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 Garder l'épée en plus de la couronne (pv Fiora, Rp Flashback)

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Luxanna Crownguard
Admin
Messages : 41
Date d'inscription : 21/05/2016
MessageSujet: Garder l'épée en plus de la couronne (pv Fiora, Rp Flashback)   Ven 7 Déc - 12:14

Je m’étire sur mon cheval et soupire profondément, puis me remet un peu plus d’aplomb sur la selle, et tire distraitement sur le voile doré accroché à mon armure. Entre mes jambes, Feu secoue son encolure et tape à plusieurs reprises sur le sol avec ses sabots. Comme souvent mon cheval et moi semblons partager le même état d’esprit à savoir l’impatience et un brin d’excitation.
Pourquoi donc ? La réponse est on ne peut plus simple, je vais aujourd’hui entamer l’une de mes premières missions en tant que Chevalier Rayonnant, je me sens plus fière qu’un Paon et plus sautillante qu’un chaton devant une boule de laine.
Ce n’est techniquement pas vraiment la première mission dans laquelle je suis impliquée, et elle se fera sous le chaperonnage bienveillant de Kahina, mais… je suis en théorie chargée de mener à bien notre objectif, de déterminer comment régler le problème pour lequel nous nous déplaçons et même de mener les entretiens avec les locaux ! En bref, je suis meneuse et responsable du bon déroulement de cette tâche, ce qui est déterminant pour la suite car si c’est une réussite je serai estimée apte à partir seule !
Je trépigne encore un peu sur ma monture lorsque Kahina, mon amie et néanmoins supérieure chevalier, arrive enfin dans la cour. Je lui accorde un de mes plus beaux sourires et certainement un des plus enthousiastes car elle sourit puis me déclare en riant.

"Je ne te demande pas si tu es prête ?"

Feu-astral se charge de lui répondre avec un brbrbrbrbrbrbr sonore et un gigotage éloquent d’oreilles, tandis qu’il tire doucement sur sa bride en direction du portail, sa queue battant l’air en mesure.

"J’ai tout préparé ! J’ai même fait des sandwichs au bœuf aux herbes pour midi !"

Kahina monte sur son propre cheval avec aisance et une fois en place lève les yeux au ciel.

"Par la Justice Lux, nous avons une intendante pour ça, et elle n’aime pas trop qu’on vienne piller sa cuisine d’ailleurs."

Je prends un air faussement contrit, l’intendante m’adore et ne cherche même plus à m’empêcher de venir depuis longtemps maintenant. Je marmonne quand même un peu, Kahina hausse un sourcil brun interrogatif tandis que nous nous mettons en marche vers notre destination. Je finis par craquer et lâche d’une petite voix en titillant une mèche de crins de mon cheval trop content de pouvoir enfin se dégourdir les jambes.

"Ouimaiselle étale pasbienlebeurre etaprèsils sonttropsecs surlesbords."

Mon amie glousse devant ma maniaquerie alimentaire, sujet de quelques quolibets au sein de l’ordre, personne n’ayant manqué le soin infini que je mets à préparer mes tartines au petit déjeuner.

"-J’espère que tu as mis le même soin à prendre la lettre de Sir Laurent mandant notre intervention et le matériel.
-Évidement ! Je ne suis pas une vétérante mais même Lestrin reconnait mon sens de l’organisation.
-Il ne reste plus qu’à travailler la spontanéité et nous ferons peut être un chevalier de toi alors…"


D’un geste très mature et professionnel, je tire la langue à ma supérieure qui rigole à nouveau, la physionomie de son visage un peu carré s'adoucissant soudainement. Oui certes, je ne manque pas de capacités mais j’ai toujours ce petit souci de naturel revenant au galop, mon esprit ayant beau être aussi carré que les épaules de Garen, il ne peut pas s’empêcher ponctuellement de se faire submerger par les élans de mon cœur de nounours en guimauve éprit de justice. Cela dit, c’est justement ça qui m’a permis de rejoindre les illuminateurs, enfin une gaffe de ce genre… qui aurait pu me coûter très cher et qui bien que je m’en sois trèèèès bien tirée, m’a néanmoins servie de leçon. Nous cheminons encore un moment avant que je ne sente cependant le besoin de me justifier un minimum.

