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 Boucle d'or et Ahribear

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Date d'inscription : 21/05/2016
MessageSujet: Boucle d'or et Ahribear   Jeu 29 Juin - 10:55

Courir, un, deux, trois, quatre, sauter par-dessus le tronc, une douleur dans ma cuisse blessée, j’étouffe le gémissement ou du moins le noie dans mes halètements et le bruit des feuilles qui bruissent dans le vent bienveillant de cette foret ionienne. Courir encore, mes poumons sont en feu, je sens la brûlure de la blessure à ma cuisse qui m’élance, les pas derrière moi semblent moins proches, un répit, même rapide, il faut que je bande la plaie.
A peine trente secondes, pas plus d’une minute, j’ai serré un bandage de fortune autour de la jambe, dommage, j’aimais bien ce foulard trouvé dans un de ces petits marchés typiques, peut être que je pourrai en avoir un autre au retour ?

*Si tu ne bouges pas tu n’auras rien au retour, puisque tu ne reviendras pas.*

Courir à nouveau un, deux, trois, quatre, plus de traces de sang sur le feuillage pour les pisteurs, mais le bruit et la course sont toujours là, trouver un abri, n’importe lequel, trouver un endroit pour se cacher, n’importe lequel !
Courir encore, je ne suis pas faite pour de telles dépenses, mon énergie va décroissante, déjà j’ai ralentie la cadence. Cesser de courir, je dois devenir une ombre, plus de bruits, plus de vision, plus de piste. Mes poumons se soulèvent à un rythme effréné, mais moins que celui de mon cœur qui tambourine, je peux me rendre invisible, mais cela n’efface ni le bruit ni la présence physique, si je suis sur leur chemin… ils n’utiliseront pas que leurs yeux pour me retrouver maintenant qu’ils savent que je suis là.
Une zone de forêt plus dense encore, j’ignorais même que ce fut possible, ces endroits sont si sauvages… si riches. Même là au milieu de ma panique je peux le sentir, le flux de magie intrinsèque à cette terre, comme si je vivais dans un état d’excitation et de légère ébriété permanente depuis mon arrivée ici. Cet endroit me parle, il m’insuffle un pouvoir que je n’avais jamais ressentie sur le continent et certainement pas à Démacia pétrie de pétricite. Cela me rend les choses plus aisées, utiliser la magie ici est tellement plus naturel, mais je dois réfréner d’autant plus les petites sautes d’humeur qui engendrent des réactions voyantes.
Je marche discrètement, les bruits des grosses bottes noxiennes se sont étouffés, eux aussi ont sans doute cessé de courir, pour un moment, mais je ne suis pas dupe, la traque doit continuer. Je sinue volontairement et aléatoirement, m’amuse à casser des branches là ou je ne passe pas et effacer des traces là où je pose mes pieds, ça me prend un certain temps, jusqu’à ce que mon parcourt erratique m’amène près d’un grand arbre.
Je pourrai presque pleurer tellement il est majestueux et beau, le genre de géant de verdure qui vous fait sentir tout petit, non pas que cette sensation me soit inconnue entourée depuis ma plus tendre enfance de héros gigantesques en armure brillantes, il n’y avait qu’à voir mon frère… ou un certain monolithe… Cette zone semble presque moins sauvage, comme si elle était à moitié aménagée, il y a comme un relent de domestication vague, un je ne sais quoi de familier et de sécurisant, si je n'étais pas en fuite, je serrai volontiers restée debout là, immobile, juste pour le contempler.
Mais pas le temps pour ça, je fais le tour du tronc lentement, jusqu’à tomber sur une sorte de cavité entre des racines gigantesques, parfait, l’entrée est dissimulée par une sorte de buisson fleuri avec une agréable odeur, je me glisse dans ce trou et fait silence, reprenant mon calme, songeant éventuellement à la riposte si mes suiveurs viennent jusqu’à cet endroit.
C’est le moment d’inspecter un peu plus ma blessure également, je commence à dénouer le foulard imbibé de sang séché et m’appuie contre le tronc pour… la cavité est plus profonde que ce que j’imaginais, et ce sur quoi j’ai tenté de m’appuyer était d’avantage une sorte de tenture beige marron faisant office de, de… porte d’entrée ?

"Ha !"

Un peu en panique, je me redresse la peur au ventre, ne sachant pas quel genre d’occupant je vais rencontrer, j’étouffe un gémissement lorsque ma blessure m’élance, puis parcourt du regard l’endroit. La grotte ou je suis tombée est assez petite pour que je me rendre compte rapidement que je suis seule, son aménagement est frustre, mais relativement confortable, comme une sorte de cabane d’ermite, je distingue une zone qui doit servir de couche, plus un coin avec un foyer qui doit servir aussi pour les repas si j’en crois les quelques ustensiles éparpillés un peu partout. Ces quelques aménagements « humains » sont cependant noyés allègrement dans les racines, en symbiose avec l’arbre.
Je n’ai guère le temps de détailler trop l’environnement car des voix retentissent au dehors. Discrètement je tente de distinguer quelque chose au milieu des ouvertures où dégouline la lumière de l’après-midi, cela dit, il n’est pas très compliqué de deviner qui est là, pas de ionien mélodieux pour mes oreilles, mais plus ce noxien râpeux qui m’écorche les tympans et surtout est pour moi synonyme de danger.

"Il a très bien pu suivre le sentier, la progression était plus facile comme ça, n’oublie pas qu’il est blessé"
"On est dans un cul de sac je te dis, ou pire un repère de créature des bois…"
"Suffit, depuis quand un soldat noxien à peur d’une bestiole, deviendrais-tu faible? On retrouve ce fouineur, c’est un ordre! Fouillez la clairière il n’est sans doute pas loin, le cri qu’on a entendu n’était pas celui d’un animal."

Je jure intérieurement, mon petit cri de surprise a été perçu, dire que je les aurai sans doute semé sans ça ! Je tourne en rond dans la pièce, avec un peu de chance ils ne trouveront pas l’entrée, elle est assez bien dissimulée après tout ! Je suis tombée par hasard dessus moi et…
La pointe d’une lance écarte la tenture et j’entends des chuchotis alors que plusieurs personnes échangent des instructions, pas besoin d’être un grand général pour comprendre, les autres doivent faire le tour pour cherche une autre issue pendant qu’un voir deux vont pénétrer à l’intérieur pour voir si je suis là. Décidément, je n'ai pas de chance, il a fallu que je tombe sur des soldats compétents.
Je ferme les yeux et me rencogne dans un coin à côté du foyer, invisible, ce ne serait pas une cachette sans mes pouvoirs, mais là… il ne va tout de même pas chercher pas à tâtonner dans une zone où il n’y a visiblement rien ?
Je retiens ma respiration, le soldat passe au radar la pièce, sondant avec sa lance les interstices, j’entends un deuxième noxien qui descend, il va commencer à y avoir foule ici ! Je crains qu’ils ne me trouvent pas hasard en me marchant simplement dessus, je mords ma lèvre inférieure et tente de juguler l’énergie qui remonte ma colonne vertébrale et m’intime de me défendre à coup de magie, je me retiens, je préfère qu'ils repartent vivants et les mains vides. J’attends le dernier moment, j’attends de pouvoir…

"Haaaaaaaaaaaaaaaaaaaar !"


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MessageSujet: Re: Boucle d'or et Ahribear   Sam 1 Juil - 0:46

La caresse douce du soleil filtrant à travers les feuilles paresseuses, qui remuent çà et là sous la douce brise, sinue sur mes joues comme une brume d’or tiède. Au point que je m’arrête dans ma marche tranquille, quelques instants, les yeux fermés et levés vers le ciel, pour profiter de la sensation. L’air, embaumé des odeurs de terre humide d’après la pluie, et de jeunes pousses vivaces y prenant leurs racines, vient du nord, chargé d’une énergie complexe et sauvage, qui résonne au plus profond de moi, pour accompagner les battements de mon cœur. Je pourrais presque en goûter l’essence neigeuse des montagnes du nord sur le bout de ma langue à chaque inspiration, tranquille et profonde.


*Mais cette neige serait rougie. Un arrière-goût de sang dans l’air, de sang, de cuir, et de métal.*


Pourtant, le village est derrière moi. J’en reviens, la besace alourdie de quelques pâtisseries au miel, fruits frais, et une petite bourse contenant des feuilles de thé. Là où mes pas me mènent, ne s’étends que forêt sauvage, rivière, et si ce n’est que pour quelques vastayas solitaires et insaisissables aux cornes élancées, je n’ai vu aucune trace civilisée autour de mon abris, de nombreuses lieues à la ronde. Oh, je jure que si ce sont encore ces envahisseurs, et s’ils ont osé toucher une seule des majestueuses racines, si grandes qu’elles se sont extraites du sol pour soulever le tronc du grand chêne qui a bien voulu m’abriter, jusqu’au-dessus de la terre… J’arracherai leur âme de leur corps à mains nues, je les éviscèrerai et enterrerai leur cœur pour nourrir la terre ! La simple idée me met si en colère que j’en ai les poils des queues tout hérissés. Non, ce n’est probablement qu’un convoi de marchands, ou peut-être que l’odeur vient de loin. Je l’espère. Mais ma démarche se fait plus rapide, pour aller rejoindre ce lieu de familiarité et de sécurité.

Les voix sont apres, sèches. Et cette langue dure, je l’ai déjà entendue plus d’une fois. Ils ont l’air de chercher quelque chose, et de ne pas m’avoir encore remarquée. Mais je ne compte pas rester cachée longtemps, à les regarder tourner autour en écrasant les jeunes pousses fragiles, les privant de tout avenir. Je remets mon manteau pour cacher mes queues, ainsi que mon chapeau de paille fleuri, mais avant que mes oreilles n’aient disparu en dessous, l’un d’eux lève son visage vers moi. L’air frappé de stupeur, et empoignant immédiatement une arbalète, qui décoche vers moi un carreau à vitesse foudroyante.
Heureusement, je suis rapide. Le carreau vole au-dessus de ma tête pour ne rencontrer que…

*MON CHAPEAU !*

Là, je suis en colère. Vraiment en colère. Les oreilles plaquées en arrière, toutes queues hérissées sous mon manteau, dont je me débarrasse d’un geste. Trop gênant pour les mouvements. Ils sont plusieurs, et pas prêts à discuter ? Tant pis pour eux.

Leurs cris font s’envoler les oiseaux alentours. Ils reviendront bien. Ce qui ne serait pas le cas de ces hommes. Leur corps ne supporte pas la magie brulante qui les traverse, et leurs yeux ne peuvent suivre la vitesse dont la nature m’a dotée. L’un d’eux s’enfuit, et j’hésite à le poursuivre, mais au même moment, j’en aperçois un autre, qui sort de la cavité de l’arbre. De chez moi ! Je vais en faire des confettis, lui arracher les tripes. Celui-là, en menaçant mon abris, ma sécurité, réveille tous mes instincts les plus ancestraux. Comme à l’époque de mes chasses sauvages, ce sont mes dents dans sa gorge qui viennent mettre fin à sa vie, ses cris se perdant en gargouillis alors que je rejette son corps mourant hors du trou qui mène à l’entrée du creux de l’arbre. Le sang humain a un goût étrange sur ma langue, et je regrette mon geste presque immédiatement. Pas de l’avoir tué, mais de m’être laissée aller à ces instincts animaux. Dévorer une biche, c’est une chose, lorsque l’on ne peut pas se fournir dans les mets humains. Tuer un homme avec les dents, c’en est une autre.
Mais je n’ai pas vraiment le loisir de m’attarder sur le geste plus longtemps. Il y en a un autre a l’intérieur. Il a entendu les cris de son comparse, et j’entends sa respiration rapide à l’intérieur. Cette fois, je suis calme. Ma colère est devenue froide. J’entre précautionneusement, prête à esquiver le métal acéré qui tentera de venir mordre dans ma chair à son tour. Mais surtout, mon esprit explore, se gorge de magie, et recherche sa proie. Et vient presser sur celui du soldat, lui ôtant toute volonté propre, ne le laissant qu’à ma merci. Son arme tombe de ses mains, sur la terre, alors que son regard se fait lointain.
Mes mains attrapent son visage, par les joues, pour plonger mes yeux dans les siens. Et mes lèvres inspirent et aspirent, à flot.

