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 Ahri - L'humanité est-elle vraiment un trait humain ?

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Date d'inscription : 08/05/2016
MessageSujet: Ahri - L'humanité est-elle vraiment un trait humain ?   Sam 18 Juin - 23:42



NOM & PRÉNOM



› Sexe › Femelle
› Race › Renard éveillé
› Origine › Ionia
› Allégeance › Elle même
› Occupation › Quête d'humanité
› Devise › La pitié est un luxe, et une responsabilité

GENERALITES


Physique - De loin, Ahri peut ressembler à une humaine, d'une taille moyenne d'un mètre 60 environ. Du moins, si l'on fait abstraction de la longue et épaisse queue d'une fourrure blanche immaculée, qui lui sert de balancier lorsqu'elle se déplace, mais qui se révèle en vérité être non pas une, mais neuf queues bien distinctes rassemblées ensemble pour ne former qu'une. Dans les traits particuliers, on note également deux grandes oreilles pointues au sommet de son crâne, tout aussi blanches, qui rendent son visage particulièrement expressif, pour qui est capable d'interpréter les signes d'humeur animale, tout du moins.

Pour le reste de son corps, si ce n'est ses traits parfois emprunts du renard encore, et ses grands yeux verts / jaunes, Ahri ressemble à une jeune femme tout à fait attirante, à la silhouette gracieuse et légère dans chacun de ses mouvements. Le teint clair, de longs cheveux noirs et lisses, des formes bien marquées. Ses vêtements, pris sur l'une de ses victimes, sont dans la pure tradition Ionienne, de qualité, d'un rouge profond, brodé de motifs complexes, et mettant en valeur son corps.

Plus Ahri se nourrit d'essence, plus son apparence renarde s'éloigne, pour se rapprocher de l'humaine. Ses traits s'affinent peu à peu, se font plus ronds, moins pointus. Ses yeux se font plus humains, moins animaux. Cependant, à ce stade, maintenir cette apparence lui demande de prendre régulièrement de l'essence, et des événements difficiles à vivre et / ou un manque d'essence aura tendance à faire de nouveau régresser ses traits vers quelque chose de plus animal.

Mental - Bien que son apparence soit désormais proche de celle de l'humaine, et que son comportement s'en soit également rapproché, Ahri est toujours habitée par des instincts animaux, vestiges de ses premières années de vie en tant que renarde. La tendance à aimer avoir une cachette, observant l'inconnu sans trop s'en approcher en premier lieu, et à avoir de temps à autre des réactions déconcertantes pour une personne habituée à ce que la parole soit le premier moyen de communication. Lorsque la peur la gagne ou la déborde, elle a une tendance à fuir, ou à attaquer si la fuite est impossible.

Mais ce qui caractérise le mieux Ahri est sans doute sa curiosité, et sa fascination pour l'humanité, à laquelle elle rêve de se mêler. Chaque nouvelle découverte est un cadeau, et chaque pas vers la compréhension de la société un trésor. Les amitiés humaine l'attirent, et elle rêve d'un jour, pouvoir à son tour, sortir du stade de l'animal, ou de celui de l'hybride entre deux mondes, pour se plonger de plein pieds dans l'humanité dont elle craint le rejet.

Si elle peut se montrer impitoyable, animal se défendant des agressions lorsque l'on en veut à sa vie ou celle de ceux auxquels elle est attachée, elle est rarement agressive au premier abord à moins de se sentir menacée. Au contraire, Ahri est, malgré sa méfiance des approches inconnues, fascinée par les hommes et leur monde, et quelqu'un cherchant à l'approcher sans animosité pourra très vite la combler une fois les premiers moments de méfiance passés.

Mais cette humanité, elle la gagne en se nourrissant de l'essence même des mourants. Et chaque fois que le renard en elle reflue, les considérations pour la vie humaine la gagnent un peu plus, et lui font comprendre la difficulté morale à laquelle elle se heurte, à devoir prendre l'humanité d'autres pour gagner la sienne. Désormais, elle ne frappe plus au hasard, préférant cibler ceux qui, à ses yeux, ne méritent pas leur humanité, sauf en dernier recours, si le besoin devient trop important.