"-Tu sais… je suis quand même plus prudente à présent.
-Je sais Lux, je plaisantais, et du reste, même avant tu faisais preuve d’une grande maitrise, nous t’avons aidé, mais pas tant que ça, de mon point du vue c’est surtout une manière d’utiliser justement tes dons que nous t’avons offert.
-C’est déjà beaucoup…
-Oui, avoir un véritable but dans la vie est précieux.
-Ce n’est pas seulement un but… c’est… c’est... de… bref, En tout cas j’ai vraiment à cœur de réussir cette mission ! En plus les Laurents sont une famille proche de la mienne, nous devrions être bien reçus."


Kahina ne cherche pas à me pousser plus avant dans la confidence, elle connait mon dilemme, elle est même une des rares personne à qui j'ai réellement pu me confier sur ce sujet, une des raisons pour lesquelles son amitié m’est si chère.

"-C’est pour cela que nous y allons toutes les deux et que tu viens en particulier, à priori ce qui rôde dans les terres Laurent ne demande pas une grosse intervention mais autant montrer à ces derniers que nous ne prenons pas leurs demandes à la légère tout en leur étant agréables.
-Ne pas contrarier une famille influente... Pour ça, aucun problème, je suis parée à ce genre de diplomatie depuis ma naissance."


Kahina hoche la tête en signe d’approbation, c’est effectivement un des avantages à se faire accompagner de la cadette des Crownguards, mon nom de famille est plutôt respecté à Démacia et mon éduction qui était d’avantage orienté vers la gestion et la politique à la base est tout à fait précieuse quand il est question d’avoir affaire à d’autres familles de haut lignage. Kahina n’a pas à rougir de son statut, et pour ma part j’estime sa présence plus had hoc que celle d’une chevalière en herbe, même avec un nom qui en jette, mais certaines petites manies ont la vie dure. Heureusement pour elle Kahina possède un charisme indéniable et long corps aux muscles déliés par des années de pratique de l'épée qui la rend assez impressionnante dans son armure... Pas autant qu'un Garen deux fois plus large, mais tout de même...
Pour ce qui est de notre mission, les nouvelles du temple des illuminateurs le plus proche ne sont pas alarmantes et n’auraient en temps normal certainement pas valu de déplacer deux chevaliers, mais rendent cette situation parfaite pour faire un test de mes capacités tout en démontrant que le sérieux et l’implication de l’ordre sont toujours de mise.
Nous continuons notre chemin dans un silence relatif, accordant le plaisir d’un ou deux galops à nos montures impatientes, le reste du voyage se déroule sans évènements particulièrement marquant et nous atteignons notre destination le lendemain assez tard dans la soirée. La question se pose alors de savoir si nous devons saluer les Laurents malgré l’heure tardive ou passer la nuit au temple et les voir demain matin. Désirant respecter la vie privée de la famille, nous optons pour la seconde solution, non sans avoir envoyé un message aux maitres des terres, ce qui nous permettra d’être un peu plus présentables demain matin tout en respectant les convenances. Notre chevauchée a été intense et la poussière des routes ne nous a pas plus épargnée que la fatigue. Nous nous endormons rapidement, sachant que nos frères illuminateurs prendront soin de nous réveiller à l’aube afin que nous puissions présenter nos respects à Sir Laurent dans les meilleurs délais.


Dernière édition par Luxanna Crownguard le Lun 21 Jan - 10:42, édité 2 fois
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Fiora Laurent
Messages : 26
Date d'inscription : 11/03/2018
MessageSujet: Re: Garder l'épée en plus de la couronne (pv Fiora, Rp Flashback)   Lun 17 Déc - 10:51

Autour de la table, aucun bruit ne dérangeait le tintement léger des cuillères dans les bols. Les servants s’affairaient en silence à retirer ou déposer des plats, remplir les verres, débarrasser la vaisselle sale.
La tension était palpable. Théodor Laurent, en maître de maison, soutenait d’un regard ferme celui de sa fille, située a l’exact opposé de la longue table de chêne, sous les regards mal à l’aise de ses trois fils et de sa femme. La situation n’était pas inhabituelle, et on ne comptait plus les conflits qui opposaient Fiora à son père. Les disputes s’enchainaient parfois sans entracte - Pourtant, il semblait qu’au final, rien ne pourrait séparer la cadette de son paternel.