Il est jeune, pas bien grand. Un baton dans les mains, il joue à la guerre. Affrontant d’autres enfants. « A mort les Démaciens ! ». Dans la mêlée, il prend un coup au genou, mais continue de jouer.
Il est avec une femme, plus agée que lui, sa mère sans doute. Elle lui verse quelque chose sur le genou, qui est rougit et saigne un peu. Il crie un peu quand le liquide vient se verser.


Il est sur un bateau, avec de nombreux autres. L’un d’eux ressemble à celui dont je viens d’arracher la gorge. Ils jouent aux cartes, et s’insultent en riant.

Je me sens légèrement mal à l’aise.

Il tient une arme dans les mains, et frappe. Cette fois, ce n’est plus un bâton. Le métal est tranchant, et acéré. La femme face à lui est terrifiée et recule, en tentant de cacher ses enfants derrière elle. Elle ressemble à sa mère. Il hésite un instant. Puis lui plante son arme au travers du corps, et la retire. Les enfants crient. Il pose le regard sur eux.


La froideur, face à la terreur. Le sang macule les scènes, et je peux le sentir sur ma langue. A moins que ce ne soit les résidus de celui que j’ai pris quelques instants avant.

Quelqu’un lui aboie des ordres. Il cherche, piste, avec d’autres hommes. Une traque, rapide, soutenue. Il entend un cri et reprend de plus belle, avec ses comparses. Des branches sont cassées çà et là. Mais s’il fait soleil, la terre est humide d’après la pluie. Et les empreintes se voient, régulièrement.
Il arrive face à un immense arbre, aux racines aériennes. Il hésite, et l’un d’eux a peur qu’il s’agisse de la tanière d’un animal. Les autres fouillent autour. Le soleil fait miroiter un fil doré sur un buisson devant l’arbre. Il écarte les feuilles, et voit l’entrée d’un trou, descendant avec précautions. Il écarte une peau de bête, pour rentrer dans un endroit habité. Il ne voit personne, malgré que les racines soient assez hautes, dépassant de terre, pour laisser la lumière filtrer à l’intérieur. Un de ses camarades le rejoint. Il entend des cris venir de l’extérieur. Son camarade ressort, voir ce qu’il se passe. Il entend un cri, bien plus proche. Suivi d’un gargouillis. Il prépare son arme, la pointe vers l’entrée. Tentant de calmer sa crainte. Son cœur bat la chamade, sa respiration est précipitée.

Entre mes doigts, je sens sons souffle se taire. Son cœur lache un dernier battement, difficile, avant de s’éteindre. J’aurais pu m’arrêter avant. Cette fois, ce n’est pas la tentation, ni la faim, ni le manque de contrôle, qui m’ont fait prendre jusqu’à la dernière goutte d’essence vitale d’un homme. Même si la sensation est enivrante, ces souvenirs n’étaient pas agréables à regarder.

Je lâche son corps, qui s’effondre à mes pieds. Et tourne le regard tout autour, comme lui-même l’a fait quelques minutes plus tôt. Il y a une odeur de sang frais, dans l’air. Pas celle du soldat que j’ai tué n’a l’extérieur. Une différente, et la magie semble agitée de milliers de petits tourbillons joyeux, qui perturbent l’habituel calme Olympien de cet arbre pluri-centenaire.
Ça doit être la personne qu’ils traquaient. Mais pourquoi est-ce que je sens cette présence sans la voir ? Les queues agitées, les oreilles plaquées, je pose mon sac, et sort le cadavre. Et recommence à humer l’air sous l’arbre, en sortant les feuilles de thé de la bourse, et en les plaçant dans la théière. Je m’occuperai de les enterrer, aux pieds des racines, lorsque j’aurais trouvé ou se cache le dernier. De toute façon, il faudra que je ressorte pour aller chercher de l'eau au lac, je n'en ai presque plus. Juste ce qu'il y a dans la théière.

Mais en attendant, il fallait faire démarrer le foyer. Ca prendrait un peu de temps, à ce que le bois ne devienne braise et que la théière ne puisse être posée dessus, alors autant s'en occuper tout de suite. J'entasse donc des brindilles et du petit bois, et du plus gros, par dessus, dans le foyer. Essuyant d'un geste machinal le sang qui macule encore mon menton, en faisant attention de ne pas en mettre sur mes vêtements. Je me baignerai dans le lac pour m'en débarrasser. Un briquet à silex plus tard, une flammèche monte des brindilles, sur laquelle je souffle doucement pour la faire grandir, jusqu'à ce qu'elle soit assez forte pour venir lécher le bois et s'en nourrir. Les oreilles toujours agitées, écoutant dans tous les sens.
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MessageSujet: Re: Boucle d'or et Ahribear   Dim 16 Juil - 21:41

Des cris ? Des cris horribles de souffrance, nul doute sur leur origine, ce sont les hommes à l’extérieur, les deux compères à l’intérieur se tendent d’un seul coup, et je ressens tout leur stress d’autant qu’il multiplie le miens. Quelque soit la chose qui fait crier des noxiens là dehors il n’est pas dit qu’elle appréciera la présence d’une démacienne, même si mon aspect est certainement plus engageant que celle de ces militaires armés jusqu’aux dents.
Cela dit tout ceci m’apporte un peu de répit puisque le deuxième ressort, je me mords la lèvre inférieure en étudiant la possibilité d’attaquer le restant avec un double élément de surprise. Il a peur je le vois bien, il tremble, c’est presque un spectacle plaisant de voir un noxien montrer autant de faiblesse. J'ai presque envie de me moquer, de lui susurrer que nous sommes tous égaux quand vient le moment d’affronter notre mort. D’un autre côté cela ne le rend que plus humain, un homme dans un carcan de cuir et de métal, un homme comme les autres avec ses joie, ses peines et ses peurs, pas si différent, seulement né ailleurs.

*Stop, tu ne dois pas penser à ça Lux, ça ne fait que rendre les choses plus difficiles, il n’hésiterait pas à te tuer lui, agis avant qu’il ne soit trop...*

...tard, il était trop tard, la créature était rentrée chez elle, et n’avait pas caché le bruit mat et légèrement métallique d’un corps sans vie qui retombe, non plus que le gargouillis caractéristique d’un liquide précieux s’échappant de son contenant de chair. J'avais perdue un temps précieux avec ma stupide commisération et à présent j'allais devoir affronter quelques chose capable de mettre plusieurs hommes hors d'état de nuire en un temps record.
Et pourtant, lorsque la chose qui faisait tant de heurts survint, je ne peux empêcher ma mâchoire de s’ouvrir en grand en contemplant la beauté sauvage qui pénètre dans sa tanière. Je suis tellement surprise de prime abord que je ne me rend même pas compte que quelque-chose cloche, le soldat a laissé tomber son arme, et semble dans un état second, moi même je me sens un peu cotonneuse, une vague impression de sécurité m’enveloppe comme la sensation d’une couverture douce sur mes épaules ou le bras d’un ami.
Il me faut un moment pour comprendre réellement ce qui est en train de se passer, l’hypnotisme fait rapidement place à l’horreur lorsque je saisie qu’elle use de magie sur l’homme, cette… femme ? Ou que sais-je, cette hybride dont les queues blanches fouettent l’air de manière presque tendre alors qu’elle semble aspirer quelque-chose à son agresseur.

*Mais est-ce lui l’agresseur dans le cas présent ? Et toi, qu’est-ce qu’elle va te faire à toi...*

Je regarde impuissante, fascinée de cette curiosité morbide que l’on peut avoir parfois lorsque nous sommes confrontés à des situations horribles dont les tenant et les aboutissants semblent nous dépasser. Tout est presque silencieux et l’homme meurt peu à peu, sans même lutter entre les mains douces et fines de la femme aux oreilles d’animal.
Je détaille cette dernière avec soin, tout comme cet endroit elle est un étonnant mélange de civilisation et de nature, une sorte de fusion étonnamment belle mais aussi dangereuse et létale, comme un grand fauve, en témoigne les traces de sang qui dégoulinent depuis sa bouche jusque sur son menton. Nul besoin d’être grand devin pour comprendre qu’elle a mordue dans une chose...juteuse, pour obtenir cet effet.
Je me recroqueville d’autant plus dans mon coin quand elle inspecte à son tour son antre, je sens la magie qui est en moi pulser doucement. J’ignore si c’est le reflet de mon angoisse, une sorte de réponse à la magie palpitante de l'autre mage, pour me protéger et attaquer, ou une certaine forme de caresse rassurante de la part de la lumière que je porte et qui m’a toujours donnée une vague impression de vie, comme si elle avait sa volonté propre à mon égard. Dans tous les cas, je maintiens mon invisibilité de toutes mes forces, en cherchant désespérément un moyen de fuir cet endroit et cette créature dangereuse.
Je crois mon moment de sécurité venu lorsqu’elle sort avec le corps, mais à peine ai-je le temps d’essayer de me déplier que je suis arrêtée par la douleur à ma cuisse, et la femme animal revenant à l’intérieur, humant l’air comme un chien cherchant une proie. Elle doit sentir mon odeur inhabituelle ici, avec un peu de chance elle finira par la confondre et l'associer à celle des envahisseurs ?

*Pas très flatteur pour moi dans un sens...*

Je vois à son air qu’elle est toujours méfiante, mon cœur bat la chamade lorsque je la scrute de plus près, de BEAUCOUP plus près, tandis qu’elle place des feuilles dans une théière et allume le petit foyer à coté duquel je suis blottie.
Son visage est très beau, elle a de longs cheveux noirs, de grands yeux jaunes brillants à la pupille fendue, les joues marquées comme de dessins enfantins de moustaches. Lorsqu’elle essuie soigneusement sa bouche pour en retirer le sang, je me retrouve à nouveau dans cet entre deux, elle semble gentille vu comme ça, à faire chauffer ce qui sera certainement un thé… Quoi de plus banal ? Mais elle est tout de même en plein nettoyage d’hémoglobine…

Une flammèche rencontre soudain un morceau savoureux de brindille et le dévore avec enthousiasme, communiquant sa chaleur au petit bois. Un braisillon profite de l’appel d’air pour s’envoler et se poser encore brûlant pile sur l’extrémité de ma blessure.
Je gémis.
J’ai fait du bruit.

*HO PAR LA JUSTICE ! J’ai fait du bruit !*

Je redeviens visible, je me doute bien qu’elle va me trouver de toute manière à présent, je suis à une trentaine de centimètres d'elle après tout! Paniquée je la pousse un peu en me levant pour fuir. "Pardon." Je boitille à reculons comme une forcenée jusqu’à l’entrée en tentant de sortir avant qu’elle ne m’attaque. *J’ai vraiment dit pardon ? Pourquoi je suis poli dans un moment pareil ! Mais Lux, qu’est-ce que tu as dans le crâne ?* Je suis en train d’écarter le rideau pour sortir, je lui fais face, mon bâton brandit, je sais que je ne pourrai certainement pas la semer, alors je lui parle, mon ionien n’est pas terrible mais je crains que ma seule chance ne soit de passer par la voie diplomatique… ou magique. Mais non, je n’aime pas cette idée, non, pas si je n’ai pas le choix, après tout elle m’a sauvée des noxiens, d’une certaine manière.

"Veux juste partir, pas mal, méchants hommes, je pars… je désolée"


Dernière édition par Luxanna Crownguard le Mar 22 Aoû - 10:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Boucle d'or et Ahribear   Mar 18 Juil - 18:04

L’odeur de la peur est forte. Prenante. Il est toujours là, j’en suis sûre, caché quelque part, derrière une racine peut-être. Mes yeux continuent de tourner, ça et là, de guetter chaque cachette qu’il aurait pu prendre, cherchant avec attention.
Bruit.
Trouvée.

