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 Passage en terres Zaavan

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MessageSujet: Passage en terres Zaavan   Ven 14 Oct - 16:40

Dossier 9K12. E. G, 15 PO, payé d’avance
Type O, pas de témoin. A archiver.


Le léger grattement d’un crayon, suivi du petit clapement caractéristique d’un carnet refermé d’un geste sec, furent les seuls bruits audibles dans les environs, si ce n’était la légère brise froide sifflant. Katarina jeta un dernier coup d’œil au rouge carmin qui tâchait la légère couche de neige, immaculée sauf autour de ce corps exsangue au cœur transpercé. Se penchant légèrement, elle tendit sa main recouverte d’une mitaine de cuir, pour lui fermer les paupières, du bout des doigts. La plaie était encore fumante, et exaltait une légère brume dans le froid hivernal, semblable à celle qui s’échappait des lèvres de l’assassin à chaque expiration.
L’adrénaline qui parcourait chaque cellule de son corps depuis près de deux jours était peu à peu en train de retomber. La traque n’avait pas été simple. Sa cible avait déjà quitté son domicile lorsqu’elle y était arrivée, et le sol dur et gelé imprégnait mal les empreintes. Mais elle était plus endurante, et la faible neige tombée cette nuit avait précipité la condamnation de sa proie, qu’elle n’avait plus eu aucun mal à trouver. Et les nuages n’annonçaient pas d’amélioration. Nul doute qu’il disparaîtrait sous la neige jusqu’à ce que les premiers rayons du printemps vienne le dégeler.
C’en était presque décevant. Comme si elle avait eu besoin de ce cadeau du ciel pour y parvenir… Elle avait beau savoir qu’elle aurait de toute façon trouvé l’homme à force de persévérance sans cela, ne pas être en mesure de se le prouver à elle-même irritait légèrement sa fierté.

Mais l’excitation de la traque descendue, le froid alentour, et la fatigue, commençaient à sérieusement la mordre. Et il avait fallu que cet idiot vienne se cacher dans un endroit inhospitalier et perdu… Pensait-il vraiment que ça l’aurait découragée de le traquer ? C’était mal la connaitre. A moins qu’il n’ait s’agit que d’un ultime pied de nez, pour lui compliquer un peu la vie une fois qu’elle l’aurait trouvé, à ce qu’elle se retrouve perdue là, sans endroit à dormir. Une petite vengeance prévue d’avance pour l’avoir tué. Non, une proie chassée prenait rarement le temps de réflechir de cette façon là.
Mais en attendant, il fallait maintenant qu’elle choisisse entre dormir à la belle étoile, au risque de se réveiller sous une épaisse couche de neige, ou continuer à avancer malgré la fatigue, jusqu’à retrouver un endroit plus hospitalier. La décision était vite prise, et ses jambes l’emportèrent au petit trot, pour garder son corps chaud durant son avancée.
Elle savait plus ou moins ou elle était. Pas exactement, mais suffisamment pour savoir dans quelle direction se trouvaient les terres habitées les plus proches. Après tout, c’est par là qu’elle était passée à l’aller, trop pressée par le temps pour s’arrêter. Les terres Zaavan. Mais le soir était déjà tombé, et elle risquait de trouver auberges fermées à son arrivée. Dans le pire des cas, une grange ferait bien l’affaire, même si elle n’aurait honnêtement pas été contre un endroit chaud, vu le froid qui s’annonçait pour la nuit.

Mais la neige n’aidait pas à la course, et la fatigue non plus. Elle était affamée et épuisée par cette traque, durant laquelle elle avait complètement oublié les besoins de son corps, bien trop prise par l’excitation de la chasse qui faisait taire tout le reste. Comme souvent. Elle avait cessé de compter les heures, se concentrant uniquement sur son objectif, avançant par pur réflexe. Pour le reste du voyage, elle se trouverait bien un cheval, mais il fallait commencer par trouver un lieu habité pour ça.

Et chaque minute faisait un peu plus mordant le froid qui la transperçait, alors que la neige se remettait à tomber. Continuer à avancer dans ces conditions était de plus en plus difficile. Chaque respiration était semblable à l’enfoncée d’un couteau brulant dans sa gorge.

Une faible lueur au loin la soulagea, et lui fit accélérer sa course, malgré sa fatigue. Des gardes qui patrouillaient l’entrée des terres… Étonnant en pleine nuit, surtout qu’elle n’en avait pas vu à l’aller. Mais après tout, le domaine d’habitation de la famille n’était pas loin, et il était normal qu’ils soient vigilants. Katarina fit bien attention à se faire entendre à son arrivée, pour ne pas les surprendre. Ses pas crissaient dans la neige, et ils s’approchèrent, armes en main, alors qu’elle s’arrêtait, montrant ses mains pour les rassurer.

« Bonsoir » haleta-t-elle en resserrant l’écharpe pourpre autour de sa gorge « Je suis Katarina Du Couteau. »

Comme d’habitude, son nom de famille suffisait à faire son petit effet, et les gardes la saluèrent d’un geste militaire. Elle reprit, contenant ses tremblements

« J’ai besoin d’un lieu ou m’arrêter pour la nuit. Pouvez vous me guider ? »

Comme prévu, l’heure tardive n’était pas pour les aider. Néanmoins, comme elle l’avait devinée, il s’agissait de gardes surveillant le domaine lui-même, et répondant directement aux maîtres de la famille Zaavan. Aussi, ils étaient assez au fait sur l’étiquette à tenir en présence d’une personne noble, et la guidèrent jusqu’au manoir non loin. Un majordome la reçut, lui présentant ses excuses pour ne pas être accueillie par la maîtresse des lieux, mais qui dormait en cette heure. Proposant de récupérer ses vêtements trempés par la neige, et de lui fournir une tenue de nuit, ainsi qu’un bain chaud, pendant que l’on préparerait une chambre. La douce chaleur qui régnait dans les lieux embrouillait doucement l’esprit de Katarina, qui commençait déjà à glisser vers le sommeil. Elle patienta néanmoins, réchauffant ses os glacés dans le bain brûlant, avec un soulagement immense. Voilà qui était bien plus agréable que la perspective de dormir dans une grange. Un peu plus et elle aurait pu s'endormir là, dans l'eau chaude... Sa conscience commençait doucement à divaguer. Cet endroit était étrange. Elle ne s'était jusque là encore jamais arrêtée dans le manoir Zaavan, et avait le sentiment d'évoluer dans une sorte de rêve éveillé, ou la menace guettait à chaque coin de plafond. Ou peut-être était-ce juste sa fatigue qui lui creusait l'esprit, et l'obscurité de la nuit qui projetait des ombres que son subconscient en plein travail de début de sommeil lui faisait voir comme tel. Il était difficile d'écouter un quelconque instinct, même aussi aiguisé que le sien, quand on dormait.

Elle sursauta violemment en sentant quelque chose effleurer son épaule. Effrayant elle même la femme de chambre qui avait fait ce geste de la main, alors qu'elle s'était réellement endormie dans l'eau, et qui se répandit en excuses, tout en lui expliquant que sa chambre était prête et chauffée.

Un endroit sans doute plus adapté pour dormir. Une fois sèche et dans des vêtements adaptés, laissant derrière elle sa tenue de voyage et ses armes, oubliant même sa petite sacoche ou se trouvait son carnet de notes qu'elle laissa entre les mains des domestiques, elle vint se blottir au creux des draps de soie, sous une épaisse couverture, non sans avoir remercié le majordome, et demandé de transmettre ses remerciements chaleureux au maître des lieux lorsque celui-ci serait réveillé, ainsi que ses excuses si elle dormait un peu plus tard que l’étiquette ne l’aurait voulu.
On lui promit de la réveiller pour le repas de midi, ce à quoi elle acquiesça, avant de se laisser glisser délicieusement vers le sommeil, n’ayant gardé avec elle qu’une dague, qui ne quittait jamais sa cuisse, quel que soit l'heure ou le lieu.
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MessageSujet: Re: Passage en terres Zaavan   Lun 14 Nov - 12:17

