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 SOS, princesse en détresse [fini]

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Jarvan Lightshield IV
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Date d'inscription : 03/02/2018
Age : 27
Localisation : Demacia
MessageSujet: SOS, princesse en détresse [fini]   SOS, princesse en détresse [fini] EmptyMer 9 Jan - 0:23

C’est bien trop tranquille…

Il m’est déjà arrivé de vouloir le repos. De rester dans un coin d’une pièce, à l’abris de tous les regards et de toutes étiquettes pour me consacrer à des travaux plus “artistiques”. Si, je sais faire certaines choses… Lorsque l’on vit dans un palais et que l’on vous fait étudier, on soigne également votre culture. J’ai aussi bien appris la stratégie que l’instrument de musique, la lecture ou la peinture… Même si j’ai préféré l’entraînement martial, lire permet un détachement et un repos luxueux. Je dis ça, car je ne sais même pas en profiter à fond.

Je me lasse vite… Même si cet ouvrage est très intéressant, l’envie de m’entraîner revient à la charge. Ou tout simplement l’envie d’accomplir une affaire. Il arrive que je reste pendant des semaines entières le nez dans la gestion ou sur le terrain. Le repos est donné aux braves qui ont déjà tout accomplis…
Je soupire longuement. Je devrais en profiter un peu, pour une fois que je peux finir un livre, je ne vais pas m’en priver. Mais… C’est bien trop tranquille. Il se passe forcément quelque chose. Je fronce doucement les sourcils alors que j’arrive à un moment clé dans l’histoire, une action qui vous tient en haleine, aussi épique, chevaleresque. C’est un auteur démacien à n’en pas douter, mais j’y trouve une part de poésie que l’on ne trouve pas au bout d’une épée. Le plus intéressant se trouve dans le réalisme des descriptions des régions traversés au long du récit c’est…
Je me redresse, levant le nez vers les étagères de la bibliothèque. Je me demande si… J’attrape un fichier en cuir renfermant des cartes de la région. Je me demande si cet auteur n’est pas allée dans cet endroit, juste là, où il nous manque quelque élément… C’est une partie un peu sauvage, il serait intéressant de… Je soupire. Ce n’est pas vraiment une affaire urgente mais …
- Mon prince ?

Je le savais. C’était bien, vraiment, trop tranquille.
- Entrez !
- Veuillez m’excuser pour le dérangement - Un homme vêtu de bleu et d’une grande cape grise entre, portant un insigne - Il s’est passé quelque chose… C’est une affaire secrète qui doit rester entre nous et le Roi. Il demande à vous voir sur ce sujet.

Je repose le fichier et referme le livre que je dépose dans un coin, parmi les nombreux ouvrages que je n’ai pas pris le temps de finir de lire. En me tournant vers le messager, je constate rien qu’à son regard que cette affaire est très loin d’être anodine. Je ne lui en demande pas plus et je me hâte vers la salle du trône où se trouve mon père le Roi. En entrant, je salue la garde royale ainsi que les conseillers de la Cours. Je remarque la présence de la famille Crownguard et d’une garde d’élite … Xin se tient debout aux côtés de mon père, assis sur le trône, l’air grave. En me voyant, il fit un signe de la main et tout le monde sort de la pièce. Seuls Le chef de la famille Crownguard Peter, sa femme Augatha, le Roi et son Sénéchal, une inconnue et moi restent. Un trop petit comité pour ne pas me laisser soucieux de ce qui allait venir… Je ne manque pas de m’incliner respectueusement devant chaque conviés, et je m'attarde vers l’inconnue.
- Mon fils, je te présente Kahina, elle fait partie de l’Ordre des Illuminateurs, Présenta le Roi.
- Très enchanté, Répondis-je à l’intéressée, qui en fit de même.
- Je t’ai vaguement parlé de son rôle, mais nous y reviendrons… Je t’ai fait amené ici pour une affaire… préoccupante.

Je fronce légèrement les sourcils lorsque mon père a mentionné cet Ordre, mais je laisse l’information dans un coin de ma tête. Je me tourne vers les nobles Crownguard dont les visages se sont assombris.
- De quoi s’agit-il ?, M'enquiers je et c’est Kahina qui me répondit :
- Cela fait plusieurs jours que je n’ai plus de nouvelles de Luxanna et… cela ne lui ressemble pas du tout, je suis venue partager mes inquiétudes auprès de vos nobles personnes…
- Elle était en mission ? , Demanda Seigneur Peter.
- Pas du tout, mon Seigneur, Répondit-elle. Il lui arrive de partir s’aérer, loin des murs protecteurs de notre cité, prendre le grand air et avoir un peu plus de paysage sous les yeux… Mais elle prend toujours soin de me prévenir ou au moins de me faire parvenir un message. Mais il s’est passé pas mal de temps sans que je ne reçois ni un mot, ni un seul signe de sa part...

Ces mots me transpercent comme une flèche en pleine poitrine. Mais mon père ne me laisse pas le temps de m’exprimer :
- C’est en effet surprenant et je partage vos inquiétudes, Chevalière Kahina. L’élite que vous avez vue tout à l’heure sont déjà prêt à lancer des recherches et à sillonner les alentours. C’est peut-être excessif, mais aux vues des récents événements qui se sont produit dans la cité, je préfère me montrer prudent. Je crains toujours le pire surtout lorsque cela concerne un membre de la Haute.
- Je tiens à participer aussi dans ces recherches. Je connais bien les alentours et…

Je m’arrête. Le regard du Roi s’est durci et je ne sais que trop bien ce qu’il va me dire. Alors j’anticipe mon argumentation :
- Je serais plus efficace que n’importe qui ! Je connais ses habitudes, je saurais par où comm-
- Cette fois, c’est non. On ne sait rien de la situation, ce n’est peut-être pas aussi grave, même si on peut toujours imaginer pire.
- Justement ! Je …

Je lance à mon tour un regard dur, mais je me reprends bien vite alors que Jarvan III perd patience.
- N’insiste pas.
- Bien, mon Roi, Finissais-je par dire m’inclinant devant lui.

Il fait signe à son Sénéchal, Xin Zhao, pour qu’il me raccompagne. Nous croisons à la sortie des femmes et des hommes des services d’élites. La suite de l’histoire, je la connais… Ils vont ratisser chaque recoin potentiel où peut se trouver Lux. Mais ils n’iront pas forcément là où je pensais la chercher.

Je m’arrête au milieu du couloir, Xin me laissant à mes contemplations. Je jette un coup d’oeil derrière mon épaule, et je le vis me lancer un regard, inclinant sa tête, puis repartir vers la salle du trône. Je fais lentement demi tour, restant sur place à observer le ciel, au travers d’une fenêtre aux bords sculptés. Il a voulu me dire quelque chose, sans aucun doute. C’est souvent comme ça qu’il procède… Il n’irait pas s’opposer aux décisions du Roi, mais il me connaît que trop bien. Il sait m’écouter et lorsqu’il le faut sait aussi me donner les meilleurs conseils. Le temps a bien passé depuis nos premières passes d’armes lors des entraînements. J’étais farouche et déjà prêt à défendre Demacia. Mais il m’a prouvé plus d’une fois que foncer tête baissée n’amène qu’à l’échec, et que la réflexion et l’étude du combat de son adversaire est une mine d’information. Connais ton adversaire, et te connaître toi…
C’est parce qu’il me connaît aussi bien qu’il m’aurait dit : “Vous faut-il vraiment une autorisation de son Altesse pour aller secourir une amie ?
Ce ne sera pas une mince affaire, et j’ai conscience des risques. Si quelqu’un ou quelque chose a retenu aussi longtemps Luxanna, si mes doutes sont fondés, il se peut que les ennuis me retombent dessus. Mais je prends entièrement la responsabilité de ma désobéissance, et de tous les risques. Je ne compte pas rester les bras croisés à ne pas savoir ce qui lui est arrivé…

Je pars rapidement, rassemblant quelques bricoles et de quoi tenir pour le voyage. Choisissant mes meilleurs hommes, nous partons dans l’heure, sans que personne ne soit au courant. Même si je sais que cela ne passera pas inaperçu longtemps, au moins je serais déjà sur les traces de Lux. J’espère qu’elle va bien…


***


Au galop, les chevaux nous amènent dans les profondeurs des terres sauvages de Demacia en une journée et quasiment une nuit. Nous avons pris le temps de nous reposer et nous sommes reparti au trot. D’après les services de renseignements, Lux voyage souvent dans ces environs et c’est à partir d’ici que je vais entamer mes recherches… Mes hommes commencent à douter de la fiabilité de ces sources, mais mon entêtement leur redonne de l’espoir. Je n’abandonnerais pas tant que je n’aurais pas la preuve que c’est peine perdue, ou qu’elle est en parfaite santé. Je veux m’en assurer, surtout pour elle…

Nous nous enfonçons dans les terres, là où peu de démaciens vont. Arrivant aux pieds d’une falaise, l’insigne en pétricide que j’ai emprunté s’illumine très légèrement, ce qui signifie que nous avons trouvé une légère trace de magie. Bizarre… Pourquoi ? Qui pratiquerait la magie ici ? Je continue de chercher, bravant mes craintes. Il se peut qu’un ou plusieurs mages traînent dans le coin… S’ils se montrent hostiles, je n’aurais pas d’autres choix que de me défendre. Demacia a ses lois, et même si certains sont contestables, elles sont là pour protéger le peuple. Mes hommes me suivent, et je sais qu’ils me suivront jusqu’au bout du monde. Mes craintes se dissipent, mais plus nous avançons et plus je commence à ressentir quelque chose sur la poitrine… Mon armure… Elle a été conçu en partie dans le fer démacien avec quelque morceau de la pétricide, censée me protéger contre la magie. Je ne pensais pas un jour ressentir de telles étrangetés. C’est comme si j’avais des picotements dus à un engourdissement…
- Mon Prince… Par ici - Un de mes soldats me montre une direction alors que son insigne brille un peu plus - Je ne sais pas si cela nous aidera à trouver Dame Luxanna, mais on tient quelque chose.
- Bien, allez-y. Je m’assure que l’on a rien négligé ici.

Ils acquiescent et partent devant, tandis que j’observe la falaise… Quelque chose est louche dans ce coin et je préfère m’assurer que rien d’anormal ne s’y trouve. Je fais le tour de la falaise, débouchant sur un chemin à l’étroit et rocheux. J’arrive sans mal à me faufiler, restant sur mes gardes, ma lance prête à frapper. C’est un endroit parfait pour tendre un piège. Je redouble de prudence alors que mon armure semble me prouver qu’une magie est à l’œuvre ici… Mon cœur bat plus vite et je me rends compte que je fais face à l’inconnu. J’ai déjà pu voir la magie, ce qu’elle est capable de faire… C’est monstrueux et nul ne devrait s’en servir sans y être initié. On raconte des atrocités sur les mages, qu’ils sont des monstres et qu’on ne peut pas leur faire confiance. Je ne sais trop quoi croire, et toutes mes pensées sont tournées vers Lux. Peu importe si je dois affronter des monstres, des hommes ou des dragons, je le referais mille fois. Et s’il faut affronter le monde entier, je le ferais également. Pourvu que tout ceci n’est que pure hasard, que Lux est loin d’ici, en sécurité...



[Inspiration d'écriture : https://www.youtube.com/watch?v=V9kX1kxCzHU ]

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Dernière édition par Jarvan Lightshield IV le Mer 30 Jan - 15:14, édité 1 fois
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Luxanna Crownguard
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MessageSujet: Re: SOS, princesse en détresse [fini]   SOS, princesse en détresse [fini] EmptyLun 21 Jan - 15:57

L’esprit vagabond je sirote ma tisane tout en marquant dans mon journal mes dernières observations dans un langage codé qui m’est propre, Feu broute tranquillement à coté, débarrassé de sa selle et du reste de son harnachement. Je m’étire et me lève tout en relisant mes notes sur mes dernières expériences en matière de magie, raison du code cryptique et pénible que je m’oblige à utiliser de peur que quelqu’un ne tombe sur mon abominable secret. Je soupire et me pince l’arête du nez en me rasseyant et range le précieux volume dans ma besace.
Munie de la branche que j’ai choisie pour tisonner mon petit feu de camp, je fais jaillir de minuscules étincelles de ce dernier tout en me laissant aller à un léger spleen, comme à chaque fois que le sujet de la magie vient à mon esprit, et comme souvent me revient des images de ce jour-là en particulier… Je ferme les yeux et tente de faire refluer une larme tandis que le rouge envahit mes pensées. Je serre le poing, serre encore un peu plus fort, puis relâche ce dernier et enroule mes bras autour de mon corps tandis que mon regard se perd à nouveau dans les flammes.

"Tu ne pouvais pas savoir…"

Je secoue la tête comme pour me débarrasser physiquement de ce souvenir en particulier, j’aimerai tellement que ce soit si simple. Feu s’ébroue, ce qui me donne la force de penser à autre chose un bref instant. Je m’appuie sur ma selle posée soigneusement au sol sur la couverture de Feu et sort un autre carnet plus petit ainsi qu’un fusain et croque quelques images qui me passent par la tête, à commencer par mon destrier que j’affuble d’une paire d’ailes arachnéennes le transformant en créature fabuleuse de papier.
Pendant un bon moment seul le faible frottement du fusain sur le papier, les mastications de Feu Astral et les quelques feuilles des buissons déplumés par une ou deux de mes expérimentations de micros explosions de lumière se font entendre. Je suis concentrée sur un détail, alias l’apophyse zygomatique de mon modèle, lorsque que la clairière me semble exploser soudain et qu’une bande dépenaillée de bric et de broc me tombe dessus à bras raccourcis.
Je n’ai pas le temps de m’interroger sur –pourquoi diable est-ce que je ne les ai pas entendu ? - mais aussi –qui sont-ils ?- que je suis déjà en train de planter mon fusain approximativement dans l’œil du premier qui essaye de m’attaquer. J’amorce un mouvement pour m’emparer de mon bâton dissimulé sous la couverture et la selle mais déjà un second s’approche et je dois rouler sur le côté pour lui échapper. Celui-ci se récupérera mon tison dans les parties molles en attendant que je récupère mon arme.
Les cris de douleurs de mes assaillants m’arrachent un bref sourire de satisfaction et une pierre sur ma route se retrouve lancée avec une certaine adresse sur un troisième larron déjà à moitié aux prises avec mon cheval affolé qui rue et botte à outrance tout ce qui passe à portée. Je suis sur le point de lancer une attaque d’ordre un peu moins ordinaire, mes yeux commençant à briller un peu plus qu’ils ne le devraient lorsque qu’une douleur me transperce entre les scapulae et me vrille au sol que je tentais justement de quitter.