Mes oreilles se redressent et mon visage se tourne. Je l’ai entendue, la proie de ces hommes. Elle n’est pas loin. Elle a couiné, et je comprends pourquoi en la voyant réapparaitre juste à côté du feu qui a démarré. Une flamme a dû la bruler.
Ainsi donc, on se cachait dans le foyer ?
Immédiatement, mes oreilles se plaquent en arrière. Je ne sais pas comment elle a fait pour disparaitre ainsi, mais c’est dangereux. Dans ma main, un orbe d’énergie pure se forme en un instant, alors que j’ai un pas de recul lorsqu’elle s’approche de moi, prête à bondir, ou frapper.
L’instant d’après, la curiosité se fait sa part. Ses cheveux sont si fins, et d’une couleur dorée clair, comme les épis de blé qui poussent au sud. Le peu de lumière solaire qui filtre entre les racines aériennes s’y reflète joyeusement, comme si elle était attirée, créant des reflets dansants. Je n’en ai jamais vu de tels, même sur les envahisseurs. D'ailleurs, ses traits sont étrangers, clairement. Ses yeux sont très clairs, comme le ciel du matin, et ronds comme les cerises. Une envahisseuse aussi ? Mais pourquoi était-elle traquée par les autres, alors ?

Elle n’a pas l’air agressive en tout cas. Plutôt apeurée et confuse, en plus d'être blessée. Mes oreilles se redressent légèrement alors que je la bois boitiller en levant les mains et un… bâton étrange, vers moi, et essayer de me parler. Elle parle mal. Très mal. Mais j’arrive à comprendre un peu de ce qu'elle dit. Définitivement, elle n'est pas d'ici, du sud ou du nord, elle ne ressemble à personne que j'ai pu croiser à travers le continent.

Si elle n’avait pas été étrangère, j’aurais compris plus rapidement la situation. Une villageoise que les envahisseurs auraient voulu tuer, qui se serait cachée là ou elle pouvait. Mais là… Ma tête se penche légèrement sur le côté, pendant ma reflexion rapide. Elle a l’air étrangement sympathique, naturellement, comme si on ne pouvait que l’apprécier à la première rencontre. Un peu comme moi avec les autres humains en somme.

« N’aies pas peur »

Ma voix est la plus douce possible -et peut-être un peu charmeuse, aussi-. Elle est déjà en train de filer pour sortir de ma tanière, l’air prête à se défendre. Elle a peur de moi… C’est peut-être le sang sur mon menton. Ou alors, elle n’a jamais vu de Vastaya. Je me concentre un instant, pour étendre mon esprit tout autour de moi, venir rencontrer le sien. Il est clair, lumineux, et pur. J’ai envie de m’y plonger, de goûter à ses souvenirs. Je n’ai pas envie qu’elle disparaisse dans les bois. Elle risque de tomber sur d’autres mauvais hommes, et avec sa blessure, elle n’ira pas loin, sans compter qu’elle a l’air épuisée. Et puis j’ai envie de savoir ce qu’elle fait ici.
Je presse doucement. Je ne veux pas la faire tomber sans volonté comme l’homme que je viens de tuer. Simplement la rendre… contemplative, le temps que je me rapproche. Faire cesser sa fuite.
Son esprit est résistant. Difficile à troubler, comme si de la lumière pure le parcourait. Mais je n’ai pas besoin de me plonger trop profondément en elle.  

« Il faut soigner ta jambe. Il y a encore des méchants hommes dehors »

Je réemploie le même terme qu’elle, pour qu’elle me comprenne. En tendant légèrement la main dans sa direction, comme pour l’inciter à se rapprocher, à venir tomber dans mes bras. Son esprit est vraiment attirant… Si lumineux… Je prendrai peut-être un ou deux de ces souvenirs, sans aller trop loin, plus tard. Si je dois lui faire oublier notre rencontre, par exemple. Pour le moment, il faut déjà la rassurer. Peut-être sait-elle des choses au sujet des pierres. Il ne faudrait pas qu’elle me file entre les doigts si vite.
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MessageSujet: Re: Boucle d'or et Ahribear   Mar 22 Aoû - 9:49

Le théorème du yordle était le suivant, personne ne croyait qu’une créature aussi mignonne puisse être dangereuse… C’était une grave erreur, quiconque ayant déjà eu la chance, ou la malchance de voir l’une de ces boules de poils aux voix aiguës en action pouvait en témoigner. Je bénéficiais généralement un peu de cet effet moi aussi, mon aspect inoffensif en avait trompé plus d’un, encore que, d’une certaine manière, mon dégout pour la violence me rendait effectivement inoffensive la plupart du temps. Bref, toutes ces circonvolutions pour dire qu’une fois de plus mon apparence semble vouloir me sauver la mise, à moins que ce ne soit mes paroles… Dans tous les cas la créature semble plus curieuse à mon égard que furieuse, en témoigne sa mimique, la tête penchée, les yeux interrogatifs.

*On dirait ronron ! … concentration ! Pourquoi tu penses à ton chat ? Concentration !*

Tout comme précédemment lorsqu’elle envoutait l’homme, je me sens un peu cotonneuse, et sa voix suave ne m’aide pas, il y a quelque chose d’hypnotique chez elle, d’attirant et mes rudiments de ionien me suffisent pour comprendre qu’elle me susurre des paroles rassurantes. J’ai faim, un peu froid, je suis fatiguée par la fuite et la peur qui me tenaillent, j’ai  envie de me rouler en boule dans le coin moelleux de cette tanière et de m’y endormir en respirant l’arôme du thé qui chauffe sans plus me préoccuper du reste. J’ai même l’excentrique pensée, la lubie saugrenue, de vouloir plonger ma tête dans les queues blanches qui se balancent doucement derrière elle. Elles doivent être si douc…

"Ha !"

Comme si mon instinct continuait de me protéger alors que mon esprit vagabonde dans un charme, mes pieds avaient poursuivi leur recul prudent le long du court boyau menant à l’air libre. Sauvée par le gong ! Ou plutôt par le cadavre égorgé d’un noxien sur lequel je tombe cul en premier.
L’homme a la bouche béante, les yeux grands ouverts et une expression de pure terreur stupéfaite encore peinte sur son visage. Mes mains patouillent dans quelque chose d’humide et de bien trop poisseux pour que ce soit de la simple boue alors que je me redresse d’un seul coup en lançant un sort aveuglant pour couvrir ma fuite désespérée.

"Non ! Laisses moi !"

Ma cuisse me fait toujours mal, mais les flots d’adrénaline qui courent dans mon organisme avec la rapidité submergeante d’un tsunami effacent toute velléité d’arrêt pour cause de douleur. Une fois de plus je fuis pour ma survie, où, je ne sais pas trop, pas dans la direction du camp noxien ça c’est sur…

*A moins que… à moins que oui, fais ça !*

La gorge déchirée par mes halètements, je retourne sur les pas que ma précédente fuite a guidé, si elle me poursuit, j’ai tout intérêt à lui trouver d’autres cibles, il sera ensuite aisé pour moi de m’éclipser dans la mêlée sanglante qui suivra cette rencontre. Ce plan est séduisant, il permettra en plus de créer une diversion quant à la présence d’un intrus. Les soldats ne m’ont pas vraiment vu, simplement une petite ombre qui n’aurait pas dû être là, alors pourquoi ne pas leur faire croire que c’était une créature ionienne ? Il est de toute manière assez inconcevable qu’ils s’imaginent un seul instant tomber sur un chevalier rayonnant démacien en plein milieu de Ionia. Personne ne pourrait penser une telle chose ! Pas même mes supérieurs, puisque j’ai accouru ici de mon propre chef avec un manque de précaution terrifiant qui me vaudra certainement une longue série de blâmes si je rentre en un seul morceau. Mais ce que j’ai découvert vaut cette prise de risque, cette précipitation et ce manque de préparation qui ne me sont pas coutumier. J’en suis intimement conv…

"Ghuuufhhh"

Je viens de me faire arrêter nette par un bras puissant en travers de l’estomac. J’en perds le souffle pendant de longues et paniquantes secondes qui me donnent l’acuité terrifiante pour visualiser la suite de la scène presque au ralenti et dans une impuissance totale.
L’hybride n’a pas menti en disant qu’il y a toujours des méchants hommes dans les bois, enfin, si j’ai bien compris… J’ai du bien comprendre, ma faculté à décoder le ionien est plus efficace que mon expression orale, mais j'étais trop concentrée sur d’autres ronrons à fouetter à ce moment là pour y prendre assez garde, et puis le camp était loin donc je m'étais imaginée avoir le champ libre pendant un bon moment, erreur, encore.
Tandis que je vois le manche de bois dur de la hache de mon adversaire fendre l’air dans un mouvement fluide en direction de ma tempe, j’ai le temps de songer que j’aurai peut-être du accorder un peu plus de crédit à la créature, elle n’a rien fait que je n’ai pas envisagée à un moment lorsque ma vie était en jeu… comme à présent.
La magie, cette précieuse lumière qui est en moi pulse en réponse au danger qui menace ma tête, le manche rebondi contre un bouclier scintillant de particules lumineuses, puis tout s’accélère de nouveau.

J’amorce ma remonté debout, l’entraînement reprenant le dessus sur l’instinct, je profite de son relatif étonnement, être confronté à une mage n’est guère courant, même pour un soldat noxien, et d’un geste fluide tape mon agresseur au genou avec le bâton. Les hommes protégent généralement moins leurs jambes, en raison de leur taille et d’une croyance populaire voulant qu’il y ait un morceau plus tendre et tentant à viser une trentaine de centimètres plus haut, surtout quand on a affaire à une femme. Les soldats portent des coquilles, je ne vais donc pas me fatiguer à ça, surtout que je ne suis pas faite pour avoir l’avantage au corps à corps. Mon coup le déstabilise assez pour que j’assène une nouvelle attaque sur l’autre jambe ce qui lui arrache une grimace de douleur. J’ai visé sur le côté de la genouillère, lui faisant faire une torsion déplaisante.

*Comme ça on est deux éclopés maintenant.*

"Sale petite garce !"

Ha les amabilités en bataille ! Rien de tel pour connaitre les insultes en vigueur dans la langue de Sion ! Je ne m’attarde pas sur mes réflexions, il est temps de se battre, je n’ai plus le choix désormais, il connait mon apparence, je ne peux pas me permettre de me faire capturer ou dévoiler avec mon air aussi ionien qu’un club d’amateurs de poros Freljordien en goguette. J’utilise un sort aveuglant, bien plus puissant que celui qui a couvert ma fuite et attrape l’épée courte pendant à mon flanc de ma main libre.
Le soldat est bien plus aguerri que ce que j’ai escompté, il ne m’a pas paru très âgé pourtant, ce qui ne l’empêche pas de passer outre ses yeux malmenés pour lancer un coup circulaire de hache à l’endroit exacte ou je me trouve. Coup de chance ? Je préfère me dire que non en me baissant pour planter le bout de mon épée dans son flanc.
Un ting sonore retenti, avec une rapidité surprenante il bloque ma lame en la faisant atterrir sur son avant-bras, je ne me laisse pas impressionner et avec un grognement de dépit balance une autre fente au petit bonheur tout en préparant l’apparition d’une nouvelle explosion, pas seulement illusoire cette fois.

La fatigue peut-elle tout excuser ? Sans doute pas, mais elle et ma blessure représentent une piètre consolation au fait que je viens de me faire prendre par un piège utilisé parfois par certains amateur de haches. Profitant que je suis penchée en avant il a fait passer son arme derrière et me ramène à présent brutalement contre lui, son autre main prête à cueillir ma gorge dans une étreinte suffocante.

"Je te tiens salope !"

Je gargouille quelquechose d’inintelligible, remuant les doigts pour lancer un sort, n’importe lequel, lorsque dans mon brouillard de début de manque d’oxygène je me persuade d’avoir vu une touffe de poils blancs.
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MessageSujet: Re: Boucle d'or et Ahribear   Mer 23 Aoû - 19:34

La pauvre petite a l’air terrorisée, bien plus qu’agressive. Petit à petit, mes muscles se détendent, et la curiosité prend le pas sur la méfiance. Elle a montré qu’elle était très bonne pour se cacher, mais n’a pas l’air méchante, simplement apeurée comme une biche. Et comme une biche, elle essaye tout de même de fuir, captive et captivée par l’aura que je dégage, avec un petit sourire avenant, en me rapprochant lentement.