Élise soupira un bref instant avant de fermer les yeux et de se placer sur le côté dans le grand lit aux draps de soie. Derrière les lourds rideaux de velours du baldaquin, on pouvait entendre le feu ronflant et crépitant qui achevait de dévorer les bûches de chêne sèches qui avaient vécues leur premier saupoudrage au sucre neige de la saison. Dans le noir duveteux de sa suite au manoir, son esprit toujours en action ne cessait encore de se poser de nombreuses questions quant aux derniers événements et à la manière dont elle allait les gérer. Nul doute que cette dernière serait sévère, aucune ingérence n’était tolérée au sein de la famille contrôlée d’une main élégante mais inébranlable par la matriarche incontestée du clan Zaavan.
Cela étant, il lui fallait faire vite, au risque de perdre un de ses pions préféré, une pièce qu’elle avait remarquée au sein de la foule grouillante de la descendance familiale, un rubis flamboyant parmi les cristaux plus banals, dont elle taillait et polissait les faces depuis quelques années à présent. Le moment ou son petit joyaux serait prêt n’allait guère plus tarder, son précédent favori sur les terres n’étant plus qu’ombre malade dans un lit de mourant. Viendrait bientôt l’instant ou le temps ferait son œuvre et ou une nouvelle pierre devrait être enchâssée dans l’écrin pour l’aider à prendre soin des terres et de la fortune familiale en dehors de Noxus.
Ses yeux s’ouvrirent de nouveau dans le noir et un froncement invisible perturba la physionomie lisse du visage parfait de la dame. Une quinzaine de jours plus tôt elle avait reçu un message alarmant de la part de sa pupille, cette dernière était en proie à une mystérieuse maladie qui l’affaiblissait de jour en jour en même temps qu’un certain mécontentement de sa position de favorite montant au sein du cercle familial… Certains n’avaient pas encore compris que le droit du sang ne faisait pas tout pour la matriarche, mais qu’elle révérait bien la force sous toutes ses formes et bien d’avantage encore sous ses aspects les plus mentaux, et marmonnaient contre la préséance donnée à l’une des plus jeunes membres qui n’était, en plus, de la branche principale… Scandale. S’il n’était s’agit que de ça, Élise n’aurait sans doute pas poussé le vice jusqu’à se déplacer. Après tout, si la jeune femme était incapable de se prémunir contre les autres, elle ne méritait pas l’honneur de se plonger au bas mot dans 40 futures années de pouvoir, de gestion et de complots.
Ce qui avait valu l’attention et la présence de l’araignée étaient les avertissements codés ajoutés dans la lettre. Visiblement des remugles méphitiques planaient sur les terres, causes de personnes un peu trop curieuses qui présomptueusement tentaient de percer des voiles et mettre aux jours des squelettes qu’il valait mieux laisser tranquille. Et ça… Ce n’était pas permis. Melpomine n’avait rien dit de précis, elle n’avait visiblement rien découvert sur ce qui pourrait avoir été investigué, néanmoins son instinct et son nez fin lui avaient dicté de prendre au sérieux ce qui était sous-jacent. Sans doute avait-elle bien fait, compte tenu de son état de santé actuel: l’on cherchait à l’affaiblir, voir la tuer. Elise en était presque certaine, une maladie ne se déclenche pas chez une jeune femme en pleine santé de manière aussi soudaine et à un moment si accommodant pour ses détracteurs, sans qu’il n’y ait un quelconque cétacé sous les couches stratigraphiques.
L’arrivée tardive de la matriarche ne lui avait pas permis de se pencher plus avant au chevet de la malade, ni de commencer à démêler réellement l’écheveau de possibilités intrinsèques mélangées dans la tapisserie Zaavan. Quelques recommandations données d’une voix douce avaient néanmoins remis quelques points sur les ‘i’: relance des patrouilles, y compris de nuit, interdiction de sinuer dans les couloirs sombres après l’heure du coucher, chambre de la pupille gardée, elle-même avait ajouté une ou deux petites gardes à huit pattes, et récolte d’information avec un point prévu dès son réveil. Ce soir les souris avaient cessées leur danse et se terraient dans leurs trous, car demain le chat les passeraient en revue.

Et quelle revue ! Le lendemain matin très tôt alors que l’aurore pointait à peine ses fameux doigts de rose sur la campagne enneigée, Élise beurrait calmement et avec une application confinant à la maniaquerie un scone frais, lorsque le majordome du manoir, un homme selon son gout, discret, efficace, et d’une loyauté à toute épreuve, lui confia entre le versement de sa tasse de thé fort et le nuage de lait l’accompagnant, qu’ils avaient reçu de la visite pendant la nuit. Une certaine Katarina Du Couteau qui dormait tranquillement dans l’une des chambres réservées aux visites.
Élise aurait eu du gout pour le théâtral et une maitrise d’elle moins absolue, Meyford aurait expérimenté la douche au thé au lait dans la seconde suivante. Un haussement de sourcil circonspect se contenta d’apparaitre dans le visage de porcelaine fine alors que la maitresse des lieux se fendait d’un léger commentaire.

"Je vous remercie de m’en avertir, une visite intrigante indubitablement, veillez à ce qu’elle continue à ne manquer de rien, je ne pourrai pas la recevoir ce matin en raison des affaires courantes, mais que son couvert soit mis à ma droite lors du déjeuner."

Le reste de la matinée fut bien employée, la dame terrorisa à sa manière tranquille une bonne partie de la maisonnée et de sa descendance. On lui apprit également que Miss Du Couteau était de passage dans la région déjà deux jours auparavant, et l’on mit entre ses mains un carnet lui appartenant laissé imprudemment parmi ses affaires sales. L’hésitation dura quelques secondes avant que l’arachné ne se laisse aller à regarder la dernière entrée avant de redonner l’objet avec l’ordre de le remettre à sa place et de trouver une tenue présentable pour le midi à l’assassin puisque nous avions sa taille… Une petite cousine en pleine croissance devait bien culminer seulement au mètre soixante…
Vint ensuite le moment de la visite des malades : Le vieux saphir presque éteint dans ses derniers jours, Élise ne s’attarda pas plus que nécessaire, il lui était toujours douloureux de voir les affres du temps sur les gens à qui elle avait accordé un peu plus d’attention qu’à la populace générale, généralement plus considéré comme des objets mobiles qu’autre chose. Non pas que la dame fut insensible, mais bien au contraire car une longue existence confrontait nécessairement à la mortalité et à la fatuité de toute forme de vie et s’attacher trop menait à se mutiler lorsque loup et agneaux venaient prendre leur due.
Et puis le jeune rubis dont la flamme se réduisait doucement. Avec un serrement au cœur l’araignée inspecta le corps de sa pupille, et constata les dégâts qu’un poison lent semblait vouloir rendre irrémédiables. De douloureux souvenirs remontèrent dans la gorge de la dame qui les refoula au plus profond des cavernes secrètes de son âme et se contenta de noter les symptômes pour chercher l’antidote en même temps qu’elle établissait l’utilisation d’un gouteur et faisait changer draps, air, chambre, vêtements et toute autre source éventuelle de contamination.
Insistant pour faire sortir Melpomine de son isolement, elle la fit transporter à la table du déjeuner et changea de tenue pour ce dernier, mettant une robe plus couverte que de coutume en raison de la fraicheur de la saison.
A peine arrivée dans la salle à manger, elle failli se faire percuter par l’un de ses neveux et visiblement une de ses maîtresses, qui semblaient prévoir la dégustation de chair fraîche prochainement.

"Caius, mon cher je n’ai rien contre les batifolages à partir du moment où ils n’empiètent pas sur votre bonne tenue ni sur nos repas de famille, je vous prie de prendre votre place à table instamment et de veillez à ne plus encombrer les couloirs d’effusions à l’avenir. D’autant que la situation n’est guère aux réjouissements… dois-je vous rappeler l’état de santé de votre chère cousine ?"

La mine basse et les excuses sortant en flot ininterrompues de ses lèvres, l’homme regagna la table rapidement tandis que sa maitresse disparaissait après une plate révérence. Si les concubines ou concubins étaient acceptés au château, leur venue aux repas n’était pas tolérée en présence de la matriarche, et encore moins alors qu’une invité noble faisait la grâce de sa visite, même si cette dernière était sans doute légèrement ensommeillée si l’on songeait qu’elle avait été réveillée le plus tard possible selon ses souhaits. Élise se contenta d’afficher un bref sourire de façade et salua courtoisement l’assassin aux cheveux rouges tout en lui indiquant sa place à ses côtés.

"Soyez la bienvenue miss Du Couteau, je suis Dame Elise Zaavan, et voici ma petite nièce Melpomine ainsi que d’autres membres de ma parenté. J’espère que l’accueil jusqu’ici vous a été agréable, je vous prie de nous excuser d’avance pour la frugalité et la simplicité du repas, nous n’avions pas prévu de visite et les cuisines ont fait au mieux."

L’abondance de nourriture sur le plateau de la table et les fumets qui s’en échappaient, contredisaient formellement les paroles de la dame, ou laissaient supposer qu’un vrai repas selon les normes Zaavan devait pouvoir nourrir un petit état pendant un siège. Quant aux ‘autres membres de sa parenté’ si leur insignifiance dans les présentations ne leur avaient pas échappé, ils se fendirent tous de force courbettes polies et d’énumération de noms avant que ne commence le repas à proprement parlé.

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Dernière édition par Elise Kythera-Zaavan le Ven 25 Nov - 13:19, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Passage en terres Zaavan   Ven 25 Nov - 12:05

Un doux cocon clair et soyeux, rehaussé d’un duvet d’une tiédeur et d’une volupté dont peu de sensations sur cette terre pouvaient se prétendre égales en termes de confort. Les paupières closes, c’était comme se plonger dans une montagne de délicates plumes d’anges, image d’autant plus enivrante qu’il était facile de les imaginer arrachées à aux ailes d’une certaine représentante démacienne en armure de cette espèce. Au dehors, de gros flocons continuaient de s’abattre, comme autant de minuscules mains, frappant en vain au toit, aux murs, aux carreaux, impuissantes face à l’abri tiède qui gardait la rouquine assoupie inatteignable de ce froid et ce vent. La lueur dansante des braises réchauffant la pièce… Chaque micro réveil entre deux périodes de sommeil la faisait se retourner avec satisfaction, et s’emmitoufler un peu plus dans cette boîte de Pandore refermée autour d’elle.

La fatigue accumulée s’était déclarée d’un coup, à l’instant où son corps avait intégré l’information que le repos était possible. Trois jours de manque de repos et une sensation de sécurité relativement suffisante plus tard, et voilà que même une fois le soleil levé derrière les nuages, l’engourdissement du sommeil se refusait à quitter l’assassin blotti au creux des draps. Si bien installée que même le léger son de clochette destiné à la réveiller lui parut irréel.
Mais suffisant pour lui faire réaliser l’ampleur du danger de cette attitude ensommeillée. Pourquoi n’était-elle pas sur ses gardes dans cette chaumière rouge ou des Demaciens soubrettes déguisés en poulets servaient des brochettes garnies de fruits exotiques à l’assemblée ? C’était des Démaciens après tout, il fallait être prudent ! Cette subite réalisation lui fit ouvrir en grand les yeux en sursautant, et cligner des yeux quelques instants, perplexe, en entendant de nouveau le léger son de cloche. Le temps que son regard s’aligne avec ses pensées, et que la sensation d’avoir été piétinée par un troupeau d’Eloryx en pleine charge, non sans qu’on lui applique une pommade pour rester confortable, se dissipe. Le tout accompagné de la voix d’une servante s’excusant de l’avoir réveillée.