"Haaarrrrrrrrr !"

Je sens un liquide chaud couler le long de la peau de mon dos et un vent frais caresser la plaie faite par quelque chose qui n’a rien de normal… Magie, je ressens soudain toute sa présence autour de moi, toutes les personnes qui m’attaquent brillent métaphoriquement plus que la moyenne, en revanche ne je pense pas qu’ils sachent ce dont moi je suis capable… he bien soit, je n’ai pas besoin d’une armure pour me battre contre des mages qui emploient leurs dons à mauvais escient. Je roule à nouveau, sentant les brins d’herbe qui rentrent dans ma chair meurtrie au travers de ma tunique déchirée, je vais pour projeter un éclair aveuglant et un bouclier de protection le temps de me relever et de faire mon devoir lorsqu’une douleur infini transperce ma tempe et que je tombe dans les ténèbres absolues sans avoir pu faire plus que gémir.

- C’est bon, elle a son compte! Tu parles d'une furie!
- Regardes sa besace !
- Déjà fait, il y a rien dedans, que des bouquins du thé et quelques gâteaux.
- Caius qu’est-ce que tu fais ?
- Le cheval s’est fait la malle en me laissant un souvenir…


Une certaine douleur se fait entendre dans cette voix.
- Laisses le, il doit déjà être trop loin, on va la fouiller, sa bourse doit être …Merde !
- Quoi ?
- Je connais cette tête putain.
- On s’en fout, vu ses vêtements et le cheval elle doit avoir du fri…
- LA FERME ! On vient de tomber sur bien plus important que de l’or ou de la bouffe pour nous ravitailler.
- Quand même la bouffe…
- La ferme j’ai dit.


Une main pleine de corne écarte doucement les mèches folles qui couvrent en partie le visage de la jeune femme blonde, tâtant doucement sa tempe et le cuir chevelu duquel suinte un filet de sang.

- C’est bien elle…
- Qui ?
- Luxanna Crownguard…
- Crownguard… attend, c’est pas celle qui…
- Si…
- Qu’est-ce qu’on en fait ?
- On l’emporte avec nous, et on contacte Sylas, interdiction de la toucher, emportez ses affaires, laissez la selle on ne pourra de toute manière pas la revendre avec les armoiries dessus, balancez là dans un coin et éteignez ce putain de feu, personne ne doit savoir qu’elle était là.


Ainsi fut fait, le feu éteint, la selle lancée par-delà la falaise avec la couverture et le bâton, la jeune fille attachée et bâillonnée se retrouve portée en travers de deux larges épaules tandis que du campement il ne reste plus que les restes d’un ancien feu de camp, des traces de piétinement d’une brève bataille, et un peu de sang sur l’herbe.
Plus tard les feuillages laisseront passer la tête d’un cheval perdu, revenu de sa folle cavalcade pour retrouver sa maitresse enlevée et humant l’air à la recherche de cette dernière lorsqu’un bruit annoncera l’arrivée d’un nouvel acteur dans le drame présent.
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Jarvan Lightshield IV
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MessageSujet: Re: SOS, princesse en détresse [fini]   SOS, princesse en détresse [fini] EmptyMar 29 Jan - 21:31

Je m’avance avec prudence. Il ne me faut pas plus de quelque minute pour arriver au bout du chemin. En entendant un déplacement, je me raidis et j’attendis. Aux aguets, je peux discerner des sabots mais rien d’autres qui trahissaient la présence de personnes. Alors je lève ma lance, prêt à toutes éventualités avant de me montrer. Rien. Personne n’est dans le coin, hormis un cheval qui se déplace en cercle, hennissant nerveusement. Regardant autour de moi, je m’approche de lui pour lui présenter une main qui se veut rassurante. Il s’arrête et me regarde, humant l’air, et son museau finit par rencontrer cette main amicale. En l’observant mieux, je le peux reconnaître, c’est bien Feu Astral qui se tient devant moi. Je fronce les sourcils, soucieux… S’il est ici…

Je me retourne, silencieux. A nouveau je constate fatalement que nous sommes seuls. Je sillonne la zone à la recherche d’un quelconque indice. C’est un endroit idéal pour s’y arrêter et faire une pause dans son voyage… Cependant c’est également une bonne planque pour faire une embuscade. Je remarque les restes d’un petit feu mais les traces autour attirent particulièrement mon attention. Il s’est fait éteindre rapidement, d’un bon revers du pied. Les cendres sont encore chaudes… Elle n’est donc pas partie depuis longtemps. Parti ou…
Comme si les doutes ne suffisent pas, les indices m’indiquent qu’il y a eu lutte. Aucun doute là dessus, des traces de sang le confirme. Je n’aime vraiment pas ça ! Lux… s’est fait attaquée ? Peut-être par des brigands … Bon sang.
Les dents serrés, je continue de chercher des indices qui me donneront la voie à suivre. Pas de corps et pas suffisamment de sang pour des morts, cela peut vouloir dire que Lux a réussi à s’enfuir. Ou s’est fait attrapée… Je déteste l’idée qu’ils aient mis leurs sales pattes sur elle. Tout ça pour de l’argent ? Ils goûteront à la justice.

Je me dirige vers Feu Astral, qui semble calmé depuis mon arrivé, et je remarque derrière lui quelque chose de surprenant. Des traces sur la roche autour de nous montrent que la falaise semble avoir été… brûlée ? Comment ? Je n’ais encore jamais pu observer ce genre de phénomène… D’ailleurs, elles sont pareilles à celles sur le sol, où l’herbe est totalement calciné. Mais qui a bien pu causer ces dommages ? Je dois laisser ces interrogations en suspens, car la vie de Lux est en danger.
Je cherche des yeux le matériel de voyage qui aurait dû se trouver sur Feu, mais n’en voit même pas une ombre. Elle n’a pas pu voyager sans selle … Je prends le temps de chercher et je finis par l'apercevoir, un peu en contrebas. Quelqu’un a sans doute voulu cacher toutes preuves d’un passage ici. Il m’est facile de la récupérer, ainsi qu’une sacoche avec quelques maigres possessions comme une couverture et un bâton que je reconnais entre mille. Je l’ais déjà vu dans les mains de Luxanna. Je mets le sac sur le dos et je balance la selle plus haut pour pouvoir remonter. A la hauteur de Feu Astral, je remets son attirail. Je jette un coup d’œil dans la sacoche, et je tombe sur un petit carnet. Curieux, je le feuillette, mais il est écrit dans un dialecte très… étrange. Je secoue la tête, m’en voulant déjà de laisser trainer mon nez là où il ne doit pas se trouver. Ceci dit... Je m'attarde sur le second carnet, qui peut m'en dire un peu plus sur ce qui s'est passé... Et bien, non. Je constate cependant que Lux dessine très bien. Ses traits sont fins et elle déploie une imagination qui ne me surprend pas. Je sourie aux quelques annotations, devant ces belles idées, emprunt parfois de quelque lignes de poésie. Elle passe aussi bien du dessin imaginaire aux croquis de sa famille ou de personnes que je ne reconnais pas. Tiens ? Est-ce ... Non, probablement que non. Je n'ai pas ce nez.
Je continue de feuilleter, oubliant mes principes, alors que je tripote ce qui me sert de nez, ne trouvant rien qui puisse me guider dans ses annotations. Oh, Garen est beaucoup mieux dessiné ainsi que la grande statue qui veille sur Demacia. En tout cas, j’ignorais qu’elle avait ce passe-temps. Je finis par ficeler la sacoche sur la selle et je guide Feu Astral vers le chemin que j’ai emprunté plus tôt. Avec un peu de chance, mes hommes doivent être sur le point de revenir par ici et ils suivront la route lorsqu’ils le verront. Je ne peux pas prendre le temps de les attendre. Chaque minute compte…

Je reprends la route. La chasse, même… Mon pas est très rapide, suivant le seul chemin qu’il me reste. Si la prudence est toujours de vigueur, je n’ais pas le luxe de trainasser. Il se peut qu’elle soit déjà loin, mais je ne perds pas de vu la possibilité de les rattraper, et qui sait de les prendre par surprise. Qui qu’ils soient, ils payeront de lui avoir fait du mal, je le jure ! Plus j’avance, plus l’insigne en pétricide frissonne. Je ressens également quelque chose qui émane de mon armure. Je viens de quitter un endroit où la magie a été utilisé… Ceci peut expliquer les traces sur la roche et sur le sol. Malheureusement, je sens que je me rapproche vers une nouvelle source magique. Est-ce à cause de cet endroit ? Ou ce sont des êtres vivants qui l’utilise ? Si c’est la seconde option, je vais devoir redoubler de prudence. La magie est dangereuse, surtout entre de mauvaises mains. Je suis loin d’être préparé à ce genre d’obstacle. Même si je ne suis ignare de son existence, comment dois-je réagir face à un mage ? Et s’il se montre hostile ? Il utilisera des armes qui me sont quasiment inconnus. J’ai déjà pu observer des démonstrations, et des affaires secrètes au sein du Royaume qui concernent des mages dangereux existent, bien sûr… Mon père aura beau me cacher encore certaines affaires, je sais où regarder pour en avoir le coeur net. Ceci dit, tout ce qui concerne cette organisation des Illuminateurs restent assez obscure. Il faudra que l’on est une discussion… D’ailleurs sa Majesté ne manquera pas de me convoquer lorsque je rentrerais avec Luxanna.
Mais pour l’heure, je dois rester concentré. J’arrive bientôt au bout du chemin escarpé, et je commence à ralentir le pas, de façon à me faire le plus silencieux possible.
Ces malfrats seront traités comme n’importe qui, qui osent mettre la main sur des personnes qui me sont chers. Peu importe les risques que j’encours.

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Luxanna Crownguard
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MessageSujet: Re: SOS, princesse en détresse [fini]   SOS, princesse en détresse [fini] EmptyVen 1 Fév - 12:22

Je dodeline de la tête, un gémissement m’échappe alors qu’une douleur au niveau de ma tempe se réveille en même que moi. Je suis encore toute molle, et les cahots de la marche me vrillent la tête de douleur. Mon dos me fait mal aussi, et un peu ma poitrine écrasée sur les épaules de celui qui me transporte comme un vulgaire sac de farine. Je n’ai pas le temps de protester d’avantage, non plus que de remuer, on me dépose soudain sans ménagement par terre et je me force à entre-ouvrir mes yeux pour contempler mon agresseur malgré la migraine atroce qui pulse depuis ma blessure.

"Réveillée votre altesse ?"

Je lui répondrai volontiers que ce n’est pas mon titre mais le ton moqueur dans la voix laisse clairement entendre qu’il se moque bien des histoires de politesse envers les sangs bleus. Je ne réponds rien et me contente de le dévisager ainsi que ses deux comparses, dans le même temps je tire un peu sur mes mains… Les liens sont solides, inutile de chercher de l’aide de ce côté. Ils sont donc trois, et ma monture forcée humaine est le plus grand et solide. Un vrai colosse rendu encore plus impressionnant par son immense barbe fournit et sa crinière longue et folle. Il me toise de toute sa hauteur, les deux autres de part et d’autre de lui, l’un me regardant avec un air neutre et l’autre avec un sourire en coin et une lueur de malveillance dans le regard. Je me contente de leur renvoyer un visage neutre, là tel qu’ils sont je pourrai les tuer d’un seul coup, mais vu que je ne suis pas déjà morte, j’aimerai en savoir un peu plus sur ce qu’ils préparent ou comptent me faire ces mages… Je décide de me laisser faire pour le moment et attends qu’ils me parlent.

"Elle a perdu sa langue la poupée? Alors, on fait moins la fière par terre !"

Je pose sur lui un regard neutre, me contentant de l’observer un peu plus en détails.Il est petit, sec et nerveux, il semble trépigner et jubiler de ma situation, les deux autres sont plus calme… D’un autre coté il est sans doute un peu plus énervé car c’est lui que j’ai failli éborgner, encore que le colosse pourrait aussi m’en vouloir de ma tentative d’émasculation au charbon ardent… Il a un gros trou dans le pantalon coté intérieur de la cuisse et sans doute une brûlure douloureuse même s'il ne semble pas homme à s'écrouler au moindre bobo.

"La ferme Gus !"

Le grand se penche, fronçant ses sourcils broussailleux, par la justice, cet homme est une vraie boule de poils, il me jette un regard perçant et s’accroupit, commençant à tripoter les liens autour de mes chevilles.

"Puisque t'es réveillée, tu vas marcher, pas de bêtises ou Gus se fera un plaisir de te laisser un autre petit souvenir comme celui que tu as dans le dos, compris ?
Je vais pour parler, mais j’émets surtout un bref machin rauque, je me racle la gorge.
-C’est très clair… Puis-je avoir de l’eau ?
-Tu boiras plus tard, on a pas le temps. Debout princesse !"