« Att… »

Je réagis trop tard, tendant la main vers elle pour essayer de l’empêcher de trébucher sur le cadavre dehors. La chute imprévue semble lui secouer les esprits un bon coup, et lui remettre les idées en place, brisant le charme un peu trop tôt, si j’en juge à son cri et son air terrifié, alors qu’elle commence à se débattre pour se relever maladroitement, comme une proie en panique. Mon regard se fixe sur elle, cherchant à le capter pour recommencer, la calmer, arrêter cette terreur et…
Mon bras se porte sur mes yeux avant même que je ne m’en sois rendu compte. Je ne sens que la brulure de mes rétines, qui m’arrache un gémissement. J’ai la tête qui tourne, et des étoiles luminescentes qui défilent derrière mes paupières hermétiquement fermées, alors qu’elle crie quelque chose auquel je ne prête guère attention. L’aveuglement est douloureux et énervant, hérissant chacun des poils de ma queue, alors que je tente de calmer l’emballement de mon cœur.

Je ne la vois pas, mais je l’entends. J’entends sa respiration sourde, ses pas précipités qui s’éloignent en catastrophe.
Il me faut quelques instants pour parvenir à y voir quelque chose de nouveau, clignant des yeux douloureusement, secouée. J’agite un peu la tête, frotte mes paupières, distinguant des contours flous, qui se précisent au fil des instants autour de moi. Plus de jeune fille aux cheveux d’or en vue. Mais les doutes sont devenus des certitudes, elle pratique la magie. Je ne peux pas la blâmer d’avoir eu peur, elle s’est contentée de m’aveugler, pas de m’attaquer. Mon énervement passe rapidement, remplacé par de l’inquiétude. Elle n’a pas l’air mauvaise, et au contraire, plutôt… sympathique, sans que je ne m’explique vraiment pourquoi. Comme une petite couleur chatoyante à l’intérieur, ce qui m’a tant attiré dans son esprit. Je ne voudrais pas qu’il lui arrive quelque chose…

Alors je retourne pour éteindre le feu. On ne sait jamais, c’est dangereux de le laisser sans surveillance. Et je me mets sur sa piste. Pas très difficile à suivre, la piste. Elle laisse des traces dans le sol, particulièrement du côté de sa jambe blessée, ou chacun de ses pas s’enfonce profondément dans la terre humide. Elle a de l’avance, mais comme ça, elle ne se sentira pas traquée.  En plus, ses traces mènent vers l’endroit d’où venaient les envahisseurs ? Elle ne doit pas avoir un sens de la survie très affuté, cette petite…

Il me faut quelques minutes pour l’entendre. Un éclat de voix, un petit cri, presque étouffé, et je me cache derrière un arbre pour observer la scène. Elle est là, et elle n’est pas seule. Un homme l’enserre par la gorge, cherchant visiblement à l’étouffer, et elle qui se débat tant bien que mal avec les armes qu’elle a à disposition, à savoir… Je m’écarte rapidement pour me protéger le visage derrière l’arbre lorsqu’une explosion de lumière irradie tout autour, suivie d’une odeur de roussi. Et plus rien.

Je m’approche lentement, après avoir vérifié que d’autre décharge de magie ne risquait pas de suivre. L’homme qui s’est fait roussir le poil est tombé inconscient ou mort, je ne saurais pas dire, mais sa prise sur sa gorge ne s’est pas desserrée, entrainant rapidement à sa suite vers le sol la petite aux cheveux d’or. Par manque d’oxygène, épuisement dû à la magie, allez savoir. En tout cas son crâne qui heurte le sol caillouteux violemment lorsque l’autre l’entraine de tout son poids dans sa chute ne l’aidera pas à se réveiller de sitôt.

Voir jamais, si j’en juge aux bruits qui approchent. Leur combat a attiré l’oreille d’autres de ces hommes, et j’entends leur pas. Ils sont encore assez loin, trop loin pour voir ou entendre la scène avec leur ouïe humaine, mais je ne tiens pas à leur laisser ce loisir. Je m’occuperai de leur cas plus tard. Pour le moment, la petite a besoin de repos et de soins, terrorisée ou non. D’un coup de pied, je dégage l’homme à moitié effondré sur elle, et écarte ses cheveux fins et dorés comme les blés pour regarder son visage. Au moins, elle peut reprendre une respiration, bruyante et difficile, mais indispensable, sans sa poigne. Nul doute qu’elle aura de sacrés hématomes sur la gorge demain, en plus d’une toute aussi sacrée bosse à l’arrière du crâne. Délicatement, je la soulève de terre. Exercice assez difficile, bien qu’elle soit plutôt légère, mes muscles ne sont pas ma principale qualité. Mais l’urgence de la situation et des pas approchant me donne un coup de boost, et je parviens à m’éloigner assez pour nous mettre hors de vue, avant de m’arrêter pour souffler quelques instants. Pas si légère que ça, au final.

Ca me prend du temps et des efforts. Mais je parviens finalement à la ramener jusqu’à chez moi, et à virer les cadavres assez peu décoratifs de l’entrée, ainsi que les charognards qui s’étaient déjà ramenés. Allongée sur un futon déposé légèrement en hauteur sur une formation naturelle de racines, pour qu’elle se repose. Une fois le feu relancé dans l’âtre, je retire tout de même ses vêtements, autant poussée par une certaine curiosité, que par la nécessité de soigner ses blessures. Et puis, ça sera plus confortable pour elle pour dormir. Elle a pris un vilain coup, et sa peau a pris des teintes dignes d’une peinture aquarelle sur une ligne sur le milieu de son dos. Pas aussi profond que sa cuisse, mais qui nécessite quand même des soins, auxquels je m’attelle. Un peu de baume de mousse pour cicatriser les plaies et aider à cicatriser. J’en mets un peu sur sa gorge aussi, pour que les hématomes se développent un peu moins. Et un bandage sur la cuisse, à la place du foulard tâché de sang et salis par ses péripéties dans les bois. L’autre plaie devrait aller, elle ne saigne pas trop.  

Voila qui est mieux. Je profite de son sommeil pour faire un aller-retour à la rivière pour remplir ma réserve d’eau, faire un brin de toilette, pendant que mon thé refroidit, et reremplir la théière, pour la garder chaude. Et puis attendre. Préparer un peu à manger, en faisant cuire des légumes et de la viande dans une marmite. Remettre la théière à la place une fois fait. Lorsque finalement, elle finit par s’agiter et entrouvrir les yeux, attirant mon oreille dans sa direction, je reviens plus proche, pour voir son état, me penchant un peu au-dessus de son visage, captivée par son apparence inhabituelle.

« Toi pas peur. Calme. Pas faire mal »

J’ai essayé de parler comme je pouvais dans la langue que parlent les étrangers, du peu que j’ai pu apprendre depuis le début de leur venue. Puisqu’elle est étrangère, ça doit être cette langue là qu’elle parle elle aussi. Probablement.
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MessageSujet: Re: Boucle d'or et Ahribear   Lun 6 Nov - 13:56

Je suis sereine, assise en tailleur, en face de moi je vois un grand arbre, magnifique, immense, il pousse vers le ciel avec délice, c’est un être aérien pour une chose aussi ancrée dans le sol. Ses racines puissantes l’ont même propulsé au-dessus du terrain et toujours il cherche à monter plus haut, s’élever et jouer avec ces oiseaux si mobiles, ces petites créatures changeantes et colorés. Je regarde la vie qui vibre dans son bois, le flot brillant qui exécute son ascension depuis la terre humide, je hume cette odeur d’herbe mouillé, de terreau, accompagnée de celle plus familière d’un thé et de nourriture, une sensation de chaud et de moelleux, de sécurité, d’abris.
Quelque chose brise la sérénité, du danger, rouge, violent. Une lumière bleue affronte les éclats de rouge, elle me fait peur aussi ! Je fuis, je suis rattrapée par du rouge, il est tout autour de moi j’étouffe ! Je contre-attaque, tombe, de l’air ! Une douleur explose sous mon crâne, j’ai mal ! Mal ! Je me débats et gémit dans mon sommeil, jusqu’à ce que ce dernier abandonne et me quitte pour me laisser pantelante dans un endroit inconnu, emmêlée dans des draps tout aussi étrangers.
J’ai mal partout, particulièrement à la tête au cou et dans le dos, je sens aussi ma cuisse m’élancer et ce souvenir faire remonter les autres à la surface, comme le début d’un écheveau permet de dérouler toute la pelote. Mes yeux contemplent un plafond de bois brut naturel un très bref instant, j’en suis à l’énumération de base : Où, Quand, Comment ? Et bien sur HAAAA je suis en viiie ! Lorsque mon champ de vision change du tout au tout et qu’une frimousse aux grands yeux de biche incandescents me contemple d’un air qui serait sans doute plus rassurant si :
1 il ne s’agissait pas de la femme animal qui pas plus tard que … il y a un moment indéterminé avait tué trois noxiens comme si elle faisait ses courses au marché,
2 elle ne me parlait pas en noxien actuellement, en prononçant des mots sensément réconfortant certes mais tout de même.
Comme le veut la coutume lorsque vous demandez à quelqu’un de se calmer, je n’écoute pas et me relève d’un seul coup en poussant, à mon corps défendant, un cri de gerbille effarouchée. Je patouille dans les couvertures en me collant contre le mur végétal de l’espèce d’alcôve qui sers de couche à la tanière – ça y est je sais où je suis – et toute à ma panique exécute un magnifique bouclier de pure énergie dorée, dont l’effet se trouve d’autant plus renforcé lorsque je m’aperçois que mon bâton n’est pas à mes côtés et que de surcroit je suis en sous-vêtements. Retranché derrière ma faible barrière je peux voir les oreilles de la jeune femme s’agiter comme le ferait un chat curieux devant une nouveauté, comme si la sourie qu’il venait de choper se mettait soudain à danser la bourré, chant inclus.
Le temps d’étonnement fait place à d’autres gestes rassurant et des phrases/bruits en mauvais noxien et en ionien ayant toutes le même but, m’assurer de ses bonnes intentions. Moi-même passée la première surprise, je commence à calmer les battements affolés de mon cœur qui se répercutent très désagréablement à l’arrière de mon crâne, et à reprendre un peu mes esprits. Le mal de tête qui pulse, les courbatures et divers bleus qui me recouvrent n’aident pas vraiment à la réflexion mais j’ai quand même l’opportunité de me rendre compte qu’on a bandé ma blessure à la cuisse et que la pellicule grasse qui recouvre certaines zones jaune bleu doit être une sorte de pommade.

*Bien, donc… elle m’a ramené ici, et elle m’a soigné, et … elle m’a sauvé des noxiens avant… et… *

Je pousse un soupir à la fois de soulagement et à la fois d’agacement concernant mes a priori, il est temps que je fasse un peu plus confiance à cette femme même si son aspect est plutôt détonnant et son rapport à la magie dangereux.

*Au point où j’en suis-je ne vais pas faire la fine bouche niveau alliés.*

Je fais un vague geste de la main ce qui fait disparaitre le bouclier. En réalité je n’ai pas besoin de gestes cabalistiques pour quelque chose qui résulte uniquement de la pensée mais c’est rassurant, et là j’ai besoin d’être rassurée.

"D’accord, d’accord… je me calme."

J’ai parlé en noxien, car elle ne doit probablement pas connaitre le démacien, à part quelques marchands aventureux et quelques expatriés, c’est sans doute la langue la moins courante de ce continent. Je Recommence dans mon mauvais ionien également car elle ne m’a pas donné l’impression de bien maîtriser la langue de mes … nos ? Ennemis.

"Je m’appelle Luxanna, et… je te remercie."

Ces deux phrases faisant parties des quelques que j’arrive à prononcer correctement dans sa langue, je ne prends pas la peine de faire la double élocution cette fois. Me présenter comme ça de but en blanc après lui avoir crié dessus est sans doute un peu étonnant, mais cela me semble être la meilleure solution pour obtenir son identité et débuter un dialogue basé sur autre chose que la fuite.