« Je ne dormais pas », assura-t-elle d’une voix très crédible en se redressant, toute crinière hérissée et ébouriffée.

Heureusement, c’était leur travail de faire semblant d’y croire, tout en faisant en sorte que le reste du monde y croit en un tour de main, à coup de jus de citron pressés, de produits à appliquer sur les poches des yeux et de bouffées d’air frais. Les pans de fierté qu’il restait au dangereux assassin toujours prêt à réagir en un quart de tour lui firent refuser qu’on s’occupe à sa place des preuves de la profondeur de son sommeil en la présence d’un buisson épineux et sauvage de cheveux carmin.  

Une information lui fit néanmoins définitivement quitter ce stade de brouillard, l’interloquant suffisamment pour achever de balayer brusquement les restes de sa torpeur. Elle allait rencontrer la matriarche de la famille Zaavan, une femme dont bien peu de gens pouvaient se prétendre, même au sein de la noblesse, d’avoir aperçu le visage tant elle vivait recluse et secrète ? Voilà qui promettait d’être… intéressant, même si cette façon de fonctionner ne plaisait pas à la Lame Sinistre. Trop de petits secrets et de complots, toute cette vieille noblesse… Son fonctionnement carré militaire l’avait projetée si loin de ces modes de vie, que bien que cultivant le bon goût de se mêler de ses propres affaires pour que les Eloryx soient bien gardés, cette attitude lui évoquait plus une façade destinée à jouer en permanence un concours de qui sera le plus mystérieux pour rester à la mode Noxienne qu’une véritable utilité.
Mais finalement, après quelques pérégrinations d’habillage dans une robe au coloris douteux, un peu trop serrée au niveau de la poitrine, qui lui donnait la désagréable sensation de porter un corset, de maquillage et de domptage, elle put être présentée à la maîtresse des lieux.

Elle était telle qu’elle l’avait imaginé… Mais dans une certaine mesure. Le reste avait quelque chose, un je-ne-sais-quoi qui défiait l’imagination, d’un charisme ondulant et captivant, incitant à l’abandon. La rouquine prit prudemment siège à la place de choix qui lui était offerte par la matriarche, ses yeux la parcourant tel un félin jaugeant un animal inconnu.
Katarina faisait partie de cette race élevée dans la conviction qu’elle faisait partie de celle des prédateurs et non des proies, contrairement à la grande majorité de la masse. Une traqueuse, une tueuse, et qui faisait face aux menaces au lieu de chercher à les fuir. La peur était facile à sentir au premier comportement de chasseur chez la plupart des individus. Mais cette fois… Sans le moindre doute, elle était face à un autre membre de cette race, et pas des moindres.  Un prédateur qui lui paraissait encore plus imposant, et plus dangereux qu’elle, cette fois, et toute fierté de lionne qui parcoure ses veines, vouloir se prétendre en position de force aurait été à peu près aussi crédible qu’un jeune chat crachant face à une panthère. Une sensation assez dérangeante, qu’elle se garda bien de manifester, se contentant d’un sourire poli et d’une promesse interne de surveiller ses arrières.

« Je vous remercie de votre accueil, Dame Zaavan » répondit-elle d’une voix ronronnante, en suivant des yeux l’assemblée qu’elle lui désignait. « Toutes mes excuses d’imposer ainsi ma présence imprévue. C’est un honneur que de vous rencontrer… »

Sa voix, assurée – bien que légèrement faussée, de celles qui ne maîtrise l’art de l’étiquette que par obligation et non par nature – fut prise d’un décrescendo en posant ses yeux sur la dite nièce, seule membre qu’Elise avait pris la peine de nommer par son prénom. Sans doute aurait elle fait une remarque quant à la prétendue frugalité du repas, pour une fille passant plus de temps avec l’armée que dans le luxe, si son attention ne s’était pas entièrement déportée sur celle-ci. Elle semblait en bien mauvais état, et l’instinct de la tueuse ayant trop fricoté avec la mort lui faisait sentir son approche avec un soupçon d’excitation.

Tout juste s’il lui restait assez d’espace de pensée possible pour se souvenir des vieux cours inutiles sur comment se servir des bons couverts lorsqu’on avait huit possibilités devant soi. Elle avait depuis longtemps renoncé à tous ces encombrements chez elle, et devait à chaque repas de noblesse faire l’effort en grommelant intérieurement contre l’inutilité de tout ce cirque. Mais l’heure n’était pas à ses plaintes, et elle n’avait pas vraiment l’heur de s’ennuyer en ces lieux, trop préoccupée par la sensation de danger captivant ambiante. Finalement, sa curiosité céda la place à sa prudence, alors qu’elle se fendait, d’une voix tentant de masquer la prédation dès qu’elle évoquait un prochain travail pour les comptables de Kindred

« Veuillez pardonner ma curiosité, mais… Quel mal atteint donc votre nièce… Melpomine ? Elle semble souffrante. J’espère que cela n’est que passager »

La dernière de ses phrases avait été prononcée sur un ton poli, mais assez peu crédible. Il était évident que sans soins sérieux, la jeune demoiselle ne passerait probablement pas l’hiver.
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MessageSujet: Re: Passage en terres Zaavan   Mer 7 Déc - 17:06

Elise laissa la curiosité de Katarina s’assouvir, elle avait parfaitement conscience d’être le point de mire du regard vert intense dont les pupilles devaient la jauger et déterminer en ce moment même les meilleures façon de la tuer… a moins que l’assassin ne soit contraire à sa réputation et se laisse tout simplement envoûter par le charisme naturel de l’araignée… rien n’était moins certain.

"C’est un honneur également Miss Du Couteau, vous pouvez rester autant de temps qu’il vous plaira, l’hospitalité est la moindre des politesses, surtout dans ces régions plus reculées et par un tel temps."

Si la dame avait noté la voix plus basse de Katarina en voyant Melpomine, elle ne sembla pas y attacher la moindre importance tant son visage de porcelaine resta lisse, un délicat sourire l’illumina quelques instants puis elle s’assied dignement dans son siège et sonna le début du repas en prenant la première bouchée après s’être assurée que son invité avait été dûment servie.
Tout en dégustant avec des manières parfaites les plats qui défilaient allègrement devant elle en utilisant les couverts ad hoc avec autant de naturel que si elle était née avec, la matriarche mangeait de bon appétit, le feu de ses yeux perçant par moment l’un ou l’autre membre de la tablé qui se redressait soudain ou tentait un sourire brave, seule la jeune malade semblait échapper aux flammes des lasers et pignochait tel un moineau dans son assiette, à moitié endormie sur sa chaise.
Alors qu’Elise amenait à sa bouche un morceau de caille farcie aux marrons, tout en écoutant d’une oreille distraite les babillages de sa parentèle, la question de l’assassin tomba telle une perruque dans la soupe, on sentit presque une aspiration d’air générale de la part de la quinzaine de paires de poumons présente qui retenaient leur souffle. Melpomine leva la tête vers Katarina avec un faible sourire puis regarda en direction de sa marraine comme pour quêter son autorisation qui lui fut discrètement accordée par un battement de cils.

"Nous ignorons encore la source de mon mal hélas Miss du Couteau, marraine est venue spécialement de Noxus pour s’assurer de ma guérison, mon état de santé se dégrade lentement depuis plusieurs mois à présent et ce malgré quelques périodes de mieux, je suis navrée que vous ne me rencontriez pas pendant de tels instants."

La matriarche termina sa bouchée et s’essuya la bouche avant de poursuivre à son tour la conversation alors que le reste de la tablé semblait vouloir jouer au concours du plus silencieux et nonchalant catégorie sujet embarrassant abordé.

"Et je compte bien obtenir des résultats contre cette vilaine maladie sous peu, il est toujours si fâcheux de voir la jeunesse dépérir fort heureusement j’ai amenée quelques armes pour lutter contre ce fléau… et puis Melpomine à la chance de pouvoir compter sur la bienveillance et la solidarité familiale pour l’entourer et s’occuper d’elle."

La voix était douce, maternelle, moelleuse, chaude, on aurait aimé se rouler dedans comme dans un caramel épais, tiède et onctueux, et pourtant, chaque mot pris sous un autre angle résonnait plus comme un avertissement et un ordre qu’une félicitation pour l’exercice des valeurs familiales au sein de ce foyer. Elise conclue en décapitant de manière un peu sèche un pauvre champignon qui en plus de garniture servait d’exemple. Un murmure d’approbation générale et quelques encouragements pour la jeune fille parcoururent la table avant que des conversations plus légères et curieusement plus crispées ne reprennent, on aurait pu récolter des seaux d’huile entiers en passant sous les sièges. Le dessert arriva sur ces entrefaits et la dame se tourna de nouveau vers son invité après avoir tapoté sa bouche.

"J’ai coutume de prendre mon dessert en même temps qu’un thé dans la serre, que diriez-vous de m’accompagner Miss du Couteau ? Melpomine, ma chère je vous vois tomber de fatigue, vous pouvez rejoindre vos appartements je vous rendrai visite plus tard."

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MessageSujet: Re: Passage en terres Zaavan   Jeu 8 Déc - 17:57

Voilà une question qui avait fait son petit effet, à n’en pas douter. Sans même avoir besoin d’obtenir réponse, la tension installée à la prononciation de ces quelques sons, aussi efficace que le réflexe conditionné d’un esclave entendant le claquement de fouet du maître, indiquait à celle qui les avait prononcés l’importance de ce qu’elle venait de soulever. Et confirmait sa première impression, l’ayant poussée à délayer sa curiosité, que la réponse serait loin d’être légère, et encore moins anodine.

