamais sourde à une occasion intéressante. Voilà qu'il suggérait non seulement un moyen pour moi de survivre à ce soir, mais même d'y gagner en chance de survie. Je devais me montrer prudente, cela dit. Je savais que je n'étais pas en état de réfléchir au mieux, prise dans le stress et l'agitation, en pleine nuit. Me montrer trop enthousiaste pourrait attirer des soupçons sur moi, car passer pour une vendue et une lèche botte avec trop de ferveur n'étais jamais bon. Il fallait savoir doser... Se réfugier vers l'autorité et lui montrer sa soumission, sans non plus oublier ma place, en somme.

" Je travaille déjà pour vous. Je travaille pour tout Noxus. "

Même s'il s'agissait un peu d'une phrase toute faite, bateau, dont il ne fallait pas abuser au risque de l'agacer en feignant de ne pas comprendre ce qu'il me demandait - à savoir de faire quelque chose pour lui, personnellement, et non pour le bien commun -, elle me permettait tout de même de montrer que j'étais devouée et soumise à la ville, et non à une personne en particulier. Je n'étais pas une esclave personnelle de quelqu'un, comme celles qu'on pouvait acheter au marché noir, mais une prisonnière de guerre, qui gagnait sa liberté de mouvement en échange de son travail pour la ville entière. Je n'appartenais donc à personne.

" Si vous souhaitez que je travaille pour vous, je le ferai. Il faut simplement que vous me donniez les moyen de le faire, sans qu'on me reproche de ne pas être à deux endroits à la fois "


Ce serait quand même dommage que je me fasse fouetter, voir exécuter, pour ne pas m'être présentée à mon travail habituel, sur une simple négligence administrative de sa part, pour justifie mon absence. Après tout, il était haut gradé, et pouvait très bien décider d'où je devais être, ou ne pas être. Restait le risque que le contremaitre, qui n'aimait pas qu'on sape son autorité, passe sa mauvaise humeur sur moi par la suite à coup de fouets gratuits... Mais après tout, vu le ton qu'il avait employé, je n'avais pas vraiment le choix. Restait seulement à espérer que je sois assez utile à son goût, et qu'il m'assure effectivement une protection supplémentaire.
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MessageSujet: Re: Mauvais endroit, mauvais moment (le retour !) [PV Darius]   Mar 31 Jan - 14:21

Un sourire carnassier étira les lèvres de Darius tandis qu’il faisait peser tout le poids de son regard glacial sur la fille. En temps normal, il n’aurait pas perdu de temps avec elle, et s’en serait débarrassé rapidement, mais il était possible que cette gamine détienne, même sans le savoir des informations cruciales concernant la révolte que ses soldats étaient en train de réprimer dans le sang. Darius n’avait que peu d’intérêt pour les esclaves, ces rebuts pathétiques trop faibles pour conserver leur liberté où trop lâches pour se donner la mort, qui acceptaient leur servitude en se félicitant chaque soir d’être encore en vie. La fille cependant, semblait avoir gardé une étincelle de fierté qu’elle n’exprimait pourtant jamais clairement. Elle se pliait aux ordres qu’il lui donnait et répondait à ses questions et veillait à rester à sa place, mais en laissant deviner son mécontentement. Elle semblait capable d’adapter son comportement à toutes situations et de faire taire sa défiance.

Elle ne baissa pas le regard, tandis qu’elle semblait réfléchir à sa "proposition" et il pouvait presque deviner les rouages de son esprit tourner derrière son visage. Elle savait cependant qu’elle n’avait pas le choix, aucun refus ne serait toléré. C’est donc sans surprise qu’elle accepta le marché.

– Au service de Noxus, hein ? Ricana-t-il en la toisant. On verra ça.
Les opportunistes prêts à tout pour protéger leur vie, comme cette fille, étaient à la fois une bénédiction et une malédiction, Darius le savait. Tant qu’ils trouvaient le marché à leur convenance, ils l’honoraient sans faillir, mais il suffisait qu’un autre parti leur propose un meilleur marché pour qu’ils retournent illico leur veste. Ce que Darius lui proposait était rien de moins qu’un sésame pour survivre un peu plus longtemps. Tout du moins tant qu’elle honorait sa part du contrat et qu’elle ne le trahissait pas. Avec ça, elle pourrait éviter les punitions intempestives et les mises à mort injustifiés. Ce ne serait certes pas suffisant pour repousser les ruffians et autres assassins grouillants dans les bas-fonds de la ville mais, au moins, ses "employeurs" y réfléchiraient à deux fois avant de se débarrasser d’elle, enfin, s’ils tenaient à leur vie.

