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 Boucle d'or et Ahribear

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MessageSujet: Boucle d'or et Ahribear   Jeu 29 Juin - 10:55

Courir, un, deux, trois, quatre, sauter par-dessus le tronc, une douleur dans ma cuisse blessée, j’étouffe le gémissement ou du  moins le noie dans mes halètements et le bruit des feuilles qui bruissent dans le vent bienveillant de cette foret ionienne. Courir encore, mes poumons sont en feu, je sens la brûlure de la blessure à ma cuisse qui m’élance, les pas derrière moi semblent moins proche, un répit, même rapide, il faut que je bande la plaie.
A peine trente secondes, pas plus d’une minute, j’ai serré un bandage de fortune autour de la jambe, dommage, j’aimais bien ce foulard trouvé dans un de ces petits marchés typiques, peut être que je pourrai en avoir un autre au retour ?

*Si tu ne bouges pas tu n’auras rien au retour, puisque tu ne reviendras pas.*

Courir à nouveau un, deux, trois, quatre, plus de traces de sang sur le feuillage pour les pisteurs, mais le bruit et la course sont toujours là, trouver un abri, n’importe lequel, trouver un endroit pour se cacher, n’importe lequel !
Courir encore, je ne suis pas faite pour de telles dépenses, mon énergie va décroissante, déjà j’ai ralentie la cadence, cesser de courir, je dois devenir une ombre, plus de bruits, plus de vision, plus de piste. Mes poumons se soulèvent à un rythme effréné, mais moins que celui de mon cœur qui tambourine, je peux me rendre invisible, mais cela n’efface ni le bruit ni la présence physique, si je suis sur leur chemin… ils n’utiliseront pas que leurs yeux pour me retrouver maintenant qu’ils savent que je suis là.
Une zone de forêt plus dense, j’ignorais même que ce fut possible, ces endroits sont si sauvages… si riches, même là au milieu de ma panique je peux le sentir, le flux de magie intrinsèque à cette terre, comme si je vivais dans un état d’excitation et de légère ébriété permanente depuis mon arrivée ici. Cet endroit me parle, il m’insuffle un pouvoir que je n’avais jamais ressentie sur le continent et certainement pas à Démacia pétrie de pétricite. Cela me rend les choses plus aisées, utiliser la magie ici est tellement plus naturel, mais je dois réfréner d’autant plus les petites sautes d’humeur qui engendrent des réactions voyantes.
Je marche discrètement, les bruits des grosses bottes noxiennes se sont étouffées, eux aussi ont sans doute cessé de courir, pour un moment, mais je ne suis pas dupe, la traque doit continuer. Je sinue volontairement et aléatoirement, m’amuse à casser des branches là ou je ne passe pas et effacer des traces là où je pose mes pieds, ça me prend un certain temps, jusqu’à ce que mon parcourt erratique m’amène près d’un grand arbre.
Je pourrai presque pleurer tellement il est majestueux et beau, le genre de géant de verdure qui vous fait sentir tout petit, non pas que cette sensation me soit inconnue entourée depuis ma plus tendre enfance de héros gigantesques en armure brillantes, il n’y avait qu’à voir mon frère… ou un certain monolithe… Cette zone semble presque moins sauvage, comme si elle était à moitié aménagée, il y a comme un relent de domestication vague, un je ne sais quoi de familier et de sécurisant.
Je fais le tour du tronc lentement, jusqu’à tomber sur une sorte de cavité entre des racines gigantesques, parfait, l’entrée est dissimulée par une sorte de buisson fleuri avec une agréable odeur, je me glisse dans ce trou et fait silence, reprenant mon calme, songeant éventuellement à la riposte si mes suiveurs viennent jusqu’à cet endroit.
C’est le moment d’inspecter un peu plus ma blessure également, je commence à dénouer le foulard imbibé de sang séché et m’appuie contre le tronc pour… la cavité est plus profonde que ce que j’imaginais, et ce sur quoi j’ai tenté de m’appuyer était d’avantage une sorte de tenture beige marron faisant office de, de… porte d’entrée ?