La voix du spécimen était affaiblie, pouvait constater l’assassin. Elle était encore en état d’aligner ses pensées et de les retranscrire, signe que son état physique se dégradait plus rapidement que ses idées. Ce n’était donc probablement pas une de ces fièvres pathologiques, dont elle aurait de toute façon succombé ou guéri bien plus rapidement que ses dires.
Katarina ne put retenir un léger sourire en coin alors que la saveur du malaise général, lorsque les mots de la matrone tranchèrent le silence, aurait pu rendre fade en comparaison, la viande des plus raffinée qu’elle avait sous l’une de ses multiples fourchettes. Un délicieux sentiment d’observer dans leur milieu naturel les membres terrifiés d’une famille sous le joug de leur reine, enfiler chacun un doux manteau de velours, dont multiples pointes acérées se cachaient dans les replis, prêtes à transpercer leur porteur au moindre faux mouvement. Et renforçait sa méfiance envers cette assemblée générale.

Que l’on lui mente ou non sur l’état de la demoiselle, peu lui importait, elle n’avait aucun droit sur leurs affaires de famille, plus que ce qu’on lui accordait pour satisfaire sa curiosité tout du moins. Mais ce fonctionnement aux douces menaces déguisées, à la terreur douce semblant mener chaque membre sans besoin ni de doigt ni de baguette, simplement de mouvement d’yeux, la plongeait dans une ambiance ou la prudence était de mise, là où chaque action défiant un tant soit peu les bonnes manières et les apparences devait se faufiler le long des coins sombres, et pouvait donc jaillir de chaque interstice. Surtout si l’on lisait entre les lignes de ces délicats avertissements. Avait-elle, par sa simple question, fait un plongeon vers des conflits internes de cette famille, semblable a de purulents abcès qui risquaient de crever en propageant tout autour la « maladie » de la demoiselle ?

Même avec les compétences médicales basiques qu’elle possédait, qui l’empêchaient à toute certitude, il semblait bien étrange de voir une jeune et jolie demoiselle développer ainsi des maux la plongeant dans cet état d’épuisement physique, sans que la symétrie de la réponse du corps pour lutter ne fasse grimper sa fièvre suffisamment pour aligner son intellect à l’état de mollusque dont son corps faisait preuve. Non pas que ce fut impossible, on voyait bien des tares congénitales parfois, et en dehors des grandes familles, les victimes finissaient vite par mourir de leur inutilité. Mais couplé à cette tendance qui se dégageait de toutes les pores de cette famille, à faire dans le petit secret, la menace insidieuse, et aux simples mots porteurs de poisons, l’option d’un équivalent plus concret semblait bien plus probable à l’instinct de la tueuse aux cheveux rouges. Sans compter que s’il s’agissait de faire l’inventaire des substances possibles, sa liste serait bien plus longue que celle des maladies qu’elle connaissait à effet équivalent, chose normale pour son domaine d’activité.

« Très volontiers, oui » répondit-elle machinalement à la question d’Elise, qu’une petite partie de son esprit avait traitée de façon plus automatique que vraiment impliquée, occupée par ses pensées. Ses yeux fixaient toujours le spécimen mourant, passant régulièrement à chacun des membres de l’assemblée, regard en amande de jade, comme pour lire à travers eux. Leurs attitudes… Gênés, certains se cachant derrière le silence, d’autres la plaisanterie, ou une tentative de rester neutres, particulièrement pour les femmes, pour qui l’attitude noble exigeait une certaine tenue d’elles-mêmes. Mais ni les atours, ni le parfum, ne pouvait masquer la douce odeur de la peur, senteur légère mais persistante à cette attablée. Repoussant d’un geste précis sa chaise pour se redresser, et accompagner la matriarche là où elle voudrait bien l’emmener – toujours les yeux attentifs et le corps en alerte de sa démarche féline -, jetant un dernier regard à l’assemblée, et à la demoiselle qui s’en allait retrouver ce qui serait probablement son lit de mort sous peu, si du moins aucun remède n’était trouvé.

« J’imagine que la neige a dû recouvrir le toit de la serre » lacha-t-elle d’un ton nonchalant, plus pour masquer derrière la politesse de tenir une conversation, cette prédation qui l’habitait, que par réel intérêt pour la météo locale.

Elle n’était pas aussi douée que sa sœur à ce jeu-là. Ce lieu était pourtant dédié à ce type d’attitude sournoise, mais elle ne souhaitait pas se faire de la matriarche de la famille Zaavan une rivale, surtout maintenant qu’elle l’avait observée de plus près.

Et elle n’avait pas à changer son mode de fonctionnement pour rentrer dans ce système à l’air plus chargé que les bas-fonds de Zaun, au risque de se retrouver réduite à l’un de ces insectes obéissant qu’étaient les membres de sa maisonnée. Aussi, son attitude changea subtilement pour amener vers un peu plus… d’elle-même.

« Mais inutile que je vous encombre avec ces discussions maniérées dont aucune de nous deux n’a intérêt. » sussura-t-elle d’une voix plus roulante et d’un ton plus assuré alors qu’elle renonçait à jouer un rôle.

« Cela dit je ne tiens pas à me mêler de quoi que ce soit qui ne me regarde point, aussi, je vous laisserai choisir un sujet approprié. Votre hospitalité est déjà généreuse, je ne tiens pas à risquer d’offenser qui que ce soit en me plongeant dans des affaires… subtiles »

L’allusion au froid jeté précédemment par sa question pas si innocente que ça, était suffisamment claire pour ne pas avoir à être précisé. Du moins, pas pour une personne intelligente. Et Katarina n’avait aucun doute sur celle de son interlocutrice.
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MessageSujet: Re: Passage en terres Zaavan   Jeu 22 Déc - 16:44

Doucement comme si une montagne se dépliait Élise se leva et salua l’assemblée qui s’était également levée comme des ressorts bien huilés dès qu’elle avait fait mine de vouloir décoller son délicat et plantureux postérieur de son fauteuil.

"Vous pouvez vous rasseoir, profitez bien du dessert, et vous mon enfant reposez-vous bien."

D’un geste fluide la dame montra la direction du couloir à son invité, contemplant un instant le haut du cuir chevelu de l’assassin le temps que celle-ci ne se glisse à sa suite dans un petit labyrinthe de couloirs et d’escaliers qui descendaient vers ladite serre. La matriarche profita de ce petit bout de chemin presque silencieux pour admirer la manière féline et maitrisée dont Katarina marchait. Même engoncée dans une robe trop petite pour une poitrine aussi volumineuse on sentait les muscles tendus et prêt à bondir au moindre écart dans la quiétude de l’endroit. L’araignée la trouva délicieuse, les gens dangereux étaient toujours bien plus intéressants… elle se perdit un moment en conjectures en se demandant quelle gout elle aurait si devait se battre et la mordre… puis ses instincts revinrent à l’instant présent et c’est très calmement qu’élise répondit malgré une dernière lueur de gourmandise dans les yeux.

"Les serviteurs ont pour recommandation de la maintenir en état de fonctionner, trop de neige pourrait endommager les vitraux."

Si elle n’avait pas eu l’habitude de rester de marbre en toutes circonstances, la prêtresse aurait volontiers baillé au son de cette conversation, mais la suite la pris presque au dépourvu et lui arracha un sourire en coin et un nouveau regard étincelant en direction des prunelles vertes de son invité.

"J’apprécie votre pragmatisme Miss Du Couteau, c’est une chose rare et précieuse au sein de la noblesse, mais à mon tour d’en faire preuve, que diriez-vous d’attendre d’être confortablement installées et seules pour faire l’éloge de la subtilité ?"

Du reste elles étaient arrivées à destination une double porte au vitrage coloré de jaune de vert et de rose les fit pénétrer dans une antre qui ressemblait à Kumungu au cœur des territoires noxiens et de l’hiver. De bonne taille, l’endroit se composait d’une immense verrière cerclée de métal ouvragé en feuilles d’acanthe. Ronde, tout comme son toit et la plupart des volumes qui la remplissait elle disposait néanmoins d’une cheminée en plein milieu autour de laquelle était réparti un petit salon de jardin en osier ou attendait déjà une théière fumante et un monceau de sucreries diverses. Élise pris naturellement place dans un fauteuil au large dossier ovoïde et indiqua son pendant à Katarina alors que les rayons du soleil d’hiver traversaient les fameux vitraux qui composaient les murs en une fresque à la gloire de la nature. Croisant les jambes avec un sourire la dame jeta un petit regard alentour et se crue obligée de se fendre d’un petit commentaire, comme pour s’excuser de l’incongruité d’un tel lieu.

"L’un des ancêtres de feu mon époux était passionné de botanique, ce qui ne lui a guère servit lorsqu’il fut décapité par un minotaure en cherchant une espèce rare de marguerite sur leurs terres, pourtant cet endroit valait bien le prix d’un fantasque dans la famille… Mais… nous nous éloignons du sujet."

La matriarche se pencha et servit elle-même le thé, ajoutant une tranche d’agrume dans le sien à l’aide d’une pince en argent. Confortablement adossée, la soucoupe dans une main et la tasse dans l’autre, elle jeta un œil vers le feu qui crépitait tranquillement dans le foyer ouvert devant elle tout en murmurant de manière légèrement abrupte compte tenu de son attitude mesurée en toutes choses.

"Ma pupille se fait empoisonner à petits feu, c'est contrariant, Melpomine à remarquablement bien résisté jusqu’ici et mérite que je lui accorde la fin de son calvaire et le châtiment du coupable… Je comptais tenter de la soigner, mais quoique mes connaissances soient étendues en matières de substances létales, elles ne sont pas infinies et le temps presse. Votre venue impromptue me pousse, non pas à m’interroger sur votre implication, mais sur l’éventualité que vous puissiez m’aider à résoudre ceci."