– Oh, ne t’inquiètes pas, tu auras les moyens, répondit-il, son sourire prédateur s’accentuant. Mais n’oublie pas que c’est donnant-donnant, si je suis déçu par ce que tu me rapportes ou si tu t’avises de me trahir, tu en paieras le prix et je me ferai un plaisir de t’exécuter moi-même. Laisse-moi te dire que ce n’est pas un sort que tu apprécieras, je te le garantis.
Il laissa passer un instant, le temps que la fille puisse assimiler la menace. Darius n’était pas connu pour parler à la légère et beaucoup avaient compris bien trop tard, qu’il valait mieux ne pas plaisanter avec ses menaces. Il les mettait toujours à exécution.

– On va commencer tout de suite, lança-t-il après quelques instants de silence. Tu travailles ici, tu es bien placée pour voir des choses qui échappent même aux gardes. Fais marcher ta mémoire, as-tu vu quelque chose ou quelqu’un sortant de l’ordinaire se trouver dans un endroit où il n’avait rien à faire, ces dernières semaines ?
Cependant, avant que la gamine ait le temps d’ouvrir le bec, elle fut interrompue par l’intervention de Mirac.

– Si tu dois mener un interrogatoire, ne le fait pas ici, Darius, conseilla-t-il, le regard rivé sur les combats qui se déroulaient à trois pas d’eux. Tu es blessé et la gamine aussi. Allez au moins vous mettre à l’abri.
Le colosse lui lança un regard acéré, lui faisant comprendre qu’il outrepassait ses fonctions et qu’il valait mieux ne pas pousser trop loin la liberté qui lui était permise. Le capitaine ne se laissa pas impressionner. Depuis le temps qu’il connaissait son supérieur, il avait appris à savoir où se trouvaient les limites entre conseils et insubordination. Darius n’était pas homme à se laisser dicter sa conduite par n’importe qui et sa fierté le poussait souvent à ignorer les conseils qu’on lui prodiguait. Mirac savait jusqu’où il pouvait aller sans provoquer la colère du général. Il savait qu’il jouait avec le feu et décida de présenter les choses sous un autre angle.

– Si tu veux qu’elle réponde à tes questions il vaut mieux qu’elle survive.
Darius le savait parfaitement et se l’entendre dire n’était pas pour lui plaire, il devait pourtant convenir que Mirac avait raison. Morte, elle ne lui serait d’aucune utilité. Il pouvait ignorer sa blessure, il était entraîné à ça. Il s’était déjà battu avec bien pire, mais la fille était à peine plus grosse que son petit doigt et ne devait pas peser plus de la moitié de son poids. Elle était peut-être habituée aux durs travaux qu’on donnait souvent aux esclaves mais probablement pas à ravaler la douleur et à supporter la perte de sang. Tout du moins, pas comme lui.

Allez, toi, fit-il en empoignant la jeune fille par l’épaule. Passe devant et pas de blague.
Il tourna les talons pour la pousser devant lui vers le sous-terrain menant à la prison, non sans avoir lancé au passage un regard glacial à son sous-fifre, promesse de sanctions à venir. Mirac se contenta de lui emboîter le pas sans protester, conscient de ce qu’il risquait.