"Ha !"

Un peu en panique je me redresse la peur au ventre, ne sachant pas sur quel genre d’occupant je vais rencontrer, j’étouffe un gémissement lorsque ma blessure m’élance, puis parcourt du regard l’endroit. La grotte ou je suis tombée est assez petite pour que je me rendre compte rapidement que je suis seule, son aménagement est frustre, mais relativement confortable, comme une sorte de cabane d’ermite, je distingue une zone qui doit servir de couche, plus un coin avec un foyer qui doit servir aussi pour les repas si j’en crois les quelques ustensiles éparpillées un peu partout. Ces quelques aménagements « humains » sont cependant noyés allègrement dans les racines, en symbiose avec l’arbre.
Je n’ai guère le temps de détailler trop l’environnement car des voix retentissent au dehors. Discrètement je tente de distinguer quelques chose au milieu des ouvertures ou dégouline la lumière de l’après-midi, cela dit, il n’est pas très compliqué de deviner qui est là, pas de ionien mélodieux pour mes oreilles, mais plus ce noxien râpeux qui m’écorche les tympans et surtout est pour moi synonyme de danger.

"Il a très bien pu suivre le sentier, la progression était plus facile comme ça, n’oublie pas qu’il est blessé"
"On est dans un cul de sac je te dis, ou pire un repère de créature des bois…"
"Suffit, depuis quand un soldat noxien à peur d’une bestiole ? On retrouve ce fouineur, c’est un ordre, fouillez la clairière il n’est sans doute pas loin, le cri qu’on a entendu n’était pas celui d’un animal."

Je jure intérieurement, mon petit cri de surprise a été entendu, dire que je les aurai sans doute semés sans ça ! Je tourne un peu en rond dans la pièce, avec un peu de chance ils ne trouveront pas l’entrée, elle est assez bien dissimulée après tout ! Je suis tombée par hasard dessus moi et…
La pointe d’une lance écarte la tenture et j’entends des chuchotis alors que plusieurs personnes échangent des instructions, pas besoin d’être un grand général pour comprendre, les autres doivent faire le tour pour cherche une autre issue pendant qu’un voir deux vont pénétrer à l’intérieur pour voir si je suis là.
Je ferme les yeux et me rencogne dans un coin à côté du foyer, invisible, ce ne serait pas une cachette sans mes pouvoirs, mais là… avec un peu de chance il ne va pas chercher à tâtonner dans une zone où il n’y a visiblement rien ?
Je retiens ma respiration, le soldat passe au radar la pièce, sondant avec sa lance les interstices, j’entends un deuxième noxien qui descend, il va commencer à y avoir foule ici ! Je crains qu’ils ne me trouvent pas hasard en marchant simplement dessus, je mord ma lèvre inférieure et tente de juguler l’énergie qui remonte ma colonne vertébrale et m’intime de me défendre à coup de magie, j’attends le dernier moment, j’attends de pouvoir…

"Haaaaaaaaaaaaaaaaaaaar !"
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VlaD & CO / Admin
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MessageSujet: Re: Boucle d'or et Ahribear   Sam 1 Juil - 0:46

La caresse douce du soleil filtrant à travers les feuilles paresseuses, qui remuent çà et là sous la douce brise, sinue sur mes joues comme une brume d’or tiède. Au point que je m’arrête dans ma marche tranquille, quelques instants, les yeux fermés et levés vers le ciel, pour profiter de la sensation. L’air, embaumé des odeurs de terre humide d’après la pluie, et de jeunes pousses vivaces y prenant leurs racines, vient du nord, chargé d’une énergie complexe et sauvage, qui résonne au plus profond de moi, pour accompagner les battements de mon cœur. Je pourrais presque en goûter l’essence neigeuse des montagnes du nord sur le bout de ma langue à chaque inspiration, tranquille et profonde.