Pour l'instant, Ahri est encore timide, se cachant beaucoup de l'humanité, craignant qu'ils la craignent. Ses longues queues duveteuses, et ses oreilles de renarde sont bien trop apparents, et les hommes l'ayant aperçu l'ont trop souvent prise pour un démon, l'amenant à se dissimuler d'eux, pour en pas se faire jeter de pierres.
Soyeuse et duveteuse, sa fourrure, mais privée. Si Ahri vous donne la chance de se montrer à vous, mieux vaut ne pas commencer à vouloir avoir les mains baladeuses sur ses queues, car elle le prendrait très mal.

Lieux de vie - Ahri vit encore à Ionia, sans s'être mêlée à l'humanité. Elle fuit la guerre, comme de nombreux habitants qui se réfugient vers le nord, là ou Noxus n'a pas encore réussi à percer. Elle vit dans une forêt, près d'un village, d'un endroit ou elle peut observer les habitants, mieux comprendre leur société.

RELATIONS ET LIENS


Wukong - Une autre créature hybride, entre l'animal et l'humain, qui cherche à évoluer. Ahri et lui ont plusieurs points communs.



I'M AN ASSASSIN / MAGE


Style de combat : >
La première qualité d'Ahri est son agilité, et la difficulté à l'atteindre. Elle se déplace très rapidement, esquivant les flèches, courant dans les branches, se rendant intouchable.
Une fois une cible isolée, c'est la magie qui lui permet de l'atteindre. Son charme lui permet de faire perdre toute volonté à l'humain, si ce n'est celle de lui obéir, de le hanter de désir de se rapprocher d'elle. Une fois à sa merci, Ahri peut déchainer des sorts de flammes magiques, qu'il s'agisse de feux follets, de flammes blanches, ou d'un orbe brulant, capable de tuer un homme d'un simple aller retour en lui.
La magie qui l'habite lui procure, en dernier recours, une force physique au dessus de la moyenne. Lorsqu'il lui devient difficile de faire appel à ses pouvoirs, elle peut briser des os à mains nues, mettant fin à une vie de la simple force de sa poigne sur la nuque de son adversaire.

HISTOIRE OU POST RP


Lorsque la lune tourne à l'écarlate, c'est la nuit même qui se fait sanguine.



Une lueur orangée dansait devant ses yeux, comme si l’univers entier n’était plus que nuances soleil et sang, pris dans une ronde à travers le crépuscule.


Dans une vallée à l'ombre des pivoines et des cerisiers sauvages, à l'orée de la grande forêt de pins d’où les neiges éternelles des plus hauts sommets semblaient plus proches, ou Ahri avait depuis quelques semaines élu son domicile, fuyant les frontières toujours rongées par la guerre et la dévastation de ses terres, se trouvait un grand arbre.

Seul, dressé au milieu du terrain vallonné, ses hautes branches tordues en des motifs si particuliers que personne ne pouvait nier qu’ils semblaient vouloir communiquer avec toute forme de vie, pouvaient être aperçues de si loin que sa simple vision servait de guide, de repère, pour se retrouver lors des voyages menant hors de la grande forêt dressée vers les cieux. Panthéon de roches allant caresser le ciel, couvert d'arbres aux feuilles denses et vertes en toute saison, agité de cascades cristallines glissant sur la pierre nacrée, vers les fonds de lacs agités sans cesse de remous, et multitudes de petits bruits, preuve du fourmillement de la vie grouillante, ce lieu était semblable à l'un des havres de paix encore vierge de toute destruction dont les contes auraient pu transmettre l'existence.

Une existence menacée, malgré tout. Les affrontements qui faisaient rages repoussaient chaque jour un peu plus la limite entre paix et guerre, et Ahri craignait chaque jour de voir à nouveau l'écarlate briller au soleil matinal, et les tueurs venir accomplir leur sinistre oeuvre auprès des habitants de ces contrées, qu'elle se plaisait à observer jour après jour dans leur actes encore innocents, bien que tourmentés par la même peur de voir la mort venir frapper à leur porte.