Sans grand étonnement, le sujet était toujours le même. Fiora luttait, insistait chaque jour auprès de son père pour avoir la possibilité de prendre part aux conseils, participer à la vie politique, a la gestion des terres Laurents. Elle voulait être actrice de cette famille. Et chaque jour, son père lui refusait ce genre de responsabilités.
La former au maniement de l’épée n’était pas selon lui une erreur – Elle était beaucoup trop déterminée et douée pour qu’il l’en empêche. Lorsqu’il voyait sa fille, Théodor voyait une battante, une dure. Mais lui donner ce rôle-là, il avait trop de mal à lui accorder.

Alors, Fiora avait commencé à fouiner. Elle se mêlait de ses affaires, guettait et sondait ses frères pour en savoir plus, et enfin, elle agissait, sollicitait son attention, lui proposait des plans d’action lorsqu’elle en avait l’occasion. Et cela, son père ne pouvait même pas lui reprocher. Elle avait cette sensibilité pour le maintient de l’ordre, qui lui donnait un talent dans ce travail. Alors, de manière très sporadique, il lui permettait des interventions.

Mais ce soir, elle tentait encore de pousser les limites de son implication. Il l’avait mise au courant d’une affaire qui prenait de l’ampleur depuis deux semaines, dans leur ville, ici, à Miriara. Des vols, saccages, intrusions, des infractions en tout genre, aussi régulières qu’on n’en avait jamais vu par ici. Les marchands n’étaient plus rassurés tandis qu’un voleur virulent et visiblement très doué sévissait. Or, malgré des recherches et inspections maintenant quasi-constantes, l’inconnu restait insaisissable.

Fiora avait alors foncé sur l’occasion. Elle avait commencé à mettre en œuvre des plans, elle avait pris des initiatives, jouant de son caractère - ainsi que de son nom – pour réunir de quoi trouver le coupable.
Mais la situation s’était complexifiée. Des premiers indices concrets avaient été prélevé lors de la dernière infraction. Le chien de garde de l’épicerie avait été retrouvé mort, au milieu des marchandises éparpillées sur le sol. Son corps était recouvert de morsures, et certaines parties avaient été dévorées, mais surtout, des résidus organiques – semblables à de la bave ou du sang – coulaient des plaies, comme un suintement. La couleur verte fluorescente, et sa texture semblable à celle d’un fluide vaporeux ne faisait aucun doute : Un être magique s’était introduit dans la ville. Ça n‘était à rien n’y comprendre.

Lorsqu’il l’apprit, Théodor envoya sans tarder une missive à la capitale, mandant la venue dans les plus brefs délais de membres de l’Ordre des Chevaliers Rayonnants, et prit soin de cacher cette découverte à sa fille, qui n’y échappa pourtant aucunement. De cela avait découlé une réclamation indignée de Fiora, et de ce violent désaccord découlait directement l’ambiance tendue de cette soirée au manoir Laurent.

Le repas finit dans le silence, toujours, puis Théodor s’enferma dans son bureau.
Cependant, à peine une heure plus tard, on toqua à la porte. Une lettre à destination du maître de maison était arrivée. Théodor apprit que les Illuminateurs venaient tout juste d’arriver en ville. Ils seraient au Manoir le lendemain, à l’aube.
Alors qu’il posait la lettre sur son bureau, Fiora fit son apparition sur le pas de la porte. Elle était droite, les mains jointes, et semblait vouloir à nouveau s’entretenir avec son père.

« - Oui Fiora ? »
Son ton était dur, mais il accordait en vérité un grand intérêt à savoir ce que souhaitais ici sa fille.

« - Père. Je souhaite m’excuser pour notre altercation. J’ai conscience de mon inexpérience dans votre domaine, et je ne demande qu’à apprendre cela. Sachez que je ne souhaite que de vous aider, et faire prospérer notre maison. »

Fiora, elle, ne présentait d’excuses que très rarement, et en considérait son père comme l’un des uniques méritants. Elle était mal à l’aise, mais elle ne lâcherait pas l’affaire. Elle avait confiance en ses pistes.