Deux rubis implacables quittèrent le feu pour observer le visage de leur interlocutrice, le temps des caresses oculaires étaient terminés et l’interrogation qui luisait dans les pupilles ne souffrirait pas d’une réponse évasive. Élise avait hésité à parler d’argent, Katarina était un assassin et en tant que telle se faisait payer pour ses services, mais résumer les choses à une fadaise aussi triviale que de l'or agaçait la femme qui avait depuis toujours été au-dessus de telles contingences matérielles. Évidement si l’assassin aux cheveux rouge désirait des espèces, elle serait payée sans sourciller et rubis sur l’ongle, mais ce n’était pas le fond du problème.

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Dernière édition par Elise Kythera-Zaavan le Ven 23 Déc - 14:22, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Passage en terres Zaavan   Ven 23 Déc - 13:58

Faire l’éloge de la subtilité. La dame ne manquait pas d’une belle verbe pour ce qui était de la course à la parole, comme une adversaire en course de fond, prête à laisser son opposant sur le carreau s’il ne parvenait à tenir le rythme des idées qui s’enfilaient comme des perles sur le fil de leur conversation. Heureusement pour elle, Katarina avait été dotée, à l’instar de son corps, d’un esprit vif, et d’un sérieux penchant à rentrer corps et âme dans tout jeu la mettant au défi. Défi qu’elle espérait avoir d’ailleurs, dans ce ravissant espace qui s’offrait à elle pour prendre le thé. Un peu de soleil ne ferait également sans doute pas de mal à la peau de son hôte, se surprit-elle à se dire en caressant des yeux la pâleur de sa peau. Pour elle qui aimait les espaces ouverts, c’était plutôt reposant de se trouver là, écoutant la petite histoire entourant ces lieux d’une oreille distraite, appréciant simplement la caresse amplifiée par le verre de l’astre solaire sur sa peau, bien à l’abri du froid près de cette cheminée crépitante. Visiblement, la tempête de neige avait pris fin, ce qui était fort appréciable pour ses affaires. Elle se fendit tout de même d’un sourire amusé, lors de l’évocation de la fin tragique de l’ancêtre amateur de botanique. Il n’était pas nécessairement bien vu de sa gausser d’un malheur familial au sein de celle-ci, mais la conteuse ne semblait pas vraiment s’en soucier démesurément, et autorisait presque tacitement à sa réaction. Ses pérégrinations avaient tout de même mené à un endroit original et curieux, elle devait l’avouer, mais pas pour lui déplaire, comme éveillant en elle des instincts de léopard des jungles.

Les pensées de la militaire confirmée qu’elle était s’arrêtèrent quelques instants autour de la présence d’agrumes en plein cœur de l’hiver, loin dans les terres. Poussaient-ils ici même au sein de cette serre, ou bien s’agissait-il d’une de ces dépenses aussi futiles que propre à mettre ne valeur sa richesses excessive ? Dans tous les cas, aucune raison de s’en priver puisqu’elles étaient ici, surtout après la nuit qu’elle avait passé. Son corps avait été rudement mis à l’épreuve durant sa course d’endurance sur fond de neige, et reprendre des forces était dans ses intérêts, bien qu’un repas chaud et solide qui lui tenait au ventre soit moins anecdotique qu’une tranche d’agrume.
La suite de la conversation, en revanche, était bien plus intéressante que sa dissertation interne autour de la légitimité ou non de la présence d’un fruit à pulpe du genre Citrus entre ses mains.

Ainsi, elle confirmait bien l’empoisonnement. Guère étonnant, compte tenu de ce qu’elle avait pu entreapercevoir de la surface la plus externe du fonctionnement de cette famille, et qui lui avait déjà laissé un goût de Nyzer sur le fond de la langue. Quant à l’aide que l’on lui réclamait, elle avait la désagréable sensation d’une tenaille sur sa nuque. Miss Zaavan avait joué assez finement pour mettre l’assassin dans une position lui interdisant tout refus – elle lui devait l’hospitalité, après tout -, mais risquant de ternir sa réputation si elle se révélait incapable d’apporter satisfaction. Ses doigts tapotèrent son genou avec agacement à la formulation de sa demande, plissant les yeux en soutenant son regard bien trop captivant pour être honnête.

Elle était bien plus douée à donner la mort qu’à l’éloigner, et bien qu’elle ait un devoir de redevance envers son hôte, sauver une donzelle qu’elle posait déjà dans la catégorie des condamnés n’était pas forcément dans ses capacités. Elle allait devoir jouer finement pour que ses talents ne soient pas remis en cause en cas d’échec.

« Je crains que les termes de châtiment et de fin de calvaire me soient plus familiers à l’oreille que ceux de soin, dame Zaavan. Et pour ce qui est des poisons, mes utilisations servent souvent un but non moins létal. »


Ses doigts coururent machinalement le long de sa taille, là ou ses ceintures auraient dû se trouver, pleines des dites substances. Evidemment, en vain, elle était toujours dans une robe des plus affreuses et sans ses bébés avec elle. L’espace d’un instant elle s’imagina mourir à son tour, et être mise en terre dans ce genre de tenue. Une sorte de dernière insulte éternelle à sa dignité. Comment la jeune Melpomine serait-elle enterrée, elle, si comme elle le présumait, sa vie prenait une teinte tragique d’ici peu ? Le croquemort avait-il déjà pris des mesures ? Peut-être même qu’un cercueil avec son nom dessus attendait déjà dans une crypte sombre. Allez, ce ne serait pas la première fois qu’il faudrait jouer prudemment sur le fil au-dessus du gouffre. Mais l’une des rares ou l’exercice consistait non pas à y précipiter son partenaire, mais à le retenir.

« Cela dit il est vrai que j’ai certaines connaissances sur le sujet. Si vous me permettez d’en savoir plus sur ses symptômes et de l’observer de plus près, peut-être pourrais-je en apprendre d’avantage, si tant est que la substance n’ait pas l’heur d’être trop locale. »

*Et dans le cas contraire, je me ferai un plaisir d’offrir à cette douce demoiselle une fin digne et indolore.*


Un léger sourire étira ses lèvres à cette pensée. Qu’elle ne tenta pas le moins du monde de faire passer pour de la compassion. Son expression était bien trop caractéristique du prédateur posant sa griffe sur la jugulaire d’une proie pour espérer passer pour quoi que ce soit d’autre.
Mais pour elle qui avait demandé un défi, elle ne se trouvait pas déçue.
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MessageSujet: Re: Passage en terres Zaavan   Jeu 19 Jan - 9:52

Tout en dégustant tranquillement et pâtisserie et thé avec une politesse détendu qui laissait entrevoir une plus grande décontraction en présence de l’assassin plus qu’auprès de sa famille, ce qui était à la fois étrange et logique… Katarina était un poison létal et mortel, mais ne prenait pas nécessairement la peine de se cacher derrière milles faux semblants et regard innocents, Elise s’accorda un léger sourire amusé tout en visualisant intérieurement les pensées qui devaient battre la tempête sous le crane rouge de son invité. Les réponses prudentes de Katarina furent accueillies par un hochement de tête bienveillant, acceptation silencieuse de ses réserves, au demeurant tout à fait normales, l’araignée n’irait pas reprocher à l’assassin ne n’avoir pu Sauver quelqu’un.

"Naturellement, je vous saurai gré de faire de votre possible, et suis bien consciente que vos talents aiguisés se portent plus sur un type de… médecine définitive. Mais quelle sorte de marraine serai-je si je ne tentais pas tout ? De surcroit même dans le pire des cas, il me faudra bien tirer tout cela au clair et prendre les mesures qui s’imposent…"

Au vue de la tête de la matriarche, elle avait l’air de ne se soucier allègrement pas d’être tel ou tel type de marraine tant que celui-ci servait ses intérêts, quant aux mesures, personne n’avait envie de se trouver dans la même pièce que la femme élégante au moment où sa justice trancherait. Il y avait quelque chose d’assez implacable dans sa manière calme d’aborder les choses, une sorte de flegme intemporel qui susurrait tranquillement à son interlocuteur : cours, de toute manière tu iras dans la direction ou je t’attends.

"Melpomine se repose, mais je pense que d’ici une ou deux heures nous pourrons aller la voir pour tenter d’en savoir plus. Je crains de devoir être une piètre hôtesse et vous laisser pendant cet entre-deux, je profite de ma visite pour régler quelques menus détails de gestions… enfin vous savez ce que c’est, quand le chat n’est pas là… Bien évidement n’hésitez pas à demander si vous avez besoin de quoi que ce soit."

La discussion n’était pas terminée, du moins le thé n’était pas encore but jusqu’à la dernière goutte, mais la dame laissait clairement entendre qu’à moins d’une bonne raison, les choses étaient réglées et elle s’éclipserait, après une ou deux minutes de politesse basique, de ses longues et grandes enjambées, sitôt que Katarina aurait de son côté achevée de dire ce qu’elle avait à dire.