Il m’attrape le bras et me soulève presque d’une seule main, puis me pilote littéralement dans la bonne direction, sa pogne sur mon épaule. Je trébuche, mes premiers pas son maladroits et je manque de tomber, mes jambes ont eu le sang un peu coupé par les liens et bientôt les fourmis s’invitent dans mes mollets et mes pieds. Gus semble beaucoup s’amuser de mon instant de faiblesse et ricane. Celui-là je me promets de lui faire ravaler sa chique plus tard, mais les deux autres m’encouragent à garder mon calme pour le moment.
Nous marchons un peu plus d’une heure à un bon rythme, je n’ai pas de mal à suivre la cadence ce qui semble presque énerver mon meilleur ravisseur. Il aurait sans doute espéré que je me plaigne d’avantage mais tout ce qu’ils ont pour le moment c’est mon silence.
Nous arrivons non loin d’un bosquet touffu sur une butte, un mince filet de fumée s’échappe entre les frondaisons… un campement. Sa présence ne semble pas inquiéter le petit groupe; bien, j’en déduis que c’est le leur. Je suis sur le point d’activer mes pouvoirs pour détecter une ou plusieurs présences mais…

"T’es pas très causante…"

Je regarde le troisième larron, sa voix est curieusement fluette par rapport à son gabarit. Sans atteindre la hauteur et la largeur de l’ours poilu il fait quand même une bonne tête de plus que moi et ne semble pas à négliger en cas d’épreuve de force. Une ses pommettes porte la trace de la pierre que je lui ai lancé et l’une de ses manches pendouille tristement. Brave Feu Astral! Il s’est défendu visiblement, j’ai un moment d’angoisse en songeant qu’ils ont pu le tuer… mais je ne pense pas que ce soit possible, mon cheval peut avoir un sale caractère mais ce n’est pas un destrier de guerre, il a certainement fuit le danger passé les premières ruades.

"Je n’ai pas de raisons de l’être pour le moment.
-Raisonnable hein ?
-Disons plutôt prudente… même si je me demande ce que vous comptez me faire…
-On peut t’tuer !
-Dans ce cas ce serait déjà fait, vous pourriez aussi réclamer une rançon mais vous vous doutez bien que ma famille n’acceptera jamais… Encore moins compte tenu de vos…. Particularités.
-Ho t’as compris ça hm ?
-Je ne suis pas complètement idiote.
-Assez pour te trimballer tout'seule en pleine cambrousse… une princesse comme toi c’était pas malin.
-J’ai passé l’Age d’avoir une escorte et les chevaliers ne sont pas censés avoir des nourrices en permanence avec eux.
-Chevalier de mon cul ouais, tu faisais moins la maligne quand Sylas massacrait tout ton p'tit monde !"


Je marque un temps d’arrêt et tourne ma tête vers le roquet, je lui fermerai définitivement le clapet à celui-là mais pour le moment… je me contente de le toiser et de repartir.

"Tu te mets le fusain dans l’œil."

Je m’attends à une réaction de sa part et elle ne tarde pas, il va pour me mettre une gifle, je m’écarte vivement pour l’éviter, nounours intervient ensuite et le repousse sur le côté.

"J’ai dit, on ne la touche pas.
-Cette garce…
-La ferme !"

Je m’accorde le plaisir de sourire au vilain petit connard et regarde nounours qui s’est mis entre nous pour éviter une récidive.
-Merci.
-Crois pas qu't’es tirée d’affaire, au moindre truc j’laisse Gus s’amuser.
-J’avais bien compris.
-Ça t’inquiète pas.
-Caius…
-Vous n’êtes pas les premiers mages que je rencontre.
-Ouais Sylas t’as bien…
-La ferme Gus ! La prochaine fois c’est mon poing dans la tronche.
-Tu n’as que son nom à la bouche, j’imagine que tout cela à un rapport avec lui…

Je regarde plutôt nounours qui ne dit rien puis Caius qui hoche la tête et se fait fusiller du regard par nounours.
-Je vois…vous appartenez donc à ceux qui le suivent… Je ne sais pas ce qu’il vous a dit pour vous convaincre, enfin j’ai bien quelques idées, et elles sont pour beaucoup justifiées, mais… à votre place je me méfierai de ses promesses.
-Et t’en sais quoi ? Qu'c’est justifié ou pas ? Qu’on doit y croiver ou pas ? T’es pas mage, t’as pas été forcé d’vivre sans rien dire toute ta vie comm’ un paria comm’ si t’étais qu’un monstre ! Avec lui ça va changer !"


Je ne sais que répondre, il y a trop d’échos à ma propre vie dans ces paroles, mais aussi un décalage, la preuve que j’ai été préservé quand même. Non c’est vrai je ne sais pas ce qu’ils ont pu vivre, mais je peux bien l’imaginer cela dit, beaucoup plus qu’eux ne se l’imaginent. Je soupire et me contente de faire un signe de dénégation alors qu’ils me regardent tous les trois intensément. Je peux presque sentir physiquement la rage et le ressenti… cette impression s’estompe alors que deux femmes apparaissent de derrière un tronc d’arbre. La première porte un arc et nous vise, puis rabaisse de dernier en nous voyant, la seconde s’avère être une toute jeune fille mais anormalement grande. Alors que je la regarde, elle me fait un grand sourire puis rougit et se cache à moitié dans sa longue et touffue chevelure. Non définitivement non, je ne peux pas me déchainer contre eux sans en savoir plus.

"Hector ! T’es blessé ? C’est qui ?
-C’est La fille Crownguard, on est tombé sur elle par hasard.
-Crownguard ! T’es fou ! Pourquoi vous l’avez pas tué, pourquoi vous la ram’nez ici !
-Elle f’ra un beau cadeau pour Sylas.
-Elle va nous apporter qu’des emmerdes !
-Elle va nous apporter une bonne place, calmes toi."


Une fois de plus je ne dis rien, je me contente de les suivre à l’intérieur du bosquet jusqu’à un camp de fortune articulé autour de trois arbres massifs tombés et de leurs souches qui ont soulevées l’humus et la terre et forment une sorte d’arc de cercle bien commode et sécurisant pour s’installer en bivouac, y compris pour quelques jours. On me colle dans un coin et on m’attache à des racines solides, je me laisse faire sans broncher, au grand déplaisir de Gus qui voudrait sans doute une bonne excuse pour m’en mettre une.
Le petit groupe se réunit un peu plus loin pour parler, après que nounours ai enlacé la jeune fille et la femme, ils partagent certains traits, sans doute une petite famille. La discussion semble intense, mais je ne perçois curieusement aucuns sons… Je ferme les yeux et me concentre brièvement. Quand j’ouvre à nouveau les yeux la réponse me vient très visiblement, Caius pulse plus que les autres, il doit faire quelque chose au son… ça répond aussi à une de mes interrogations pendant l’attaque, il doit pouvoir supprimer les bruits, pratique… et à priori non létal. J’apprends également que la femme n’est pas une mage au contraire de la jeune fille qui semble cela dit faiblement touchée par les arcanes. Au vu de sa taille, j’imagine qu’il y a un lien de corrélation là et que la magie a surtout touché son corps mais ne produit pas d’effets autre comme la mienne, enfin à vérifier.
Je continue d’observer le débat lorsqu’une partie de la réponse arrive dans mon champs de vision sous la forme de la « petite » qui rajoute une bûche énorme dans le feu après l’avoir cassée en deux à mains nues… Elle vient ensuite à ma rencontre et me propose de l’eau un petit sourire timide sur son visage enfantin.

"Tonton a dit de te donner à boire.
-He bien… merci à toi."


Je saisie le gobelet prudemment et boit avidement. La petite continue de me regarder, très curieuse, elle sursaute lorsque je lui tends le gobelet pour lui rendre, et je me rends compte alors que ce que j’avais pris pour de la timidité est sans doute de la peur.

"Je ne vais pas te faire de mal… tu n’as pas à me craindre.
-Je suis magique… et toi t’aime pas les magiques !

Je lui fais un sourire un peu douloureux.
-Ce n'est pas tout à fait vrai, c’est un peu plus compliqué que ça ma belle, comment tu t’appelles ?
-Celeste ! Et me dit pas que j’sais pas par’cque chui trop p’tite, j’sais c’que vous faites ! Maman me l’a dit et tonton aussi !
-Ce n’était pas mon intention, et puis tu es plus grande que moi d’ailleurs… ce n’est pas trop dur cela dit.
"
Je lui arrache un sourire, elle semble un peu plus calme, je soupire et m’apprête à tenter d’acquérir un peu plus de renseignements lorsque nounours/tonton/Hector l’appelle.

*Et comment je suis sensée me tirer de ça moi…*
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Jarvan Lightshield IV
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MessageSujet: Re: SOS, princesse en détresse [fini]   SOS, princesse en détresse [fini] EmptySam 2 Fév - 14:39

Je suis rassuré lorsque le chemin s’élargit, et que cette maudite falaise se trouve derrière moi. Je ne cours plus le risque de me faire prendre en embuscade par ces malandrins. Maintenant, il s’agit de les rattraper, ils ont un temps d’avance sur moi. J’accélère le mouvement, luttant contre une fatigue progressive. J’ai de la ressource, mais la course effrénée dure depuis tôt ce matin. Et je vois déjà le soleil se rapprocher de l’horizon.
Obstiné, je continue lorsque soudain il me semble entendre des voix. Je m’arrête brusquement et me cale contre un arbre sur le côté. Je penche la tête pour tenter de voir quelque chose… Et je les vis. Ils sont quatre personnes, parmi elle je reconnais sans aucun mal Luxanna. Elle est attachée et semble échanger avec ses ravisseurs… Je n’entends pas vraiment ce qu’ils se disent. En face d’elle se tient un homme plus grand et plus massif que moi, l’autre est plus petit et efflanqué et le troisième a réellement une sale gueule, plus nerveux … Malgré la taille impressionnante du premier, les deux autres seront peut-être plus dangereux. Mais je ne dois pas me fier à une première impression et prendre le temps de les observer. D’ici je n’arrive pas très bien à savoir si Lux va bien… Mais elle est en vie, c’est le plus important.
Ils finissent leur discussion et reprennent la route. Avant de les suivre, je détache une sangle et dégage ma seconde lance du dos, rattachant ma principale à sa place. Je déficelle un noeud pour que le drapeau de Demacia se déploie. Je choisie un endroit stratégique où il pourra être vu par mes hommes, ainsi ils sauront que je suis passé par ici. Pour le reste, il va falloir qu’ils se débrouillent, mais j’ai toute confiance en leurs intuitions et en leurs capacités de suivre des traces. J’en laisserais suffisamment pour qu’ils puissent nous trouver.
J’abandonne le fier étendard pour emboîter le pas des ravisseurs, à bonne distance.

Au bout d’un moment, deux femmes entrent en scène. Je suis trop loin pour les détailler et ils se regroupent très vite plus loin, derrière des souches. Leur campement doit se trouver juste là. Discrètement, je me faufile jusque derrière les souches et j’attends. Etrangement, je n’entends rien du tout. Pas un son ne sort du camp. Je finis par trouver un endroit, caché entre le bois et la végétation, et je commence mes observations. Je remarque le grand, discuter avec la femme que j’ai aperçu plus tôt, à leurs côtés je vois la seconde qui n’est… qu’une jeune fille. Bon sang, ce n’était pas prévu de tomber sur des familles. Les hommes se réunissent et discutent pendant un long moment et je ne perçois toujours rien de ce qu’ils se disent. Luxanna est plus loin, attachée contre les racines. La jeune fille va et vient la voir, restant souvent juste à parler. Le temps passe et il commence déjà à faire sombre, ils vont probablement décider de ramener du monde dans le camp, car j’imagine qu’ils ne sont pas que cinq. L’un des gars se dirige vers moi et je m’écarte vivement pour ne pas être vu. Il s’en va en courant récupérer un cheval puis part au grand galop. Je ne suis pas du tout à l’aise à l’idée d’avoir laisser s’échapper un homme qui va en amener d’autres, mais je ne compte pas m’éterniser. Libérer Lux et partir, je réfléchirais ensuite à m’occuper de ce groupuscule lorsqu’elle sera en sécurité.

Je me dégage de ma seconde cachette pour faire le tour. Si je calcule bien mon coup, Lux devrait se trouver par ici. Je commence à grimper la souche, non sans difficulté. Elle est cassante et mousseuse par endroit, ce qui ne me laisse pas des masses de prises. Mais je ne m’avoue pas vaincu et j’arrive à me hisser là-haut. J’ai une vue sur tout le campement. Ils vaquent à leurs occupations. Seule la fille est toujours à bavasser avec Luxanna. J’attends une ouverture, un seul instant où je vais pouvoir descendre, en espérant ne pas faire trop de bruits…
- Céleste !

Tiens ? La jeune fille répondant à ce nom fuit la fureur du grand costaud. Il est peut-être un membre de sa famille. Il s’adresse à elle, comme pour la réprimander, et il se tourne vers Lux. Mon coeur saute un battement, l’idée qui lui fasse du mal m’a traversé l’esprit et mon sang s’est mis à bouillonner. Mais il ne fait rien, écoutant ce que Lux a à lui dire. Encore une fois, je ne perçois toujours pas les conversations, ce qui est étrange d’ailleurs. Je ne suis pas si haut pourtant...
L’homme finit par s’éloigner, agrippant la gamine par le bras. C’est le moment ! Je me fais lentement glisser le long de la souche et je tombe, avec plus ou moins une assurance sur les jambes. Il me faut quelques minutes le temps de me remettre, profitant de cet instant pour écouter et voir si personne ne vient. J’approche doucement vers l’endroit où est censé se trouver Luxanna, dégainant déjà un couteau de ma botte. Arrivant à sa hauteur, je lui fais déjà signe de ne faire aucun bruit, approchant la lame vers les cordes.
- Je vais te sortir de là, Lux, ne t’inquiète plus. Je vais-

Merde.
C’est le son d’une flèche qui fuse qui me fait sursauter, et le bruit caractéristique d’une pointe plantée dans le sol m’en fait lâcher le couteau. La femme est une archère… Bordel de merde ! Ce n’était pas prévu. Je serre les dents, m’en voulant d’avoir négliger ce détail et je prends la fuite alors qu’une seconde flèche part, lâchant le sac et le bâton de Lux.
- Alerte ! Un intru dans l’camp ! Hector !!