*Mais cette neige serait rougie. Un arrière-goût de sang dans l’air, de sang, de cuir, et de métal.*


Pourtant, le village est derrière moi. J’en reviens, la besace alourdie de quelques pâtisseries au miel, fruits frais, et une petite bourse contenant des feuilles de thé. Là où mes pas me mènent, ne s’étends que forêt sauvage, rivière, et si ce n’est que pour quelques vastayas solitaires et insaisissables aux cornes élancées, je n’ai vu aucune trace civilisée autour de mon abris, de nombreuses lieues à la ronde. Oh, je jure que si ce sont encore ces envahisseurs, et s’ils ont osé toucher une seule des majestueuses racines, si grandes qu’elles se sont extraites du sol pour soulever le tronc du grand chêne qui a bien voulu m’abriter, jusqu’au-dessus de la terre… J’arracherai leur âme de leur corps à mains nues, je les éviscèrerai et enterrerai leur cœur pour nourrir la terre ! La simple idée me met si en colère que j’en ai les poils des queues tout hérissés. Non, ce n’est probablement qu’un convoi de marchands, ou peut-être que l’odeur vient de loin. Je l’espère. Mais ma démarche se fait plus rapide, pour aller rejoindre ce lieu de familiarité et de sécurité.

Les voix sont apres, sèches. Et cette langue dure, je l’ai déjà entendue plus d’une fois. Ils ont l’air de chercher quelque chose, et de ne pas m’avoir encore remarquée. Mais je ne compte pas rester cachée longtemps, à les regarder tourner autour en écrasant les jeunes pousses fragiles, les privant de tout avenir. Je remets mon manteau pour cacher mes queues, ainsi que mon chapeau de paille fleuri, mais avant que mes oreilles n’aient disparu en dessous, l’un d’eux lève son visage vers moi. L’air frappé de stupeur, et empoignant immédiatement une arbalète, qui décoche vers moi un carreau à vitesse foudroyante.
Heureusement, je suis rapide. Le carreau vole au-dessus de ma tête pour ne rencontrer que…

*MON CHAPEAU !*

Là, je suis en colère. Vraiment en colère. Les oreilles plaquées en arrière, toutes queues hérissées sous mon manteau, dont je me débarrasse d’un geste. Trop gênant pour les mouvements. Ils sont plusieurs, et pas prêts à discuter ? Tant pis pour eux.

Leurs cris font s’envoler les oiseaux alentours. Ils reviendront bien. Ce qui ne serait pas le cas de ces hommes. Leur corps ne supporte pas la magie brulante qui les traverse, et leurs yeux ne peuvent suivre la vitesse dont la nature m’a dotée. L’un d’eux s’enfuit, et j’hésite à le poursuivre, mais au même moment, j’en aperçois un autre, qui sort de la cavité de l’arbre. De chez moi ! Je vais en faire des confettis, lui arracher les tripes. Celui-là, en menaçant mon abris, ma sécurité, réveille tous mes instincts les plus ancestraux. Comme à l’époque de mes chasses sauvages, ce sont mes dents dans sa gorge qui viennent mettre fin à sa vie, ses cris se perdant en gargouillis alors que je rejette son corps mourant hors du trou qui mène à l’entrée du creux de l’arbre. Le sang humain a un goût étrange sur ma langue, et je regrette mon geste presque immédiatement. Pas de l’avoir tué, mais de m’être laissée aller à ces instincts animaux. Dévorer une biche, c’est une chose, lorsque l’on ne peut pas se fournir dans les mets humains. Tuer un homme avec les dents, c’en est une autre.
Mais je n’ai pas vraiment le loisir de m’attarder sur le geste plus longtemps. Il y en a un autre a l’intérieur. Il a entendu les cris de son comparse, et j’entends sa respiration rapide à l’intérieur. Cette fois, je suis calme. Ma colère est devenue froide. J’entre précautionneusement, prête à esquiver le métal acéré qui tentera de venir mordre dans ma chair à son tour. Mais surtout, mon esprit explore, se gorge de magie, et recherche sa proie. Et vient presser sur celui du soldat, lui ôtant toute volonté propre, ne le laissant qu’à ma merci. Son arme tombe de ses mains, sur la terre, alors que son regard se fait lointain.
Mes mains attrapent son visage, par les joues, pour plonger mes yeux dans les siens. Et mes lèvres inspirent et aspirent, à flot.