Sa gorge était sèche, et sa vision brouillée. Autour, quelques sons lui parvenaient, lointains, incompréhensibles. La lueur maligne cessait peu à peu sa danse, pour s’étendre, et croitre en intensité.

Mais pour l'heure, une étrange ambiance s'était installée au sein des villageois qu'observait la renarde, depuis sa fuite du dernier lieu de massacre, ou ceux dont elle avait espéré partager la vie avaient vu cette dernière brutalement raccourcie. Depuis la veille, toutes les conversations que ses grandes oreilles pouvaient capter semblaient revenir à un seul et même sujet : le grand chêne de la vallée, et ce que chacun allait accrocher à ses branchages. Elle les avait observés, à l'ouvrage, des heures durant, circulant entre les différentes cachettes en hauteur, dissimulées à l'orée du village, lui offrant un point de vue sur toutes leurs fourmillantes activités qu'elle avait du mal à saisir. Prenant des risques pour se rapprocher plus près, ses queues s'agitant nerveusement derrière elle alors qu'elle se passionnait pour leurs activités, qu'elle rêvait de partager. Ils avaient accrochés à chaque arbre, à chaque bâtiment, des objets qu’elle avait déjà pu observer par le passé. Des créations circulaires, cylindriques qui, elle le savait, au soir, s’illumineraient en milles couleurs.
Et aujourd'hui, tous ou presque quittaient le village, pour se diriger vers le grand arbre, dont les branches courbées semblaient aussi accueillantes que les bras d'un parent. Elle les avait suivis jusque-là, se faufilant entre les bois, pour ne pas se faire voir. Il était difficile d'approcher de près dans la vallée, mais de là où elle se trouvait, elle les avait vu accrocher des choses aux branches, ces mêmes objets sur lesquels ils avaient travaillés la veille, sans qu'Ahri ne puisse s'approcher d'assez près pour voir de quoi il s'agissait. Les plus intrépides des enfants tentaient d'escalader l'arbre, fanfaronnant, tentant d'accrocher leur trésor plus haut que le précédent, tandis que les parents les rappelaient à eux en leur intimant la prudence. Les branches se chargeaient de couleurs, ployant légèrement, mais bien assez fortes pour supporter ces chatoiements qui donnaient vie à ce grand arbre si fier. Le spectacle était ravissant. Elle avait compris, au fil des conversations, que ces petits portes bonheur étaient destinés à apporter la chance et repousser les craintes de chacun de ceux qui participeraient à la cérémonie qui se tiendrait ce soir là. Chacun plaçait une création, et priait les esprits d'exaucer leur vœu le plus cher, et de les protéger du mauvais sort, lors de la nuit de la grande Lune de Sang.

Sa gorge brulait. Une piqure agaçante sur ses yeux la força à les refermer, l’empêchait de contempler la lueur orange, qui s’étendait de plus en plus. Elle avait chaud.

Ce n'était pas la première Lune de Sang que vivait Ahri, mais la précédente s'était produite à une époque où sa compréhension du monde et des traditions humaines étaient encore bien trop restreintes. Il n'avait s'agit que d'une manifestions de la nature, qui ne l'avait pas transcendée. Elle ne s'en souvenait d'ailleurs pas réellement, si ce n'était qu'une levée des yeux vers le ciel pour constater l'écarlate du ciel, accompagné de multitudes de petits bruits inhabituels au sein de la forêt ou elle vivait.
Mais cette fois, elle pouvait saisir l'importance que ce moment semblait avoir pour les humains, et n'en était que plus curieuse. D'autant qu'elle pouvait sentir une vie puissante, ancienne, couler par la sève de ce grand chêne, tel un gardien veillant sur la vallée depuis des centaines d'années.