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MessageSujet: Re: Passage en terres Zaavan   Ven 27 Jan - 0:01

Un haussement de sourcil circonspect accompagna la question rhétorique de la Dame. Tel un serpent sentant le venin poindre au bout de ses crocs, elle retint l’acidité d’une réponse concernant l’hypocrisie de ce genre de relations familiales, elle qui n’avait plus le loisir d’en fréquenter foules, de son propre côté. La matriarche de la maison Zaavan pouvait se prétendre toute marraine attentionnée qu’elle voulait, elle avait surtout une stature de reine crainte par ses sujets étendue, là ou de son côté, Katarina possédait la version vide de ce même genre de domaine sur lequel régner, sans plus grand monde avec qui le partager. Pour la famille Du Couteau dont l’extinction semblait inexorablement se dessiner, chemin sinueux dans l’herbe, qui mènerait à la disparition de son nom. Fallait-il qu’elle-même, ouvre les cuisses pour en faire sortir des êtres qui peut-être, perpétueraient son nom ? Elle se refusait à penser à une accablante malchance régnant sur sa famille, que d’éventuels descendants devraient endurer. Par quoi que soient passés les siens, elle refusait de tomber dans la simplicité d’y attribuer un simple coup du destin, ni de penser que quelque chose d’aussi futile que la simple malchance avait pu les vaincre. Il n’y avait ni chance ni malchance, il y avait des actes, des forces, et il fallait les cultiver pour s’élever.

Ses pensées n’avaient pris qu’un instant. Un sentiment amer qui s’était dessiné en elle, et qui avait un goût trop familier pour qu’elle n’ait à s’étendre en réflexion pour le décrypter. Et si son visage était resté lisse, c’était dans sa façon d’entremêler ses doigts, et de les refermer autour de son pouce, comme un réflexe archaïque d’enfance, à vouloir protéger ce qui avait durant ses toutes premières années remplacé le manque de sa mère, que ces sentiments pouvaient se trahir. Elle ne savait quoi penser d’Elise, et préférait ne pas s’aventurer sur ce sujet-là. Trop de choses étaient enfouies en elle, enfermées pour l’empêcher de lui nuire. Elle gardait ses faiblesses pour des cadres sécurisés et calmes, et ce lieu ne remplissait aucun de ces critères.

« Ne changez pas vos habitudes pour moi » rétorqua-t-elle en reprenant sa tasse chaude entre ses paumes froides. « Je ne voudrais en rien vous déranger. Et n’ayez crainte, je suis en parfaite mesure de m’occuper seule, si vous me permettez bien sûr de… prendre de l’avance ».

Malgré le ton détaché, le sous-entendu était lourd de sens, et les derniers mots tranchants comme des lames. Même s’il était inhabituel, on lui avait confié un travail. Traquer une personne et la débusquer. Une personne qui en voulait à la vie d’une autre, et il était toujours bien plus simple de chasser une proie dont on connaissait le but. Les yeux de l’assassin se posèrent sur la neige blanche qu’elle pouvait apercevoir depuis les vitres de la serre. Combien de fois avait-elle tâché de rouge ces sols blancs et purs, et combien de fois cette marque de mort était-elle tombée dans l’oubli, recouverte en quelques heures par une neige plus fraîche, plus blanche encore ? Quelle que soit l’issue qu’aurait cette chasse, le défi du jeu était comme une habitude devenue banale, mais toujours agréable. Le genre dont l’on se réjouissait en baillant. Elle terminé sa tasse, et la reposa sur le plateau, visualisant la suite des événements, à commencer par un petit repérage en ces lieux, pour mieux connaitre la disposition.

L’heure du thé était terminée.


Katarina prit quelques instants pour laisser son regard aller dans la serre, après le départ d'Elise, et de ses longues enjambées. D'abord, pour faire disparaître cette dernière image de son esprit. Ensuite, pour penser à la suite.
Elle aurait pu se dire qu'elle n'avait pas que ça à faire, de protéger une petite malade, mais à vrai dire, tant que la neige retardait son retour, elle n'avait effectivement que ça à faire. Elle se devait, en outre, de rendre le service de l'hospitalité à son hôte. Et puis, ça pouvait être... amusant. Elle espérait que ce le serait. Que celui qui jouait les serpents venimeux ici, se retrouve petit à petit réduit au stade de la souris, que sa peur se répande comme un poison dans ses veines, engourdissant son esprit, le poussant à l'erreur. Qu'elle puisse le contempler tenter de se dissimuler, tout en le menant ou elle voulait. Oui, ce serait le meilleur des scénarios. Mais pour ça, il fallait savoir ou mettre les yeux. Et elle comptait bien laisser traîner les siens.

Tout le monde était vraiment si grand que ça, dans cette famille ? Qu'Elise atteigne des proportions rares était une chose, mais qu'elle se fasse dépasser d'une demi tête par une petite de douze ans partie s'amuser avec la neige. Elle attirait bien quelques regards, se demandant si c'était parce qu'elle était une étrangère, ou à cause de son apparence. Un sourire poli, avec un regard fixant droit devant elle, suffisait généralement à dissuader la curiosité.

Elle passa un moment à explorer les bâtiments, les salles, la disposition des lieux. Comprendre ou quelqu'un souhaitant disparaitre temporairement pouvait se dissimuler. Observer la ronde des domestiques. Son attention s'arrêta devant la chambre de la dite Melpomine et le garde qui se trouvait devant, qu'elle jaugea quelques instants. Restait-il là à longueur de journée ? Etait-il là plus tôt, ou uniquement depuis qu'Elise s'inquiétait ? Katarina penchait pour la seconde option. Elle n'avait pas vu de similitude devant les autres portes. Un lieux ou laisser trainer ses yeux ne fouinant un peu, cherchant même à discuter avec le garde pour voir s'il était facile à tromper, à corrompre ou séduire pour tenter d'entrer. Non pas qu'elle en était incapable, puisqu'elle avait repéré une fenêtre depuis l'extérieur menant à cette chambre, mais il était intéressant de tester la solidité de la garde...

Visiblement, quelqu'un avait le droit de rentrer, de ce qu'elle pouvait y voir. Une femme apportant un plateau de thé ou de tisane. Sans doute une sorte de médication. Elle nota le détail pour plus tard. Elle ne doutait aucunement que le thé avait déjà été vérifié, mais mieux valait en savoir un maximum, en attendant le repas du soir ou elle pourrait peut-être observer plus directement la demoiselle.
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MessageSujet: Re: Passage en terres Zaavan   Jeu 9 Fév - 11:41

Élise scrutait suffisamment et depuis suffisamment longtemps et la nature humaine et l’assassin pour s’apercevoir d’un léger trouble, comme une petite note d’angoisse perdue au milieu d’une mer de confiance en soi implacable de façade. Cela dit, la dame avec d’autre chats à fouetter que les inquiétudes de Katarina, et nul doutes que ces dernières ne regardaient qu’elle, pour peu qu’elle ai vu juste ce qui n’avait rien de certains, tout le monde avait des tics…

*Changer mes habitudes ? Ho très chère, rien que ma venue ici est une entorse flagrante à mon petit train-train quotidien, je devrai passer l’hiver au chaud à Noxus et ne pas m’encombrer de me mêler des affres d’une parentèle qui disparaitra bien trop vite de toutes manière… *

La matriarche se contenta d’un petit sourire et balaya la fausse politesse de l’assassin d’un revers de la main… Elle était déjà dérangée par tout ce bruit, ajouter une fine lame aux cheveux paprika dans l’équation ne faisait qu’épicer un peu plus le ragout, et puis au final, puisqu’elle avait le nez dans la marmite autant profiter des saveurs au maximum.

"Je laisse vos compétences faire ce qu’elles estiment nécessaires, je préfèrerai cependant que vous laissiez ma pupille se reposer jusqu’à ce que nous allions la voir ensemble…"

L’araignée se releva de cette manière lente et gracieuse qui lui était caractéristique, son attitude toujours calculée à la perfection sur l’effet qu’elle désirait obtenir, charmer et subjuguer en permanence son auditoire et le laisser pantois tandis qu’elle lui attachait en silence des fils métaphoriques pour le transformer en pantin. L’idée de changer en marionnette soumise à ses désirs la rousse incendiaire qui trônait actuellement dans sa serre, plus éclatante et dangereuse que toutes les fleurs tropicales de Kumungu l’amusa beaucoup, aussi capillotracté que puisse être une telle possibilité.
Après un dernier regard à ce distrayant petit rêve, elle se dirigea vers la bibliothèque et mit le nez dans les livres de comptes et les histoires de chiffon de ses terres. La gestion était pratiquement irréprochable au demeurant, tous les membres de sa parentèle recevant une éducation complète et stricte, exploitant au maximum les possibilités de chacun, on ne restait pas dans les petits papiers de Tantine si l’on ne se comportait pas comme un vrai noxien… Ce qui la faisait revenir au problème actuel, la dame avait des projets pour Melpomine et le potentiel de la jeune femme ne faisait aucun doute, de même que sa fidélité pour sa marraine. Cela étant, si la petite n’était pas capable de débusquer et survivre à une tentative d’empoisonnement, elle ne ferait pas long feu en tant que gestionnaire et tête pensante non monstrueuse de la famille. Celui qui, en revanche, était assez culotté pour s’en prendre à elle et réussir au nez et à la barbe de la matriarche méritait une récompense pour son courage et sa relative finesse… Las ! Dans tous les cas elle ressortirait vainqueur avec une personne capable de prend les rênes une fois son dernier favori dans la tombe… Ce qui lui fallait tirer au clair en revanche était les soupçons de fouinage dans des affaires plus délicates ayant trait à sa beauté et sa longévité, raison pour lesquelles elle avait encore besoin de la tête de sa nièce au maximum de ses capacités.
Les ongles d’Élise tapotaient impatiemment sur le bois recouvert de cuir d’un bureau massif tandis qu’elle ruminait ces sombres perspectives, lorsque l’on vint la prévenir que Katarina Du Couteau avait parlé avec quelque insistance au garde de la chambre de sa protégée et se promenait par ailleurs librement dans le château. Remerciant le messager pour son collaborationnisme, elle lui recommanda d’être poli avec son invité et s’assura également que l’on trouvait et retaillait une robe et quelques menus vêtements de manière un peu plus adaptée à la morphologie de l’assassin… si cette dernière devait rester d’avantage autant qu’elle soit à l’aise et agréable à regarder.