Il est jeune, pas bien grand. Un baton dans les mains, il joue à la guerre. Affrontant d’autres enfants. « A mort les Démaciens ! ». Dans la mêlée, il prend un coup au genou, mais continue de jouer.
Il est avec une femme, plus agée que lui, sa mère sans doute. Elle lui verse quelque chose sur le genou, qui est rougit et saigne un peu. Il crie un peu quand le liquide vient se verser.


Il est sur un bateau, avec de nombreux autres. L’un d’eux ressemble à celui dont je viens d’arracher la gorge. Ils jouent aux cartes, et s’insultent en riant.

Je me sens légèrement mal à l’aise.

Il tient une arme dans les mains, et frappe. Cette fois, ce n’est plus un bâton. Le métal est tranchant, et acéré. La femme face à lui est terrifiée et recule, en tentant de cacher ses enfants derrière elle. Elle ressemble à sa mère. Il hésite un instant. Puis lui plante son arme au travers du corps, et la retire. Les enfants crient. Il pose le regard sur eux.


La froideur, face à la terreur. Le sang macule les scènes, et je peux le sentir sur ma langue. A moins que ce ne soit les résidus de celui que j’ai pris quelques instants avant.

Quelqu’un lui aboie des ordres. Il cherche, piste, avec d’autres hommes. Une traque, rapide, soutenue. Il entend un cri et reprend de plus belle, avec ses comparses. Des branches sont cassées çà et là. Mais s’il fait soleil, la terre est humide d’après la pluie. Et les empreintes se voient, régulièrement.
Il arrive face à un immense arbre, aux racines aériennes. Il hésite, et l’un d’eux a peur qu’il s’agisse de la tanière d’un animal. Les autres fouillent autour. Le soleil fait miroiter un fil doré sur un buisson devant l’arbre. Il écarte les feuilles, et voit l’entrée d’un trou, descendant avec précautions. Il écarte une peau de bête, pour rentrer dans un endroit habité. Il ne voit personne, malgré que les racines soient assez hautes, dépassant de terre, pour laisser la lumière filtrer à l’intérieur. Un de ses camarades le rejoint. Il entend des cris venir de l’extérieur. Son camarade ressort, voir ce qu’il se passe. Il entend un cri, bien plus proche. Suivi d’un gargouillis. Il prépare son arme, la pointe vers l’entrée. Tentant de calmer sa crainte. Son cœur bat la chamade, sa respiration est précipitée.

Entre mes doigts, je sens sons souffle se taire. Son cœur lache un dernier battement, difficile, avant de s’éteindre. J’aurais pu m’arrêter avant. Cette fois, ce n’est pas la tentation, ni la faim, ni le manque de contrôle, qui m’ont fait prendre jusqu’à la dernière goutte d’essence vitale d’un homme. Même si la sensation est enivrante, ces souvenirs n’étaient pas agréables à regarder.

Je lâche son corps, qui s’effondre à mes pieds. Et tourne le regard tout autour, comme lui-même l’a fait quelques minutes plus tôt. Il y a une odeur de sang frais, dans l’air. Pas celle du soldat que j’ai tué n’a l’extérieur. Une différente, et la magie semble agitée de milliers de petits tourbillons joyeux, qui perturbent l’habituel calme Olympien de cet arbre pluri-centenaire.
Ça doit être la personne qu’ils traquaient. Mais pourquoi est-ce que je sens cette présence sans la voir ? Les queues agitées, les oreilles plaquées, je pose mon sac, et sort le cadavre. Et recommence à humer l’air sous l’arbre, en sortant les feuilles de thé de la bourse, et en les plaçant dans la théière. Je m’occuperai de les enterrer, aux pieds des racines, lorsque j’aurais trouvé ou se cache le dernier. De toute façon, il faudra que je ressorte pour aller chercher de l'eau au lac, je n'en ai presque plus. Juste ce qu'il y a dans la théière.