Sa main se posa sur l'écorce.
Elle avait traversé à pas rapides la distance qui la séparait du couvert des arbres les plus proches ou elle pouvait se dissimuler, après s'être assurée que plus personne n'était visible à l'horizon. Ses grandes oreilles s'agitaient, écoutant tout autour, pour s'assurer qu'aucun retardataire ne vienne. Mais de toute la vie qui pouvait regorger en ces lieux et se faire entendre, ce qu'elle ressentait ainsi, sa peau effleurant l'écorce de l'arbre centenaires, était sans doute la sensation la plus prenante qu'elle n'ait pu percevoir.
Cet arbre était vivant, cela ne faisait aucun doute. Une vie ancienne, une vie riche, dont les ramifications s'étendaient tout autour d'elle, vers ce qui semblait être la forêt entière. Ce contact lui donnait la sensation de s'éveiller à une forme de vie bien plus grande, bien plus imposante, dont elle ne serait qu'une minuscule parcelle reliée à des millions d'autres, assemblées en une seule et grande forme.

Si Ahri avait eu du mal à comprendre les croyances des hommes en des divinités, le contact de cet arbre à lui seul pouvait l'éclaircir. Il l'apaisait, la prenait dans ses bras, la berçait. Lui donnait l'aperçu d'une toute autre échelle de l'existence, de ces choses immuables, dont la vie s'écoule si lentement, si paisiblement, que les fleuves pourraient changer de sens sans qu'elle n'ait disparu d'ici là. Son être entier vibrait à travers ce contact, au rythme de tout ce qui l'entourait.

Un sourire se dessina sur ses lèvres, alors qu'elle effleurait de la main l'une des créations accrochée à une branche basse. Un petit objet, fabriqué à partir de rubans enroulés autour de jeunes pousses. D'autres étaient faits de fruits, de branches, de petits cailloux, de ficelles ou de charbon... La seule limite des enfants créant ces portes bonheur était leur propre imagination.
Le travail des adultes semblait plus précis, moins chatoyant. Les créations se ressemblaient : de petits cercles de bois, ou des fils et ficelles s'entrecroisaient, accrochés de plumes ou de petites sculptures. Certains rubans étaient même marqués de ces inscriptions noires, formes se répétant, qu'Ahri était incapable de comprendre, mais qu'elle rêvait de maîtriser un jour à son tour. Des gri-gri uniques, dont chacun, accroché aux branches, devait porter chance à ces habitants pour cette nuit sanguine, et tout le prochain cycle à venir jusqu'à la suivante.

Ses yeux scrutèrent un instant le ciel. Il faisait encore jour, même si celui-ci baissait. Peut-être avait-elle encore le temps...


La douleur se répandait dans chaque parcelle de son corps. Sa tête, surtout, lui faisait mal, de plus en plus mal. Une douleur sourde.


Elle fila vers l'orée de la forêt proche, ses longues queues flottant derrière elle avec une énergie nouvelle. Déjà, il lui semblait que des fourmillements commençaient à parcourir son échine, ramenant brutalement par cette sensation des souvenirs plus clairs de la dernière Lune de Sang. Les images floues de petites créatures inconnues, dont elle ne pouvait pas percevoir l'odeur, dansant devant elle, cette sensation permanente d'être touchée, effleurée. Etrangement, elle ne se souvenait d'aucune sensation de peur, alors que cette fois... Une crainte l'envahissait. Etait-elle propre aux humains ? Avait-elle gagné assez d'humanité pour être menacée par ces créatures, ou n'était-ce que sa capacité de réflexion plus avancée qu'auparavant qui la mettait en garde ?

Chassant la sensation de son esprit, elle s'attela à la tâche. Arrachant de la mousse, trouvant une pierre ronde. Un morceau de bois, quelques lianes... Ses mains agiles, son pouce opposable, la ravissaient. En moins d'une heure, elle fut satisfaite de l'ouvrage : deux petites figures, une ressemblant à un animal à quatre pattes qui représentait le renard, l'autre dressée sur deux jambes comme un humain, reliés entre eux par une petite liane servant de ficelle. Autour d’elle, le crépuscule était tombé, et la lune commençait à apparaitre, pâle dans le ciel dont l’orangé s’assombrissait.
Elle eut envie de rire en les voyants, après avoir terminé. Le renard arrivait aux genoux de l’humain. Et vérifia que la voie était libre avant de s'approcher de nouveau du grand arbre, la poitrine palpitante.
Son plus grand vœu. Celui de devenir humaine à son tour, était représenta dans ce simple objet. Elle l'accrocha avec tous les autres, le cœur tambourinant dans ses côtes, avant de filer de là, retournant vers le village, désireuse de savoir ce à quoi les hommes et femmes s’attelaient désormais, comment se déroulerait cette cérémonie promise.


