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 Horrifique Zyra

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Date d'inscription : 03/04/2016
Age : 30
Localisation : Noxus / Les iles obscures
MessageSujet: Horrifique Zyra   Lun 7 Nov - 11:03

Important : Ce texte à été écrit sur un autre forum sur lequel il a été supprimé depuis. Il représentait ma participation à un event Harrowing, il n'a aucun rapport avec l'event en cours, si ce n'est le thème de l'horreur.

Je le poste ici car je l'aime bien et je ne voulais pas le voir se perdre, quelque-uns d'entre-vous le connaissant déjà, et pour les autres (enfin les courageux ;p) je vous souhaites bonne lecture ♥.

Journal du Romancier Andrew Pink, porté disparu, fils du célèbre auteur pour enfants Panéturge Pink.


1er jour. Je suis particulièrement impatient que nous nous mettions en route, transit de froid, j’attends en grelotant dans la carriole couverte que le top départ soit lancé par le chef de notre expédition. J'en profite pour commencer ce journal, je veux garder une trace de cette aventure, et de ce que les hommes et les femmes de notre groupe auront accomplis, de tous les dangers que nous aurons traversés dans la terrifiante jungle de Kumungu.

Jour 4. La difficulté du voyage en fin d'hiver rend mes obligations littéraires un peu surfaites, pour le moment j’essaie de ne pas mourir de froid et d'habituer mon corps aux longues marches et aux nuits à la belle étoile. Ce soir pour la première fois, je parviens à me poser tranquillement et à dégeler l'encre pour pouvoir écrire, c'est une véritable gageure, qui aurait cru que les récits de voyages étaient à ce point contrecarrés par des détails si terre à terre? Moi qui aie l'ambition d'écrire un grand roman d'aventure sur la base du matériau que constitue ce journal, je ne risque pas de trouver beaucoup de prétextes à l'inspiration dans le banal et douloureux trajet pour le moment.

Jour 7. Je commence à me faire un peu à cette vie, et le climat semble plus doux, Bianca me dit que ce n'est que mon imagination, parce que mon organisme commence à s'adapter, et pourtant, j'ai l'impression que nous approchons toujours plus du sud, et de la chaleur de la jungle, à moins que ce ne soit la chaleur des paroles de notre sorcière guérisseuse... Je dois bien le reconnaître, elle est de loin la personne avec qui je m’entends le mieux dans notre équipe, les autres sont soit des durs, ou ne brillent pas par leur amabilité, pour eux je ne suis tout au plus qu'un bagage qui marche. J'en profite pour présenter un peu notre petit groupe: Tout d'abords Richard, c'est notre chef, un baroudeur expérimenté, sa femme Rowena est une chasseresse et notre éclaireuse, curieusement malgré son côté sauvage, c'est elle qui a insisté pour me recruter. Elle pense que son mari mérite un peu de gloire et que ses exploits doivent être connus. Et puis c'est une manière pour marquer le coup pour leur dernière expédition avant de prendre leur retraite, finir sur un coup d'éclat. Il n'empêche que Richard est un ours bourru et Rowena le genre de femme avec qui on ne discute pas si l'on n'est pas expert au combat à l'épée. Quant aux autres... Brev, Turson, et Ilswenn sont trois mercenaires Freljordiens, ils veulent de l'argent essentiellement et des aventures à raconter au coin du feu dans leur pays d'arriérés violents, ils forment l'escorte et les bras de cette équipe. Et pour finir Rose et Hyacinthe, ces deux-là me fond presque froid dans le dos, je ne sais pas trop pourquoi. Ils seraient respectivement historienne et linguiste, ils sont la «caution scientifique», celle qui nous a permis d'obtenir un financement de la part de la ville, autrement dit des cerveaux. Mais ils agissent d'une manière étrange, parlent très peu, pas forcément aimablement, restent à l’écart dans leur monde, et discutent en catimini avec Richard de notre mystérieuse destination, ils sont respectés par le chef car nos guides, moi je ne peux pas trop les sentir.