Mais en attendant, il fallait faire démarrer le foyer. Ca prendrait un peu de temps, à ce que le bois ne devienne braise et que la théière ne puisse être posée dessus, alors autant s'en occuper tout de suite. J'entasse donc des brindilles et du petit bois, et du plus gros, par dessus, dans le foyer. Essuyant d'un geste machinal le sang qui macule encore mon menton, en faisant attention de ne pas en mettre sur mes vêtements. Je me baignerai dans le lac pour m'en débarrasser. Un briquet à silex plus tard, une flammèche monte des brindilles, sur laquelle je souffle doucement pour la faire grandir, jusqu'à ce qu'elle soit assez forte pour venir lécher le bois et s'en nourrir. Les oreilles toujours agitées, écoutant dans tous les sens.
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MessageSujet: Re: Boucle d'or et Ahribear   Dim 16 Juil - 21:41

Des cris ? Des cris horribles de souffrance, nul doute sur les responsables, ce sont les hommes à l’extérieur, les deux compères à l’intérieur se tendent d’un seul coup, et je ressens tout leur stress d’autant qu’il multiplie le miens. Quelque soit la chose qui fait crier des noxiens là dehors il n’est pas dit qu’elle appréciera la présence d’une démacienne, même si mon aspect est certainement plus engageant que celle de ces militaires armés jusqu’aux dents.
Cela dit tout ceci m’apporte un peu de répit puisque le deuxième ressort, je me mords la lèvre inférieure en étudiant la possibilité d’attaquer le restant. Il a peur je le vois bien, il tremble, c’est presque un spectacle plaisant de voir un noxien montrer autant de faiblesse, comme quoi nous sommes tous égaux quand vient le moment d’affronter notre mort. D’un autre côté cela ne le rend que plus humain, un homme dans un carcan de cuir et de métal, un homme comme les autres avec ses joie, ses peines et ses peurs, pas si différent, seulement né ailleurs.

*Stop, tu ne dois pas penser à ça Lux, ça ne fait que rendre les choses plus difficiles, il n’hésiterait pas à te tuer lui, agis avant qu’il ne soit trop...*

...tard, il était trop tard, la créature était rentrée chez elle, et n’avait pas caché le bruit mat et légèrement métallique d’un corps sans vie qui retombe, non plus que le gargouillis caractéristique d’un liquide précieux s’échappant de son contenant de chair.
Et pourtant, lorsque la chose qui faisait tant de heurts survint, je ne peux empêcher ma mâchoire de s’ouvrir en grand en contemplant la beauté sauvage qui pénètre dans sa tanière. Je suis tellement surprise de prime abord que je ne me rend même pas compte que quelque-chose cloche, le soldat a laissé tomber son arme, et semble dans un état second, moi même je me sens un peu cotonneuse, une vague impression de sécurité m’enveloppe comme la sensation d’une couverture douce sur mes épaules ou le bras d’un ami.
Il me faut un moment pour comprendre réellement ce qui est en train de se passer, l’hypnotisme fait rapidement place à l’horreur lorsque je saisie qu’elle use de magie sur l’homme, cette… femme ? Ou que sais-je, cette hybride dont les queues blanches fouettent l’air de manière presque tendre alors qu’elle semble aspirer quelque-chose à son agresseur.