Ses muscles refusaient de lui répondre, malgré son instinct lui hurlant de fuir.
Peu à peu, les souvenirs lui revinrent, flous, désordonnés. Les cris. Les pleurs. Le rouge. Le feu.


La traversée des bois était stressante. Il lui semblait entendre déjà des chuchotements lointains, murmures produits entre les feuilles. Parfois, une forme apparaissait, pour s’estomper tout aussi vite, comme la manifestation d’un esprit malin s’amusant à jouer des tours. Elle savait, pourtant, que ces créatures n’étaient pas hostiles. Qu’elles étaient comme elle, présente, curieuses, et timides. Mais malgré tout, la lourdeur qui s’installait dans l’air, le crépuscule plus sombre qu’à l’ordinaire, ne la rassuraient pas. Elle avait hâte de voir le village, ses lumières, ses éclats de voix, même si elle ne pourrait rester qu’à sa lisière, créature hybride, plus adaptée à la vie des bois, mais pas encore à celle parmi les humains qui la verraient sans aucun doute comme un monstre.
Il lui semblait que chaque pensée concernant sa nature amplifiait autour d’elle les murmures, et l’angoisse qui la prenait aux tripes ce soir-là. Ces angoisses qu’elle avait confiées au grand arbre millénaire, comme chacun des habitants de tous les villages alentours, ayant tous marché plusieurs heures sur forêts, plaines ou vallées, pour venir se remettre à sa protection.


Enfin, elle eut atteint la lisière de village, et les palissades de bois qui l’entouraient. Non loin se trouvait le petit creux entre les racines d’un arbre, ou elle avait élu son domicile. Un terrier, qu’elle avait tenté d’aménager à coup de feuilles, pour apporter plus de confort. Non pas qu’elle n’ait pas l’habitude de dormir en pleine nature, mais elle aimait imiter ce qu’elle observait.
L’heure n’était pas à dormir cependant. Escaladant les branches d’un arbre suffisamment haut pour lui donner une vision sur l’intérieur du village, elle s’installa, observant avec plaisir les points colorés, qui projetaient de petites lueurs, et étiraient les ombres, partout sur la place principale, comme autant de petites flammes colorées. Elle n’avait jamais pu approcher assez près la fabrication des lampions pour savoir ce qu’ils étaient réellement, mais une chose était certaine, ils étaient magnifiques.

Une toux s’échappa de ses poumons. L’odeur âcre de la fumée. Clignant des yeux, elle pouvait apercevoir des flammes à travers celle-ci. Elle devait fuir cet endroit.

Sur la place, les villageois étaient tous rassemblés. Assis en cercles, écoutant les récits d’un conteur. Des chants venaient accompagner la course de la nuit, saluant la lune pleine, dont la pâleur tournait peu à peu à l’écarlate, sous les regards de tous.
Autour d’Ahri, les ombres s’étiraient lentement, dans d’étranges formes, murmurant sur leur passage. Des petites lueurs apparaissaient là ou elles n’auraient pas dû. De petites créatures aussi. Des esprits.
L’un des enfants pointa du doigt. Tous les regards se tournèrent dans la direction indiquée, et des exclamations vinrent saluer la petite lueur qui s’était promenée là, l’espace de quelques instants, avant de disparaitre. Aussitôt, les chants reprirent, accompagnés de musique, profonde, grave, vibrant. Le soir de la Lune de Sang, les esprits apparaissaient parfois aux humains, et la croyance voulait qu’ils portent bonheur ou malheur, s’il était ou non satisfait.
Ahri ferma les yeux, écoutant avec délice les frissons qui l’envahissaient à ces notes.