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MessageSujet: Re: Mauvais endroit, mauvais moment (le retour !) [PV Darius]   Mar 31 Jan - 14:54

e soutenais son regard carnassier, légèrement mal à l'aise, mais sans baisser les yeux. Il m'observai comme un prédateur sadique jouant avec sa proie avant de la dévorer, mais j'en avais une certaine habitude, à vrai dire. Aussi avenant et sympathique qu'un sanglier en colère, qui ne se sentait bien que lorsqu'il tuait ou menaçait, visiblement, puisque ces quelques phrases ne suggérant pas de me trancher en deux lui parurent trop difficiles à supporter pour être continuées plus longtemps. Chassez le naturel, il revient au galop, et c'est en menaçant qu'il continua son discours... Au cas ou je viendrai à oublier que je ne devais pas me foutre de lui si je voulais éviter sa hache.  A croire qu'il en avait besoin pour assouvir son autorité. Ou qu'il avait l'habitude de motiver ses troupes de cette façon. Je me contentai de lui adresser un semblant de sourire. A peine un frémissement de lèvres.

" Il faudrait que je sois idiote pour l'oublier, monsieur. Et si je l'étais, je serai avec eux "

Je désignai du pouce le groupe de mutins, presque entièrement abattu, dont les plus rapides tentaient encore de s'enfuir, comme s'ils avaient le feu aux fesses, avec des Noxiens leur courant après. Tout ce que ce spectacle m'inspirait, c'était l'effarement sur la quantité de travail supplémentaire que ces évènements allaient m'octroyer, pour nettoyer cette arène. En imaginant que je sois capable de porter des sacs de sable... Vu les élancements violents dans mon dos, et la tête qui commençait à me tourner, j'en doutais. Il me fallut cligner les yeux à plusieurs reprises pour estomper le léger voile noir qui commençait à me gagner. Je manquais de sommeil... J'étais parfaitement épuisée, et malgré le froid vif, et la situation pour le moins effervescente, mon cerveau commençait à tourner au ralenti. Ses questions... Je n'étais pas si souvent ici, simplement pour entretenir l'arène, le reste du temps, j’œuvrai un peu partout. Mais il était vrai que je trainai assez souvent dans le coin au final, et rien que ma chambre attribuée se trouvait dans le même bâtiment... Est ce que j'avais pu voir quelque chose ? Au milieu de ces tourbillons de sable et d'acier, qui mordait ma chair, de l'angoisse qui m'asphyxiait, rien ne me venait en tête, si ce n'était les battements sourds de mon propre cœur. Agir dans l'urgence n'était pas mon fort, et je craignais de perdre la tête si je ne donnais pas une réponse rapide et convaincante.

Heureusement, un autre soldat parvint à interrompre l'imposante tête de pioche qui m'interrogeait, et après une courte altercation entre les deux, je fus soudainement poussée vers l'avant. Vers la sortie. Celle que j'avais désespérément tenté d'atteindre en comprenant la situation un peu plus tôt. Nul besoin de m'y trainer de force, c'était bien volontiers que je m'éloignai de toute cette agitation, pour retourner au calme froid de cette prison... Bien trop calme. Évidemment. Tous ou presque étaient morts, et j'en avais froid dans le dos en entendant le simple échos des pas sur le sol, et non plus les complaintes des prisonniers. Un peu plus loin, en sortant du secteur des cellules, et en s'enfonçant à travers les couloirs sinueux, se trouvait ma chambre, et le matelas dont je rêvais plus que tout en cet instant. Dormir quelques heures, reprendre mes esprits, soigner cette blessure lancinante... Mais inutile de me leurrer, il y avait bien peu de chance qu'il me laisse ce privilège.

Je frémis légèrement, parcourue d'un tremblement. J'étais transie de froid, et je sentais sa main chaude sur mon épaule glacée... Maigre réconfort, mais réconfort quand même. Même s'il était totalement antipathique et pouvait me tuer sur un simple coup de tête. J'avais une certaine admiration pour la force, en ça je m'étais bien acclimatée à Noxus. Étant moi-même, trop faible pour survivre seule, frêle demoiselle que j'étais, je ne pouvais compter que sur ma capacité à m'entourer de personnes fortes, et il était rare de se trouver proche d'une telle masse de muscles. Alors même si ce contact m'effrayait, j'en profitai. Une partie de mon corps, si maigre soit-elle, qui n'avait pas froid.