"Plus de danger ?" (double langue)
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MessageSujet: Re: Boucle d'or et Ahribear   Mer 8 Nov - 2:46

Avec tout ça, j'avais presque oublié à quel point elle avait été paniquée en me voyant. Résultat, on pouvait dire que ma tentative de la rassurer au réveil faisait choux albinos. Bien loin de rester sagement allongée, comme n'importe-qui qui avait pris un coup aussi sérieux derrière la caboche devrait faire, elle se redressa en panique après m'avoir fixé un instant de ses yeux ronds, telle une biche se réveillant à côté d'un tigre, et si le plafond avait eu le malheur d'être un peu plus bas, à coup sûr, elle se serait renvoyée d'elle-même au pays des songes avec une nouvelle bosse, sur le front cette fois.

Heureusement, elle était suffisamment petite pour éviter ce genre d’expérience. L’espace d’un instant, je songeai à réutiliser la même magie qu’auparavant pour la garder docile, et visiblement, elle avait eu le même genre de réflexe. Je pouvais sentir les flots d’énergie se mettre en œuvre dans la pièce, me chatouillant et hérissant tous mes poils de queues. Instinctivement, me souvenant encore sans grand plaisir du rayon aveuglant que mes yeux avaient encaissé plus tôt dans la journée, je plaçai un bras devant mes yeux en reculant d’un pas, au cas où ce nouveau déversement me soit destiné.
Visiblement pas. Je me risquai à ouvrir l'œil après un instant, pour la voir entourée d’une sphère brillante dorée, qui scintillait dans la pénombre nocturne du creux de ce grand arbre, reflétant les flammes de l’âtre, projetant cette lumière autour. Un spectacle magnifique, qui m'arracha un sourire charmé. Cette petite n’était pas agressive, après tout, elle voulait juste se préserver, et il était normal qu’elle ait peur, dans une pareille situation ! Une fois de plus, il y avait un petit quelque chose en elle, de chatoyant, d’adorable, qui me donnait envie de la consoler, de la rassurer, de prendre soin d’elle.

« Allez, allez, tu ne dois pas avoir peur. Tout va bien »

Elle avait dit quelques mots en Ionien, aussi, je supposai qu’elle savait à peu près parler ma langue, puisque moi je ne maîtrisai que les rudiments de celle des envahisseurs. Je repris donc, dans la langue chantante de mes terres :

« Tu n’as rien à craindre ici. Je ne te veux aucun mal. S’il te plait reste tranquille, tu vas te faire mal »

Elle ne s’était pas loupée en se cognant la tête, il fallait dire, et si la blessure avait arrêté de saigner, elle pourrait trop facilement se rouvrir si elle s’agitait ainsi. Sans compter sa cuisse profondément entaillée.
Voyant qu’elle n’avait pas l’air de vraiment réagir, je retentai, de nouveau dans ce mauvais Noxien.

«  Pas de danger ici. Je veux pas du mal pour toi »

Au moins, mes mots avaient l’air de la calmer un peu. A moins que ce ne soit juste ses idées qui se remettent en place. Le temps qu’elle finisse de comprendre où elle était, j’en profitai pour remplir un bol de bois, avec le bouillon de la cuisson de la viande et des légumes, pour commencer. J’avais peur qu’elle ne soit pas en état de manger quelque chose de plus solide.
Je souris en l’entendant se présenter, et revint vers elle, pour lui tendre le bol rempli de liquide fumant. Luxanna. Ca ne sonnait pas du tout d’ici, comme prénom. Visiblement, la discussion allait se faire dans un joyeux mélange des deux langues, puisque chacune ne parlait pas bien celle de l’autre.

« Je m’appelle Ahri. Je suis désolée de t’avoir effrayée tout à l’heure. »

En même temps, ils avaient essayé de me tirer dessus à coup d’arbalète, évidemment que je n’allais pas les accueillir gentiment sur le pas de ma tenture, mais elle m’avait vu absorber les souvenirs de l’un d’entre eux, et je pouvais comprendre qu’il y avait de quoi être effrayée. Si j’en avais l’occasion, il faudrait vraiment que retire ce souvenir de sa mémoire…

« Ici, tu ne crains rien. Pas danger ici »

De nouveau un mélange, Ionien d’abord, langue des envahisseurs ensuite, en pointant du doigt les lieux pour mieux me faire comprendre. Ici, nous étions tranquilles. En revanche, dehors, c’était moins sûr. De nuit, il fallait compter sur la présence d’animaux sauvages, et de ce qu’il restait de ces hommes qui pouvait rôder, puisque lorsque je l’avais ramassée, d’autres étaient en train d’investir les lieux. Et si les premiers n’approchaient pas ma tanière, les seconds, eux, pouvaient avoir moins de flair pour le danger.

J’étais captivée par ses cheveux, en lui parlant. Ils avaient l’art de capter la maigre lueur des flammes, et à faire danser leur reflet. Je n’en avais jamais vu d’une telle couleur ici, si clairs qu’ils luisaient même dans la nuit, aussi fins que le duvet d’un jeune oiseau. Pas plus que je n'avais pu voir la clarté d’océan de ses grands yeux. J’avais envie de passer mes doigts entre les mèches, pour sentir s’ils étaient aussi doux qu’ils en avaient l’air. Timidement, je me laissai aller à cette envie, tendant la main doucement, pour aller toucher du bout des doigts ce ruisseau d’or, si elle le voulait bien. Abandonnant en la voyant reculer la tête. Je tenterai plus tard, lorsqu'elle serait plus rassurée.

Néanmoins, il ne fallait pas que j’en oublie mes devoirs d’hôte, en quelque sorte. Elle avait l’air de plutôt bien se remettre de son choc à la tête, jusque-là. Je me souvenais d’un vieux remède, appris il y a fort longtemps, contre la migraine, à base de feuilles de menthes et de sauge. En fouinant un peu dans mes réserves, je devais pouvoir trouver ça, et en rajouter dans le thé. C’était mieux avec de la menthe fraiche, mais je n’avais pas ça.

Après une courte infusion, je lui tendis le liquide légèrement ambré, dans une tasse finement ornée, en céramique blanche. Je n’avais pas énormément de choses, mais celle-là, je la gardais depuis… Longtemps. Très longtemps. Des souvenirs flous me repassèrent en mémoire, m’arrachant un petit serrement au cœur. Ce n’était pas le moment de penser a ça. Il y avait cette petite, jeune humaine qui avait besoin qu’on s’occupe d’elle, avant.

Du bouillon et de la tisane, au moins, elle serait hydratée. Peut-être même qu’elle serait en état de manger, si son corps lui demandait ?

« Est-ce que tu as faim ? »

Je tentai l’Ionien. La phrase était simple, et si elle ne la comprenait pas, ce serait l’occasion de l’apprendre, alors que je désignai la marmite d’où le bouillon était extrait, qui contenait encore toute la viande et les légumes d’où il était tiré.
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MessageSujet: Re: Boucle d'or et Ahribear   Jeu 9 Nov - 11:50

Les mots écorchent les oreilles, son noxien est aussi élégant que mon ionien, si l’on peut parler d’élégance pour cette langue… encore que j’ai conscience de ma parfaite subjectivité dans ce domaine… Mais je comprends l’essentiel, je suis en sécurité, et à moins qu’elle ne cache vraiment bien son jeu, elle ne me veut visiblement que du bien et que je boive un terriblement maléfique bouillon de soupe qui sent divinement bon.
Je m’avance avec plus de difficulté que je n’aurai cru vers le bord de la couche et prend le bol avec reconnaissance, luttant cependant contre une légère nausée causée par mes mouvements. Je n’ai rien ressentit tout à l’heure lors de mon moment de panique mais mon corps en danger a du faire taire ces menus désagréments pour en éviter à priori de plus importants.
Je hume légèrement le bol plus par réflexe que méfiance et souffle doucement dessus pour refroidir un peu le liquide bouillant lorsque je découvre enfin le nom de ma comparse. Le reste de la phrase m’échappe un peu mais il y a des excuses dedans et une mention temporelle, j’en déduis qu’elle doit parler de notre première rencontre, plutôt mouvementé et de son résultat final à base de fuite etc…

"Tu pas t’inquiètes je compris le danger pas ici et pas toi pour moi, merci pour ton aide."

Autant que faire se peut je préfère parler en ionien même si cela me demande plus d’efforts, à l’exception de quelques expressions idiomatiques apprises par cœur, je ne tiens pas à ce qu’elle m’associe aux noxiens même si je parle leur langue à la perfection.
Un moment de calme silencieux fait suite à notre conversation hachurée, et bien que les questions fourmillent dans mon crâne telles des papillons de nuit autour d’une lanterne, j’aime autant bénéficier un peu du répit qui m’est accordé pour tenter d’y voir plus clair dans ce capharnaüm, la migraine qui ne me quitte pas depuis mon réveil n’aidant pas. Ma conclusion pour le moment est sans appel cependant, j’étais blessée, fatiguée, affamée et j’aurai probablement été aussi frigorifiée voir prisonnière si elle ne m’avait pas accueillie et soignée, donc au final je m’en tire assez bien. Les premières gorgées du bouillon son divines et j’ingurgite assez rapidement le contenu du bol pour le plus grand plaisir de mon estomac.
Je suis en train de reprendre un peu le fil des choses et commence à me demander comment lui parler de l’absence de mon bâton lorsqu’une main fine entre dans mon champ de vision lentement, se dirigeant vers mes cheveux. Un peu étonnée je regarde la main en reculant par réflexe, ce qui produit un nouvel élancement à l’arrière de mon crâne et m’arrache une grimace. Ahri, puisque c’est son nom, abandonne sa tentative pour filer du côté du réchaud et préparer une mystérieuse concoction avec ce qui doit être un de ces traditionnels thés ioniens.
Je la laisse faire en silence et tâte doucement l’étendue des dégâts, pour commencer du côté de l’arrière de ma tête puis mon dos, ma gorge dont la moindre palpation m’arrache presque un gémissement et ma cuisse bandé proprement… je suis dans un état lamentable, mais il n’y a là rien d’insurmontable, un peu de temps, quelques pommades et je serai comme neuve pour me faire lapider de déception à mon retour à Démacia.
L’irruption d’une tasse de thé délicate et incongrue dans cet environnement chasse mes idées noires et m’arrache un sourire de reconnaissance. Un léger arôme de menthe s’élève du récipient que je tiens précieusement entre mes mains, profitant également de la chaleur douce qui se répand dans mes phalanges.

"Merci encore… hm Je Ahri, question à dire…"

Je suis coupé dans mon élan de communication par l’irruption d’une phrase dont le sens ne m’échappe absolument pas, la réponse vient non pas sous forme verbale mais par un énorme gargouillement de mon ventre qui semble avoir manifesté sa présence immédiatement des fois que je ne réponde pas assez vite ou que pire je refuse.

"Heu …" Je rougis terriblement "Oui, oui très beaucoup s’il te plait merci."

Je réfléchis et ne me rappelle pas à quand remonte mon dernier repas, sans doute le matin, j’avais volé des gâteaux, du pain du fromage et un reste de ragout froid dans la tente gardant le moins périssable dans ma besace en prévision justement du reste de la journée, ce semble être il y a des années presque. Ceci me remet encore en tête, d’une part le fait que je me retrouve assez peu habillée, mais aussi que mes affaires, ma besace et surtout mon précieux sceptre ne sont plus avec moi. Autant je peux faire une croix sur les deux premiers autant le dernier ne doit certainement pas finir entre de mauvaises mains.

"Ahri… je désolée mais où vêtements et sac et bâton ?" Cette fois la nécessité qu’elle comprenne bien ce dont je parle me pousse à mimer en faisant tout de même attention à ne pas renverser ma tasse, mais aussi à répéter en noxien. "Peux-tu me dire où sont mes affaires ? Mes habits, vêtements, le sac et surtout le bâton ! Je suis désolée, je ne veux pas abuser de ta gentillesse mais c'est très important."