Jour 10. Vivant! Je suis vivant! Jamais cette affirmation ne m'a paru plus savoureuse, moi qui jusqu'ici me plaignais tout le temps des petits tracas du quotidien au point d'en irriter parfois mes compagnons de voyage, je suis devenu le joyeux drille du groupe et ai cessé de pinailler pour rien, la vie est trop courte pour ronchonner! Des bandits nous ont attaqués alors que nous traversions un village dépendant de Noxus, peu avant la grande barrière. Des bandits... ou des noxiens tout court, je ne saurai dire, mais dans tous les cas, ils n'avaient pas l'intention de laisser passer une expédition comme la nôtre et qui plus est alors que nous affichons les couleurs de Piltover. Brev a massacré le chef à coups de hache, ce type me faisait l'effet d'une boule de muscles un peu lente surtout passionné par les femmes, la bière et l'argent, mais le voir combattre... c'était littéralement une forme l'art. J'ai pris des croquis sur le vif de la bataille, et tué mon premier homme avec... mon stylo plume. Turson a dit qu'il n'avait jamais cru l'expression 'la plume est plus forte que l'épée', mais qu'elle avait le mérite d'être exacte. Il m'a promis de ne plus jamais me réveiller à coups de pieds dans les côtes. Venant d'un type comme lui que je soupçonne être un assassin à ses heures perdues, c'est une preuve de respect et même d'amitié.

Jour 12. Le passage de Mogron valait le détour, j'ai pris toutes sortes de croquis, le trajet dans les montagnes était tout de même épuisant. Je n'ai pas eu trop le temps de m'attarder sur l'écriture, les images parlent d'elle-même. Bianca semblait triste hier, alors j'ai un peu parlé avec elle, drôle de vie que celle de cette fille, mais du coup la consoler nous a rapproché... Je crois que je commence à sérieusement m'attacher à elle, le soir au coin du feu je me perds dans la contemplation des reflets des flammes dans sa chevelure rousse. Rowena a remarqué mes regards, mais elle se contente de sourire et nous envoi en corvée de bois ou d'eau le plus souvent ensemble, finalement malgré ses airs de tigresse, je crois qu'elle a un cœur d'or.

Jour 20. J'ai enfin réussi à retrouver de l'encre et des crayons, bénie soit cette caravane croisée dans le désert. Au début j'ai cru qu'ils allaient nous attaquer et nous réduire en esclavage, mais ces sauvages respectent certaines traditions loufoques. Ilswenn a défié leur meilleur guerrier en combat au sabre, le type a littéralement fini en lambeaux, c'est la première fois que je vois un combat à mort de cette sorte. Sa propre tribu a regardé cet homme mourir sans sourcilier, puis ils ont acclamé le vainqueur, et décidé de commercer et de faire la fête avec nous. Visiblement cette coutume ne choque personne à part moi, j'ai passé une bonne partie de la soirée à discuter avec Richard, il m'a expliqué que la vie dans le désert étant rude, les Vodanins (le nom de la tribu) n'ont pas la même vision que nous autres «civilisés» sur la mort, je reste tout de même choqué par cette débauche de brutalité organisée.

Jour 25. La jungle enfin! Ce soir nous campons à son orée, et demain nous nous enfoncerons dans ses profondeurs touffues, j'ai tellement hâte que je ne tiens plus en place, Bianca a même proposé de me donner une tisane d'herbes calmantes, les autres ont déclarés que je ferai le guet vu que j'étais bien réveillé. En attendant je profite des senteurs de la nuit, de l'air frais, presque glacial du désert en ces instants, alors que le jour nous cuisons comme des crêpes sous le soleil ardent. Ma peau s'est d'ailleurs drôlement tannée, ça plus ma barbe de trois jours, je ressemble de plus en plus à un vrai aventurier. Rose a même dit que ça m'allait bien, un compliment de la part de cette femme étant exceptionnel, je me suis sentis vraiment flatté, j'espère que ma chère B. est du même avis.