Et pendant que je marchai, je tentai de rassembler mes idées. Trouve quelque chose, n'importe quoi. Une piste qui pourrait l'intéresser, et me laisser un peu de répit le temps qu'il investigue. Tout ce que je voulais, c'était quelques heures de sommeil...
Lorsque finalement, je lui fis face, les rouages, mêmes fatigués, avaient pu faire un bout de chemin suffisants, pour formuler un début de réponse satisfaisant. Ces hommes n'avaient aucune chance dès le départ, en fuyant par l'arène. C'était s'enfermer dans un un cul-de-sac en attendant d'y être cueillis.. S'ils étaient partis vers les rues, ils auraient pu se séparer, et se cacher. Pourtant, ils avaient parus préparés et organisés pour ce moment. Pourquoi ce choix ?

" J'ai du mal à comprendre ", bafouillais-je, d'une voix fatiguée. " Ils étaient trop bien organisés pour agir seuls sans moyen de communiquer entre eux, mais ils ont agit de façon complètement stupide. Comme s'ils avaient été aidés pour au final être envoyés à abattoir, comme une diversion, ou quelque chose comme ça..."

Quelqu'un de Noxus pourrait-il être derrière ? J'étais trop fatiguée pour y réfléchir vraiment, mais c'était possible. Une prétendue aide, qui les aurait fait sortir en les incitant à se diriger vers l'arène pour fuir... Si tel était le cas, cette personne aurait dû savoir que je m'y trouverai si elle s'était intéressée un tant soi peu à la survie de ces hommes, et m'aurait mise dans la confidence, s'il y avait réellement eu une raison logique à ce choix de moyen de fuite. Non, décidément, cette mutinerie était bien trop perdue d'avance pour qu'il n'y ait pas anguille sous roche. Leur mort, sur cette arène, était aussi prévisible que s'ils avaient simplement été envoyés, comme prévu, à l'hécatombe, avec simplement un peu d'avance, et sans spectateurs.
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MessageSujet: Re: Mauvais endroit, mauvais moment (le retour !) [PV Darius]   Ven 24 Fév - 13:56

Darius avait déjà eu l'occasion de visiter les entrailles du Colisée au cours de sa carrière et si l'expérience lui avait alors déplu, il gardait tout de même le souvenir d'un lieu autrement plus vivant que les couloirs morts qu'ils suivaient. Bien que la plupart des prisonniers aient finis par se résigner à leur sort, il y en avait toujours pour remuer, crier, hurler, promettre de s'évader pour se venger, surtout parmi les plus récents. Après un certain temps dans cet enfer obscur et glacial et après quelques combats, ils finissaient tous par se rendre à l'évidence et toute velléité de révolte finissait par les abandonner. Mais là, rien, le silence total après la cohue et les hurlements des hommes aux combats dans l'arène. Le général n'était pas homme à se laisser impressionner par si peu et, une main toujours posée sur l'épaule de sa prisonnière, il continua sa marche sans broncher. Mirac, cependant, regardait autour de lui avec un air sombre sur le visage.

— Il ne reste plus grand monde, commenta-t-il dans un soupir. On dirait que les spectacles vont devoir s'arrêter un moment. Tu vas voir qu'à tous les coups ça va nous retomber dessus. Les responsables vont certainement nous demander des comptes !

— Ils seront trop occupés à répondre aux questions pour ça, grogna Darius sans même le regarder.
Personne n'irait lui faire croire que cette mutinerie avait pu être organisée sans que les responsables de l'arène ne se rendent compte de quoi que ce soit !

Il reporta son attention sur la fille qui marchait devant lui. Une main toujours posée sur son épaule, il pouvait se rendre compte qu'elle frissonnait, que ce soit sous l'effet du froid ou du choc il n'aurait su le dire, mais, en tout cas, elle faisait des efforts pour rester debout et continuer sa marche. Elle ne tenta rien pour essayer de se dérober à sa poigne, que ce soit parce qu'elle était trop épuisée pour ça ou parce qu'elle savait qu'elle ne pouvait pas lui échapper lui importait peu. Seul ce qu'elle pouvait lui révéler de ce fiasco avait de l'importance pour l'instant.