*Mais est-ce lui l’agresseur dans le cas présent ? Et toi, qu’est-ce qu’elle va te faire à toi...*

Je regarde impuissante, fascinée de cette curiosité morbide que l’on peut avoir parfois lorsque nous sommes confrontés à des situations dont les tenant et les aboutissants semblent nous dépasser. Tout est presque silencieux et l’homme meurt peut à peu, sans même lutter entre les mains douces et fines de la femme aux oreilles d’animal. Je détaille cette dernière avec soin, tout comme cet endroit elle est un étonnant mélange de civilisation et de nature, une sorte de fusion étonnamment belle mais aussi dangereuse et létale, comme un grand fauve, en témoigne les traces de sang qui dégoulinent depuis sa bouche jusque sur son menton, nul besoin d’être grand devin pour comprendre qu’elle a mordue dans une chose...juteuse, pour obtenir cet effet.
Je me recroqueville d’autant plus dans mon coin quand elle inspecte à son tour son antre, je sens la magie qui est en moi pulser doucement, j’ignore si c’est le reflet de mon angoisse, une sorte de réponse à la magie palpitante de l'autre mage, pour me protéger et attaquer, ou une certaine forme de caresse rassurante de la part de la lumière que je porte et qui m’a toujours donnée une vague impression de vie, comme si elle avait sa volonté propre à mon égard. Dans tous les cas, je maintiens mon invisibilité de toutes mes forces, en cherchant désespérément un moyen de fuir cet endroit et cette créature dangereuse.
Je crois mon moment de sécurité venu lorsqu’elle sort avec le corps, mais à peine ais-je le temps d’essayer de me déplier que je suis arrêté par la douleur à ma cuisse, et la femme animal revient à l’intérieur, humant l’air comme un chien cherchant une proie, elle doit sentir mon odeur inhabituelle ici, avec un peu de chance elle la confondra avec celles des envahisseurs ?

*Pas très flatteur pour moi dans un sens...*

Je vois à son air qu’elle est toujours méfiante, mon cœur bat la chamade lorsque je la vois de plus près, de BEAUCOUP plus près, tandis qu’elle place des feuilles dans une théière et allume le petit foyer à coté duquel je suis blottie.
Son visage est très beau, elle a de longs cheveux noirs, de grands yeux jaunes brillants à la pupille fendue, les joues marquées comme de dessins enfantins de moustaches. Lorsqu’elle essuie soigneusement sa bouche pour en retirer le sang, je me retrouve à nouveau dans cet entre deux, elle semble gentille vu comme ça, à faire chauffer ce qui sera certainement un thé… Quoi de plus banal ? Mais elle est tout de même en plein nettoyage d’hémoglobine…

Une flammèche rencontre soudain un morceau savoureux de brindille et le dévore avec enthousiasme, communiquant sa chaleur au petit bois. Un braisillon profite de l’appel d’air pour s’envoler et se poser encore brûlant pile sur l’extrémité de ma blessure.
Je gémis.
J’ai fais du bruit.

*HO PAR LA JUSTICE ! J’ai fais du bruit !*

Je redeviens visible, je me doute bien qu’elle va me trouver de toute manière à présent, je suis à une trentaine de centimètres d'elle après tout! Paniquée je la pousse un peu en me levant pour fuir. "Pardon." Je boitille à reculons comme une forcenée jusqu’à l’entrée en tentant de sortir avant qu’elle ne m’attaque. *J’ai vraiment dit pardon ? Pourquoi je suis poli dans un moment pareil ! Mais Lux, qu’est-ce que tu as dans le crâne ?* Je suis en train d’écarter le rideau pour sortir, je lui fais face, mon bâton brandit, je sais que je ne pourrai certainement pas la semer, alors je lui parle, mon ionien n’est pas terrible mais je crains que ma seule chance ne soit de passer par la voie diplomatique… ou magique. Mais non, je n’aime pas cette idée, non, pas si je n’ai pas le choix, après tout elle m’a sauvée des noxiens, d’une certaine manière.

"Veux juste partir, pas mal, méchants hommes, je pars… je désolée"
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MessageSujet: Re: Boucle d'or et Ahribear   Mar 18 Juil - 18:04

L’odeur de la peur est forte. Prenante. Il est toujours là, j’en suis sûre, caché quelque part, derrière une racine peut-être. Mes yeux continuent de tourner, ça et là, de guetter chaque cachette qu’il aurait pu prendre, cherchant avec attention.
Bruit.
Trouvée.