*Hmmm vraiment, jouer à la poupée dans un moment pareil, ce que la politesse et le bon gout peuvent manquer de pragmatisme parfois…*

Lorsqu’on l’avertit que sa pupille était réveillée, la dame abandonna les affres terrestres de la paperasse et des corrections de manières familiales, trop de dépenses au bordel pour certains ces dernier temps, pas de doute la vitalité de certaine branche ne risquait pas de s’éteindre, et fit demander l’assassin dans la chambre de la malade. Élise entretenait Melpomine à voix basse du rôle de sa nouvelle gardienne lorsque l’on fit pénétrer l’héroïne du jour dans la chambre. Se levant pour l’accueillir la matriarche sourit à la jeune camériste qui avait bien remplie son rôle et lui demanda de refermer la porte.

"Miss Du Couteau, j’espère que vous avez passé un après-midi intéressant, je parlais justement de la probable prolongation de votre séjour parmi nous à Melpomine, qui est tout à fait ravie que vous acceptiez de nous faire profiter de votre présence."

Quoique le teint pâle ladite nièce acquiesça et sourit à Katarina, un reflet d’acier dans le regard trahissant sans peine la compréhension des doubles voir triples sens compris en filigranes dans les paroles. La malade semblait discrète et timide perdue dans une longue crinière bouclée de lourds cheveux d’ébène, mais bien que les affres des substances qu’on lui faisait ingérer ne l’affaiblissent considérablement et ne creusent ses joues tout en ternissant sa peau, l’on sentait pourtant dans son maintien refusant de céder et sa manière de décrypter le monde de ses grands yeux gris qu’elle avait été à bonne école et qu’un esprit affuté doublée d’une volonté de fer régnaient derrière la fragilité de ce corps qui l’abandonnait.
Contempler ainsi les deux femmes côte à côte permettait également de distinguer l’air de famille dans l’ovale des visages de porcelaine ou les grands et long membres à la peau d’albâtre, et l’on comprenait aisément pourquoi la matriarche avait accordé ses faveurs à la jeune femme, d’une certaine manière elle était un Elise plus jeune et moins expérimenté. Sans plus de manières, car elles étaient après tout seules, Melpomine tira d’un geste nerveux l’un des rubans de sa chemise de nuit.

"Avez-vous besoin de m’examiner entièrement ? Comment souhaitez-vous procéder Miss Du Couteau ? Marraine m’assure qu’il ne s’agit pas de morsures ou de piqures, nous avons vérifié ensembles, reste évidement la nourriture bien qu'elle soit surveillée..."

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MessageSujet: Re: Passage en terres Zaavan   Jeu 23 Mar - 14:49

Elle l'avait entendu avant qu'elle n'arrive. Ses pas, bien que discrets et légers, avaient fait légèrement craquer le plancher à l'approche de sa chambre. L'assassin changée en inspecteur mystère y avait passé un peu de temps, après ses tentatives infructueuses, et donc satisfaisante, et contourner la garder de la chambre de la donzelle. Les petits coups légers portés à sa porte, s’ils ne la surprirent pas, détendirent un peu ses muscles rendus paranoïaque. Elle était en terrain qu’elle maîtrisait mal, en train de prendre parti dans un conflit familial tordu, ou les deux parts n’hésitaient visiblement pas à recourir au meurtre dissimulé, aussi, elle se devait de rester sur ses gardes. Toute poupée qu’elle était dans cette robe affreuse, dont elle avait grand hâte de pouvoir se débarrasser et remettre ses propres affaires, elle n’en gardait pas moins plusieurs armes dissimulées en des endroits diversement accessibles de son anatomie.

Mais point de menace à ce moment, simplement une invitation à rendre visite en présence de la matriarche, à celle qui approchait de la fin d’une vie trop courte pour être honorable, si elle échouait à cette mission de lui faire remonter la pente. Et voilà, elle commençait à penser en échec ou réussite, qui la forçait à tout faire pour y parvenir, tout ça plus cette incitation à aller ou une autre le voulait, quand elle le voulait, et sonnait plutôt comme convocation, et elle allait vraiment commencer à se sentir plus proche petit personnel que de la noblesse. Fichue tempête. Heureusement que la situation était assez intéressante pour piquer sa curiosité et son goût de la traque.

« Je vous suis. »

Robe tout sauf pratique sans poches. Obligée de coincée son carnet dans le décolleté, puisque qu’il serait peut-être nécessaire pour prendre des notes et avancer la réflexion qu’elle avait débuté. A pas souples, si elle ne pouvait se prétendre d’enjambées aussi larges que la gazelle de propriétaire des lieux, tout du moins pouvait-elle se targuer de les avoir rapides et sveltes, elle rejoignit rapidement la chambre de la coupable de cette effervescence, accompagnée toujours de son chiendent qui tenait sans doute à s’assurer qu’elle triomphe de l’épreuve de traverser deux couloirs sans encombre. Ou bien de récolter l’approbation de sa maîtresse. Au moins, était-elle arrivée face à la malade et sa gardienne.

Elle garda le silence face à la question rhétorique de cette dernière. Nul doute qu’il s’agissait là de simple politesse, et que toute réponse n’aurait été qu’une perte de temps agaçante, alors qu’elles se situaient désormais au cœur du problème. Le moment était venu de s’intéresser à la jeune féline affaiblie de maladie qui se trouvait là, assez courageuse pour avoir fait l’effort de faire bonne figure au diner, mais surtout, pour être prête à assumer sa faiblesse face à une étrangère en la recevant dans son environnement le plus intime, son probable lit de mort à venir. Fière sans être écervelée, réaliste sans perdre la face, elle lui plaisait bien. Son intérêt à la garder en vie se dopa quelque peu de cette simple analyse de quelques instants de la situation. Elle lui adressa un sourire, qu’elle voulait rassurant.

« Le poison peut prendre bien plus de formes que dans la nourriture, ou par transmission animale, demoiselle Melpomine. Mais si vous avez déjà été, comme je le pense, examinée de fond en comble, inutile que je recommence, je ne saurais mieux faire qu’un médecin. A moins que vous ne portiez un bijou, ou quelque chose de particulier, sur votre corps, auquel cas il me faudra inspecter la zone. »

Elle vint se placer près d’elle, les yeux l’observant, d’une manière bien différente de celle d’un possible médecin évoqué plus haut. Cherchant des signes bien précis, tout en demandant aux deux protagonistes quels symptômes avaient pu être décelés. Sa respiration était-elle normale, avait-elle des sensations d’oppressement ? Quels symptômes étaient constants, inconstants, venaient plutôt le matin, le soir, ou la nuit ? Notant mentalement les résultats, ou dans son carnet miraculeusement extrait de son corsage, lorsqu’elle ne vérifiait pas quelques détails, comme la chaleur de ses extrémités, la texture de sa peau à la pincée, son poul, ou les alentours partout où elle avait pu porter quelconque bijoux ces derniers temps. Elle alla jusqu’à extraire une petite dague fine, qui pouvait sembler avoir miraculeusement apparu de nulle part dans sa main pour un œil peu entrainé, demandant l’autorisation à la malade de l’entailler légèrement afin de vérifier la fluidité de son sang, et la vitesse de cicatrisation.

Plus elle l’examinait, plus son irritation grimpait. Les résultats semblaient se contredire. Un empoisonnement aussi long à se mettre en place ne pouvait être que le fruit d’une atteinte locale qui se serait lentement répandue. Un empoisonnement par quelque chose d’ingéré aurait depuis longtemps été éliminé de son organisme, et son état aurait dû cesser d’empirer depuis des semaines. Mais rien sur son corps ne dévoilait quelque marque dans ce sens, l’état semblait général et ne présentait aucune zone plus touchée que les autres. Ne restait donc que quelque chose qu’elle pouvait ingérer ou respirer régulièrement – de ce que Katarina en savait, il lui paraissait impossible qu’il s’agisse d’un contact par la peau, auquel cas celle-ci aurait montré plus de fragilité, ou aurait suppuré -. Elle claqua sa langue contre son palais avec un certain agacement.

« Si vous dites que cela fait des mois que votre état évolue, inutile de faire employer des goûteurs pour votre nourriture. Eux même mettraient des mois à développer des symptômes. »

Voila quelque chose qui était certain. Pour le reste, elle avait bien peur de piétiner et de n’amener que des conclusions qui avaient déjà probablement été tirées.

« Il s’agit de quelque chose qui vous atteint régulièrement, et il est même possible qu’il ne s’agisse pas d’un empoisonnement, mais simplement d’un environnement néfaste. Bien évidemment, ce n’est qu’une hypothèse, et le caractère volontaire de la situation peut-être, comme peut ne pas être. Miss Zaavan, permettez ? »

Elle regardait Elise en prononçant les derniers mots, et lui fit un petit signe de tête explicite sur l’idée de tenir une conversation privée, laissant quelques instants la malade à peine plus jeune qu’elle.

« Elle ne tiendra plus longtemps. Son corps n’a plus de réserves, et a commencé à s’auto consommer. Même si la source du mal est écartée, sans remède, je ne lui donne pas deux semaines. »

Les conclusions n’étaient pas joyeuses, mais la fréquentation d’un assassin ne l’était que rarement. Alors deux, c’était encore pire. Il était trop tard pour tenter de l’écarter de ces lieux, le transport l’aurait tuée. Le tout était de trouver un remède à temps, et ses idées s’alignaient, se raturaient, et lui picotait la tête, à grande vitesse, alors qu’elle procédait par élimination. Cette façon de procéder lui disait quelque chose, une façon de tuer en général des personnes agées sans que personne ne puisse réaliser le meurtre. Mais était souvent écartée au profit de poisons plus rapides d’action, qui provoquaient rupture d’anévrisme ou autres arrêts cardiaques, de façon sûre et nette, et non aussi hasardeuse que quelque chose d’aussi long d’action, et devant être renouvelé. Résultat, elle s’y était assez peu intéressée.