Je détache ma sangle qui glisse et tombe alors que j’attrape ma lance de guerre. J’entends quelqu’un arriver par ma gauche et par un réflexe fulgurant, je lui assène un coup du manche pour le repousser à la renverse. A ce moment là, l’homme plus massif qui répond au nom de Hector me tombe dessus. J’ai bien failli me prendre un sacré coup de masse d’arme… Je le tiens à bonne distance grâce à l’allonge. Je ne pense pas avoir une chance contre lui sur le combat de force, mais je peux toujours tenter de le blesser… Un juron mental me traverse l’esprit. Mais où avais-je la tête ? Mon manque de patience va nous mettre, moi et Lux, en danger. Je jette un coup d’oeil rapidement vers la femme qui garde son arc bandé, une flèche prête. Elle semble hésiter, probablement qu’elle ne veut pas tirer alors que Hector est aussi proche de moi. L’autre homme se relève péniblement et plisse les yeux vers moi. Ne me dit pas qu’il…
- P’tain ! C’est le Prince ! Le bute pas !

Et là je vis une autre erreur, c’est d’avoir pensé un seul instant pouvoir gérer un campement en cas de problème. Peut-être pas, mais c’est dans mes moyens de gérer ces deux hommes, si seulement je n’étais pas menacé par cette archère…
- Ecoutez, on peut discuter… , Commençais-je alors que le fameux Hector se rapproche.
- Un prince venu chercher sa princesse, c’est touchant.
- C’est un échange. Je me rends si vous la laisser repartir !
- Non. On va plutôt vous garder tous les deux. Notre chef n’en sera que plus content !
- D’accord. Approches alors, si tu l’oses !

Et il répond à l’appel. Sauf qu’ils ne semblent pas savoir à qui ils ont réellement affaire. Je me décroche de mon emplacement alors qu’il frappe et je lui colle un sacré coup de lance de côté sur sa tempe. Il pousse un long râle et tombe sur le sol. Un cri retentit suivi d’une flèche qui se fracasse contre une de mes épaulières. Cette fois ce n’est pas passé loin… L’autre gars fait des gestes avec ses mains, et je comprends qu’il tente quelque chose de… d’anormal. Je ne lui en laisse pas le temps, je cours vers lui, ma lance se dépliant, le touchant à l’épaule. Il est légèrement blessé mais cela suffit à lui arracher un hurlement et à le faire tomber de nouveau. Une flèche m’arrive cette fois dans l’autre épaule, se fichant dedans. Je grimace. Je sais que l’armure a tout pris et je ressens comme un picotement. Le bout m’a sans doute touché mais pas suffisamment pour me faire défaillir. Dans un élan, je m’approche d’elle et c’est là qu’intervient un autre combattant que je n’ais pas noté comme dangereux jusque là. Jusqu’à maintenant écartée, Céleste s’interpose désormais entre la femme et moi. En larme, son regard est terrifiée, ce qui me stoppe dans mon élan. Voir autant de peur et à la fois autant de fureur me laissent paralysé pendant quelque seconde. Ses yeux se mettent à briller, et c’est à mon tour d’avoir une boule à l’estomac, de ressentir une crainte. Je ne suis pas certain de savoir ce qu’elle va faire, mais par instinct je me mets à reculer et… et quelque chose arriva.

C’est très difficile à décrire. Au début, j’ai cru que le tonnerre a retenti, ça en avait à la fois le son et la lumière. Mais c’est mon esprit rationnel qui a traduit les images, qu’il interprète comme étant un événement logique. Hors, il ne se trouve plus aucune logique lorsque vous avez une gamine qui irradie de lumière pendant une fraction de seconde et qui a failli vous couper en deux par… par quel moyen ?! Je vis mon plastron subir une longue coupure traversant la poitrine de tout son long, sans toutefois que cela me blesse. En faite, je dois d’être indemne simplement grâce à la pétricide. Je le devine, car j’ai senti comme une aspiration, comme si “l’éclair” s’est engouffré ou s’est percuté dessus. L'impulsion m’envoie tout de même valser plus loin. Je me relève le plus rapidement possible, tandis que sa mère - il est probable qu’elle le soit - court vers la petite, la prenant dans ses bras pour la faire se mettre en sécurité. Je ne dois pas laisser passer l’occasion de l’assommer. J’allais pour courir vers elle lorsque soudain une douleur vive me traverse le flanc droit. Je crois voir passer dans mon champ de vision quelque chose qui ressemble à un bout de bois mais “tranchant”. Je pensais avoir tout vu…
Je me retourne et j’aperçois l’homme, qui est partit plutôt, revenir avec d’autres personnes… C’est bien ce que je craignais mais je pensais au moins que nous aurions plus de temps. Les choses vont sérieusement se compliquer.
La distance qui me sépare de Luxanna n’est pas très grande, avec un peu de chance elle aura réussi à se libérer. Mon corps peut faire barrière à l’archère et à ce lanceur de sort pour permettre à Lux de s’échapper. Mais … C’est sans compter qu’il n’est pas le seul à faire de la magie. Parmi les personnes qu’il a ramené, l’un d’eux commence déjà à agiter les bras. C’est mauvais signe.
- Ne le tue pas, Joffrey ! Envoie-le vers moi.

Plait-il ? J’ai à peine eu le temps de réagir que ma lance n’est déjà plus dans mes mains. Que … ?! On me l’a arraché avec une telle force, alors que personne ne se trouve près de moi. C’est un cauchemars ! Je m’en vais pour tirer mon épée du fourreau lorsque soudain je me fais violemment repousser sur le sol. Il a appliqué la même force magique sur mon armure que sur ma lance… Une sorte de manipulateur de corps ? Ou de matériaux ? Si c’est le cas, j’avais perdu dès qu’ils étaient arrivés...
En un clin d’oeil, le massif Hector me maitrise, non sans mal car je ne me laisse pas faire, lui assénant plusieurs coups. Il semble ne pas vouloir me frapper plus que nécessaire. Cet homme là sait parfaitement qui je suis, et il n’a pas du tout l’intention de passer à côté d’une si belle occasion de capture l’héritier du trône. J’ai été beaucoup trop imprudent…

Les autres se sont rapprochés et le dénommé Joffrey me plaque sur le sol avec sa … sa magie. C’est terrifiant de ne plus pouvoir bouger à cause de quelque chose censé vous protéger ! Quelle hérésie, user pareil don pour de mauvaises raisons. Je lui lance un regard mauvais alors qu’il me menace désormais avec ma propre lance, planant miraculeusement au dessus de moi, pointe vers ma tête.
- Gus, tu n’aurais pas dû le blesser ! On a pas les moyens de-
- Oh ça va ! Ce n’est pas ça qui va l’tuer. Par contre, on peut pas l’garder.

Les deux hommes s’échangent des jurons et autres joyeusetés qui ne recèlent pas un grand intérêt, et j’attends une ouverture pour parler, même si Joffrey n’est pas trop enclin à l’écoute.
- Vous pouvez encore vous faire pardonner, messieurs… , Tentais-je sur le ton de la négociation.
- Qu’est-ce qu’tu nous chante, Altesse ? T’as cru qu’on allait te croire ?!
- Crois-moi ou non, je n’en ai cure. Laissez là partir et on pourra parler…

Le dénommé Gus, tout aussi dangereux que l’autre avec ma propre arme, rit à gorge déployée. J’en fronce les sourcils et je me rends compte que le seul qui semble avoir un minimum de cervelle est ce Hector. A moins que ce soit celui qui commence à peine à se relever, avec un air menaçant sur le visage. Les deux femmes sont restés à l’écart et m’empêche de voir Luxanna. Ils sont passés de cinq à dix personnes et la situation est si dramatique que je souhaite fortement un jour pouvoir me pardonner ce nouvel échec… Omir qu’ils pouvaient potentiellement se trouver plus de mage que prévu est clairement une erreur de jugement. Mais puisqu’ils ont l’air de vouloir me garder en vie, autant saisir la chance d’avoir encore ma langue pour tenter une approche diplomatique avec… Avec des malfrats. Fichtre.
- Si vous la laissez partir, je ferais en sorte qu’ils vous épargnent, Continuais-je.
- Ils ?! Haha ! Le Roi n’a pas réputation de pardonner, et encore moins à des mecs comme nous !
- Moi je saurais le faire !
- Te fout pas d’ma gueule, p’tit Prince ! Sinon j’laisse Joff empaler ce qui t’sers de belle gueule.
- Et s’il arrivait vraiment à nous laisser la vie sauve… ?
- Arrêtes ton char ! On est mage, et lui c’est l’incarnation de la mort pour nous ! Même ta famille n’est pas à l’abris !

Il n’a peut-être pas si tort. Mon Père, le Roi, est le fondateur de ce fameux Ordre, dont il s’est refusé de me parler jusqu’à tout récemment. J’ai pu, sans qu’il le sache, me renseigner sur des hommes, prétendus chasseurs de mage. N’ayant pas pu constaté par moi-même ce que contiennent les rapports, j’ai néanmoins entendu parler de certains agissements et … Des exécutions dans certains villages de la région. Si seulement j’avais pu en savoir plus, je me serais rendu compte que la situation est bien plus terrible que je n’ose l’imaginer. A raison ? Je commence à croire que oui. Ces gens sont dangereux et la plupart semble enclin à se dresser contre Demacia. Ce qui n’est pas tolérable. Quiconque menace la plénitude de la cité mère et de son peuple ou menace la vie de la Haute a affaire à moi et à la Justice !
Mais… Toujours ce mais. Ces doutes qui se présentent lorsque je réfléchis à certains idéaux, de grandes et belles utopies. Parce que je crois encore que l’on peut changer les choses, appréhender le monde différemment. Mais c’est sans compter que beaucoup ne partagent pas mes chimères, dont mon Père.

Je tente encore une approche avec eux, sur un ton plus dur.
- Si vous faites cela, vous serez tous condamnés…
- C’t’une menace, princillon ?!
- C’est la vérité ! Demacia ne pardonnera pas cette ignominie !
- Moi j’pense que ça nous donnera un cachet ! Not’e chef sera très content de pouvoir buter le fils de celui qui l’a enfermé pendant 15 ans !

Je fronce les sourcils. Je pense savoir de qui il s’agit et je comprends mieux leurs positions. Des renégats, de plus des mages, sous le commandement du mage le plus recherché du Royaume. Oui, ces informations je ne suis pas passé à côté, mais concernant les circonstances sur l’arrestation et les raisons de cette condamnation mon Père n’a pas voulu m’en parler. Et aujourd’hui, il semble que ces gens veulent faire payer ses décisions…
- Laissez-moi parler avec lui ! Nous pouvons encore-
- T’vas pas te taire un peu, si ?
- Gus ! Je pense qu’il faut l’écouter. Si on fait ça, on sera vraiment foutu !
- On devrait peut-être le tuer maintenant, ça nous évitera de le trimballer dans les endroits où il sera forcément reconnu.
- T’fais ça Joff, c’est moi qui te décapite.
- Mais il a raison ! C’trop dangereux de l’avoir avec nous.

Ils ne m’écoutent déjà plus et ma vie semble déjà tenir qu’à un fil. Sur un coup de tête, ils peuvent décider aussi bien de me garder, que de m’écorcher vif ou de m’abattre aussi facilement qu’on abat un animal. Mon regard tente désespérément de trouver Luxanna. Ils sont tous concentrés sur moi, c’est le moment de t’enfuir, si tu le peux… J’espère avoir réussi à défaire suffisamment la corde pour te libérer. Ils s’apercevront rapidement que tu t’enfuis, mais ils passeront leurs colères sur moi. Est-ce que c’est là une forme de Justice ? Non, ce n’est pas cela. Payer pour les décisions du Roi, qui en a sans doute pris plus de bonnes que de mauvaises, n’est pas justice. Mais si je dois échanger ma vie pour une autre, je l’accepte.
J’aurais voulu ne pas avoir cette boule au ventre qui me tient, l’angoisse et la peur d’avoir eu affaire à quelque chose que j’ai encore bien dû mal à saisir. Je déteste cette sensation, celle de ne pas comprendre, et d’avoir peur face à l’inconnu sans être capable de l’affronter avec les bonnes armes. Faut-il tous les tuer à cause de cette interrogation, de cette incapacité à nous entendre ? La magie est donc si monstrueuse ? Est-ce vrai ? Dois-je croire à tout ce que j’ai vu… ?

Croire ce que l’on voit...

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Luxanna Crownguard
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MessageSujet: Re: SOS, princesse en détresse [fini]   SOS, princesse en détresse [fini] EmptyLun 11 Fév - 10:38

Leur discussion semble se poursuivre un bon moment. Après s’être visiblement fait réprimander par nounours pour m’avoir un peu trop parlé Céleste revient me voir, faisant mine de faire autre chose sitôt que son oncle regarde dans notre direction. Je semble l’intriguer réellement, et j’entends bien profiter un peu de cette occasion pour en savoir plus sur elle et sa petite famille… Pour le moment, si l’on excepte l’homicide Gus, ils ne semblent tous pas particulièrement méchants. Je m’imagine pouvoir leur faire changer d’avis sur ce qu’ils envisagent de faire à Démacia sous l’égide de mon ancien « ami ».