Jour 28. Profite d'un bref moment d'accalmie dans cet enfer vert pour dire que je hais la jungle, je hais les moustiques, la chaleur moite, les bruits, les grognements qui vous glacent le sang la nuit, je hais cet endroit de toutes mes tripes, et il me le rend bien. Depuis hier, je vide le contenu de mon estomac à cause de l'eau croupie que nous buvons... Heureusement que ma petite sorcière veille sur moi, elle est la seule chose qui fasse que mes nerfs ne lâchent pas.

Jour 36. Enfin arrivés, et enfin je peux reprendre mon récit dans des conditions convenables, qu'elles soient physiques ou mentales! Je suis guéri de mon abominable colique et le camp que nous avons monté offre un confort bien supérieur à ce que la jungle nous avait offert jusqu'à lors, et puis il y a la pyramide... Quand nous l'avons vu émerger entre les lianes dans cette sorte de clairière nous n'en avons pas cru nos yeux. Elle semble immense et très ancienne, quelle civilisation à bien pu bâtir un tel édifice en plein milieu de la jungle? Rose et Hyacinthe sont sortis de leur habituel mutisme pour se jeter littéralement sur tous les bas-reliefs qu'ils ont pu dénicher, Richard a dû les rappeler à l'ordre car ils partaient en exploration sans aucunes protections, comme de vrais touristes! Demain nous commencerons à vraiment regarder le périmètre, et dégager un peu les plantes qui se sont invités un peu partout sur les degrés et dans les escaliers de la pyramide, et surtout, nous chercherons l'entrée. Mon côté romanesque, et sans doute celui de mes compagnons aussi, envisage et espère l'éventualité d'un trésor dans le ventre de ce monstre de pierres millénaires.

Jour 39. Il nous a fallu trois jours pour dégager ce qui ressemble à une porte, le seul hic c'est qu'elle est fermé, Hyacinthe est dans tous ses états, apparemment un très vieux mécanisme actionné par la magie déclencherait l'ouverture, il est en train de traduire plusieurs fresques pleines d'idéogrammes bizarres pour trouver le «mot de passe». Moi je ne suis pas pressé, aujourd'hui je suis parti avec Rowena et Bianca à la recherche de nourriture, et nous avons récoltés des spécimens botaniques pour notre petite sorcière, elle est vraiment mignonne quand elle est passionnée par ce qu'elle fait.

Jour 44. Hyacinthe a terminé une partie de la traduction, et nous nettoyons toujours plus le site à la recherche d'indices supplémentaires, en attendant voici ce qu'il a trouvé en résumé. Le temple, car s'en est un, est dédié à une divinité qui porte le nom tarabiscoté de Zyratlicotlcuat, apparemment ce serait une sorte de déesse de la flore, un culte assez important lui a été rendu dans cette région pendant un long moment, et visiblement c’était une religion sanglante, les pierres de l'autel sacrificiel en haut sont encore rouges aujourd'hui.

Jour 46. Rose a disparu, nous avons entendu un cri cette nuit, puis un grand fracas, Richard a sonné le branle-bas de combat, nous avons cherché en vain jusqu'au matin, aucun trace d'elle nul part. Même les talents de pisteuse de Rowena n'ont rien donnés. Hyacinthe prend la chose très mal, je ne m'en étais pas rendu compte mais je crois qu'il en pinçait pour elle, j'imagine qu'entre esprits érudits ils se comprenaient. Nous restons en état d'alerte maximum et continuons de chercher Rose, mais... comment pourrait-elle survivre dans la jungle seule? Qui sait quelle sorte de créature a bien pu l'emporter...