Dans tout ça j’en oublie de mentionner mon épée, mais même si sa disparition ainsi que celle de mon baudrier peuvent me chagriner un peu ce n’est rien à côté du problème du bâton, je n’imagine pas la difficulté que les Illuminateurs ont pu affronter pour se fournir un cristal magique… Et la tête qu’ils feront si j’annonce que je l’ai perdue en partant en plus à l’aventure en solitaire à Ionia après avoir vaguement envoyée un message lapidaire à Démacia pour expliquer rapidement l’évolution inattendue de mon enquête.
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MessageSujet: Re: Boucle d'or et Ahribear   Ven 10 Nov - 16:00

Il semblait qu’elle avait effectivement faim, malgré le choc à la tête. Je souris, en reprenant son bol, pour lui servir une portion. Petite pour commencer, même si elle avait l’air parfaitement affamée. Mieux valait y aller par petite dose, plutôt que son corps ne rejette une trop grande quantité d’un coup.
Mes oreilles se tendirent en arrière, pour écouter ce qu’elle me dit, malgré que je lui tourne le dos pour remplir le bol. Ses tentatives en deux langues pour se faire comprendre… Elle avait perdu ses affaires, de ce que j’en comprenais.
Je me retournai en désignant, dans un coin de la pièce, un siège en formation naturelles de racines, ou ses affaires étaient déposées. Sa besace, et par-dessus, les vêtements qu’elle portait, pliés.

« Ici tes habits et sac. Mange doucement, d’accord ? »

Je lui mis le bol entre les mains, avec une cuillère en bois. Au moins, elle ne réagissait plus comme si j’allais la dévorer à chaque fois que j’approchais. Et m’assis à ses côté, pour essayer de me souvenir plus précisément de la scène un peu urgente. C’est vrai qu’elle avait un bâton dans les mains quand elle est partie, et l’avait encore, ainsi qu’une épée, lorsque l’envahisseur lui est tombé sur le poil. Je n’y avait pas fait plus attention que ça, trop occupée à essayer de la porter à l’abris, mais les deux devaient probablement être restés dehors, là où elle était tombée.

« Les deux sont restés là bas. Je n’ai pas eu le temps de m’en occuper, il y avait encore d’autres envahisseurs qui arrivaient, quand tu es tombée ».

Je réfléchis quelques instants, pour essayer de formuler ça également en Ur-Nox, pour mieux se faire comprendre.

« Armes toujours là-bas, là ou méchants hommes. Beaucoup autres venaient encore »

Les subtilités échappaient, mais c’était toujours ça. J’étais intriguée de voir l’importance qu’elle semblait attacher à ce bâton. Son agitation ne faisait que croitre, au point que j’en sois  obligée d’utiliser à nouveau un léger charme, en venant fixer mon regard dans le sien, pour la maintenir calme et qu’elle ne se fasse pas mal. Pressant de mon esprit pour venir entourer le sien, comme d’une caresse, m’emplissant de nouveau de sa douce lumière en mille couleurs de l’arc en ciel, qui visiblement, tirait plutôt vers le rouge, en cet instant. Et parlai, d’une voix qui portait toute ma volonté.

« Reste tranquille »

Je n’aimais pas devoir faire ça, mais c’était préférable plutôt que la panique ne gagne la petite gazelle chatoyante, et ne l’amène à retourner se jeter dans la gueule du prédateur qui rodait dehors. Ce n’était pas si loin, mais elle avait besoin de repos, et de calme. De mon côté, j’hésitai. Je commençais à être fatiguée, à force de rester éveillée à veiller. Néanmoins, avoir absorbé l’énergie de l’homme plus tôt m’avait gonflé d’une énergie qui ne demandait qu’à être dépensée. Aussi, si ça pouvait la tranquiliser…

« Je vais voir s’il y est toujours. Tu restes ici. D’accord ? »

Une fois de plus, je devais jouer sur les deux langues, pour être certaine d’être comprise. Mais une certaine forme de compréhension commençait à s’installer, surtout tant que ma magie pulsait et venait directement caresser, d’esprit à esprit, une volonté insufflée qui n’avait pas besoin de mots pour se faire comprendre.
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MessageSujet: Re: Boucle d'or et Ahribear   Lun 4 Déc - 10:54

J’ai beau être affamé, je suis bien trop inquiète du sort de mon bâton pour réellement profiter de cet instant de calme ou une femme renard charmante aux queues de soie froufroutantes me sert la partie solide d’une sorte de pot au feu saint et revigorant. Je prends cependant le bol, plus par réflexe que réelle volonté, après avoir déposée la tasse encore fumante sur le coin d’une petite famille de racines qui forment une sorte d’étagère minuscule bien commode, de toute manière la décoction est encore bien trop chaude pour être bue.
Avec une délicatesse toute maternelle elle m’indique l’endroit où elle a déposé mes vêtements et mon sac. Je pousse un léger soupir de soulagement, car il y a là-dedans toutes mes notes codées sur les découvertes que j’ai pu faire ainsi que mon argent, une bourse pas tellement remplie après mes pérégrination mais aussi, cousus dans la doublure de mes bottes, quatre engrenages d’or piltoviens disponibles en cas de coup dur ou de perte du reste. Tout cela me donne suffisamment d’énergie pour prendre une bouchée de légumes qui fondent dans ma bouche et m’arrachent un frisson lorsqu’après un mâchage laborieux je finis par avaler la bouchée chaude. La présence d’Ahri assise à côté de moi me semble plus naturelle à présent, sans compter qu’elle possède cette sorte d’aura apaisante, un peu comme un chat endormi qui ronronne. Je m’abstiens de lui faire la remarque, je doute qu’elle apprécie ou en tout cas j’en sais bien trop peu sur elle pour commencer à partir dans des métaphores animalières en ionien bâtard.
Je suis en train de prendre ma troisième bouchée laborieuse tout en déchiffrant le mieux possible son ionien, ce qui commence à être difficile, la fatigue me rattrape visiblement maintenant que je me sais en relative sécurité. Il faut un moment pour que l’information parvienne à mon cerveau et que j’en déduise toutes les implications et là… C’est comme si une main de métal corrodé se mettait à serrer mon cœur de toute ses forces.

Je recrache à moitié ma bouchée, sentant la panique m’envahir. "QUoiii ! ?! Non ! ho nononononononon, c’est pas bon ça, pas bon du tout, par la justice si jamais ils commencent à… "

Je babille ma panique en démacien, oubliant un bref moment le fait que ma sauveuse ne comprend certainement pas un traitre mot de mon baragouin, cela dit mon air décomposé doit être suffisamment éloquent pour qu’elle traduise le sens général de mes mots. Je débute une tentative pour me mettre debout et attraper mes affaires, je dois absolument récupérer mes biens ! Mon regard se tourne vers la jeune femme pour lui expliquer ce que… ce qu… ce… Un frisson général part de la pointe de mes pieds et remonte jusqu’aux racines de mes cheveux, je retrouve cette sensation de coton bienveillante, la même qui… tout à l’heure…quand… Je me rassois avec un froncement de sourcils, tentant de mettre le doigt sur quelque chose qui cloche, je ne devrai pas être aussi apaisée, c’est …dangereux ?

*Pourquoi garder son calme ?... Allons ce n’est pas si grave… Quoi ? Si ! Mais si ! C’est… Rester calme… non ! Je dois le reprendre ils vont savoir qu’il est démacien… Mais ça peut attendre un peu non ?… Non !... C’est dangereux dehors… Mon bâton !... Nous sommes en sécurité ici… Je ne veux pas !... « Je vais voir s’il y est toujours. Tu restes ici. D’accord ? »*

J’entends les mots se propager directement depuis sa bouche jusque dans mon cerveau, comme si le son était presque superflu, on ne peut pas vraiment parler de transmission de pensée, mais plutôt d’une sorte de partage inné de sensation qui fournit un éclairage direct sur la signification des paroles.  En temps normal le phénomène m’aurai certainement fasciné, et sans doute affolé également, le pouvoir d’influencer ainsi l’esprit d’une personne… mais je suis bien trop fatiguée pour lutter ou même me rendre pleinement de ce qui est en train de se dérouler entre nous, toute mon attention est focalisée sur une seule et unique chose : récupérer mon bien !
Je ne suis pas matérialiste, ainsi que me l’a craché au visage un jour une autre personne, quand on vient d’une famille capable de ‘péter de l’or’ c’est sûr que c’est plus facile d’être détaché de ses petites affaires. Mais là, il est question d’un artéfact magique… le laisser entre les mains de personnes qui font déjà des tests révoltants dans le but de rendre toujours plus mortelle et efficace la guerre serai la pire des bêtises.
Toujours la tête dans un rêve de douceurs roses et flottantes comme une baignoire pleine de poros câlins entourés de barbe à papa, j’arrive cependant à me concentrer assez pour saisir le poignet d’Ahri avec la force du désespoir, incapable de me rendre compte que j'en ai la magie qui fuite au creux des yeux lorsque le regard vissé au sien leur bleu clair se teinte de nuances électriques et brillantes.

"Je venir avec toi je pouvoir le retrouver dans nuit, tu peux peut être pas voir !
Je peux sentir sa pulsation même au plus profond de la nuit, s’il est toujours là-bas, il ne doit pas tomber entre de mauvaises mains."


Comme si une autre Luxanna avait pris possession de moi j’ai prononcé les dernières phrases dans le démacien le plus pur après avoir encore une fois écorchée la langue de Karma. A vrai dire, tandis que les forces m’abandonnent et que je lâche le poignet de l’hybride comme si je venais de fournir le plus gros effort de toute ma vie, je me surprends même à me demander si j’ai bel et bien prononcé ces mots ou si j’ai juste projeté toute ma volonté sur elle à travers le rêve de coton.
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MessageSujet: Re: Boucle d'or et Ahribear   Jeu 15 Mar - 22:12

Le chatoiement de couleurs me saisit, hypnotisant. Le contact avec l’esprit de la jeune femme, cette fois, ne s’est pas contenté d’agir à sens unique, et ce que je peux contempler… me captive. D’un coup, la réalité n’est plus qu’une notion lointaine, vague, hors du temps. Je ne sais plus vraiment ou je suis, qui je suis, mais simplement que partout autour de moi, des plaines inondées de soleil reflètent les lueurs dansantes et chatoyantes du ciel, véritable rêve éveillé aux milliers de particules, toutes de coloris et de nuances changeant à chaque instant. Des souvenirs me viennent, apparaissant comme des fleurs qui ne demandent qu’à être cueillies. Douces fleurs aux pétales colorés, si tentants, que je ne peux résister à en aspirer l’arôme.

Du bois, de la pierre, du métal. Des pièces de métal complexes. Je n’en ai jamais vu ainsi moi-même, mais pourtant, je connais leur utilité à travers ses yeux. Un grand objet sur le mur bat régulièrement un tic… tac… léger.
Je sais que ça sert à savoir exactement quelle heure il est dans la journée.

Beaucoup d’objets comme celui-ci existent. Ce n’est pas la découverte de son utilité qui l’étonne, mais la complexité, et la particularité de celui-ci en particulier. A son centre, un cœur bleuté, brillant, pulse comme un cœur. Lorsque les aiguilles s’alignent, de petites portes s’ouvrent, faisant jaillir tout un édifice de bois, de plusieurs étages, finement sculpté. Les parties s’animent, se mettant à danser, mais une fois de plus, si la beauté de l’objet l’émerveille, il la teinte aussi d’inquiétude. C’est le mouvement trop souple, qui n’a pas l’air assez… mécanique. Associé à la pulsation de lumière bleue. Un léger goût piquant sur sa langue, comme le pétillement de bulles. Ses sens devinent la présence de magie, et l’inquiétude l’envahit. La magie ne devrait pas pouvoir résider dans un objet livré à n’importe qui, à la portée du premier venu.



Ses sens sont si particuliers. La scène est revue avec tant de précision, sans flou… C’est comme si chaque particule dans l’air était vu avec précision, dans des milliers de nuances de couleurs différentes. L’avidité me tente. Je dois être raisonnable… Mais ces fleurs viennent par milliers, et me tendent les bras.