« - En vérité, je souhaitais dérouler mon travail fait sur cette affaire car je pense avoir trouvé un lien ave… »

Le maitre de maison l’interrompit. Il était fatigué pour ce soir, et la connaissance qu’elle avait de la situation était à présent la preuve que sa fille ne lâcherait pas cette affaire. A présent, il le savait.

« - Arrête-toi, ma fille. » Il se frotta les yeux d’une main. « Bien. Je vais t’accorder une faveur. Tu m’accompagneras sur cette affaire. Soit. Mais que cela soit bien clair, Fiora. Tu devras m’écouter sans discuter. Tu seras là sous mes ordres, comme une apprentie. A la moindre faute, tu sais ce qui t’attendra. »

Comme frappée par un éclair, Fiora se redressa un peu plus, si cela était possible, puis afficha un léger sourire satisfait.

« - Père, je ne vous décevrais pas.
- Nous recevrons demain à la première heure deux membres de l’Ordre des Chevaliers Rayonnants. Tu connais la situation, assure toi d’être au point demain. Je veux te voir parée avant 5 heures, tu connais mes habitudes. Et évite de prendre les devants. C’est moi qui mènerais le dialogue. Nos visiteurs seront des professionnels, je compte sur toi pour faire bonne impression. »

Sans hésitation dans la voix, Fiora répondit en hochant vivement de la tête.

« - Bien, Père. Vous avez ma parole. »

Sans plus attendre elle tourna les talons, son sourire flottant encore sur ses lèvres.
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Luxanna Crownguard
Admin
Messages : 41
Date d'inscription : 21/05/2016
MessageSujet: Re: Garder l'épée en plus de la couronne (pv Fiora, Rp Flashback)   Lun 21 Jan - 10:36

J’ai les cheveux dans les yeux, ces derniers bouffis de sommeil, et ma mâchoire sur le point de se décrocher n’est qu’une autre preuve du fait que je ne suis définitivement pas du matin. Encore en chemise, je m’accorde un nouveau bâillement tandis que j’enfile mon pantalon et sirote le thé noir et fort préparé par un frère et la tartine de pain de seigle grillé généreusement beurrée qu’il vient de m’apporter. Kahina entre sur ces entrefaits, ses cheveux parfaitement nattés collés contre son crâne, un grand sourire dégageant ses dents blanches, une tasse du même thé à la main. Nous nous regardons de haut en bas et un léger rire s’échappe de ses lèvres épaisses.

"Chevalier Crownguard, tu as cinq minutes pour finir de t’habiller…"

Toujours aussi mature, je lui tire la langue et me retourne pour enfiler la tunique moulante que je porte sous l’armure. J’ai beau ne pas être matinale, elle sait parfaitement que je serai prête à temps, mais ne peut se passer du plaisir de me taquiner un peu. Il ne me faut pas plus de 4 minutes pour mâchouiller le reste de mon frugal petit déjeuner et enfiler mes bottes puis la quasi intégralité de mon armure. Kahina me prête main-forte pour une ou deux attaches peu commodes et après m’être brulée la langue pour finir mon thé avant elle, je lance d’un ton triomphant avant de filer dans les écuries.

"Hu traine h’ai fini havant toiii !"

La connaissant ses yeux touchent le ciel tant elle les lève mais peu importe, petites blagues à part nous partons alors que les premiers rayons du soleil pointent leur nez rose au-dessus des collines et sommes à la porte de la famille Laurent pile à l’heure. Un majordome tiré aux quatre épingles nous introduit dans le château puis après moult détours dans les couloirs à la décoration aisée de la demeure, dans le bureau du Patriarche qui semble frais et dispo comme s’il était debout depuis des heures… décidément le gène des lèves tôt existe dans toutes les familles démaciennes sauf chez moi. A ses côtés se tiens une jeune femme, je l’étudie brièvement et lui donne environ mon âge, un peu plus sans doute, encore que cette impression vient peut-être de son attitude, elle se tient extrêmement droite, comme si un fil la tenait depuis le plafond. Je jauge un moment ses vêtements de bonne qualité et bien coupés puis les traits de son visage que l’on retrouve en partie dans ceux de Théodor Laurent, associé à sa présence ici et ce que je sais de la composition de la famille Laurent –Branche principale-
Je souris, avant de m’incliner et de lancer les salutations que j’ose espérer aussi adéquates que mes déductions.