Jour 49. Nous avons retrouvé Rose, du moins ce qu'il en restait, persuadés qu'elle avait été attaqué par un animal nous avions un peu délaissé l'édifice depuis deux jours, lorsque Hyacinthe dans une tentative un peu désespéré pour penser à autre chose, est reparti du côté de la porte pour tenter une nouvelle fois d'entrer un «mot de passe». Son cri d'horreur me fait encore trembler rien que d'y penser. Le grand fracas de l'autre soir n'était autre que le roulement sur le côté de l'énorme disque de pierre qui fermait l'entrée du temple, quand à ce qui a causé l'ouverture... C'est écœurant : Du sang ! La porte demandait un péage en sang pour s'ouvrir, et Rose le lui a donné en se faisant égorger en haut, sur l'autel sacrificiel. Rowena assure que c'est un animal qui a fait ça, à cause des traces de griffures sur elle, plus le fait que ses… viscères ont disparus, et que son ventre a été rongé par des dents. Mais quelle sorte de bête disposerait le corps aussi bien sur la pierre de l'autel, comme ont dû être disposés toutes les offrandes vivantes du temps ou ce funeste endroit était remplis de fidèles? Elle était exsangue de surcroît, la position et sa blessure à la gorge ont conduit le sang dans une rigole qui s'écoule dans l'édifice jusqu'à la porte, et là... la magie a réagi au sang. Bianca a tenté de m'expliquer brièvement mais je n'ai pas trop compris et surtout, je n'ai pas tenu à écouter plus quand elle a précisé que c'était de la magie noire grossière. Je suis un peu peiné de savoir qu'elle connaît ce genre de sortilèges, même si elle m'a assuré qu'elle avait juste lu quelques théories et qu'elle ne pratiquerait jamais une telle horreur.

Jour 50. Sans cœurs et sans sentiments... Nous avons trouvé le corps de Rose hier seulement et après l'avoir sommairement enterré, nous sommes déjà en train d'explorer l'intérieur de l'édifice, j'ai failli vomir de dégoût lorsque nous avons pénétré dans le couloir. La rigole encrassée de sang rouge sombre au milieu n'a certainement pas aidé, le sang de notre compagne de voyage... plus celui de tous les malheureux tués dans cet endroit. Les autres, enfin à part Hyacinthe et Bianca, se moquent de ce qu'ils appellent mon accès de sensiblerie, pourtant je ne crois pas que nous devrions aller plus avant, nous n'avons toujours pas trouvé l'animal qui à mit fin à la vie de notre historienne.

Jour 51. La lueur de l'or règne dans les yeux des hommes présents dans le camp, nous n'avons pas encore explorés toutes les chambres, car il y a de nouvelles portes à ouvrir, mais nous avons trouvé un bracelet du métal précieux perdu dans un couloir. Il était là étincelant à la lumière des torches, ils l'ont ramassé et regardé sous toutes les coutures, c'est de l'or pur. Une fois de plus je me suis permis de protester, le bracelet n'était même pas poussiéreux quand nous l'avons trouvé, pour moi il a été déposé pour nous appâter, mais personne ne m'écoute, et je commence à avoir de la fièvre, je crois que j'ai attrapé une antique grippe en entrant dans ce maudit édifice, à moins que nous ne soyons tous déjà maudits, à moins que mes nerfs ne soient en train de rompre et que je délire.

Jour 57. J'ai toujours de la fièvre aussi suis-je cantonné dans mon hamac au camp, parfois j’entends un bruit me parvenant de l'intérieur de ce funeste endroit, sans doute encore l'une des pauvres bêtes attrapées par Rowena qu'ils égorgent pour ouvrir ces horribles portes qui ne réagissent qu'à la soif de sang, pour satisfaire leur propre soif de richesses.