Finalement, ils atteignirent une petite pièce qui ressemblait davantage à une cellule qu'à une chambre. Darius attendit que Mirac se place en travers de l'unique sortie pour lâcher l'épaule de la fille. Elle lui fit alors face et n'attendit pas qu'il l'interroge pour parler. Malgré sa fatigue, elle semblait avoir gardé les idées suffisamment claires pour soulever des points importants. Darius approuva silencieusement son observation, en ne laissant toutefois rien paraître sur son visage. Oui ! Pourquoi l'arène et non les multiples portes servant à l'entrée et à la sortie du public ? Certes, les quartiers des prisonniers étaient séparés des emplacements du public par plusieurs portes solides, mais les gardes étaient nettement moins nombreux qu'en temps de spectacle et avec l'organisations qu'ils avaient montrés au début de cette mutinerie, il n'aurait pas été si difficile aux prisonniers de trouver de quoi les ouvrir ! La gamine semblait aussi avoir mis le doigt sur l'explication la plus plausible.

— Une diversion, hein ? Ouai, c'est exactement à ça que ça ressemble.
La gamine n'était visiblement pas idiote, elle lui serait certainement utile.

— Mais une diversion pour quoi ? interrogea Mirac.

— Pour faire sortir quelqu'un d'ici serait la réponse la plus logique, répondit le général en se massant le front de sa main libre.
Tout ça commençait à lui donner la migraine.

— Ou pour nous occuper ici pendant que quelque chose de plus important se passe ailleurs en ville.
Et c'était surtout ça qui l'inquiétait. S'il était vrai que cette mutinerie cachait quelque chose de grave et qu'elle ne servait que de diversion, alors il était à craindre que des personnes haut placées dans la hiérarchie noxienne soient impliquées. Tout le monde n'avait pas l'influence ou les ressources nécessaires pour lancer un tel scénario.

— Mirac, une fois que cette petite rébellion aura été matée, je veux que tu trouves des gardes ou des médecins travaillant ici et qu'ils vous aident à identifier tous les prisonniers impliqués ou non, morts ou vivants, s'il manque quelqu'un à l'appel préviens moi tout de suite.
Mirac répondit aussitôt par l'affirmative. Darius se tourna vers la jeune fille.

— Et toi, tu ne te souviens de rien de plus. Quelque chose qui puisse expliquer ce bordel, même si ça remonte à des semaines ?
La gamine semblait au bout du rouleau et le comportement le plus logique aurait été de la laisser tranquille un moment pour qu'elle puisse se reposer. Mais Darius était anxieux et il avait hâte de trouver le fin mot de l'histoire, que ce soit pour découvrir que la rébellion des prisonniers n'était qu'une simple tentative d'évasion, ou pour comprendre qu'elle camouflait quelque chose de bien pire.

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MessageSujet: Re: Mauvais endroit, mauvais moment (le retour !) [PV Darius]   Lun 20 Mar - 13:48

Je m'étais dirigée spontanément vers ma chambre, sans même vraiment m'en rendre compte. C'était le lieu le plus naturel, ou me poser, ou reprendre mes esprits, et mes pas m'avaient guidés d'eux même à l'endroit où je me sentirai dans la familiarité, comme la petite case m'appartenant et ou je me sentais un peu plus en sécurité qu'ailleurs, dans la grande ruche de Noxus. Etrangement, celui qui me poussait plus ou moins en avant au début de la marche, m'avait laissé prendre l'initiative du lieu, à moins qu'il ne m'ait volontairement ramené là, mais j'avais des doutes sur cette explication, d’autant que je l’imaginais mal s’intéresser de savoir ou créchaient les gens comme moi.

Me savoir ici me rassénait. Un endroit que je connaissais, ou je savais ce qui se trouvait derrière moi sans avoir besoin d’occuper une partie de mon esprit à surveiller mon champ de vision autre que face à moi – et ce qui s’y trouvait ne demandait pas vraiment d’effort pour être vu -, me permettait de réfléchir plus efficacement. Si j’étais arrivée jusqu’ici, remplissant mon objectif de mise à l’abri, c’est que je reprenais un tant soit peu le contrôle de la situation. La fraicheur calme et sombre des lieux, même si j’avais froid, était plus supportable que l’effervescence extérieure d’où tout pouvait arriver de n’ importe où, et si j’étais toujours épuisée et tiraillée par le sable dans ma chair, les conditions pour que je puisse me positionner du bon côté de cette histoire, celui ou j’aurais quelque chose de positif à en tirer à la fin, étaient déjà meilleures qu’elles n’avaient été jusque-là.