Sa propre toux était si caverneuse, résonnait tant en elle, qu’elle aurait voulu devenir sourde. Mais ce n’était pas suffisant pour cacher les cris lointains, ni le crépitement du feu qui se propageait autour d’elle. Si elle ne réagissait pas, elle mourrait ici, et le savait.

Elle fut la première à percevoir le danger.

Ses grandes oreilles pointues, dressées vers les côtés de sa tête, captaient tous les sons de la forêt avec attention. Elle crut d’abord à l’une des manifestations de ces esprits venant s’aventurer dans le monde des hommes, à moins que ce ne soit le monde des hommes qui se lie à celui des esprits. Mais il ne s’agissait pas de ces créatures. Les démons qui approchaient ce soir, appartenaient bel et bien à ce monde.
Les bruits de pas, de bottes approchant, les sabots de chevaux… Elle les entendit avant eux. Ses yeux s’écarquillèrent en voyant le feu percer à travers la forêt. Prise de peur, elle se dissimula au mieux entre les branches, ne les écartant que pour observer la scène.
Les armures sombres brillaient d’une lueur écarlate, sous la lune sanguine. Comme déjà maculée du sang de milliers de victimes, ils avançaient, les yeux et le cœur déterminés, prédateurs ayant clamé un territoire comme le leur.
Elle savait ce qui allait se passer. Elle l’avait déjà vu.
Les chants se muèrent en cris.
Les contes se changèrent en pleurs.
La nuit même se fit sanglante.


Forçant sur ses jambes, elle se redressa. Les flammes l’entouraient, la fumée l’irritait. Mais la volonté de survivre lui permettait d’ignorer la douleur, de se lever, de marcher, de courir. S’enfuir loin de cette forêt rongée par un incendie se propageant rapidement. Il était trop tard pour le village.

Il avait brulé. Elle s’en souvenait.

Elle n’avait pu rester passive à contempler ceux dont elle avait secrètement partagé la vie, depuis peu de temps, mais assez pour s’être attachés à chacun d’eux. Elle s’était montrée. Pour la première fois, elle s’était montrée, même aux yeux de ceux qu’elle désirait protéger.

Cette nuit avait été celle de la Lune de Sang, ou les esprits apparaissaient aux hommes. Ou chacun avait placé sa protection entre les branches du grand arbre.
Pour la première fois, elle était apparue, et n’avait pas été crainte, passé les quelques secondes d’ébahissement. Les villageois l’avaient prise pour la manifestation de l’arbre protecteur, envoyée pour veiller sur eux durant cette nuit, contre ces démons qui en voulaient à leur vie. Ils avaient placé leurs espoirs en elle, rassuré les enfants, prié pour sa force.

Pour rien. Elle n’était pas une gardienne. Elle n’était qu’une stupide renarde se tenant sur deux jambes, et qui n’avait pas su les défendre. Une stupide renarde emplie d'une rage folle qui, après s’être battue, avoir tué, tué encore, avoir déchainé sur les tueurs des torrents de flammes blanches, des artifices de magie meurtrière, s'était faite submerger par le nombre, blesser, et n’avait pu que tenter de fuir l’incendie causé par l’armée de Noxus sur son passage, fuir comme tous les habitants qui n’avaient pu saisir une arme de fortune pour défendre leur terre. Une stupide renarde qui, dans son imprudence et sa fuite à travers bois, avait sauté sur un arbre dont la branche enflammée, fragilisée, avait cédé sous son poids, la projetant violemment au sol ou elle avait perdu connaissance, alors que l’impulsion sur cette branche brisée, retenue par une mince écorce, avait projeté la lueur de ses flammes telle une danseuse aux bolas, juste au-dessus d’elle.