« Tout ce que je peux dire pour le moment, est qu’elle ingère ou respire quelque chose d’ordre végétal, qui la tue à petit feu. Une plante ou un champignon toxique. Y a-t-il quelque chose qu’elle consomme régulièrement, dans lequel quelque chose de cet ordre pourrait se glisser ? Des infusions, du pain, quelque chose qu’elle soit la seule à ingérer souvent ? »

Elle avait vu quelqu'un entrer avec du thé, et cela l'intriguait. Il était chose commune que de faire boire de la tisane à des malades, et diverses plantes l'avaient sans doute maintenue plus longtemps en aidant son corps à lutter contre l'inévitable. Mais se pouvait-il qu'une brebis galeuse se soit glissée au milieu de ces bienfaits ?
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MessageSujet: Re: Passage en terres Zaavan   Mar 27 Juin - 16:42

Elise laissa faire Katarina, puisqu’elle avait requis son aide, autant lui laisser les coudées franches, d’autant qu’il était intéressant d’observer les deux jeunes femmes ainsi confrontées. Pour sa plus grande satisfaction, sa nièce faisait preuve d’une grande maîtrise tout en cherchant avec pragmatisme à régler son problème, bien, il serait définitivement dommage de perdre un tel potentiel.
La malade secoua la tête en signe de dénégation lorsque l’assassin lui demanda si elle portait régulièrement quelque chose, Elise avait veillée à parer cette éventualité, jusqu’à lui apporter des affaires et des draps neufs de Noxus en prévision d’une imprégnation quelconque.
Les questions de la rousse étaient précises et rapides, elles répondirent alternativement avec tout autant de concision, seul un bref sourire sur le visage d’Elise lorsque la dague sembla surgir de nulle part éclaira quelques instant le sérieux et la concentration des dames. Melpomine ne bouge pas d’un pouce lorsqu’elle se fit entailler, pas plus qu’elle ne l’avait fait lorsque sa peau avait connu les pincements de Katarina pour vérifier l’élasticité de sa peau.
L’air légèrement inquiet, la jeune femme regardait avec concentration l’assassin qui semblait plongée dans de profondes réflexions, jusqu’à ce que le moment des conclusions ne s’approchent. Elle n’apportaient hélas, rien de vraiment neuf au paysage, pour ce qui était de l’environnement les choses avaient été vérifiées, et Melpomine changée de chambre de manière régulière, personne n’aurait pu empoisonner le château entier sans nuire aux autres membres de la famille, y compris magiquement, quelques investigations avaient été menées dans ce sens depuis l’arrivée de la matriarche qui avait amenée de quoi pousser un peu les recherches dans des zones peu explorées jusque-là.

Elise caressa affectueusement les cheveux d’ébène de sa pupille avant de se lever pour s’entretenir un peu plus loin en privé, elle ne voyait pas forcément la nécessité de tels secrets avec sa nièce qui était déjà très au courant de beaucoup de choses, et suffisamment forte pour affronter son sort, du moins, elle avait tout intérêt. Mais évidemment, ça Katarina ne pouvait le savoir et c’était un plaisir de la voir faire preuve d’un certains tact compte tenu de sa réputation sulfureuse de félonne en cuir moulant.
Dame Zaavan croisa ses bras sous sa poitrine, puis une main fine se leva pour prendre son menton entre un pouce et un index interminables et manucurés. Ses yeux se fermèrent un bref instant comme si elle passait en revue sur une toile mentale toutes les possibilités et les interactions envisageables.

"J’ai amenée avec moi de quoi reformer en partie ses réserves, mais ce ne sont que pansements sur des plaies suppurantes… Quant à sa consommation, he bien, elle est certes la seule à boire certaines tisanes qui sont là pour améliorer son état, mais à priori elle ne les buvait pas avant, cela dit quel que soit le produit, il peut lui avoir été donné sous une autre forme avant puis dans ses tisanes à présent. J’ai fait en sorte de changer toute la chaîne de manipulation de la nourriture et autres préparations, mais je crains que le corbeau responsable ne puisse toujours trouver une solution. En définitive, tout comme le suicide, un empoissonnement est toujours possible, question de volonté."

Un bref sourire cynique releva une des commissures des lèvres carmins de la dame, elle semblait être plus contrariée à l’idée que l’on puisse se jouer d’elle plutôt que de perdre sa nièce, même si ses efforts dans ce sens semblaient avoir été importants. Elise darda ses pupilles de sang sur les cheveux du même rouge de son interlocutrice.

"En réalité, Miss Du Couteau, je suis certaine que vos connaissances sont excellentes et que vous pourrirez trouver le remède, mais tout à fait entre nous, je préfèrerai trouver la cause de ces perturbations afin d’appliquer une guérison ferme et définitive et ce d'autant plus que le temps lui est compté."

D’un bref geste de la main, d’une indolence et d’une éloquence rare elle laissa en suspens la manière dont cette guérison devait s’appliquer.

"J’ai menée quelques réflexions personnelles sur le qui ? Mais il s’avère que ma famille est partisane d’une certaine forme de saine compétition dans ses rangs, difficile de trouver l’ivraie dans ce bon grain de ce fait… Cela étant, et bien que la position de favorite de Melpomine puisse s’avérer de manière évidente la cause de ses maux, je subodore quelque chose de plus complexe en dessous et qui ne serait pas de mon sang, ce qui devient parfaitement inadmissible. Trouver l’élément perturbateur devrait permettre de tout régler en un coup, et pour cela, peut-être faudrait-il que l’état de Melpomine ne s’aggrave artificiellement drastiquement, ou au contraire que vous clamiez la résolution du problème sous peu ?"

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MessageSujet: Re: Passage en terres Zaavan   Lun 3 Juil - 2:23

Toute retenue qu’elle soit dans un contexte si particulier, ou elle se devait d’appliquer à la lettre l’étiquette de la noblesse, la jeune félone à tête aussi brulante que brulée ne put retenir un évident roulement d’yeux lorsque la matriache des Zaavan lui fit part de la façon dont les membres de sa maisonnée se faisaient concurrence entre eux. Non pas qu’elle soit au dela de toutes ces notions compétitives, bien au contraire, mais elle émettait par cette mimique quelques doutes sur les bienfaits que cette « saine » compétition pouvait apporter, à voir l’état dans lequel ça avait pu mener la chair de sa chair. Il y avait une différence entre trier ceux qui pouvaient survivre des faibles, et chercher volontairement à se saborder. Enfin, à chaque famille sa culture, après tout. Elle claqua malgré tout de la langue avec un certain agacement à la dernière demande de la dame aux milles charmes.

« Sauf votre respect, lady Zaavan, si j’ai des connaissances dans les substances et leurs remèdes, ainsi que les meilleures manières de précipiter quelqu’un dans les bras de Kindred, je crains de ne pas être l’experte de la fratrie dans le domaine des intrigues familiales. »

Sa sœur aurait sans doute été bien meilleure qu’elle pour apporter ce genre de réponse. Mais elle ne doutait pas non plus que la matriarche de la famille Zaavan soit parfaitement compétence pour savoir elle-même répondre à sa dernière question, sans doute bien plus qu’elle.

« Trouver la cause et le responsable est certes une riche idée, mais qui ne relève pas de mes compétences d’expertise. La guérison sera sans doute définitive, mais trop tardive pour une guérison miracle, j’en ai peur. A vous de voir si vous voulez tenter de préserver sa vie tant que c’est encore envisageable, sans être probable, ou si vous jugez plus important de trouver le responsable rapidement, auquel cas je serai sans doute ravie de vous aider, mais me privera de la possibilité de lui trouver un remède à temps. »


Et elle savait qu’il y en avait un. Ces symptômes lui parlaient, sans qu’elle ne parvienne à remettre le doigt dessus. C’était quelque part dans un coin de sa tête, mais une chose était certaine, le temps était trop compté pour qu’elle s’embarque là-dedans tout en espérant sauver la gamine. Rien n’empêchait Elise ou ses serviteurs d’œuvrer sur ce domaine-là, et de rechercher activement le ou la coupable, mais elle ne se sentait pas à l’aise ni efficace dans ces domaines d’intrigues, d’arsenic et de vieilles dentelles. Elle jeta un coup d’œil à la jeune femme résignée. La mort pouvait parfois frapper cruellement, elle était bien placée pour le savoir. Mais elle avait assez joué avec pour savoir que parfois, elle pouvait être trompée.

« J’ai vu ce qu’il me fallait sur elle, et je ne vois qu’une seule chose à explorer encore. Vous m’avez dit qu’elle consommait de la tisane ? Il faudrait que je jette un œil aux plantes qu’elle prend, et à l’endroit ou elles sont conservées. »

Parfois, la mort pouvait prendre la bête forme d’un champignon présent dans un pot en métal ou était conservé quelque chose supposé être bénéfique, et qui se faisait contaminer. Ou celle d’une plante d’apparence innocente, mais qui se trouvait être plus mortelle qu’il n’y paraissait. Remplacez les baies de Vinpor par des oeils-de-scorpion, petits fruits tout aussi rouges, tout aussi juteux et tout aussi sucrés, et le regard qui n’est pas expert n’y verra qu’autant de feu que celui qui lui consumera les entrailles jusqu’à ce qu’il meurt sur le trône d’hémorragie interne.
Mais un œil expert, lui, pouvait peut-être rafraichir une mémoire pas infaillible, et trouver des informations intéressantes dans un mélange de plantes, que tout tueur sait être parfait pour dissimuler quelque chose de toxique.
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