L’idée avait fait mouche, et ils prenaient le temps d’en discuter entre eux. Tant mieux. Je profitais de chaque seconde pour rassembler mes idées au maximum, même si celles-ci repoussaient le moment où je pourrais me reposer. Mieux valait se reposer tard qu’à jamais. Et ces instants étaient des clefs pour la première impression que je donnerai sur mon utilité pour la suite des évènements. Il avait déjà mis en avant ce qu’il pouvait m’apporter si je lui étais utile, et plus je saurais être indispensable, plus j’aurais à y gagner. Un mal temporaire pour un bien.
Mais ma gorge me brulait, par la soif et la poussière que j’avais respirée dans l’arène. Je devais me retenir de tousser pour éviter trop de douleur dans mon dos. J’avais besoin de repos, sans quoi, je ne saurais pas être efficace.

« Peut-être. Sûrement… »

La dernière syllabe se fit plus aigüe et coincée dans ma gorge, et je fus prise d’une toux que j’étouffais dans mon coude. Comme c’était à craindre, tout se mit à tourner, et il me fallut tous mes efforts pour ne pas vaciller. J’avais dû perdre plus de sang que je ne le craignais. Malgré tout, je me forçais à garder la tête haute, et tout en marmonnant une excuse pour l’interruption de ma réponse, je relevai les yeux, droit vers ceux de mon interlocuteur.

« J’entends beaucoup de choses ça et là, durant mes divers… emplois, et il y a sûrement des choses qui ont été en lien avec tout ça. Sans l’expliquer directement, si j’ai un peu de temps pour… rassembler mes idées, à tête reposée, je retrouverai sûrement des choses intéressantes, peut-être en lien direct avec la mutinerie ou… plus éloigné, pour la suite. »

Pour le moment, il n’était pas question de faire de la rétention d’informations, et j’espérais que je pourrais tenir ma prudente promesse de trouver des choses. Au pire, vu les petits travaux d’ombres auxquels on m’employait, ce ne serait qu’un travail de renseignement de plus à mener, et si je n’avais pas de souvenirs actifs, j’aurais sans doute des personnes auprès de qui obtenir des informations en toute discrétion. Après tout, c’était là ma force, celle qui m’avait permis de survivre jusque-là, aussi, si j’étais incapable d’obtenir des renseignements intéressants sur un évènement de cette envergure, je ne méritais même plus cette survie à mon sens. Et puis, si je pouvais gagner une journée de repos pour m’atteler à une simple tâche de réflexion, je n’allais pas non plus cracher dessus…
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MessageSujet: Re: Mauvais endroit, mauvais moment (le retour !) [PV Darius]   Mar 28 Mar - 21:28

La fille semblait vraiment à bout de forces. Ce n'était pas étonnant pour une civile aussi frêle, surtout après s'être retrouvée dans cette situation critique et avoir échappé de justesse à une mort certaine. Darius n'était pas dénué de bon sens, malgré ce que beaucoup pouvaient penser. Il savait parfaitement que sa nouvelle alliée potentielle n'avait ni l'entraînement ni la résistance que ses hommes et lui-même avaient pu développer au fil des années. Même si ça l'agaçait un peu, il comprenait qu'elle soit épuisée. Il était probablement temps de la laisser se reposer et de retourner dans l'arène pour achever de mâter la révolte.