Celle-là aussi, a la couleur sombre de l’inquiétude. Une inquiétude envahissante, en teinte principale, le cœur battant, alors que ses pas la guident discrètement. Lorsqu’elle baisse les yeux, elle se voit à peine elle-même. Pas plus que les hommes qui circulent non loin. Mais par prudence, elle avance tout de même lentement, et de cachette en cachette, concentrée sur la magie qu’elle maintient.
Ses yeux aperçoivent fugacement une lueur bleutée. La même que dans le souvenir précédent. L’inquiétude se fait plus forte. Différente. Non plus en trame de fond, mais en pic, accompagnée de colère. Ces personnes-là ne devraient pas posséder ça. S’ils l’utilisent, c’est un danger. Plus un « peut-être quelqu’un pourrait mal l’utiliser », mais un « des gens l’utilisent mal ». La colère fait sa place à la peur. Il faut rentrer.



Le souvenir se fait plus flou. Sa conscience lutte, et me ramène un instant à la notion de réalité. Je dois faire quelque chose… Je ne sais plus quoi. Encore un. Je ne peux m’en empêcher. Ils sont si intenses…


Un homme de paille lui fait face. Les muscles de son bras droit sont légèrement douloureux. L’épée qu’elle porte est un peu trop lourde. Mais elle continue malgré tout. Malgré l’absence d’expression du mannequin, elle ne peut s’empêcher de lui prêter des sentiments, une vie propre, alors qu’elle s’acharne sur lui. Dans un souffle, elle arrête. Suffisant. Elle s’apprête à faire demi-tour, mais un sourire moqueur la dévisage. Puis un deuxième. Son sang chauffe.

Des mots, dans cette langue.
Je les comprends, même si je ne les ai jamais entendus. Je les retiendrai. Je saurais maintenant les redire. Dire que « Ce n’est pas gagné », et qu’elle devrait « S’entrainer plus, plutôt que jouer avec ses papillons ». Les papillons n’évoquent pas de vrais animaux, je le sais, à travers ses pensées.

Son sang bouillonne fort, maintenant. Les particules autour se chargent de rouge vif. Elle se retourne vers le mannequin, et cette fois, elle lui imagine un sourire moqueur lui aussi. Elle attrape son bâton, et frappe de toutes ses forces, envoyant voler sa tête dans les airs. Elle aura mal demain, mais elle s’en fiche. Pour parfaire le tout, elle détruit ce sourire imaginé, avec une petite explosion, venant du plus profond d’elle-même. La paille vole, et elle est satisfaite. Rapidement, elle se sent un peu coupable aussi. Elle n’aurait pas dû faire ça. La magie ne sert pas a ça.
Mais c’est tout de même satisfaisant..



Mes papilles papillonnent. Les souvenirs colorés me comblent au plus profond de moi-même. Ce besoin que je n’assouvis plus assez souvent. Je sais me contrôler. Je n’en prendrai pas trop. Juste encore un peu… C’est si doux…


Doux, oui, était le satin de l’oreiller sous sa joue. Douceur, chaleur, sécurité… La sensation lointaine d’un rayon de soleil réchauffant doucement sa nuque, empli d’aise.
Une pression soudaine, abrupte, sur le ventre. D’un coup, des contours se dessinent, des couleurs apparaissent à la scène jusque-là aveugle. Du bois, du verre, des tapisseries, de la lumière. Une chambre, bien différente de celle que je connais ici. Des poils sous ses doigts, et un chatouillement sur sa joue. Des moustaches de chat, et elle pouffe légèrement.
« Princesse… Tu es une chipie »

Cette fois, les mots viennent de sa bouche. Je les connaitrai.[/b]



Presque immédiatement, sans même que j’ai fait le moindre effort, un autre souvenir me vient, comme l’arrière-goût suit l’arôme principal d’un plat épicé.


Elle a faim, mais de nouveau, c’est le spectre de l’inquiétude, qui anime sa vision. La douleur la traverse, mais elle la remarque à peine. Elle est assise, quelque chose de chaud entre les mains, qu’elle dépose non loin, après avoir cherché du regard un endroit adéquat.

Je connais cet endroit !

Elle attrape des mains d’une créature étrange à ses yeux un bol, avec une certaine prudence. Ses yeux découvrent de nouveau détails, sur l’endroit, sur la personne. Le plus étrange est sans doute ces nombreuses queues blanches, qui se balancent de droite à gauche, lentement. L’endroit lui-même, fait de racines, entièrement formé par la nature, et avec quelques ustensiles humains est étrange. Mais elle ne le découvre pas tout juste. Elle commence à s’y habituer.

La femme-renard lui montre quelque chose. Elle remarque, sur un angle qu’elle ne voyait pas jusque-là, ses affaires qui ont été déposées, et se sent légèrement rassurée un instant. Puis remarque l’absence de son bâton. L’angoisse la saisit, elle la réprime pour le moment. Elle mange un peu, découvrant des saveurs qui lui sont assez inhabituelles. Elle commence à se faire à la présence de cette étrangère, et l’image d’un chat assoupi la traverse en la regardant. L’impression générale dégagée lui évoque un ronronnement. Elle préfère garder la pensée pour elle.

Je connais ce souvenir



« Je peux sentir sa pulsation même au plus profond de la nuit, s’il est toujours là-bas, il ne doit pas tomber entre de mauvaises mains. »


Ces souvenirs emplis de lueurs infinies, j’aurais pu me baigner pour toutes mes années à venir… Ou plutôt, toutes ses années passées. Mais cette dernière vision m’a ramenée à la conscience de la réalité, autour de moi. Et cette voix m’y ancre, après quelques … secondes ? Heures ? Peut-être même décennies ? Impossible de le réaliser, tant la notion de temps était hors d’atteinte, plongée dans ce rêve coloré de son esprit.

Cette voix… Ces mots, oui, je les comprends, mais pourtant, les avait peu entendus. Ce n’était plus son écorchement d’Ionien, ni la langue gutturale des envahisseurs. Pas même cette langue dont je n’avais perçu que quelques mots dans ces bribes de souvenirs, qui avait l’air d’être natale pour la jeune fille aux cheveux d’or. Non, il s’agit d’une langue différente, gorgée de magie, mais qui se répands comme un message on ne peut plus clair.
Avec le temps, toutes les connaissances que j’ai accumulé, l’expérience des milliers de vies qui se sont imprégnées en moi, je sais de quoi il s’t, alors même qu’il était possible que la petite humaine l’ignore elle-même. La plus vieille langue du monde, celle à l’origine de toute chose, la langue runique, dont chaque mot est porteur d’un sens profond, et immuable.

Mais aussi clairs soient ces mots, cela ne signifie pas qu’ils étaient adaptés à la situation. Sortie de cette rêverie, je peux regarder le visage de poupée de Luxanna, avec une tendresse dont je ne saurais déterminer avec exactitude l’origine. Elle est épuisée, et ne serait pas à même de me suivre. Et puis, je l’avais vu. A travers ses yeux, j’avais ressenti. Désormais, une partie d’elle, de sa mémoire, de son essence même, faisait partie de moi. Pas au point que je puisse prétendre le ressentir aussi bien qu’elle mais… En me concentrant sur cette partie de mon être, qui venait d’elle, la magie qui faisait battre mon cœur devrait me guider.

Et moi, je suis en pleine forme. Surtout après ce… repas revigorant. Je me sens aussi fraiche qu’un gardon, comme après un repos réparateur.

Alors, je continue. Doucement, mon esprit presse sur le sien, pour le plier à ma volonté. Le plier, le déformer, comme un roseau sous le vent. Comme un potier modèle l’argile. Quelques souvenirs éparses me viennent de nouveau, mais je ne m’y attarde pas. Je ne dois pas me replonger dans ce rêve coloré.
Ce que je veux obtenir, c’est son sommeil. Que sa conscience la quitte, qu’elle se perde dans l’ébahissement, pour les heures à venir. Que son corps tombe dans un sommeil lourd, et en profite pour la soigner, sans qu’elle ne bouge, ni ne s’agite. Mes mains tiennent ses joues, pour la maintenir. Lentement, elles l’accompagnent pour se rallonger, et la couvrir. Si la faim ou la soif la réveillent, elle aura tout ce qu’il lui faut, juste à côté.

« Dors bien »

Je lui ai murmuré ça avec de nouveau cette tendresse qu’elle m’inspire. Une petite flamme semble chatoyer dans mon cœur, en la regardant, comme si intrinsèquement, au fond de moi, je ne pouvais que l’apprécier. Et me redresse pour filer dans la nuit, à la chasse au bâton.

J’espérais n’en avoir que pour deux, ou trois heures, pas plus. Pourtant, presque une journée s’est écoulée lorsque je parviens à revenir à ma tanière. Ils étaient plus nombreux que prévu, et surveillaient ça avec plus d’attention aussi. J’aurais pu revenir plus rapidement, mais j’aurais alors attiré d’autres envahisseurs sur moi. Ils auraient pris d’assaut le grand arbre, et l’auraient tailladé ou brulé. Alors j’ai dû m’assurer qu’aucun ne me suivait, ne me poursuivait. Et que ceux trop acharnés pour perdre ma trace, perdent leur vie à la place.
J’ai mal. Je retiens les gémissements, mais mes côtes me font horriblement mal. Mes queues sont plus rouges/brunes que blanches, et mes vêtements sont parcourus de déchirures. Avec tout ça, j’en aurais presque oublié la présence de l’humaine dans mes draps. J’ai son bâton, mais je ne le remarque presque plus. Depuis des heures, la seule pensée qui m’occupe est de me mettre à l’abri pour penser mes blessures.

Et me nourrir pour me soigner

Je n’ose pas regarder mes blessures pour le moment. Les sentir me suffit. Une large, sur les côtes. Une profonde, sur l’omoplate. Une plus légère, mais douloureuse, sur le cou, qui remonte sur la mâchoire. D’autres égratinures, que je néglige. Je passe derrière la peau qui couvre mon abri, et me laisse tomber contre le sol en même temps que le bâton, contre les racines de l’arbre, qui me réconforte. Ici, je me sens en sécurité. L’arbre ancien veille sur moi. La lumière du soleil couchant se glisse entre les racines un dernier instant avant de disparaitre avec l’astre, comme une invitation à fermer les paupières, et s’endormir.
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MessageSujet: Re: Boucle d'or et Ahribear   Jeu 4 Oct - 13:32

Le sommeil, si doux, si chaud… si entraînant, des mains délicates sur mes joues, l’impression d’être bordée comme par ma nourrice, il y a longtemps maintenant…

*Encore cinq minutes Noun’ ! Non ?...S’il te plaît je...je dors, bien.*

Pas de rêves pour moi, ou en tout cas pas que je visualise vraiment, juste cette impression de coton, ce réconfort moelleux. Quelquechose en moi s’agite pourtant, comme si ce sommeil au combien réparateur n’était pas normal, et j’ai peur. Il me manque quelquechose, peut être même plusieurs choses, je ne saurai le dire, c’est comme un petit vide et une grosse angoisse. Je suis inquiète, vraiment, mais si épuisée aussi, trop pour lutter contre ce doux engourdissement. « Je peux sentir sa pulsation même au plus profond de la nuit, s’il est toujours là-bas, il ne doit pas tomber entre de mauvaises mains. » Ces mots restent dans mon esprit, ils voyagent dans mon crâne alors que je suis là complètement abandonnée au sommeil réparateur, ils sont comme magiques, colorés, mais leur avertissement continue de résonner en moi pendant un long moment.

*Il est de retour ! Et le chat est rentré à la maison.*

Cette impression navigue sur ma conscience, elle tourne doucement et retire l’angoisse qui était restée présente depuis tout ce temps. Je peux sentir sa magie, c’est rassurant, il est de nouveau près de moi. Je pousse un soupir, et vais pour me rendormir, me retournant dans mon sommeil pour trouver une position plus confortable et accueillir contre moi mon petit fauve miniature. La voix encore enrouée je marmonne, tout en cherchant la douce fourrure du bout des doigts :

"C’est bien ronron, tu as ramené une souri ?"  "Ha !"