"- C’est vrai qu’t’es p’tite… t’as pas l’air méchante comm’ça.
- Je ne le suis pas, pas plus que toi.
- Tonton dit que j’dois pas t’faire confiance ou t’écouter.
- Ton tonton veut te protéger, c’est normal, le mien faisait pareil, mais je n’ai pas l’intention de te faire de mal ou de te causer du tort tu sais, ni à toi ni à ta maman ou aux autres.
- Tu peux pas t’es attaché d’façon."

Je lui fais un sourire et hausse les épaules.
"- Tu marques un point.
- Et pi si tu t’libère eh ben tu d’vrais faire attention pasque chui super forte !
- J’ai vu ça, c’est impressionnant. Ce doit être très pratique."

Elle baisse soudain les yeux, visiblement triste, elle finit par me regarder l’air boudeur.
"- Ils z’ont dit qu’j’étais un monstre…. Les autres gens, les enfants, qu’j’étais trop grande, pas normale, pi ils ont app’lé les ceux-là avec leur masques…. On a dû partir !"

Je fronce les sourcils et tends machinalement une main, enfin les deux, de consolation vers elle. Je ne vais pas bien loin à cause des liens mais qu’importe. Céleste a vécu un drame que j’ai redouté presque toute mon enfance et encore aujourd’hui je tremble à l’idée de me découvrir. Ma main semble l’apaiser bien qu’elle la regarde un peu curieusement de prime abords. Sa méfiance fait de nouveau place à la tristesse et je vois des larmes lui monter aux yeux, pauvre petite…

"-Je ne pense pas que tu sois un monstre, tu sais… les gens peuvent être parfois méchants quand ils ne comprennent pas quelque chose, ça leur fait peur et…
-Ça suffit ! Qu’est-ce que vous faites à ma fille ? Céleste éloignes toi ! Hector, débrouilles toi pour qu’elle ne lui parle pas !"


Protectrice, je vois la mère poule partir avec sa petite, qui me jette un regard désolé. Je ne peux pas en vouloir à cette femme, elle ne fait que protéger sa fille, elle aussi doit vivre un véritable enfer d’angoisse. Je me rends compte  également que Gus est sur le point de partir, le regard torve qu’il me jette à cet instant ne laisse rien augurer de bon. Je me demande dans quelle mesure je dois profiter de son absence pour leur fausser compagnie. Il était celui qui semblait avoir les pouvoirs les plus dangereux… Mais j’hésite, il y a là un curieux mélange entre des âmes perdues et un idiot agressif, plus j’y pense, plus je me dis que c’est lui qui a dû leur donner l’idée de rejoindre Sylas, bien que Nounours semble mener le petit groupe. En parlant de l’ours…

"- J’veux pas qu’tu parles à la petite, tu vas lui empoisonner l’esprit avec ton blabla.
- Ecoutez, vous avez l’air raisonnable, je ne cherche pas à lui empoisonner la tête, mais… vous avez l’air d’aimer votre nièce, je ne crois pas que lui faire rejoindre l’insurrection de Sylas soit une bonne chose pour sa sécurité, ni même la vôtre…
- Surtout pas une bonne chose pour ton p’tit royaume et ton p’tit confort.
- Non c’est certain, mais encore moins pour une petite fille qui ne maitrise pas ses pouvoirs et en a peur.
- Qu’est-ce que t’en sais qu’elle maitrise pas ?
- Pour la même raison que je sais que vous êtes un mage et pas sa mère, ou que j’ai compris que –Caius ?- Agit sur le son."


Il me toise en croisant les bras, j’ai visiblement capté son attention avec cette phrase. Il a un froncement de fourrure au niveau des sourcils caractéristique. Malheureusement Céleste a échappé à sa mère qui a commencé la tambouille du soir, elle est revenue en catimini derrière son oncle et entends ma dernière phrase, laissant échapper une petite exclamation.

"- Écoutez, je… Il y a d’autres solutions…
- Stop, j’sais pas à quoi tu joues mais…
Il agrippe Célèste par le bras et fait demi-tour avec elle. …Pour l’moment t’es pas en m’sure de donner des leçons."

Je soupire et fait la moue, je réfléchie à ce que je pourrais leur dire, voir leur montrer tout en essayant de trouver une position un peu plus confortable, lorsque du ciel tombe le plus étrange et sans doute le plus brillant et clinquant des fruits. Grand, brun, silencieux et souple malgré son armure, comme un chat caparaçonné, je reconnaitrai entre mille la silhouette qui s’approche de moi dans le dos de mes ravisseurs et dégaine un couteau, m’assurant de sa belle voix chuchotante qu’il vient me sauver.

"J…"

Je n’ai même pas le temps de m’exclamer d’avantage ou de m’interroger sur la présence de l’héritier de la couronne en face de moi à cet instant, que le bruit caractéristique d’une flèche se plantant à nos pieds retentit.
Jarvan en lâche son couteau et s’éloigne pour éviter un nouveau projectile. S’en suit une mêlée dont je ne vois pas grand-chose, occupée à me contorsionner pour attraper le couteau en jurant, un vague sourire sur les lèvres cependant lorsque je sens la proximité d’un objet qui m’est plus que cher ramené par l’incorrigible tête couronnée qui se mets en grand danger pour me sauver… Me sauver bon sang quel idiot ! Comme si j’avais besoin qu’un grand escogriffe au grand cœur ne vienne se mêler de toute ça ! S’il lui arrive quoi que ce soit Garen va me tuer à petit feu à coup d’épée en tissu histoire que j’ai tout le temps de me repentir, et je n’ose même pas imaginer ce que pourrait me faire mes parents… ou le roi ! Connaissant Jarvan il est même capable d’être venu seul tête baissée dans un élan de fol héroïsme. Misère, j’admire et respecte tellement cet homme, mais il peut être parfois tellement… he bien humain j’imagine. Dixit la fille qui s’est fait capturer parcequ’elle était partie seule et sans escorte pour pratiquer la magie…

*Ho vraiment, quelle équipe de choc, Lux et Jarvan, plus que capables et plus qu’incapables.*

J’arrive enfin à ramener la lame à mes côtés et commence à cisailler nerveusement la corde lorsque je vois une Céleste envoyer comme une onde de choc et mon prince devenir un oiseau doré à l’aérodynamisme discutable, surtout en ce qui concerne l’atterrissage. Je jure à nouveau, fort heureusement personne ne semble blessé trop gravement, y compris moi qui vient de m’entailler les poignets en finissant de couper cette satanée corde. Il faut que j’arrête ça tout de suite, tout ça est une épouvantable erreur, personne ne mérite de souffrir dans ce camp !
Je m’empare rapidement de mon bâton, même dans l’obscurité le trouver est une partie de plaisir, et suis sur le point de participer à cette débandade, priant pour ne pas avoir à faire usage de vous-savez-quoi en présence de jarvan… A deux nous pouvons sans doute négocier ou tout du moins nous enfuir. La situation change soudain du tout au tout lorsque Gus annonce son retour et avec des renforts.

*Miséricorde ! La négociation va devenir compliqué…  et finalement peut être que quelqu’un mérite de souffrir.*

Je ne peux plus ignorer le danger magique, Jarvan ayant l’avantage de briller bien assez pour que plus personne ne fasse attention à moi, et ne regardant pas dans ma direction, j’en profite pour prendre une respiration profonde et me concentrer. Ça y est… Je peux voir les arcanes émaner d’un des nouveaux arrivants, curieusement ce n’est le cas que d’un autre de ses compères mais ça ne rend pas les autres moins dangereux pour autant. Je n’ai pas le temps de m’émerveiller de la nouvelle vision colorée de cette clairière, pas plus que de la douce aura orangée qui émane de Céleste que Jarvan se retrouve maitrisé à terre, menacé par sa propre arme. Heureusement Hector qui a toujours son autorité de chef semble vouloir le garder tout aussi vivant que moi, mais les jours des princières fesses sont comptés.
Tout le monde étant concentré sur la couronnée diversion, c’est malheureusement ce qu’il est en train de devenir, j’en profite pour me faire encore plus discrète voir même invisible, et contourne tout ce petit monde histoire de trouver une faille dans cette situation qui me permette de nous sauver mon prince et moi. Si possible sans lui faire une démonstration évidente du fait que la petite sœur toute mignonne et innocente de son meilleur ami et garde rapproché est tout ce que tout démacien redoute.

*Un flash aveuglant, peut-être quelques explosions, Jarvan ne saura pas de qui ça vient, et ensuite s’enfuir… prendre les chevaux avec nous… Feu… mais d’ailleurs où est son cheval ?*

Je continue d’écouter leurs palabres qui n’augurent rien de bon lorsque soudain ma présence revient sur le tapis sous la forme d’une Célèste qui s’exclame.

"- La dame est partie !
- La dame ?
- Merde, Crownguard !
- Faut fouiller les environs, j’vais lui faire passer l’envie d’nous fausser compagnie, toi tu viens avec moi on va…
- Silence ! Personne ne bouge ni ne fouille."


Un nouvel acteur entre en scène, ou plutôt un acteur qui ne s’était pas encore manifesté jusqu’alors, et ce dernier fait en réalité froid dans le dos. D’où je suis, je peux voir une aura aux relents sombres autour de lui, je n’avais pas pris plus garde que cela trop omnibulée par le prince menacé de sa propre lance par un homme aussi excité que Gus…

"- Elle est très probablement encore dans les parages, c’est ainsi qu’ils fonctionnent ces grands héros démaciens, hein ?"

Plutôt court sur pattes, voir même un peu rondouillard, le rictus et la voix doucereuse qui émanent de cet homme ne me laissent pas augurer de bonnes choses, et encore moins quand je le vois se pencher sur un prince déjà tétanisé par la situation… et accessoirement par Nounours.
Une volute sombre émane soudain d’une main tendue par l’homme, il se dirige vers la tête du prince et je vois les visages satisfaits de Gus et Jeoffrey. Hector en revanche lâche sa proie royale et s’écarte vivement tandis que la femme dont j’ignore encore le nom retourne sa fille, lui intimant de ne pas regarder, enfin Caius devient blanc comme un linge. Je suis prête à intervenir, mais il stoppe son mouvement.

"-Voilà comment ça va se passer… Prince, je ne vais pas apposer cette main sur ton front, je ne vais pas t’infliger la douleur de sentir chaque morceau de ta peau s’hérisser tandis que ma magie pénètrera ton visage et que je commencerai à me nourrir de ta souffrance en te plongeant dans les pires cauchemars que tu n’aies jamais eu… des cauchemars si terribles que tu pourrais en ressentir physiquement la douleur…
- Adrien…
-Hector, tu es un homme sensé, mais trop tendre. Tu comprends, nous sommes en guerre, et il n’y a pas de place pour la sensiblerie en guerre. Il le sait bien lui qui combat fièrement sous la bannière bleu, n’est-ce pas ? Lui qui envoi allègrement des régiments entier au massacre.
-Je…
-Stop, ou toi et ta petite famille serez les prochains… La prise que vous avez fait est un très beau cadeau et servira énormément notre cause, ne gâche pas la confiance que tu vas acquérir en ayant des hésitations. Et ne te fais pas d'illusion, tu sais bien ce que les gens de son espèce pensent et font de nous."


Nounours baisse la tête et l’affreux poursuit sa litanie.

"- Je disais donc que je n’allais pas faire ça, car tu vas appeler ton amie… c’est bien ton amie n’est-ce pas ? Peut-être même plus, qui sait, peu-importe. Je parie qu’elle compte pour toi, sinon tu ne te serais pas lancé tout seul à sa rescousse. Tu vas donc user de cette voix de commandement, et lui dire de revenir, autrement ce seront tes cris de douleur qui l’amèneront à se jeter à nouveau entre nos bras…. Si ça peut te convaincre, nous ne lui feront aucun mal, cette petite sotte est chère dans le cœur de notre meneur."

Mon cœur se serre et je me mordille la lèvre inférieure, nous ne sommes plus dans le cas d’un petit groupe de survivants qui tentent de se frayer un chemin dans un pays où leur nature les exclus… Adrien est un homme dangereux, ses pouvoirs aussi, et quatre des personnes présentent le suivent volontiers dans sa folie quand les autres en ont peur.
Je n’ai pas besoin de l’entendre pour connaitre la réponse de Jarvan, il préférera mourir plutôt que d’émettre le moindre son, et moi j’aime mieux qu’il me voit comme un monstre plutôt que de risquer le moindre de ses cheveux…  Je réapparais soudain, comme si je sortais des sous-bois et vient tranquillement me poster à coté de mon prince, mon sceptre baissé dans ma main gauche, mes yeux ne lâchant pas une seule seconde les dangers… Au moins, à côté de Jarvan je pourrai le protéger efficacement.

"-Je suis là, ne lui faites rien…s’il vous plait, laissez-le partir. Après tout c'est moi que vous voulez et s'il arrive quoi que ce soit au prince vous aurez des ennuis sans commune mesure avec ce qui vous pends déjà au nez.
-Haaa, Lady Crownguard, c’est un grand honneur, votre discours enflammé en faveur de Sylas a fait beaucoup de bruit dans notre petite…communauté… Malheureusement j’ai bien peur de ne pas pouvoir accéder à votre demande, voyez-vous… je pense même que nous allons donner une petite leçon à ce brillant spécimen de sang royal cela v…
-Non !"


Je repousse l’homme d’un coup de bâton et me récolte une baffe monumentale de la part d’un des deux malabars non mages mais visiblement combattants, qui m’ouvre la lèvre et m’envoie trois pas en arrière presque au tapis. Sonnée, le gout du sang dans la bouche, je sens mon sceptre qui s’échappe de ma main.

"-Que les choses soient claires vous n’êtes pas en situation d’exiger la moindre chose !"