C'était quelque chose qu'il avait compris depuis longtemps, au fil de sa carrière et des missions accomplies. Même si ce n'était pas réellement dans sa nature, il était conscient que des troupes reposées étaient plus efficaces et nettement moins enclines à désobéir ou à déserter que des hommes épuisés poussées au bout de leurs limites. Le général n'était pas connu pour sa magnanimité mais il accordait à ses hommes une attention que beaucoup d'autres officiers semblaient juger superflue. Contrairement à nombre d'entre eux, Darius venait de la base. Il était arrivé à son poste après avoir monté les échelons les uns après les autres. Aujourd'hui, il était au sommet, mais il n'oubliait d'où il venait. Il n'oubliait pas ce que vivaient les soldats. Il savait exactement par quoi ils passaient, les problèmes qu'ils rencontraient, les épreuves qu'ils affrontaient. Il exigeait de ses hommes une loyauté sans faille et une obéissance aveugle, il voulait qu'ils soient toujours au top et leur imposait un entraînement strict mais il savait aussi les laisser décompresser quand il fallait. Ça n'allait certes pas jusqu'à organiser des orgies au sein de la caserne mais il était de notoriété publique que ses hommes bénéficiaient de certains avantages pour compenser la dureté et l'intensité de leur entraînement.

Tout comme il savait reconnaître que ses hommes n'étaient pas des machines et qu'il leur fallait un peu de temps pour eux de temps à autres, Darius se rendait compte que l'interrogatoire touchait à sa fin. La jeune femme ne pourrait pas rester plus longtemps sans soins ni repos. Darius sentait la douleur cuisante de sa propre blessure déchirer son coté, ainsi que son sang couler sur sa peau, mais il avait l'habitude. Pour lui ce n'était qu'une égratignure. Il savait que Mirac avait certainement déjà fait prévenir le médecin du régiment. Ce n'était qu'une question de minutes avant que ce dernier ne débarque.

Sans surprise la fille n'ajouta rien de capital à ce qu'elle lui avait déjà raconté, non pas qu'il s'attendait à une révélation fracassante. Elle laissa toutefois entendre qu'elle pourrait peut-être avoir du nouveau pour lui, une fois qu'elle se serait reposée et aurait pris le temps de repenser à toute cette affaire tranquillement. Darius était un homme patient, mais, cette fois, il n'aimait pas l'idée d'attendre pendant que quelque chose pouvait se tramer juste sous son nez. Il était toutefois lucide, il savait que s'il brusquait la fille d'avantage, il n'obtiendrait que le contraire de ce qu'il cherchait. Il se fichait de savoir si elle lui faisait confiance ou non, mais il voulait qu'elle puisse venir lui parler chaque fois qu'elle découvrirait quelque chose de neuf sur cette révolte, et la secouer un peu plus n'allait certainement pas l'inciter à le faire.

— D'accord, soupira-t-il sans cacher son agacement. Je te laisse deux jours. Profites-en pour faire ce que tu as à faire, puis viens me voir dans ma caserne. Je ferais en sorte que les gardes te laissent entrer. À partir de maintenant, tu passeras chaque semaine, même si tu n'as rien d'intéressant à me dire. Et je ferais en sorte que tu puisses me contacter en cas d'urgence.
Il laissa passer un instant avant d'ajouter :

— Il va sans dire que notre accord devra rester secret et que je saurais te récompenser pour tes services. Par contre, si tu t'avise de me trahir, je suis sûr que Mirac se fera une joie de te faire disparaître.
Le subalterne approuva sans l'ombre d'une hésitation. Darius se retourna mais marqua un temps d'arrêt devant la porte de la cellule.

— Reste avec elle jusqu'à ce que le médecin ait fini de la soigner puis rejoins l'arène, ordonna-t-il à Mirac.
Celui-ci confirma d'un hochement de tête et tourna son attention vers la fille.

— Je laisserais bien des gardes devant cette porte mais ça risque de trop attirer l'attention, alors tâche de ne pas te faire tuer avant notre rendez-vous !
Sur ces mots, il raffermit la prise sur sa hache avant de franchir la porte et de s'avancer dans le couloir. Mirac l'appela pour essayer de le convaincre de faire soigner sa blessure mais Darius ne l'écouta pas. Dans le couloir il croisa le médecin et le salua d'une claque sur l'épaule avant de s'engager dans le méandre de coursives ramenant vers l'arène. Son esprit ne cessait de s'agiter, formant questions et raisonnements sans fins à propos de la mutinerie. Il était déterminé à découvrir ce que ça cachait, même si ce n'était que l'évasion d'une poignée de prisonniers.

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Mauvais endroit, mauvais moment (le retour !) [PV Darius]

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