Jour 60. Je me sens un peu mieux aujourd'hui, et je n'ai pas vraiment le choix, Richard a tenu à ce que nous soyons tous présent pour l'ouverture de la dernière porte, celle qui devrait nous permettre d'accéder au centre de la pyramide, la salle de la divinité ainsi que l'appelle Hyacinthe, j'ai des frissons rien qu'à l'idée de contempler la sombre idole de cette déesse de la flore.
J'attendais, un peu en retrait lorsque l'impensable s'est produit, Rowena a planté sa dague dans la gorge de Brav et s'est servie de la blessure pour asperger et remplir les cannelures qui ornent la porte. Les autres n'ont pas bronché, toute cette pantomime était prévue d'avance, ils en ont discutés longuement entre eux lorsque Hyacinthe a annoncé que seul un sacrifice humain pourrait ouvrir la chambre du trésor, enfin en omettant de prévenir Brav Bianca et moi. Et dire que j'avais commencé a vraiment apprécier Rowena, la voir tuer ainsi cet homme de sang-froid, sans sourciller, et les autres qui n'ont pas réagis... Je revois le visage blême et étonné du colosse lorsqu'il a senti le froid de l'acier s'enfoncer dans sa chair, j’entends son hoquet d'effroi en voyant le liquide rouge jaillir de son corps, puis les yeux qui roulent dans leurs orbites et deviennent presque blanc alors qu'il s'évanouit, retenu encore un instant par la poigne de la chasseresse dans ses cheveux.
Ce soir Bianca et moi sommes pour ainsi dire prisonniers, Richard accepte que je garde mon journal, il espère encore réussir à me convaincre de ne pas relater ce qui s'est passé aujourd’hui lorsque nous reviendrons. Il me propose de me couvrir d'or, et m'assure que j'aurai ce que je veux, la reconnaissance, la célébrité, et certainement la femme que j'aime... J'ai refusé tout net, je ne suis pas ce genre de personne, et celle que j'aime se trouve actuellement à côté de moi, à darder son regard violet accusateur sur lui. Je crains pourtant que notre entêtement et notre conscience ne nous coûtent la vie, après tout qui les contredirait s'il nous arrivait un 'accident'.

Jour 62. Ils sont excités comme des puces, la chambre de la divinité regorge effectivement d'un butin précieux inestimable, qui que fut la peuplade qui vivait ici, ils n'ont jamais hésité à offrir tout ce qu'ils avaient de plus beau à leur déesse. J'ai pu contempler certain des objets ramenés du temple, chacun vaut une petite fortune en métal précieux ou pierreries. Les deux freljordiens restants ont bu toute la nuit un alcool nauséabond pour fêter leur succès, quand à Brav, j'ignore ce qu'ils ont fait du corps. Je n'ai pas vu de creusement de tombe, alors je suppose qu'ils ont laissé le cadavre là-bas dans une des pièces vides, comme s'il n'était qu'une charogne et non pas un ancien compagnon de route.

Jour 63. Je me réjouirai presque si la nouvelle n'avait pas de quoi m’inquiéter au plus haut point, ces deux crétins du nord sont morts, retrouvés dans la chambre de Zyratruc, on dirait qu'ils ont été dévorés par la même bête qui s'est attaquée à Rose, mais en encore plus brutal. Même Rowena a eu une mine dégoutté en voyant les cadavres, moi j'ai vomi tout ce que j'avais dans le couloir. Je maudis le jour où j'ai eu la brillante idée de vouloir partir à l'aventure, j'aurai mieux fait de suivre les traces de mon père et de me contenter de raconter de gentilles histoires de lapins qui se sont fait voler leurs carottes. Je pensais que l'horreur avait atteint son paroxysme lorsque j'ai vu Richard dépouiller une main ensanglanté de l'énorme pierre magique que cet abruti ivre mort d'Ilswenn avait arraché à l'un des piliers entourant l'idole, immonde statue faites d'un entrelacs de ronces et d'os humains. Mais quand nous avons transporté ce qui restait des morts dans la salle ou reposait Brav et que nous avons constaté que le cadavre avait disparu...

Jour 64. Nous allons partir, notre survie est en jeu, nous avons passés une partie de la nuit à discuter et nous sommes tombés d'accords, à Cinq nous sommes plus forts, nous restons ensembles pour retourner à la civilisation, Bianca et moi laissons les richesses aux trois autres, et en échange de la vie sauve, nous garderons le secret sur ce qui s'est passé ici, sur Brav. Hyacinthe a vaguement hoché la tête en signe d'assentiment, il n'est plus le même depuis la mort de Rose, aucun de nous ne l'est. Nous démontons le camp aujourd'hui et demain nous quittons ce lieu maudit, pas étonnant que la civilisation de cet endroit ce soit éteinte.

