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 [HORS RUNETERRA] Les chaines d'or

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Date d'inscription : 20/02/2015
MessageSujet: [HORS RUNETERRA] Les chaines d'or   Mer 11 Avr - 22:12

Ceci est un début d'essai, toujours en cours d'écriture, qui ne se situe pas sur notre univers Runeterrien, ni avec une quelconque inspiration d'un des personnages de cet univers.

Pour ceux qui ont joué à Terre² avec moi, vous reconnaîtrez peut-être un lien avec l'un de mes personnages, mais je l'ai écrit de façon volontairement évasive pour que l'histoire puisse s'imaginer ancrée sur tout type d'univers. Ce n'est pas vraiment le personnage du JDR qui a inspiré l'histoire, mais plutôt mes envies d'écriture du moment qui ont inspiré le personnage et le texte que j'écris là.

Je partage parce que... j'ai envie. N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez.


~~~


Assise sur le sable, mes iris contemplaient la mer, face à moi, comme offerte. L’immensité de cette étendue d’eau, si lointaine que l’on ne pouvait en imaginer l’autre côté, ou la fin, miroitait au soleil comme milliers de diamants. Longtemps, l’homme l’avait pensée une porte vers le royaume des morts, vers l’au-delà, la fin de tout.

Bien sûr, cette idée n’avait plus de sens aujourd’hui. Les bateaux allaient et venaient vers ces côtes lointaines, et il n’était pas de plus grand plaisir aux yeux des marins que de se voir se dessiner loin la ligne de ces terres attendues, après longtemps passé avec l’eau comme seul horizon. Parfois, je les enviais. Les fines chaines d’or qui courraient le long de ma peau, aussi brillantes soient-elles, ne me procureraient jamais la liberté des embruns sauvages portant vers de nouveaux horizons.
Un pas derrière moi, et c’était comme si le soleil se voilait, pudique, pour me prévenir d’une visite. Je me retournai, avec toujours cet habituel sourire aux lèvres, qui avaient appris à ne pas s’en départir.
L’homme était grand. De mon point de vue assise, il me paraissait même aussi immense qu’une montagne, qui se serait déplacée jusqu’à moi. Longue épée au côté, et bardé d’une armure de métal, reflétant le soleil du matin par éclats. Une puissance aveuglante pour mes paupières mi closes.

« Votre altesse. »

Je l’observai, poser le genou dans le sable. Ployant pour moi, avec élégance. Aussi habituelle soit-elle, cette sensation de force brute s’offrant à mon service me ravissait toujours. Voir ces hommes en armure, chevaliers qui intimidaient voire effrayaient les gens sur leur passage, se dévouer à moi, m’emplissait d’un sentiment de maitrise, et de puissance, enivrant. Peut-être était-ce la même que sentaient les marins qui domptaient les océans à la force de leur bras, pour naviguer vers le lointain sur les eaux sauvages.

« Il est l’heure. »


J’acquiesçai, le visage impassible, retenant un soupir. Fin de la sérénité. Pendant quelques minutes, les yeux noyés dans l’océan, j’en avais presque réussi à vider mon esprit de ce qui m’attendait pour la suite.
L’heure. Cela sonnait comme le couperet de la guillotine. Parfois, je me demandais, comment les choses pourraient se passer. Si le peuple cessait de nous aimer, s’il menait à la révolte. Si un jour, un homme en armure venait me chercher avec ces mêmes mots, pour me convier à ma propre exécution. Serai-je capable d’y aller avec l’allure droite, la tête haute, et cet éternel sourire avenant, comme j’allais dans les couloirs du palais ? De saluer le peuple depuis un échafaud, comme depuis un balcon ?

« Bien. »

Je l’observai, attendant qu’il termine son geste. Celui de me présenter le dos de sa main, gantée de blanc. Je n’en avais pas besoin, physiquement, pour me redresser. Mais cette habitude était bien ancrée en moi, celle d’y poser le plat de la main, comme appui pour assurer l’élégance de la relève. Même lors des moments de calme, l’apparence comptait.

Une fois debout sur mes jambes, il se redressa à son tour. Tout cela était codifié, ritualisé. Jamais il ne se relèverait avant d’être certain que je n’avais plus besoin de son appui. Aussi anodin que celui puisse paraitre, cela aurait révélé d’une impolitesse profonde face à sa princesse. Tant de subtilités, que j’avais intégrées tout naturellement dans ma vie de tous les jours à la cour. Je ne sais pas pourquoi cette pensée m’effleura, à ce moment particulier, que j’avais pourtant vu se répéter des centaines de fois. Imperceptiblement, mon sourire se teinta d’une sereine tristesse. Celui de la réalisation que la spontanéité ne ferait sans doute jamais partie de mon quotidien.