Elle avançait sans réfléchir, sous la nuit sombre. Elle aurait aimé croire que les tâches écarlates sur ses longues queues blanches ne soient dues qu’à la lueur de la lune.
Ses pas la guidaient vers une seule destination, qu’elle découvrit en l’apercevant au loin. Le grand arbre, aux branches recourbées, illuminées d’orange.
Son cœur accéléra, lui faisant tourner la tête. Ses yeux s’ouvrirent en plus grand. Elle se mit à courir vers l’arbre, courir sans penser à la douleur, terrorisée à l’idée que ce qu’elle voyait soit la vérité, et scelle à jamais celle-ci, la rendant immuable.
Les villageois n’avaient sans doute pas fuit au hasard à travers bois comme elle. C’était sans doute la direction qu’ils avaient pris. Là qu’ils avaient attirés les démons.
Son cœur se serra, sa gorge se noua. Les larmes envahirent son regard, brouillant sa vision. Mais pas assez pour marquer la vérité, pour ne pas voir les lueurs rougeoyantes de braises qui consumaient l’arbre millénaire, le protecteur, gardien de ces terres. Celui-ci se consumait jusqu’à son cœur même, ses branches crépitant sous les flammes, se tordant, dans ce qui semblait être des gémissements de douleurs, causés par le sifflement des flammes dans l’air, et le crissement du bois.
Autour, les corps s’amoncelaient. Des morts. Des mourants. Et pour chaque corps qu’elle voyait, elle pouvait apercevoir, au pied de l’arbre, les restes d’un porte-bonheur calciné, brulé, consumé, rougeoyant. Les rubans colorés, agités au vent, qui animaient les branches peu de temps avant, tombaient déjà en cendres.
Un gémissement lui fit tendre l’oreille. Elle se retourna vivement, et franchit d’un bond les quelques mètres qui la séparaient du petit corps recroquevillé au sol, qui tentait de s’agiter.
Celle-ci s’appelait Lyra. Elle pouvait la reconnaitre, malgré les blessures et la nuit, à la crinière de lion blonde qui encadrait son visage. Elle, ne l’avait jamais vu, mais Ahri avait contemplé son existence durant les dernières semaines.
La peur était lisible dans ses yeux. Ahri déposa doucement ses paumes sur sa joue gauche. La droite, comme toute cette moitié de son visage, avait été ravagée par les brulures. Mais le plus inquiétant était surtout la balafre sombre qui ornait son ventre. Aussi sombre que la Lune, aussi sanglante que la nuit. Elle s’accrocha à cette main tendue, les yeux suppliants de la sauver, de ne pas la laisser mourir ici. La voyait-elle toujours comme une gardienne ?
Des larmes roulèrent sur ses joues, venant tomber sur le corps de l’enfant. En cet instant, elle aurait donné n’importe quoi pour la sauver.

« Son heure est venue », dit simplement une voix calme derrière elle.

« Crois-tu qu’elle tentera de fuir ? » ajouta une autre, plus grave, plus sauvage.

Ahri se retourna vivement, prête à attaquer. Des feux follets volant autour d’elle.
Les créatures face à elle ne ressemblaient en rien à ce qu’elle avait pu apercevoir. L’un était un loup à l’aspect fantomatique, dont les traits flous étaient difficiles à déceler. L’autre, un agneau blanc, immaculé, dressé sur ses jambes tel un homme, et portant un arc en main.

Le soir de la Lune de Sang, le monde des hommes et des esprits étaient liés. Chacun apparaissait aux autres, pour cette seule nuit. Et c’est la mort elle-même, venant chercher la dernière des mourantes, qui se dressait là. Sans en avoir la certitude, Ahri sentait pourtant qu’elle ne pourrait rien contre cet esprit-là, malgré toute la magie qui l’habitait. Elle ferma les yeux, laissant quelques larmes encore l’envahir. Elle gagnerait en humanité, ce soir. Mais chaque parcelle d’humanité qu’elle prenait lui faisait sentir un peu plus la douleur qu’elle avait à le faire. La peine qu’elle éprouvait pour les morts dont elle consumait l’essence.