Je laisse mon sceptre partir dans les mains de Gus, peu-importe, je n’ai pas besoin de le toucher pour bénéficier de son aide. Un sourire mauvais me barre le visage et ma voix qui était jusqu’ici suppliante devient coupante… Puisque je n’ai pas le choix…

"- Que les choses soient claires…"

Je me remets devant Jarvan qui veut me protéger, le coup l’ayant fait sortir de ses gonds mais fort heureusement Joffrey le maintient toujours ce qui l’empêche sans doute de faire quelque chose de stupidement courageux… Le pauvre, il ne sait pas… pas encore.
Mes yeux se parent de nuances bleu électriques, un voile doré forme un bouclier autour de nous, ainsi que d’Hector et sa famille. Des oscillations de lumières apparaissent autour des hommes et restent là menaçantes.

"-… VOUS! N’ÊTES PAS EN SITUATION DE M’IMPOSER LA MOINDRE CHOSE !"
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Jarvan Lightshield IV
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MessageSujet: Re: SOS, princesse en détresse [fini]   SOS, princesse en détresse [fini] EmptyLun 11 Fév - 22:32

La discussion tourne au vinaigre, ils discutent un peu entre eux, jusqu’à ce qu’un élément vienne perturber leurs plans. La dame s’est enfui, et cette perspective me redonne le sourire. Luxanna a réussi à se libérer et doit, je l’espère, déjà être loin. Je l’espère … ? Je crois encore en ce genre de chimères… Je connais suffisamment cette famille pour la savoir loyale. Garen est l’incarnation de la protection dont a besoin un imbécile tel que moi, et sa petite soeur a parfaitement suivi son exemple. C’est pour cela que je ne me berce pas d’illusions à croire que la frêle et belle blonde se soit mise en sécurité en laissant la tête d’abrutie couronné à l’arrière. C’est une Crownguard, c’est une Chevalière de l’armée, c’est une démacienne. Et elle est une des personnes les plus précieuses que j’ai la chance de côtoyer. Si jamais ils la touchent… Magie ou non, je…
Bon sang ! Quelle méthode faut-il utiliser pour que l’autre tête de moucheron cesse ses sorcelleries ?!

Mais la situation change de tout au tout. Un hommes parmi les renforts, jusque là muet, se révèle. Pour le plus grands malheurs de certaines têtes, je vois notamment le grand costaud Hector, devenir plus grave alors qu’il continue de me maintenir. Tout le monde se tait et écoute le nouvel individu. Et il est efficace… En plus d’avoir la carrure des meilleurs méchants romanesques, il semble être particulièrement à l’aise dans l’art de la manipulation. Il doit être ce genre d’homme à savoir comment convaincre, où toucher les personnes pour les mettre en position d’inconforts et de les désavantager. Il connaît parfaitement la culture de Demacia et sait pertinemment que Luxanna est restée, qu’elle est quelque part à attendre le bon moment pour pouvoir agir. Ses manières et le ton qu’il prend m’indique qu’il est prêt à aller loin pour qu’elle se rende. J’ai un très mauvais pressentiment alors qu’il approche silencieusement une main vers moi. Je remarque les sourires tordus des deux mages, et Hector jusque là vaillant perd totalement la face et s’éloigne vivement. Je ne vois pas bien les autres mais je devine leurs comportements qui ne me rassurent pas du tout. La peur fait partie entièrement du camp...
Et ma crainte revient dans mon coeur alors que cette étrange main s’arrête juste en face de mon visage.

J’écoute ce qu’il dit. Et au fur et à mesure de ses paroles, je me décompose. J’essaye de ne rien montrer sur mon visage, mais au fond de moi, mes émotions se bousculent. Je suis partager entre le croire ou non. Ses menaces ont l’air réelles, tout ce qui se passe ici est parfaitement … réel. Je… Mon regard se durcit alors qu’il finit sa phrase, ponctuant sur la menace de me faire vivre les pires cauchemars. Parmi toutes les émotions qui forment d’incroyables noeuds, le courage, ou du moins la témérité fait surface et domine. Je ne me laisse pas impressionner par ces mots et comme tout bon guerrier, je fais tout pour ne pas me laisser déborder.
Hector intervient, ce qui me laisse songeur. Il ne semble pas partager les méthodes de cet Adrien, et il tente peut-être d’éviter le pire. Mais son interlocuteur n’a pas dit son dernier mot… Et les autres autour de lui, hormis deux ou trois personnes, le suivent. Est-ce là un endoctrinement ? Non… Ils sont quasiment tous des mages. C’est Demacia qui les chassent et qui les forcent à former des groupes de bandits, de renégats… Mais cet homme-là me fait croire qu’il est dans son élément et qu’il s’y plait. Les mages sont-ils tous comme lui ou comme ces gars qui lui obéissent ? Ils ne font que confirmer ce que tout le monde pensent d’eux…
Adrien défend ses idées et affuble Hector d’être sensé mais trop tendre. D’un côté, la région a bien besoin d’homme comme ça et moins de fous dangereux. Son sourire en coin et son ton mielleux lorsqu’il mentionne  la guerre et mes hommes envoyés au combat me mettent hors de moi. Si bien que j’ai oublié que Hector n’était pas le seul à me maintenir au sol à la base, et que je ferais bien avaler toutes ses dents à ce Joff ! Maudis sois-tu, monstre !
- Comment oses-tu ?! … , Grognais-je, me tortillant pour que mon corps m’obéisse pour qu’il envoie mon poing princier droit sur cette immondice, qui salit la mémoire des guerriers démaciens.

Personne ne m’entend et me remarque. Chaque personne présente allouent les paroles d’Adrien ou restent silencieux de peur d’éveiller sa colère. Je continue de me débattre et Joff renforce sa prise, ce qui me fait arracher une grimace. Adrien se tourne à nouveau vers moi et m’expose ses conditions… A la mention de Luxanna, je ferme les yeux. Oui, elle est une amie, et bien plus précieuse que ça encore, elle est comme une petite soeur. Alors tu peux bien t’imaginer au milieu de toute ta mesquinerie que je ne l’appellerais pas, et que toutes tes menaces ne me feront pas plier. Mon regard toise Adrien et je le foudroie lorsqu’il mentionne ce “meneur” qui fait tant parler de lui.
- Jamais.

Ma décision était déjà prise depuis longtemps. Au moment même où j’ai décidé de mener l’enquête, de suivre les indices et de venir dans ce campement, j’ai accepté de subir toutes les conséquences de cette approche trop chevaleresque. Le Roi sera bien plus que contrarié par ces initiatives… Et je crains bien plus un face à face avec son Altesse, tant nous sommes pareils, à quelques idées prêts, qu’un face à face avec un homme à l’esprit malveillant.

Mais… Luxanna n’entend pas de cette oreille. Et comme je le craignais, elle décide de se montrer. Mon coeur bat un peu plus fort, et je fronce les sourcils d’inquiétudes. Ne fais pas ça ! Sauves toi tant que tu le peux. S’il t’arrives quelque chose je… Je ne pourrais jamais me le pardonner et je ne pourrais plus regarder ton frère dans les yeux. Adrien, ce mage là, est vraiment dangereux, tant dans ce qu’il prétend être capable de faire que par ce qu’il peut déjà faire, rien qu’en ayant réussi à convaincre ses hommes de le suivre.
Ils échangent quelques répliques, c’est comme si j’assistais à une scène de théâtre et qu’on m’oblige à attendre le dénouement. Je me débat à nouveau, sous le sourire carnassier de Joff et de son copain malsain, alors que les négociations prennent fins, très défavorables pour nous.
Et soudain… l’Acte suivant montre un vrai cauchemars.
Une négation, une main qui vole sur le doux visage de Lux, et elle chute.
Je te le jure, perfide monstre, que si l’autre singe lâche prise, je t’attraperais par la peau du scrotum.
Perdant totalement mon sang froid, ma royale personne tente par tous les moyens de se libérer de l’emprise du poltron qui s’éloigne à l’unissons avec les autres alors que Lux se positionne devant moi pour me protéger. Et…

… Ils se sont éloignés pour une très simple raison que mon cerveau démacien vient d’analyser seulement maintenant…


Le voile doré qui se forme autour de nous me fait penser aux boucliers qui se dressent lorsque la pétricide réagit violemment face à la magie. Mes yeux s’écarquillent alors que je me rends compte qu’il n’est ni question de pétricide, ni d’une farce mais belle et bien de Luxanna, d’elle, seule. Elle vient de faire ce bouclier dorée, ainsi que ces incroyables, magnifiques mais terrifiantes, boules d’énergies à l’extérieur du dôme.
Ils… ne semblent plus en situation de lui imposer la moindre chose… Et moi, je suis paralysé. Je… ne comprends pas ce qui vient de se produire ? Non… C’est impossible !
Luxanna est… ?
- Éloignez vous ! VITE !

Impossible…

Les boules lumineuses explosent, et en entendant les hurlements de douleurs, je peux deviner par expérience sur le terrain que la plupart d’entre eux viennent de se faire déchirer. Une légère fumée s’est élevée, nous épargnant les détails ignobles, mais l’odeur du sang s’élève. Elle éveille en moi de violents souvenirs que je refoule. Mon esprit est concentré sur une information, une seule, qu’il refuse de croire, alors que les preuves sont venues à lui sous mes yeux encore sous le choc de la révélation. Mon regard s'est perdu dans le vague, mon visage toujours en proie à l'effroi.

Lux… est…

Mes oreilles perçoivent au milieu du tumulte un fracas, celui d’une lance qui tombe sur le sol. J’arrive, malgré la fièvre naissante, à me rendre compte qu’on ne me maintient plus prisonnier…

Non… Je refuse de croire ce que j’ai vue…

Dans un hurlement de rage, je traverse ce que je pense être un bouclier, alors que la fumée commence à peine à se dissiper. Attrapant ma lance, je cours avec une vélocité ahurissante me dirigeant inexorablement vers la dernière personne qui se tenait en face de moi, à peine quelque minutes avant l’intervention de Luxanna.

Lux…

Adrien me voit arriver, et il sait rien qu’en lisant sur mon visage enragé que je ne serais plus enclin à la diplomatie, ni même aux pardons. Que sont mes belles paroles si je ne les appliques pas ?! Il a le temps d’esquiver le premier coup de lance et plaque une main sur ma tête. Et tout part en vrille. Mes yeux voient un nouveau paysage, celui de pierres pavés brûlées et de nombreux cadavres. Je respire comme une odeur de mort alors que Demacia est en proie aux flammes. Je peux sentir le feu me mordre. Et la douleur que cette vision d’horreur m’inflige est en effet terrible. Je pousse un cri d’effroi, fermant les yeux par réflexe, alors que je tombe à genoux. Mes mains tiennent ma tête et j’essaye de me convaincre que ce n’est qu’une vision, qu’une putain de magie, bordel… Nom de…

On… m’a réellement caché… ta nature ? Ta famille aussi … ? Et… Garen alors ? Il est aussi … ? Non !

Je ne sais pas si c’est une question de volonté, ou parce que la voix d’Adrien raillante et moqueuse, acclamant que le prince perdra ce face à face, mais je reviens vite à la réalité. Ma rage s’est aiguisée un peu plus, et sans aucune hésitation j’empoigne ma lance pour exécuter habillement le mage. C’est à son tour de ressentir une douleur bien réelle, ainsi qu’un froid glacial. Il constate de ses propres yeux la lance qui le traverse…
Il lève son visage, me regarde dans les yeux, sourire mesquin sur les lèvres. Il semble se délecter de ce moment alors qu’il a préparé un coup sur l’échiquier :
- Alors… C’est ainsi que l’on applique… La Justice de Demacia… votre Altesse royale … ?

Echec et mat.
S’il avait pu rire, il l’aurait fait, mais à la place c’est une toux rauque crachant du sang qui s’exprime. Il émet encore un son de gorge, et ses yeux se font plus vide avant de s’effondrer… Je le regarde, haletant, la gorge serrée. Je ne me rends pas compte, mais ses hommes qui ont réussi à échapper à la fumée foncent sur moi. Je tremblote mais pas de rage… Toutes les émotions qui existent ne peuvent pas décrire avec précision ce que je ressens, maintenant. Je refoule cette pression, laissant toutefois échapper une larme, unique… La seule. Ce n’est pas le moment pour les regrets…

Luxanna est … un de ces monstres ? …

Je me retourne et je repousse avec force le premier assaillant en poussant un cri. Il est beaucoup plus humain, plus assuré. C’est comme si le vrai Jarvan avait enfin repris le contrôle. Je balance le manche de mon arme dans la tronche de Joff pour éviter d’être à nouveau son prisonnier avant de recevoir un truc coupant dans mon bras. J’ignore la douleur et la blessure causé par cette tentative d’assassinat, je fais déployer ma lance et l’autre dégénéré fait moins le fier, blessé au bras. Deux autres hommes me tombent dessus et le combat se transforme en pugilat. Avec ou sans arme, je défendrais mes principes, ainsi que ceux… qui me sont chers… J’ai… J’ose penser cela en ayant froidement exécuté un homme ?

Luxanna… ma petite Lux… est un mage. Mais… Elle ne peut pas être un monstre.
Merde… Bordel de merde !


M’ont-ils tous caché cette vérité pendant si longtemps … ? Les coups de poings de ces rustres n’arrivent même pas à effacer cette réalité des faits…
Pourquoi...