Un pic de douleur ! En me retournant j’ai réveillé une blessure ! Ma cuisse m’élance, mon dos me fait mal aussi, j’ai ces courbatures partout ! J’ouvre les yeux vivement et contrairement à ce à quoi je m’attendais, je ne suis pas accueilli par un flot de lumière aveuglante qui vrille les pupilles mais par une semi obscurité plutôt apaisante.
Sauf que je ne suis pas chez moi, ma situation me reviens aussi vite qu’un boomerang bien lancé, et la présence supplémentaire n’est certainement pas mon chat, sans doute en train de dormir au coin du feu dans une des pièces de la caserne des chevaliers rayonnants.
Je cligne des paupières une fois, puis deux, attendant que le pic de douleur passe. Tout en regardant le plafond formé d’un entrelacs de racines, je fais un bref état des lieux mental. On m’annonce que je vais beaucoup mieux bien que j’ai des douleurs un peu partout, cependant mon estomac me rappelle qu’il n’est pas très rempli et ma vessie se manifeste à grands cris… bien, une chose après l’autre.
Je me redresse avec lenteur, prenant garde à épargner ma cuisse cette fois. Je cherche Ahri des yeux, elle a du rentrer depuis… depuis ? Je ne sais pas combien de temps s’est écoulé, probablement un certain nombre d’heures si j’en crois le changement de luminosité. Je baille à m’en décrocher la mâchoire et mon regard accroche enfin une forme au sol.

"Ahri !"

La pénombre ne me permet pas de la voir en détails, mais c’est inutile, elle est en mauvais état. Une vague de culpabilité m’envahit tout entière quand je vois mon bâton juste à côté d’elle…C’est de ma faute, elle a été le chercher et visiblement elle est tombé sur d’autres noxiens ! Je me mordille la lèvre inférieure et clopine à côté d’elle. Rapidement, je tâtonne et prends son pouls, il est faible mais elle est bien vivante, je pousse un soupir de soulagement.

"Une chose après l’autre, une chose après l’autre… Caressant maladroitement ses cheveux je lui chuchote avant de me relever. Je revenir, tu bouge pas !"

Je m’empare du bâton et commence à gravir la pente de l’entrée, ma vessie menaçant de tout lâcher dans la tanière ce qui ferai désordre dans notre situation, et puis, jeter un œil à l’extérieur pour m’assurer de notre sécurité me semble aussi être une option importante.
Je respire calmement, ferme les yeux un instant et sent la magie monter doucement en moi, un instant après, je suis dans un paradis lumineux de couleurs chatoyantes qui vibrent et me ravissent comme à chaque fois que j’utilise ce don. Ici à Ionia, c’est encore plus grisant, à Démacia même si la vie est foisonnante elle n’a pas cette exubérante magie naturelle qui s’ancre à elle…
Je soupire et reviens sur terre, le temps de grimacer sur les petits bouts de je ne sais quoi, sans doute des brindilles qui me rentrent dans les pieds, je m’occupe de mon besoin naturel à une petite distance de l’arbre tout en scrutant les présences alentour. Rien à signaler fort heureusement, enfin rien de plus que la faune et la flore probablement habituelles du coin.

*Mission, s’occuper d’Ahri maintenant.*

Je retourne dans la tanière, ayant arrêté d’utiliser mes pouvoirs, je manque de trébucher sur l’hybride. Tout en étouffant un juron sur mes idioties, je fais apparaître une petite lueur, un globe de lumière délicat qui ressemble à l’une de ces lanternes de papier rondes utilisées par les ioniens. J’augmente doucement son intensité pour ne pas blesser mes yeux et constate l’étendue des dégâts tandis qu’une nouvelle vague de culpabilité me traverse comme un poignard acéré.

"Ho, je suis tellement désolée…c'est de ma faute, je vais arranger ça je te le promets."

Je palpe doucement la jeune femme et remarque les deux plus grosses blessures, sans compter celle au cou. Avec douceur je tente de la mettre dans une position où je peux avoir accès à ses blessures, Ahri ouvre un œil vague, je lui caresse doucement la joue en murmurant tout ce que je peux me souvenir de rassurant en ionien.

"Tu pas t’inquiètes, je soigne, je soigne, ça va aller."

Ses vêtements étant dans un sale état, je prends mon poignard et les déchire pour panser les plaies et arrêter le plus gros des saignements. Ce n’est pas très propre, mais ça tiendra le temps que je remédie à ça justement.
Une fois mes pansements sommaires attachés je fouille rapidement les lieux à la recherche d’eau, ce qui me prends environ deux minutes, et cinq de plus pour allumer un feu et en mettre à bouillir dans une casserole que je déniche pendue à des racines. En attendant, je sors le nécessaire de soin de ma sacoche, puis avec quelques bout de tissus survivants, je nettoie du mieux possible la jeune femme, rassurée de voir que ses autres blessures sont légères. Je désinfecte le tout en passant un tampon imbibé d’eau et d’alcool dessus, puis je m’attaque à la blessure au cou, plus légère et la panse avec une bande propre que j’avais dans mon sac en attendant que l’eau n’atteigne une température suffisante pour que je puisse passer aux deux dernières et à la partie la plus délicate de toute cette affaire : Recoudre.
Lorsque je commence à défaire mon pansement d’urgence à l’épaule après avoir soigneusement désinfectée mon aiguille et le fil, Ahri s’agite de nouveau. Je lui caresse de nouveau la joue en lui murmurant la même litanie en mauvais ionien, puis commence à nettoyer la plaie à proprement parlé…

...Ho ne joue pas les timides, ce n’est qu’un point de suture, ce n’est pas le dernier qui atterrira sur ta peau !
- Tu n’es pas médecin Lux, pas même infirmière ou même rebouteuse ou je ne sais quoi!
- Et alors ? Tu crois être la première personne que je recouds, si tu préfère te vider de ton sang et souffrir après tout ce n’est pas mon problème…
Le jeune homme marmonne un quelque chose qui fini comme une prière, mais se laisse faire. Elle lève les yeux au ciel et commence son travail avec douceur alors que son compagnon tente de ne pas trembler. Il appartient aux illuminateurs, mais lui n’est pas un soldat même s’il est à même de se battre un peu au besoin, sa spécialité se trouve plus dans les livres et dans l’écoute, l’aide aux défavorisés. Il a quand même trouvé humiliant de s’être ainsi ouvert le bras lors d’une bête chute de cheval, ce n’est pas très épique pour une première « grosse » blessure.
- C’est comme de la broderie, de l’ennuyante et simple broderie...
- Qu- quoi ?
- C’est ce je n’ai pas cessée de me répéter la première fois, je n’en menais pas large, heureusement mon patient était moins douillet que toi !
- Je ne suis pas ...aiheu !
Elle sourit et rit un peu, lui aussi, il en oublie la douleur un instant.
- Je me souviens très bien, c’était un ancien militaire à la retraite, il y avait eut un accident dans son village, une charrette pleine de bois avait dévalé une pente droit sur la petite foule d’une noce, beaucoup de blessés, et même un mort…
Elle fronce les sourcils et une vague de tristesse l’envahie à ce souvenir.
- Une mère, elle avait des jumeaux…
Elle secoue la tête pour chasser le souvenir et poursuivre son histoire d’un ton plus léger, son blessé en oublie de se plaindre.
- ...Il avait tenté d’arrêter la charrette, il avait réussi à la détourner un peu mais son bras en avait fait les frais… Enfin bref, il y avait beaucoup de travail pour le médecin et les personnes qui savaient soigner, j’ai proposé mon aide bien sur ! Et là ce grand gaillard grisonnant me tend un bras ouvert sur presque toute la longueur en me disant calmement qu’il a besoin d’être recousu, si ça ne dérange pas Lady Crownguard, il ne voulait pas embêter les gens compétents car il y avaient des blessés plus urgents…
L’autre sourit et hausse un sourcil, il attend la suite visiblement et ne remarque même pas qu’elle vient de lui faire un second point.
- ça ne me dérangeait pas, mais j’ai du lui avouer que je ne savais pas faire ! J’avais quoi, quinze ans ? J’étais un peu honteuse, et puis il a sourit et m’a dit que ce n’était pas grave si la cicatrice était moche, que ce serait une bonne chose pour moi d’apprendre et que ça lui ferait une bonne histoire à raconter de s’être fait soigner par une jeune Lady.
Son compagnon rit cette fois et le troisième point passe sans qu’il ne le sente, il grimace juste un peu lorsqu’elle passe un tampon de tissus imbibé d’alcool sur la peau à vif, mais comme elle souffle doucement juste après, le désagrément n’est que temporaire.
- Et voilà, ta première blessure de guerre est pansée !
Elle est en train de bander la plaie, l’autre la regarde avec une mine contrite
- Une blessure tellement épiquement réalisée...j’espère au moins que tu ne m’as pas brodé des papillons, je ne serai définitivement plus crédible comme prêtre.
Ils éclatent de rire en même temps.


Un feu de camp crépitant, une soirée calme, des grillons qui chatonnent, et un beau cheval à la robe clair qui broute calmement à côté. La bête remue parfois une oreille pour suivre quelques bruits dans le bois tout proche, et abandonne son arrachage d’herbe régulièrement pour observer sa maîtresse, visiblement concentré sur sa jambe. Elle sourit et tend le bras pour caresser tendrement la bouche de l’étalon qui se niche volontiers dans sa main.
-Ce n’est rien mon tout beau, je n’aurai même pas de cicatrice! enfin j'espère...
Le cheval s’ébroue rapidement, comme pour hausser les épaules et reprend sa mastication attentive. Elle lui sourit, amusée des réactions de cette bête qu’elle a presque l’impression d’entendre parler parfois, puis retourne sur sa jambe et son pansement.
-J’espère que ça aura disparu à mon retour, sinon Kahina va encore me passer un savon parce que je n’ai pas été assez prudente…
Le cheval répond par un ‘brbrbrbrbrr’ et fouette l’air de sa queue, elle prend cela pour un ‘elle aurait raison’ et lui tire la langue en réponse, lui se contente de lui montrer ses fesses en contrepartie. Elle rit et lui met une petite tape sur la cuisse puis remet son pantalon et s’étire.
-Traître va !
Elle soupire et se penche sur une petite gamelle qui bruisse sur le feu, les restes d’un lapin y cuisent, son ventre gargouille, elle prend une cuillère pour remuer le brouet et goutte la préparation, se brûlant un peu le bout de la langue.
-Outch !

Une odeur de cuisine, elle se glisse silencieusement dans l’office, elle est toute petite et cette salle semble si grande du haut de ses six ans. Mais peu importe, elle avance en catimini et contourne la grande table de bois brute où les serviteurs prennent leurs repas. Elle approche du fourneau, l’eau à la bouche, l’odeur de tarte est si tentante ! Elle peu la voir là, qui refroidi sur l’énorme cuisinière de fonte ! Elle tend un bras menu, saisie un morceau de croûte dorée et le fourre dans sa bouche avec un délice évident. Elle savoure un bref instant la saveur sucrée et le bon goût de la pâte croustillante… Elle pourrait s’arrêter là, et personne n’en saurait rien. Promis juré craché, le petit bout de pâte était juste tombé… Mais l’odeur est si tentante… la gourmandise est un vilain défaut, mais les tartes de la cuisinière sont si bonnes !
Tant pis elle craque, elle se remet sur la pointe des pieds et cette fois chipe un morceau cuit et caramélisé de l’une de ces délicieuses prunes au moment où elle va pour le mettre dans sa bouche…
-LUXANNA CROWNGUARD !
Elle sursaute vivement et pousse un cri apeuré de surprise…

"...NON !"

Je reviens à la réalité dans un nouveau sursaut, un vrai cette fois ? Je repousse violemment mon assaillant, lui envoi un éclair de lumière aveuglant tout en le rejetant loin de moi vivement, avec les deux bras. Encore un peu groggy, je trébuche en reculant et me retrouve les fesses par terre, mon bâton que j’ai saisi sans m’en rendre compte entre les mains, en posture défensive. Je ne met pas longtemps à comprendre qui est la cause de mon trouble, Ahri, mais ce n’est pas la jeune hybride douce que j’ai rencontré tout à l’heure, elle ressemble plus à la prédatrice que j’ai vu tuer un noxien un peu avant encore.

"Que… qu’est ce que tu fais ! Ahri !!"
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Boucle d'or et Ahribear

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