Mes oreilles se redressent et mon visage se tourne. Je l’ai entendue, la proie de ces hommes. Elle n’est pas loin. Elle a couiné, et je comprends pourquoi en la voyant réapparaitre juste à côté du feu qui a démarré. Une flamme a dû la bruler.
Ainsi donc, on se cachait dans le foyer ?
Immédiatement, mes oreilles se plaquent en arrière. Je ne sais pas comment elle a fait pour disparaitre ainsi, mais c’est dangereux. Dans ma main, un orbe d’énergie pure se forme en un instant, alors que j’ai un pas de recul lorsqu’elle s’approche de moi, prête à bondir, ou frapper.
L’instant d’après, la curiosité se fait sa part. Ses cheveux sont si fins, et d’une couleur dorée clair, comme les épis de blé qui poussent au sud. Le peu de lumière solaire qui filtre entre les racines aériennes s’y reflète joyeusement, comme si elle était attirée, créant des reflets dansants. Je n’en ai jamais vu de tels, même sur les envahisseurs. D'ailleurs, ses traits sont étrangers, clairement. Ses yeux sont très clairs, comme le ciel du matin, et ronds comme les cerises. Une envahisseuse aussi ? Mais pourquoi était-elle traquée par les autres, alors ?

Elle n’a pas l’air agressive en tout cas. Plutôt apeurée et confuse, en plus d'être blessée. Mes oreilles se redressent légèrement alors que je la bois boitiller en levant les mains et un… bâton étrange, vers moi, et essayer de me parler. Elle parle mal. Très mal. Mais j’arrive à comprendre un peu de ce qu'elle dit. Définitivement, elle n'est pas d'ici, du sud ou du nord, elle ne ressemble à personne que j'ai pu croiser à travers le continent.

Si elle n’avait pas été étrangère, j’aurais compris plus rapidement la situation. Une villageoise que les envahisseurs auraient voulu tuer, qui se serait cachée là ou elle pouvait. Mais là… Ma tête se penche légèrement sur le côté, pendant ma reflexion rapide. Elle a l’air étrangement sympathique, naturellement, comme si on ne pouvait que l’apprécier à la première rencontre. Un peu comme moi avec les autres humains en somme.

« N’aies pas peur »

Ma voix est la plus douce possible -et peut-être un peu charmeuse, aussi-. Elle est déjà en train de filer pour sortir de ma tanière, l’air prête à se défendre. Elle a peur de moi… C’est peut-être le sang sur mon menton. Ou alors, elle n’a jamais vu de Vastaya. Je me concentre un instant, pour étendre mon esprit tout autour de moi, venir rencontrer le sien. Il est clair, lumineux, et pur. J’ai envie de m’y plonger, de goûter à ses souvenirs. Je n’ai pas envie qu’elle disparaisse dans les bois. Elle risque de tomber sur d’autres mauvais hommes, et avec sa blessure, elle n’ira pas loin, sans compter qu’elle a l’air épuisée. Et puis j’ai envie de savoir ce qu’elle fait ici.
Je presse doucement. Je ne veux pas la faire tomber sans volonté comme l’homme que je viens de tuer. Simplement la rendre… contemplative, le temps que je me rapproche. Faire cesser sa fuite.
Son esprit est résistant. Difficile à troubler, comme si de la lumière pure le parcourait. Mais je n’ai pas besoin de me plonger trop profondément en elle.  

« Il faut soigner ta jambe. Il y a encore des méchants hommes dehors »

Je réemploie le même terme qu’elle, pour qu’elle me comprenne. En tendant légèrement la main dans sa direction, comme pour l’inciter à se rapprocher, à venir tomber dans mes bras. Son esprit est vraiment attirant… Si lumineux… Je prendrai peut-être un ou deux de ces souvenirs, sans aller trop loin, plus tard. Si je dois lui faire oublier notre rencontre, par exemple. Pour le moment, il faut déjà la rassurer. Peut-être sait-elle des choses au sujet des pierres. Il ne faudrait pas qu’elle me file entre les doigts si vite.
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