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Luxanna Crownguard
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MessageSujet: Re: SOS, princesse en détresse [fini]   SOS, princesse en détresse [fini] EmptyMar 19 Fév - 10:44

Je ne peux pas regarder Jarvan, pas maintenant, la situation est trop dangereuse, et j’ai peur, tellement peur… peur de voir cet éclair de dégout dans son regard, peur de sa réaction, peur de son rejet, peur de la suite…

*Que va-t-il m’arriver ? Qu’ai-je fait, mais qu’ai-je encore fait !*

Mon angoisse reflue rapidement, car je ne peux pas me permettre de la laisser prendre le dessus, pas en cet instant, jamais dans ce genre de situation. Plus tard il sera temps de ruminer, plus tard il sera temps pour les larmes, pour les remords et les regrets, plus tard…
Pour le moment je dois me battre pour ce grand idiot au cœur tendre, pour mon prince, pour ce fou qui veux me sauver, pour ce prince qui a volé à mon secours sur son cheval blanc et qui se retrouve à être sauvé par l’objet de sa quête. Pour Hector aussi, et Céleste, et sa mère, pour ces gens qui sont des victimes pris entre deux feux, perdus, ne sachant plus à quel camps se vouer. Rejetés ou malmenés, quelle vie pour eux ? Et enfin pour moi, pour ma propre survie, pour démontrer qu’on peut aussi faire le bien qu’on peut être un mage démacien, pour tenter de stopper toute cette folie avec le minium de morts.

Ils ne se sont pas éloignés, pas assez vite en tout cas, j’ai préservé ceux qui le méritent et laissé les autres en proie à la douleur transperçante de la lumière. Les hurlements fusent, je laisse la magie m’envahir toute entière, je la laisse parcourir mes veines naturellement. Je la laisse m’électriser des pieds à la tête et me donner cette brève impression d’ivresse. Dans un sens il est tellement bon d’être soit même, et si tentant de profiter de ce pouvoir grisant. Je sais qu’ensuite je regretterai le plaisir que j’ai eu à bénéficier de cette sensation, que je serai honteuse à l’idée d’avoir autant aimé déchainer un pouvoir aussi destructeur, mais… pas pour le moment. J’ai une situation à dénouer, peu importe la manière, nous sommes lancés dans la bataille, et il faut achever notre œuvre.

Je me précipite vers Gus une lueur de meurtre dans le regard, ce pleutre n’en mène plus large, il en lâche mon sceptre ! Imbécile, si tu avais plus de deux sous de jugeote tu aurais ressenti dès que tu l’as eu en main le pouvoir qu’il peut te conférer, mais… je ne vais pas me plaindre de ça non, certainement pas.
Il préfère me fuir, me lancer des projectiles qu’un nouveau bouclier évite sans mal, je le vois devenir plus pâle et tandis que je ramasse mon sceptre, c’est un Caius bouche bée et complètement effrayé qu’il utilise en bouclier humain puis pousse sur moi. Je le réceptionne comme je peux, c’est-à-dire pas du tout. Roulant et boulant tous deux nous arrivons aux pieds d’un Hector debout qui joue les murs vivant pour protéger sa petite famille terrifiée.

"Pousses-toi abruti !"

D’un coup de pied je me dégage de Caius et me relève, guettant la moindre attaque contre ma personne mais rien ne vient. Seul le hurlement de rage rauque d’un Jarvan des bois en pleine possession de sa rage nous fait tous sursauter. Je regarde dans sa direction, puis vers le petit groupe. Hector tient sa hache comme s’il allait me couper en deux, mais je vois dans son regard qu’il préfèrerait être partout ailleurs.

"Vous Voyez ?! C’est ÇA ! C’est ÇA vers quoi vous vous dirigez ! C’est ÇA que vous voulez pour Celeste ?! C’est à ce genre d’action que vous voulez participer ?"

Je crie, mes yeux lancent presque littéralement des éclairs d’arcanes, je les vois reculer d’un pas devant mes hurlements. Caius tremble de tout son long, c’est une chose que d’attaquer une jeune femme seule à son feu de camps, c’en est une autre que de se confronter à un mage guerrier en colère même si celui-ci doit avoir l’air d’un chaton qui feule.
Un cri, un nouveau me fait me retourner, celui de mon prince, encore ! Sa voix est littéralement ancrée dans ma chair et celle de ma famille, je crois que je pourrai la reconnaitre au milieu d’une foule bruyante, et ce cri est plein de détresse.

"Jarvan !"

J’accours vers lui, laissant là les autres qui font tout pour se ne pas se mêler à la bataille, mais semblent incapables pour autant de partir, comme hypnotisés par le balais mortel qui prend vie devant eux.

J’arrive à temps pour voir le carnage, je pourrai presque avoir un haut de cœur en voyant ce qu’il est advenu d’Adrien sur qui je trébuche dans ma course folle. Mais, une fois de plus, ce n’est pas le moment. Je me redresse, écrase quelque chose de mou sous mon talon, probablement sa main, je ne m’attarde pas sur cette sensation. Je vois Jarvan !

Il est encerclé, Gus est là qui charge un projectile d’arcane, je pousse un grognement primaire et lance un sort.
Un filet de pure lumière traverse la scène et s’accroche à son pied comme un fouet. J’entends avec satisfaction le cri de douleur qui s’échappe de ses lèvres. Je ne peux pas voir la déchirure sur sa jambe d’où je suis, mais je sais qu’elle est belle et bien présente.
Je change de cible, et de technique, Jeoffrey tente de reprendre la main avec sa télékinésie, je le laisse me soulever comme une poupée de chiffon et m’arracher mon bâton.

"Jarvan, YEUX CLOS !"

FLASH

Je ne sais pas s’il a entendu, je ne sais pas s’il a écouté, je l’espère juste, dans le cas contraire il sera juste ébloui pendant quelques secondes… c’est tout ce dont j’ai besoin.
Jeoff me lâche, débutant ! Amateur ! Il utilise particulièrement bien son don mais ne sais pas garder sa concentration lorsque la situation pars en vrille… He oui, la magie c’est un peu plus compliqué à vraiment pratiquer lorsqu’on est dans une situation de crise, se maitriser ça s’apprend et il ne se maitrise pas, pas encore assez en tout cas.
Je suis retombée sur mes pattes, je fais deux pas, attrape de nouveau mon bâton et utilise une technique ancestrale de la famille Crownguard. Mon arme décrit un arc de cercle parfait et percute sa tempe avec toute la force dont je suis capable. Il s’écroule, sonné, du sang coule du point d’impact. Je m’accorde un sourire satisfait.

*Commences par utiliser ton arme, ce qui ne résiste pas à plus d’un mètre de métal massif lesté d’un cristal ne mérite pas que tu gaspilles de la magie ! Et il y a beaucoup de choses qui ne résistent pas à une arme correctement maniée… Défonces moi ce mannequin à coups de bâtons Crownguard et plus vite que ça !*

Les paroles de cet instructeur me reviennent en tête tandis que le bout de mon sceptre s’enfonce dans les chairs molles entre les jambes de l’un des malabars en train de molester mon prince.
Jarvan se défend comme un diable, mais il est blessé, et Gus profite que j’ai ouvert une faille tandis que son acolyte se plie en deux de douleur pour lancer un nouveau projectile arcanique en direction de cette tête à orner les monnaies.
A nouveau je fais jaillir un bouclier, lui évitant le pire tandis que je le rejoins.

"Avant toutes choses ! Je suis de TON COTE !"

J’ose espérer qu’il n’avait pas de doute là-dessus mais la situation peut prêter à confusion et je préfère ne pas me prendre un revers de la part de l’homme que je viens secourir. Je n’attends pas vraiment de réponse, et prends le risque de me rapprocher d’avantage.
Je balance un coup un peu au jugé dans un genou qui passait par là, savourant le craquement léger, puis me colle au dos princier pour nous éviter les angles morts dans la posture de bataille bien connue de ‘arg nous sommes encerclés’ .

"Jarvan, je suis désolée… je… t'en supplie, n’ai pas peur de moi à cause de ça…"

Les autres continuent de nous encercler et chose ennuyante ils viennent de reprendre un peu leurs esprits et se regroupent, nous poussant à nous déplacer vers une souche, coincés entre eux et l’arbre.
J’avale ma salive tandis que Joffrey très mal en point mais réveillé et soutenu par un Gus l’air plus mauvais que jamais nous désarme et fait léviter une série de pierres et d’objets divers que son acolyte dans le crime charge en énergie.
Je sais ce qui va se passer, et je ne suis pas certaine que mon bouclier puisse tenir face à un tel déferlement de projectiles, surtout qu’ils ne manquent pas de matière pour nous assaillir de plusieurs vagues.
Désespérée je regarde derrière eux, puis tourne la tête sur le côté, pas de trace de Céleste ni des autres. Ils ont dû parti… Caius… le silence s’est fait dans le camp, et Caius a choisi le sien. Il s’est saisi de la lance de Jarvan et peine presque à la porter, mais la lueur dans son regard ne trompe personne. Il est prêt à se battre à présent, contre nous.
Doucement, je décale ma main et saisie celle qui est à mes côtés, je la serre délicatement, puis plus fort.

"Pardon… pardon pour tout ça."

Je lâche sa main, prend une inspiration et alors même que les premières pierres arrivent sur nous, elles sont prisent dans un torrent de lumière brûlante qui écrase tout sur son passage, noie dans son flot éclatant les cris de ceux qui ne pensaient pas une telle chose possible, fait disparaitre nos ennemis et ne laisse plus rien… rien que le silence.
Le craquement du bois, quelques crépitements de pierres retombant, un arbre s’écroule, puis un second, entamés à leur base par une force terrifiante. Une coupe clair s’étend sur plusieurs mètres bien en face de nous, en face de moi, de mes mains à plat orientés dans cette direction.

Le silence ou presque.

Je baisse mes mains, et la tête, une larme s’échappe de ma paupière tandis que je me baisse pour ramasser une énième fois ce sceptre. Sa présence ne m’est d’aucun réconfort pour une fois.
Je n’ose pas me retourner pour le regarder, je me contente de rester plantée là, une autre larme coule alors que les bruits reviennent, ceux d’un oiseau courageux puis les craquements de branches des trois survivants revenant dans la clairière.

J’affronte leurs regards, ils ne savent plus quoi penser, je peux comprendre.

Au final c’est la plus jeune d’entre nous qui brise cette étrange bulle en se précipitant dans mes bras. Surprise et stupéfaction totale! Interdite, je ne sais que faire puis pousse un soupir et la serre contre moi, souriant alors qu’elle me brise presque les côtes dans son étreinte.

Je murmure en lui caressant les cheveux, de nouvelles larmes glissant sur mes joues. "Hey… doucement, tu es forte, tu te souviens ?"
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Jarvan Lightshield IV
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MessageSujet: Re: SOS, princesse en détresse [fini]   SOS, princesse en détresse [fini] EmptyJeu 21 Fév - 14:28

C’est un cauchemars, cela ne se peut… C’est impossible de vivre une chose pareille. Je vais probablement me réveiller à nouveau en nage, et me rendre compte que les douleurs ne seront que temporaires. Futiles, idioties. Pauvre fou qu’est votre Prince.
J’entends quelqu’un me crier un ordre, mais je ne saisie pas tout de suite ses mots… Je reçois quelque chose en plein les yeux, comme une lumière intense et instantanée qui m’oblige à les fermer. Sur le coup ébloui, je reste un genou à terre pendant de longue secondes dans lesquels j’aurais pu me faire tailler en pièce par n’importe qui. Alors que ma vision semble revenir, je ne bouge toujours pas, tandis que les présences autour de moi se rapprochent. Non. Non… !
Je me mets à rire, ni joyeux ni triste, un rire un peu dément mais j’imagine que je suis le seul à l’entendre… Pauvres fous, vous aussi, même blessé je peux encore me défendre. Un se retrouve au sol et je lui offre un direct du droit, tandis que les autres m’enlacent mais pas pour faire des douceurs. Dans ce cas, je me débattrais avec autant de force qu’un animal en cage, privé de sa liberté. Je les repousse dans un cri éraillé, mes forces commencent à se dissiper, m’abandonnant au milieu de cette bataille. Je recule et percute la souche, me forçant à reposer un genou. Cette fois-ci, je vais avoir dû mal à me relever… La blessure sur mon flanc droit me lance et la flèche toujours fichée dans mon armure tente de temps à autre à faire reconnaître son existence. Est-ce la fin ?
J’ouvre un œil, et à la place de voir mes ennemis venir vers moi, mais c’est à nouveau ce bouclier qui s’illumine. Et … Je ne peux pas expliquer pourquoi il me rassure, alors que mon cœur est encore enserré dans l'incertitude et la peur.

Tu es… de mon côté…

Quelque secondes seulement, débarrassé du dernier ennemi menaçant et c’est Luxanna qui se retrouve devant moi. Un sentiment de rejet refait surface. Je me redresse, le dos contre la souche. La situation est… catastrophique. Lux devant moi, le bouclier semble nous protéger des projectiles du mage, mais les autres approchent, tous armés de bric et de broc ou de ma lance pour le dernier qui semble vouloir enfin prendre part au combat. Désarmés et épuisés, nous n’avons plus aucune échappatoire… J’écoute ce que me dit Lux et j’ai l’impression que ma volonté ne tient plus qu’à un fil. Je suis à deux doigts d’éclater, mais mes sentiments sont contradictoires alors que je la regarde. Amie ou ennemie ? Que dois-je faire … ? Quel avenir après tout ça ?
Non, pas maintenant, la réflexion est à remettre à plus tard, si… si toutefois nous nous en sortons.
Je serre les dents, je refoule absolument tout ce qui me passe par la tête, et je regagne une lueur d’espoir, si fébrile. Serais-je une tentative de se voiler la face, Altesse… ?