Cette prise fut la plus douloureuse qu’elle ait connue. L’essence qui s’échappait de la fillette, par ses yeux, était semblable à des larmes d’adieu, avant que la mort, sous les traits du loup et de l’agneau, ne vienne l’emporter.
Elle ne pouvait rester ici. Les Noxiens avaient eux aussi, fuit l’incendie, mais finiraient par revenir. Ils clameraient ce territoire comme le leur, puisqu’ils avaient décimés la population qui y résidait déjà.

Chaque jour qui passait lui faisait découvrir à quel point les hommes possédaient une culture des mœurs formidables, riches. Et à quel point ils étaient de redoutables et territoriaux prédateurs, même entre eux.
Au milieu des cendres de l’arbre millénaire, qui se consumait toujours, son regard fut attiré par un objet encore presque intact. Une petite figurine faite de branches, et d’une petite pierre, attachée d’une liane à une autre, auparavant. La figure du renard, elle, avait brulé.
Elle devrait fuir de nouveau, plus au nord encore. Répéter l’histoire, en espérant qu’un jour, ce chapitre qui semblait ne jamais finir, s’achève.



BEHIND THE SCENE




› Prénom ou Pseudo › AnyanKat

› Âge › 21

› Expérience RP › Et tu tapes tapes tapes, c'est ta façon d'aimer

› Comment avez-vous connu Path of Valoran ? › Je me souviens pas.

› Autres ›  Crêpe à la confiture de framboise


Dernière édition par Ahri le Mar 21 Juin - 0:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ahri - L'humanité est-elle vraiment un trait humain ?   Lun 20 Juin - 9:40

Bisous tout doux avec un câlinou~
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MessageSujet: Re: Ahri - L'humanité est-elle vraiment un trait humain ?   Mer 22 Juin - 8:36

Bienvenue !

Bon courage pour ta fiche ! J'adore Ahri *o* mais j'ai pas pensé à la choisir *va se fouetter* ! Enfin bref, bon choix et j'ai hâte de lire ta présentation :3
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MessageSujet: Re: Ahri - L'humanité est-elle vraiment un trait humain ?   Ven 24 Juin - 1:19

Ca avance, l'histoire est faite. Je terminerai demain les plus petites parties

Edit : finité !
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MessageSujet: Re: Ahri - L'humanité est-elle vraiment un trait humain ?   Dim 26 Juin - 13:38

Hello,

Alors après moults fouettages de ta part pour que je lise cette fiche, je prend le temps de le faire en dégustant un délicieux thé glacée pina-colada fait maison. (oui tout le monde s'en tape mais je le dis quand même.)

Bon globalement la fiche retranscrit très bien le nouveau lore d'Ahri et l'histoire est très émouvante, montrant bien les ravages de la guerre à Ionia qui est toujours en cours dans le nouveau lore (petit nb pour ceux qui ne savait pas, on remercie une fois de plus La-rousse). J'ai apprécié également le petit kamého de Kindred, la référence à l'importante cérémonie de la lune de sang dans la culture ionienne etc... etc... bref, c'est beau ça se lis bien, c'est super.

En ce qui concerne les autres parties de la fiche, le contrat est sans conteste rempli, mais je suis légèrement déçue par rapport aux longueurs habituelles de tes descriptions, mais c'est vraiment histoire de pinailler parcequ'il ne faut pas non plus que je ne fasse que te jeter des fleurs :3.

Tant qu'on est dans le pinaillage 3 petites choses qui t'on échappées à la relecture je pense:

....fonds de lacs agités sans cesse des [de] remous, et ...
...dissimulées à l'orée du village, [qui (?) ] lui offrait un point de vue...
....pas voir le[la] lueurs rougeoyantes de braises...

Juste parce que c'est dommage dans un texte bien écrit de tiquer sur des oublis.

Bref Validation (tu en doutais n'est ce pas?) je te déplace de suite dans les fiches validées et je balance de la couleur sur ton nom.

_________________
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MessageSujet: Re: Ahri - L'humanité est-elle vraiment un trait humain ?   

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Ahri - L'humanité est-elle vraiment un trait humain ?

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