Jour 65. C'est la panique, Rowena et Hyacinthe ont disparus, je n'ai jamais vu Richard dans un tel état, il est à la fois furieux et perdu, j'ai presque de la peine pour lui tant il n'est plus rien sans sa femme, même si c'est un meurtrier, il semble qu'il ait bel et bien un cœur. Nous nous sommes armés et nous allons nous ruer sur cette pyramide, j'ai peur, je ne suis pas un guerrier, et quoique que je lise l'espoir dans les yeux de cet homme, je commence à me douter de ce que nous allons trouver dans cet endroit.

Fin du journal, il a été retrouvé parmi de nombreux artefacts étranges et précieux au milieu des ruines du camp de base de l'expédition par l'explorateur Ezreal, envoyé à la recherche des disparus. Le mystère reste entier face à ce qui s'est réellement passé car la pyramide est restée fermée, l'explorateur se refusant à sacrifier quoique ce soit pour ouvrir l'édifice.

~~~~~~~~~~
Épilogue.
~~~~~~~~~~

Le calme est revenu, dans la jungle et dans ma tête, enfermé dans cet édifice vide de toutes présences sauf la mienne, et la sienne, nous nous regardons en chiens de faïence, du moins, moi je la regarde, j'ignore si elle, elle a des yeux, mais je sais qu'elle sent ma présence, je sais qu'elle sent mon cœur qui bat prêt d'elle, un cœur vivant et palpitant, elle voudrait le saisir, mais je ne lui ferai pas ce plaisir.
Que dire au sujet des derniers événements, à part qu'ils sont horribles? Une seule pensée réchauffe mon cœur, Bianca a pu s'en sortir, mais elle doit me détester de l'avoir abandonné ainsi, ma pauvre petite sorcière, je ne pouvais tout simplement pas la laisser finir comme ça.

Nous étions donc armés, de machettes et de courage, de quelques sorts également, et nous sommes entrés dans le temple, déjà à l'entrée une odeur étrange nous a envahi, une odeur de fleur et d'humus, rien à voir avec les relents acres de sang caillé qui agressaient nos narines depuis l’ouverture des portes. Richard a choisi d'y voir un bon signe, Bianca a froncé les sourcils, et moi j'ai prié pour que mon mauvais sentiment ne soit pour une fois qu'une bouffée de pessimisme. Nous nous sommes enfoncés dans les couloirs presque familiers, avec prudence, marrant je n'avais jamais remarqué que la végétation avait à ce point envahi les murs, dessinant des arabesques de verdure sur les fresques.
Prêt de la salle centrale l'odeur se fit plus forte, presque entêtante, en même temps qu'étrangement calmante, nous avons approché de l'entrée doucement, personne ne desserrait les dents, nos mains étaient serrées comme des étaux sur les manches de nos armes, nos respirations mesurées comme si nous comptions chaque bouffées d'air comme la dernière.
Un pas, puis un autre, une légère douleur dans les articulations à force de tentions, puis l'horreur, indicible, inexprimable, inexprimée, nos bouches s'entrouvrent, aucun cri n'en surgit, que des grattements rauques de cordes vocales inutiles car paralysées par la vision qui s'offre à nous. Ils étaient là, tous, tous nos morts, même le cadavre décomposé de Rose, purulent de vers et d'insectes nécrophages.
La plante les tenaient tous dans ses ronces, les serrant dans son étreinte mortelle comme une mère homicide et affamée, les lianes emplis d'épines étaient devenue vertes, d'un beau vert tendre printanier. La créature avide fleurissait, de grosses fleurs rouges carmins, qui s'ouvraient progressivement sous nos yeux, simple bourgeons blancs au début, elles semblaient prendre leur ampleur et leur couleur au rythme de l'horrible bruit de succion qui furetait derrière le bruissement délicat des quelques feuilles dentelés de la déesse redevenue vivante.
Telles des marionnettes ou des poupées de chiffons, nos compagnons se trouvaient serrés les uns contre les autres, remplaçant les os dans ce que j'avais pris pour une sculpture ancienne de mauvais goût, la réalité était toute autre, nous avions vu la déesse dans sa forme endormi, serrant toujours son dernier repas contre elle, et aujourd'hui c'était le suc des membres de notre expédition dont elle se gorgeait avec gourmandise.
Un faible gémissement nous tira de notre torpeur, Hyacinthe, toujours vivant, un rictus dément sur le visage, la douleur dans les yeux alors qu'une ronce palpitait dans ce qui avait été son abdomen.