Soudain, je sens une main s’approcher, puis saisir la mienne. Un geste doux, une autre lueur qui rassure mon esprit troublé. Si au début j’ai voulu la retirer, je l’ais laissé faire. Elle serre plus fort, et je fais de même. Lux… Cela ne se peut. Luxanna. Comment je n’ai pas pu le voir, avant ? …

J’entends ses mots et je ne comprends pas. Pardon pour tout ça… Pardon pour avoir montré la vérité à ton Prince ? D’avoir montré ce que tu étais vraiment ? D’avoir révélée que j’ai cru en des mensonges pendant tant d’années ? D’avoir été obligé de tuer pour sauver la personne qui était venue te chercher… de… de tuer ? Non, ne - … !
Je ne sais pas comment, mais j’ai fini par le saisir, la signification réelle de ses mots. Pourquoi ais-je eu ce temps de retard … ? Impardonnable !
C’est au moment où elle lâche ma main et que les projectiles se dirigent vers nous, comme mille couteaux meurtriers, que j’ai voulu me mettre entre eux et Luxanna. Pour servir de bouclier humain ? Imbécile…
Mais Lux a donc un bon temps d’avance et a déjà pris les devants. Une lumière intense jaillit de ses mains, bien que je le perçois à peine. Je suis même obligé de fermer les yeux, reculant contre la souche. Mes oreilles perçoivent tous les détails : l’éclatement de la terre, du feu flamboyant, aux cris des bandits, et pour finir comme un coup de tonnerre ou quelque chose qui s’en approche… Le silence s’ensuit. Mon cœur bat la chamade et j’ouvre les yeux pour… Pour voir … ? La terre a été coupé, tout ce qui s’y trouvait effacé à jamais et les arbres s’écroulent, mettant un point final à l’horreur.
J’ai vu beaucoup de choses, des combats sanglants, des morts, mais… la magie est de loin la pire chose qui puisse exister.

Si la vie semble déjà reprendre son cours autour de nous, rien n’efface l’odeur de brûlée, qui me prend aux tripes. Je m’éloigne de quelque pas de Lux, longeant la souche. Le dégoût est beaucoup plus dû à ce moment qu’à sa présence, mais rapidement c’est un tout autre sentiment qui revient, qui me hante… Je me retourne vers elle, lui lançant un regard. Que dois-je faire… Que dois-je croire ? Les lois de Demacia sont claires et strictes : Les mages trop dangereux sont enfermés et ceux qui ne sont pas capable de maîtriser leur don subissent la peine de mort ou sont exilés, et doivent quitter le Royaume. Les derniers qui veulent s’adapter n’ont pas le droit d’utiliser leur pouvoir.

Et pourtant, tu es là… Toi…

Je me sens trahis. Il est encore plus difficile d’imaginer que Luxanna a dû me cacher sa nature pendant aussi longtemps, que tout ce beau monde qui fait notre entourage n’a pas pensé bon de m’informer. Mais c’est autre chose, encore une argumentation à présenter au Roi.
Mais maintenant, que faire ? Appliquer la justice, faire respecter les lois de Demacia ?!
Je serre les poings, tremblant de rage. De rage ! Habituellement maître de mes émotions, voilà que tout refait surface et se transforme. Qui est le monstre ici ? Qui de tous est capable de rendre la vie de toutes ces personnes difficiles ? Quel est le choix le plus juste à prendre … Les faire enfermer ? Une enfant… Ce n’est qu’une enfant. Son don lui a servi à se défendre, elle et sa mère. Je…
Je lève le bras gauche et je m’en vais frapper ce qui me passe sous le poing. Un bout de la souche ne fait pas de résistance et éclate, des copeaux de bois s’éparpillent sur le sol abandonnant les autres fichés dans mes plaies. J’ai dans le même temps poussé un cri, mais plus humain que tout ceux qui j’ai pu faire au milieu du carnage. La douleur n’est rien comparé au combat mental, tapis dans les ombres les milliers de questions que je me pose. La justice doit être aveugle… Et je suis déjà trop concerné pour l’appliquer correctement. Mais les lois… Qui suis-je pour les ignorer ?! Je frappe à nouveau, ignorant les blessures et je finis par me tourner vers les filles. Ma colère est palpable, mais j’ai repris le contrôle. C’est probablement le son des chevaux qui m’a fait revenir à la raison, car je le devine : ce sont mes hommes qui arrivent.

Je m’approche d’elles, Hector fait de même, pensant que j’allais leur faire du mal. Mais il comprend mes intentions alors que je m’adresse à Lux, sans animosité, sans aucune intention de nuir. Juste une voix… un peu plus froide que d’habitude.
- Laisse les partir…

Hector me regarde et à dû mal à croire ce qu’il vient d’entendre. La petite, terrifiée, serre plus fort Lux, sa mère quand à elle est submergée par les émotions et ne sait pas comment réagir. Je me détourne d’eux et je commence à marcher… enfin à boiter vers mes hommes. Ces derniers s’arrêtent, s’intéressant à mon cas et à celui de Luxanna. Efficaces, ils apportent les premiers soins et l’un d’eux finit par poser des questions sur la présence des trois autres. Je me retourne, et ne répond pas tout de suite. Mais d’instinct, je sais ce que je dois dire… Ce que je dois faire... Même si toutes mes décisions depuis le début seront probablement remis en question.
- Ils étaient prisonniers, tout comme Lady Crownguard de bandits que j’ai suivi jusqu’ici. Apportez leur les soins nécessaires…
- Bien, votre Altesse !
- Qu’est-ce qui s’est passé… ?

Je devine l’effroi dans leurs regards alors qu’ils constatent l'ampleur des dégâts sans même les regarder. La pétricide sur leurs équipements doit probablement les titiller, ce qui exclut le mensonge de ce côté là. Je serais obligé de faire un rapport détaillé… Et Luxanna devra en faire de même auprès de son ordre.
- Ils avaient des mages de leurs côtés, Finis-je par répondre. Ils ont fini par être en désaccord sur la question de notre sort, et l’un d’eux a … fait ça. Je ne saurais l’expliquer comment…

Je lance un regard vers Lux, acquiesçant doucement. Voilà un résumé de ce qui s’est passé ici, pour le moment. Je suis sûr qu’elle comprendra. J’aurais pu… Non… Pas maintenant. Il est encore trop tôt pour les regrets. Quel piètre Exemple de Demacia je fais…
- Va porter un message à l’élite du Roi et à l’Ordre des Illuminateurs… Qu’ils cessent les recherches…
- Bien, Monseigneur !
- Nous rentrons.

Jamais je n’ai senti une telle crainte à l’idée de reposer le pied dans ma chère cité, alors que je porte sur la conscience mes erreurs, des morts et des mensonges… Ainsi que le doute, ma pire angoisse.
Tu supportes des injustices ; console-toi, le vrai malheur est d'en faire.
Rien ne peut me rassurer. Sur le fond, j’espère au moins avoir pris la bonne décision en les laissant partir. Ni enfermé, ni exilé… Ils ont le choix. Plusieurs solutions s’offrent à eux : partir loin d’ici ou venir vivre à Demacia. Dans les deux cas, je ne m’opposerais pas.
Est-ce que c’est la bonne décision ? … Et Lux, quelle décision prendre… ?
Je laisse échapper une larme. Fatigué. Las. Désabusé.







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MessageSujet: Re: SOS, princesse en détresse [fini]   SOS, princesse en détresse [fini] EmptyVen 15 Mar - 12:34

Céleste reste fichée dans mes bras, comme si j’étais une sorte de pilier face à son monde qui s’écroule, je ne sais pas comment réagir à ça, surtout après ce que je viens de faire… Mais ce câlin désespéré me fait du bien.  Ce n’est qu’un peu de sucre dans un océan d’amertume mais il n’en est que plus précieux.
Personne ne dit rien, et je n’ose toujours pas me retourner pour affronter l’homme derrière moi y compris lorsque je sens son regard accusateur posé sur mes épaules comme une épée de la justice. Je me force à penser à la scène un peu plus tôt, à la sensation de sa main serrant la mienne, à sa réponse à cette offrande de paix, à ma demande de pardon… Ai-je seulement une chance de lui faire comprendre alors que moi-même je suis effarée par le fruit de ma puissance ?
Céleste lève son petit visage vers moi, je suis à peine plus grande qu’elle… Je me force à sourire bravement et la lâche le temps d’essuyer une larme. Je dois être dans un sale état, j’ai l’impression que ma main étale plus qu’elle ne retire de la saleté sur mes joues.

"Écoutez, je…"

Ma phrase est interrompue soudain par le craquement du bois et un cri de rage, nous nous retournons tous vers la source du bruit et je vois l’inimaginable arriver. Jarvan donne un nouveau coup dans la souche, faisant s’envoler des escarbilles de bois dans les airs. Je me mordille la lèvre inférieure et la douleur me lance en même temps qu’un goût de sang se répand dans ma bouche… c’est vrai que j’ai la lèvre fendue.

Il se retourne vers nous, par réflexe je me remets à serrer la petite contre moi tandis que cette dernière me broie presque la main. J’ai beau être habitué à voir ces hommes en armure, ces grands héros au regard déterminé. Contempler quelqu’un que je connais si bien dans une telle colère, et dirigée contre moi… Je tremble, mon estomac se noue, je pourrai vomir d’angoisse à cet instant tandis que les larmes reviennent de plus belle, voilant momentanément ma vue.

L’instant passe rapidement, le temps suspendu semble redevenir aussi normal que possible lorsque le bruit de chevaux, les cliquetis de brides et d’armures, le feulement d’armes dégainées nous tirent de notre torpeur en même temps qu’arrive l’escouade princière. Voir mon prince reprendre ses esprits me soulage, momentanément, car j’ignore quelle sera sa réaction en présence de ses hommes. Qu’allons-nous leur dire ? que va-t-il advenir de la petite famille ?

Hector semble prêt à défendre sa nièce et sa sœur et se rapproche en même temps que Jarvan. De mon côté je peine à avaler ma salive, complètement crispée. Je ne sais pas comment réagir, je ne sais pas ce que je dois faire. Je. Ne. Sais. Pas !
Je reprends une grande inspiration, et me rend compte que j’avais retenu ma respiration tout ce temps… Ils peuvent partir… j’ai une pensée pour la voilée, mais garde pour moi cette idée mal vue.

"J… merci."

Impossible de dire d’avantage, les autres non plus ne peuvent pas, peu importe. Je serre une dernière fois la petite contre moi et la redonne à sa mère. Concentrée sur eux j’entends d’une oreille mon prince commencer à donner ses ordres, de mon côté je dois faire vite !
Je me penche et après quelques jeux difficiles avec la doublure de mes bottes, je me relève avec six rouages d’or Piltovien entre les mains. Je confie le tout en un éclair à la pogne d’ours d’un Hector estomaqué mais suffisamment réactif pour faire disparaitre l’argent rapidement.

"Cachez ça, et gardez-le pour aller ailleurs et vous établir, là où Céleste pourra grandir sans avoir peur. Je vous conseille le Nord-est, allez chez les Arbormark, ils sont nos alliés mais… Il existe chez eux des gens qui comprendront, et aiderons, ici nous ne sommes pas encore mûr pour ça, pour accepter qu’il existe… des nuances. Ça ne veut pas dire qu’il n’existe aucun espoir, ou qu’il faille passer par la violence pour faire changer les choses… je…j’espère, un jour… En attendant mettez-vous en sécurité et ne participez pas à ça je vous en conjure… Ce n’est pas Démacia telle qu’elle devrait être."

J’ai à peine le temps de débiter mon laïus et je le vois faire son chemin dans la tête des trois survivants lorsque l’un des hommes de Jarvan s’approche de moi et commence à vouloir me soigner. Agacée je le repousse puis face à son embarras et son insistance accepte qu’il passe une bande autour de mon torse pour au  moins couvrir ma blessure dans le dos le temps de nous mettre en sécurité. Bien évidement leur présence soulève des questions, Jarvan transforme la vérité en un mensonge acceptable et je ne peux m’empêcher de pousser un soupir de soulagement, une nouvelle larme coule le long de ma joue. Mon soigneur qui pense que je suis en train de craquer tente quelques formules réconfortantes, m’assurant que je suis en sécurité à présent… que le problème est réglé, qu’il n’y a plus de danger. Il hésite un peu sur ce passage-là, jetant des coups d’œil vers la scène de carnage toute proche.

*Si tu savais…*

Les autres ne disent rien non plus, ils me jettent des regards perplexes et apeurés, bien qu’ils aient entendu mon discours. Ils s’attendent sans doute à chaque instant à être dénoncé ou toutes autres vilenies infligées aux mages depuis… depuis…

*Tout ça est de ma faute*

Mon moment de flagellation prend fin lorsque le regard bleu perçant de Jarvan se tourne vers moi après un énième mensonge… ou plutôt une vérité déguisée, je me contente de hocher la tête puis de la baisser rongée de remords de regrets, de honte, et plus encore.
Le reste s’écoule comme dans une brume: je me vois négocier deux chevaux pour la petite famille. Nous leur fournissons tout ce que le camp pouvait avoir d’utile et ils repartent avec encore quelques pièces supplémentaires, de l’équipement et l’espoir d’une vie nouvelle au-delà des murs. De leur destination personne ne parle, mais Hector me chuchote après une étreinte d’adieux bourrue qu’ils vont suivre mes conseils. Il offusque au passage sans doute la moitié des hommes présents … quelle familiarité avec une Lady…
Pour ma part je n’y vois qu’un peu de baume au cœur, j’en ai bien besoin tandis que nous contemplons le bûcher funéraire improvisé de Caius, Adrien, Jeoffrey et de ces autres dont je ne connaissais même pas le nom et que j'ai précipités dans la tombe.
Les cendres dispersées, une vague de satisfaction de justice rendue parcourt les rangs et les esprits alors que le mien sombre dans des pensées de plus en plus noires.
Perchée sur Feu que j’ai retrouvé les larmes aux yeux, encore! Je regarde l’avenir, je regarde mon prince enfourcher sa monture, les traces de combat sur son armure. J’affronte brièvement son regard avant qu’il ne donne le signal du départ. Il est vivant… C’est tout ce qui compte. Quant à moi, je suis prête à affronter mon destin, à assumer mes fautes si c’est son souhait, pour Démacia ?
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SOS, princesse en détresse [fini]

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