"Sir Laurent, …Miss Laurent, c’est un honneur. Permettez-moi de me présenter, je suis Luxanna de la Maison Crownguard et voici Le Chevalier Kahina."

J’ajoute un autre sourire pour la forme tandis que le cliquetis de métal derrière moi annonce l’inclinaison de Kahina qui, doit sans doute être aussi impeccable et martial qu’elle. Mon visage prend un air soudain plus sérieux alors que je rentre, en quelque sorte, dans le vif du sujet.

"Merci de nous recevoir de si bon matin, nous sommes à votre disposition pour régler le plus rapidement possible le problème qui vous a fait nous mander, avec votre permission nous aimerions d’ailleurs avoir plus de détails sur cette affaire afin de commencer notre enquête, votre missive faisait état de vols de nature... inhabituelle ?"

En réalité nos frère illuminateurs nous ont déjà dit beaucoup si ce n’est tout ce qu’il y a à avoir sur les évènements qui se sont déroulés, les ragots allant vite nous sommes même au fait de la dernière attaque et de la mort étrange du pauvre canidé, ce qui a d’ailleurs relevé d’un cran notre niveau d’alerte, mais il est important de savoir ce que sait Sir Laurent de même que la manière dont il entend traiter la chose et s’il y a des détails supplémentaires qui ont échappé aux oreilles de nos frères. Accessoirement aussi j’aimerai savoir pourquoi sa fille –je subodore toujours que c’est bien elle- est présente, mais j’imagine que les réponses vont bientôt pleuvoir.
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Fiora Laurent
Messages : 26
Date d'inscription : 11/03/2018
MessageSujet: Re: Garder l'épée en plus de la couronne (pv Fiora, Rp Flashback)   Sam 9 Fév - 22:27

La petite flamme vacille, et le son feutré casse imperceptiblement le silence qui encombre la pièce. Assise au bord de mon lit, je noue avec hâte les lacets de mon bustier gris. Il fait encore nuit dehors, et ma fenêtre donne sur la lune qui coule doucement vers l’horizon. En la contemplant, je pense à la journée qui m’attend, et les suivantes qui l’accompagneront. Cette affaire est mon opportunité. Je dois y faire mes preuves. Il n’y a pas d’autres version possible de l’histoire.

Je me tourne vers le grand miroir, et fixe mon reflet. Je fronce les sourcils, et noue rapidement mes longs cheveux noirs en une queue de cheval haute. Je regroupe mes affaires, traverse la salle, faisant grincer le plancher que je connais par cœur, puis m’en vais retrouver Père.

En bas, comme à l’accoutumée, la maison est déjà en pleine effervescence. Comme à l’accoutumée, chaque domestique est affairé, et l’odeur émanant des cuisines semblent déjà nous promettre un déjeuner des plus raffinés. Et père, comme à l’accoutumée, se situe là, au milieu de tous, dictant ses moindres désirs avec autorité et calme, impeccable comme s’il avait fait cela toute la nuit. Seul change le contexte, ce matin. La réception de deux chevaliers de la Capitale, mandés par Sir Laurent lui-même… Telle est la raison pour laquelle on a sortis les draps parfumés au jasmin, prêts à recouvrir les lits des plus belles chambres d’invités du manoir. Telle est aussi la raison de la mise en place des chandeliers dans la grande salle de dîner, ou même de la présence plus que flagrantes d’étendards demaciens aux portes de presque chaque pièce…

Oui, Théodor Laurent est le genre d’homme à recevoir en grandes pompes, quelque soit l’invité. Ses fêtes sont mémorables, et ses dîners mondains réputés à travers le pays.

Mais aujourd’hui, toutes ces courbettes me semblent plus que jamais futiles. Seule m’importe la venue des chevaliers. Au diable le déjeuner, au diable cette perte de temps insupportable. Père dit que cela est nécessaire dans notre société. Je dis – du haut de mes 18 ans - que cela est usant.

Après un rapide signe à mon géniteur, je m’en vais préparer les montures pour le départ imminent. Les invités ne devraient plus être long : les premiers rayons percent à travers les larges vitres du grand couloir latéral.