Quelle importance, après tout ? Je pouvais sentir le sable tiède sous mes pas. D’une simple demande, et toute une plage se libérait pour moi et moi seule. Quelle importance de ne pas pouvoir partager avec qui l’on aurait pu souhaiter, quand on avait droit à une solitude offerte sur un plateau d’argent ?

La calèche m’attendait, entourée de gardes statiques. L’un des chevaux renâcla. Lui ne ployait pas sous le poids des apparences du statut. Seulement sous celui du collier à son encolure.
Il aurait lui aussi sans doute préféré la liberté de la plage. Il tirait la carriole vers la ville.


Pourquoi criaient-ils ?

Enivrée par le bruit de la foule, je venais à en perdre la réalité. Manifestaient-ils leur joie, ou essayaient-ils de me dire quelque chose ? Des dizaines, des centaines s’exclamant en même temps, entrainant ma raison comme l’eau dans un siphon, me donnant le tournis. Ils tendaient les mains vers moi. Eparses, avides. De quoi ? Lentement, je laissai ma main tendre vers eux, à travers la fenêtre du carrosse, à leur rencontre. Serrant parfois légèrement les doigts contre les leurs. Tous se pressaient, pour la toucher. La serrer.

Qu’est-ce que ça pourrait bien changer à leur condition, qu’ils puissent emporter une particule de moi sur le bout des doigts, pour qu’ils y mettent autant d’efforts ?

Ils aimaient me voir passer. Et puis ils retourneraient à leur travail, et moi, je continuerai de sourire. Chacun remplissait son rôle.

Il fallait sortir. Marcher dans le cortège, la place écartée par les chevaliers me précédant. Place, faites places à la princesse, qui est si différente de vous. Vous autres avez une occupation, un travail qui contribue à grandir la société, pauvres fous. Elle n’a pour vous qu’un sourire, qu’une présence, qu’un statut.

Et comment irait ce monde sans moi ?

Au sommet de chaque montagne, la pierre la plus haute rayonne de sa splendeur. Elle se voit de loin, elle donne son identité, sa singularité. Elle règne sur ses sujets, les pierres inférieures, celles portant le reste, la base solide qui offre la stabilité.


Une femme brava la foule. Elle tentait de se rapprocher, au milieu des autres qui tous, jouaient des coudes pour être au plus proche de mon passage. Ils espéraient tous que ma main effleure la leur. Elle tenait dans ses bras un enfant. Un jeune enfant, né dans l’année. Elle voulait ma bénédiction.

Sans leur boulanger, les habitants de la ville n’auraient pas de pain.

Une bénédiction. Je n’étais pourtant pas une ecclésiastique, même si je tâchai de remplir avec zèle mes devoirs religieux. Bien sûr, mon statut me rendait toute particulière à leurs yeux. Après tout, ma famille régnait par le droit divin.

Sans leurs soldats, les citoyens du pays n'auraient pas le sentiment de pouvoir s'endormir en sécurité.

Je m’arrêtai quelques instants, à son niveau. De ma main, j’effleurai le cou de l’enfant, le rapprochant de moi. Murmurant quelques paroles apprises à l’Eglise. Puis posai mes lèvres sur son front. Avant de reprendre mon chemin. Une grande réception n’attendait que moi, pour fêter mon quinzième anniversaire.

Et sans leur princesse, que n'auraient pas les sujets du royaume ?

Cette question m’obsédait. A chaque matin, à chaque prière. Je connaissais ma place, je connaissais mes devoirs, mais quel était le sens de tout cela ?

Quelle pierre suis-je dans cette montagne ?

Au fil des mois, au cœur des années passant, cette question silencieuse se muait en quête. Une quête de sens, et une quête de vie. Il me fallait imposer quelque chose, donner, apporter, depuis ma place. Mes sourires leur réchauffaient le cœur, désormais, ils devraient leur devenir aussi indispensable que le pain du boulanger. Ma présence, mes apparitions, tout en moi devait les ravir. Tel un jour de fête, tel le jeu qui accompagnait le pain, ils devraient m’attendre, se languir, acclamer mon arrivée. Ma simple présence devait briller comme le feu d’artifice dans le ciel nocturne. Eclairer comme le phare faisant revenir les bateaux des côtes lointaines, emplis de ces marins qui verraient, enfin, la ligne des terres familières, après tant de temps passé avec l’eau comme seul horizon. Ceux que les embruns sauvages avaient ramené jusqu’à la maison.


[à suivre]

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