«Elle est toujours en vie, et nous l'avons réveillés, fou que nous sommes, elle était seulement endormie, attendant qu'on la nourrisse!... Lorsque nous sommes venus elle a parlé à Rose, c'était un suicide... Et puis elle est entrée dans ma tête, j'ai essayé de résister mais son envie était trop grande, je lui ai donné le corps de Brav, et les restes des autres, dont Rose, mais ce n'était pas assez, Rowena m'a surpris, elle voulait la tuer, mais ce n'est pas possible... pardon Richard... mais vous ...HAAAAAAAAAAAAA …. Vous pouvez la retenir! Les cristaux, les cristaux des piliers, ils l'endorment, remettez le manquant!»

Il mourut l'instant d'après, Richard avait enfoncé sa machette dans son crâne s'acharnant sur la boite crânienne qui explosa dans la pièce répandant l'intelligence du linguiste qui n'aurait jamais dû quitter les bancs de son université.
La déesse perçut la rage et le sang qui coulait, ses vignes saisirent Richard, lentement mais avec une force insoupçonnable, il hurla et bientôt une ronce s'enfonça dans le gosier offert à son avidité, déchirant la gorge de ses épines. Presque tétanisés Bianca et moi n'avons rien pu faire, tout s'était passé si rapidement, nous nous sommes regardés un bref instant, puis avons couru jusqu'au camp, il était trop tard pour Richard, mais pas pour la pierre. C'est ma petite sorcière qui a trouvé ce maudit caillou en premier, fière d'elle, elle est partie à toutes jambes vers le temple sans m'attendre.

«Pas la peine que nous soyons deux à risquer notre vie!»

Ces mots ont déchiré mon cœur en deux, pas question que je la laisse faire ça! J'ai saisi une pierre au hasard et l'ai lancée dans sa direction, de rage. Je ne pensais pas viser si bien, elle s'est écroulée, assommée, j'ai eu tellement peur de l'avoir tué. Je me suis agenouillé auprès d'elle, elle était dans les vapes, mais vivante, elle ne tarderait pas à se remettre.
Je l'ai embrassé doucement pour la première et dernière fois, j'ai souri, j'ai pris la pierre et j'ai couru, je l'ai laissée là, mais vivante au moins, vivante!

La déesse se régalait du sang frais du chef de cette expédition catastrophe, elle n'a même pas attaquée quand je me suis approché du pilier, trop ivre de ces nutriments si longtemps désirés.
Une ronce, une griffure, trop tard, d'un coup de machette j'ai tranché le morceau agressif et remit la pierre en place, un frémissement a parcouru cette saleté entièrement. Zyra a soudain perdue toutes ses fleurs, toutes ses feuilles, elle s'est recroquevillée sur elle-même comme une bête blessée, enfermant pour l'éternité les restes de mes compagnons dans son étreinte.
L'édifice a tremblé, entièrement, je me suis retourné pour m'enfuir mais il était déjà trop tard, toutes les portes se sont refermées, le temple se remettait en sommeil en même temps que sa divinité, et moi, j'étais enfermé avec elle.

J'ai chaud, je suis bien, sans doute fiévreux, mais peu importe, je suis adossé contre la porte, je contemple d'un œil morne la créature grotesque et millénaire dans l'obscurité, je lui souris, bientôt j'enfoncerai ce morceau de fémur cassé dans ma carotide, après m'être mis le plus loin possible d'elle, pas question qu'elle puisse se repaître de la moindre parcelle de mon cadavre, pas question que je nourrisse son avidité moi aussi.

Le sang coule de mon cou, je suis pourtant en paix, je souris une dernière fois en pensant à Bianca, seule, mais vivante au dehors, puis je ferme les yeux...
...jolie fin, j'ai sauvé la princesse.

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Horrifique Zyra

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