« Ralentis le pas, Fiora ! Prend ton temps pour prendre des décisions. Ne t’agite pas ainsi ! » Imite-je mon père en entrant dans les écuries, me sachant ridicule, mais seule avec les chevaux.


-   0   -


Nous sommes dans le bureau de père lorsque l’on fait entrer les deux chevaliers. Milon, notre majordome, les fait venir à nous, et, sans rien en laisser paraître, je suis surprise de découvrir une très jeune femme entrer la première.

Blonde, un peu gauche, mais fraîche et le visage éclairé, elle m’apparaît comme une petite fille qui n’a pas conscience du monde d’adultes dans lequel elle s’est impliquée. Je la fixe tandis que son regard navigue entre moi et mon père, et je note qu’elle s’attarde plus sur ma personne, tout aussi intriguée que moi - mais moins discrète.

La femme qui entre à sa suite est, elle, au contraire, grande et charismatique. Elle semble expérimentée, mais il est très clair dans la situation actuelle que la jeune est la meneuse. Je me sens raidir à cette pensée. Cela n’augure rien de bon.

Alors que les deux chevalières s’inclinent, nous les imitons, tandis que la jeune – Luxanna, d’après ses dires – s’introduit. Elle est donc une Crownguard. Son prénom me disait bien quelque chose… Malgré l’appréhension qui ne me quitte pas, je vais devoir la ménager, et, dans l’idéal, je me devrais même lui rendre une première impression agréable. Avoir des contacts pareils au sein même de la capitale est toujours appréciable.

« Mesdames, je vous souhaite la bienvenue dans notre demeure. Vous ne connaissez certainement pas ma jeune fille, Fiora, qui nous accompagnera aujourd’hui. Elle a une connaissance aussi étendue que moi de cette affaire. Elle sera, je l’espère, utile à nos démarches durant notre investigation. »

Malgré moi, je tique au qualificatif que m’octroie Père, tandis qu’il appuie son propos un regard pour moi, à la fois sévère, intransigeant et bienveillant. Ce genre de regard qu’on ne connait que pour l’avoir reçu toute son enfance. Pour qui me fait-il passer ?! Avant qu’il ne reprenne, je m’incline face aux deux femmes, mais n’ajoute rien.

« Puis-je vous proposer de partir immédiatement ? Nos chevaux sont prêts, nous nous dirigerons immédiatement vers le centre-ville. » Il s’éloigne avec un geste vers la sortie de la pièce, non sans un regard équivoque à mon égard m’intimant d’aller chercher les montures. Il reprend ensuite, presque hors de portée de mes oreilles. « Voila les faits que nous avons jusqu’ici pu relever jusqu… »

Petit à petit, le son s’éteins alors qu’ils tournent au bout du couloir. Pour ma part, je fulmine intérieurement. Il me met hors de moi ! La discussion devient intéressante au moment même où je ne peux y participer !! Dans un geste rageur, je ferme la porte en la claquant, puis prend la direction opposée.


-   0   -


Je sors à peine de l’étable, et toujours aussi remontée, j’aperçois le groupe près de la fontaine centrale, devant le grand escalier extérieur. Cette petite gourde semble rire à une phrase que vient de finir mon père.

Celui-ci a toujours eu un franc succès en société. Toujours suffisamment autoritaire et sec, avec l’exact quantité de subtilité et de douceur pour ne pas paraître froid. Et ce sourire, celui qu’il injecte avec parcimonie dans ses expressions faciales… Comme une arme secrète face au moindre doute qu’il pourrait apercevoir chez ses interlocuteurs ; et enfin, le trait d’humour suffisant pour toujours conserver une entente cordiale mais chaleureuse. Il est – et a toujours été – cet affreux, cet insupportable, cet excellent charmeur de foule que j’admire sans jamais pouvoir m’en détacher.

Les deux brides en main, je m’approche tranquillement d’eux.
Je n’ose imaginer ce que vient faire une novice de cet âge-là, mener une investigation, mais je ne peux qu’espérer que la plus vieille sera là pour s’assurer de l’efficacité de la première. Néanmoins, je sais que je vais devoir lutter contre moi-même si je veux répondre aux attentes de Père. Rester de marbre face à elle va être une épreuve de plus.
Mais qu’importe. Qu’est ce qu’une épreuve sans un peu de challenge…
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